Shumona Sinha

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Shumona Sinha
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Shumona Sinha en 2014.
Naissance (46 ans)
Calcutta Drapeau de l'Inde Inde
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Assommons les pauvres !

Shumona Sinha (en bengali সুমনা সিনহা), née le 27 juin 1973 à Calcutta, est une romancière franco-indienne de langue française qui vit en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1997 à 2001, Shumona Sinha est professeur de langue française à la Ramkrishna Mission School of Foreign Languages, à Calcutta.[réf. nécessaire]

Venue en France en 2001 par le biais d’un programme d’échange de l'ambassade de France en Inde[1], elle continue ses études de littérature et de linguistique françaises et obtient un master 2 (recherche) en lettres modernes de l'université Paris-Sorbonne[2].

Elle travaille dès 2009 comme interprète pour l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), afin d’aider à la traduction pour les demandeurs d’asile bangladais[2].

Se lançant dans l'écriture en français, elle publie, en 2008, un premier roman, Fenêtre sur l'abîme, puis en 2011, Assommons les pauvres !, roman inspiré de son expérience d'interprète à l'Ofpra et racontant les conditions de vie des demandeurs d’asile[3]. Le titre de ce second roman est emprunté au poème en prose éponyme de Charles Baudelaire, Assommons les pauvres ![4]. Comme Shumona Sinha, l'héroïne travaille comme interprète auprès des demandeurs d'asile. Un jour, à coups de bouteille de vin, elle assomme un immigré comme elle. Au fil de ses déclarations au commissariat, elle en vient à comprendre ce qui l'a poussée à une tel geste[2].

Très remarqué par la critique[4],[5],[6], ce roman reçoit le prix Valery-Larbaud 2012[2], le prix du roman populiste et le Internationaler Literaturpreis HKW (2016), prix récompensant un ouvrage traduit pour la première fois en allemand. Ce roman est adapté à la scène par des théâtres en Allemagne et en Autriche, notamment le théâtre Thalia d'Hambourg[7]. Assommons les pauvres ! est traduit également en italien, en hongrois et en arabe.

Dans son troisième roman, Calcutta, publié en 2014, elle revisite, à travers l'histoire d'une famille, les violences politiques du Bengale occidental. Ce roman reçoit le Grand prix du roman de la Société des gens de lettres et le Prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises de l'Académie française.

Dans Apatride, son quatrième roman, paru en 2017, elle décrit les destins croisés de trois femmes et, « de l'Inde à la France, dénonce, sans concessions, les fabriques modernes de l’apatride »[8].

Dans Le testament russe, paru en mars 2020 chez Gallimard (Blanche), elle décrit la fascination d'une jeune Bengalie pour un éditeur juif russe des années 1920 qui fut le fondateur des Éditions Raduga.

Shumona Sinha a publié plusieurs anthologies de poésie française et bengalie en collaboration avec le poète Lionel Ray, son ex-mari[2].

Elle a collaboré à la chronique mensuelle « Le Papier Buvard » dans le journal Charlie Hebdo[9] de novembre 2017 à juin 2018.

Depuis 2018, elle est membre du jury du Prix Eugène Dabit du roman populiste.

Elle a également bénéficié de résidences d'auteur à Zurich, au Literarisches Colloquium de Berlin (LCB).[pertinence contestée]

Prises de position[modifier | modifier le code]

Elle dénonce en 2019 la loi sur la citoyenneté adoptée par le premier ministre indien Narendra Modi, discriminatoire à l'égard des musulmans, et la violence policière exercée contre les opposants au gouvernement nationaliste[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Fenêtre sur l'abîme, Éditions de la Différence, Paris, 2008
  • Assommons les pauvres !, Éditions de l'Olivier, Paris, 2011 — Traduit en allemand (Erschlagt die Armen!, Edition Nautilus, 2015, 128 p.), en italien (A morte i poveri!, Edizioni Clichy, 2017, 176 p.), en hongrois et en arabe.
  • Calcutta, Éditions de l'Olivier, Paris, 2014 — Traduit en allemand (Kalkutta, Edition Nautilus, 2016, 192 p.) et en italien.
  • Apatride, Éditions de l'Olivier, Paris, 2017 — Traduit en allemand (Staatenlos, Edition Nautilus, 2017, 160 p.) et en italien.
  • Le testament russe, Éditions Gallimard, Paris, 2020

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1], "Portrait par Catherine Simon, dans Le Monde, le 15 septembre 2011 : « Comme l'héroïne de Fenêtre sur l'abîme, Shumona Sinha a quitté l'Inde en 2001, grâce à un recrutement local organisé par l'ambassade de France, pour partir enseigner l'anglais dans des collèges de l'Hexagone. »
  2. a b c d et e Le prix Larbaud remis à Shumona Sinha, L'Express, 12 juin 2012.
  3. Shumona Sinha - "J’ai voulu redonner de la dignité aux demandeurs d’asile", lepetitjournal.fr, 19 septembre 2016 (consulté le 2 août 2016).
  4. a et b Le Monde, critique de Marc Weitzmann, 15 septembre 2011.
  5. Télérama, critique de Christine Ferniot le 13 septembre 2011.
  6. RFI, critique de Tirthankar Chanda, 24 septembre 2011.
  7. [2], [3] "Thalia Theater : Adaptation d'Assommons les pauvres".
  8. Compte rendu de Mustapha Harzoune, dans Hommes & Migrations, 2017/4 (n° 1319), pages 195 à 196.
  9. [4] : « La rubrique Papier buvard accueille une nouvelle plume, Shumona Sinha, écrivaine franco-indienne ; elle dénonce la culture du viol au pays du Bollywood, avec deux catégories de femmes, celle qu'on épouse et celle qu'on viole. »
  10. « Inde. Lettre de solidarité », sur L'Humanité,

Liens externes[modifier | modifier le code]