Short S.8 Calcutta

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Short S.8 Calcutta
Un Calcutta en évolutions sur l'eau. Le pilote est visible à l'intérieur de son cockpit ouvert.
Un Calcutta en évolutions sur l'eau. Le pilote est visible à l'intérieur de son cockpit ouvert.

Rôle Hydravion de ligne[1]
Constructeur Drapeau : Royaume-Uni Short Brothers
Équipage 3 membres
Premier vol
Mise en service
Premier client Marine Aircraft Experimental Establishment (en)
Client principal Imperial Airways
Production 7 exemplaires
Dérivé de Short Singapore
Variantes Short S.8/8 Rangoon
Short S.17 Kent
Breguet Bre 521
Dimensions
image illustrative de l’article Short S.8 Calcutta
Longueur 20,35 m
Envergure 28,35 m
Hauteur 7,24 m
Aire alaire 170 m2
Masse et capacité d'emport
Max. à vide 6,293 t
Max. au décollage 10,227 t
Passagers 15
Motorisation
Moteurs 3 moteurs à 9 cylindres en étoile Bristol Jupiter IXF
Puissance unitaire 403 kW
(540 ch)
Puissance totale 804 kW
(1 080 ch)
Performances
Vitesse de croisière maximale 156 km/h
Vitesse maximale 190 km/h
Autonomie 1 046 km
Plafond 4 120 m
Vitesse ascensionnelle 3,8 m/s
Charge alaire 37,02 kg/m2

Le Short S.8 Calcutta était un hydravion de ligne biplan trimoteur britannique, conçu par le constructeur irlandais Short Brothers au début des années 1920.

Conception et développement[modifier | modifier le code]

Le biplan Calcutta prit ses origines dans une requête de la compagnie britannique Imperial Airways pour assurer les parties méditerranéenes de ses services en provenance de et vers l'Inde. Dérivé de l'hydravion militaire Singapore, le Calcutta fut notable en son temps pour avoir été le premier hydravion à coque en métal doté d'une structure à revêtement sous contrainte (en), plus connu sous le nom de « structure semi-monocoque ». Il était équipé de trois 3 moteurs à 9 cylindres en étoile Bristol Jupiter IXF d'une puissance de 540 ch (403 kW) chacun, montés entre les deux ailes.

Les deux pilotes faisaient voler l'avion depuis une cabine ouverte, alors que l'opérateur radio partageait la cabine principale avec quinze passagers.

Carrière opérationnelle[modifier | modifier le code]

Le S.8 Calcutta effectua son premier vol le , après avoir été sorti la veille et laissé tremper dans l'eau toute la nuit, pour vérifier s'il y avait des signes de fuites. Le chef pilote d'essai de Short, John Lankester Parker (en) était aux commandes, avec le major Herbert G. Brackley d'Imperial Airways comme copilote. Le , cet avion (numéro de registre G-EBGV) fut livré par Parker et Brackley au Marine Aircraft Experimental Establishment (en) à Felixstowe, pour y effectuer des vérifications de maniabilité en mer et pour y obtenir son certificat de navigabilité. Cette étape fut franchie avec succès le de la même année et l'avion fut renvoyé vers Short Brothers le même jour[2]. Le G-EBVG fut ensuite livré à Imperial Airways le [3].

Le Calcutta entra en service en 1928 et fut utilisé par Imperial Airways pour l'étape méditerranéenne (Méditerranée vers Karachi) de la ligne reliant le Royaume-Uni à l'Inde.

Un total de sept avions furent produits. Une version militaire de l'avion, initialement connu sous le nom de Calcutta (Service Type)[4], fut construite sous le nom de S.8/8 Rangoon. En 1924, un Calcutta fut acheté par la compagnie française Breguet Aviation, à partir duquel ils développèrent une version militaire pour la Marine nationale française connue sous le nom de Breguet S.8/2, qui était similaire au Rangoon. Quatre exemplaires furent produits sous licence par Breguet au Havre. Breguet développa ensuite une version améliorée, le Breguet Br.521 Bizerte.

Le , Parker, accompagné par Oswald Short (en), fit voler le G-EBVG jusqu'à Westminster, l'installant sur la Tamise entre Vauxhall Bridge et Lambeth Bridge. Il fut amarré à l'Albert Embankment pour trois jours, afin d'y être inspecté par des députés (incluant Winston Churchill, alors chancelier de l'Échiquier), des membres de la Chambre des lords, et d'autres officiels[2],[5].

Incidents et accidents[modifier | modifier le code]

Le , l'exemplaire surnommé « City of Rome » (registre G-AADN) effectua un amerrissage forcé sous un vent violent et des conditions météo exécrables, sur la mer de Ligurie, à quinze kilomètres au large de La Spezia, en Italie, lors d'un vol passager régulier reliant Naples à l'aéroport de Gênes-Christophe Colomb, à l'extérieur de Gênes. Il coula pendant une tentative de le remorquer jusqu'à un port, tuant les sept occupants présents à bord[6].

Le , l'exemplaire surnommé « City of Khartoum » (registre G-AASJ) fut victime d'une défaillance catastrophique de ses trois moteurs peu de temps avant la fin de son vol entre la Crète et Alexandrie, en Égypte, juste après la tombée de la nuit. Le pilote fut l'unique survivant du crash, les neuf passagers et trois membres d'équipage ayant été tués lors de l'impact avec l'eau ou par noyade lorsque de grosses vagues engloutirent l'avion. Une enquête menée par le Ministère de l'Air (Air Ministry) britannique détermina que les carburateurs des moteurs avaient été altérés d'une manière qui avait augmenté la consommation de carburant, ce qui mit tout simplement l'avion en panne sèche avant d'avoir pu atteindre sa destination[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jackson 1988, p. 140
  2. a et b (en) Barnes et James 1989, p. 227
  3. (en) Barnes et James 1989, p. 228
  4. (en) « Short "Calcutta" (Service Type) », Flight International magazine, Flight Global/Archives, vol. 22, no 40,‎ , p. 1081 (lire en ligne [PDF])
  5. (en) « The History of the British Airways Museum », British Airways - Archives and Museum Collection (consulté le 17 octobre 2017)
  6. (en) « Aircraft Accident - Short S.8/1 Calcutta G-AADN La Spieza », Aviation Safety Network (ASN) (consulté le 17 octobre 2017)
  7. (en) Report of the investigation of the accident to the aircraft G-AASJ "City of Khartoum" off Alexandria on the 31st of December, 1935 (Command paper Cmd. 5220), HMSO, 1936.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A.J. Jackson, British Civil Aircraft 1919–1972, vol. III, Londres, Royaume-Uni, Putnam, (ISBN 0-85177-818-6)
  • (en) Christopher Henry Barnes et Derek N. James, Shorts Aircraft Since 1900, Londres, Royaume-Uni, Putnam Aeronautical, (ISBN 0-85177-819-4)
  • (en) Christopher Henry Barnes, Shorts Aircraft Since 1900, Londres, Royaume-Uni, The Book Service Ltd., , 560 p. (ISBN 0370000196 et 9780370000190, présentation en ligne)
  • (en) Peter London, British Flying Boats, Stroud, Gloucestershire, Royaume-Uni, Sutton Publishing, (ISBN 0-7509-2695-3)

Lien externe[modifier | modifier le code]