Shirdi Sai Baba

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Sai Baba assis sur sa pierre

Shirdi Sai Baba ou Sai Baba de Shirdi est un guru indien, fakir et yogi, qui enseigna à Shirdi (Maharashtra), né le 28 septembre 1838 et mort le 15 octobre 1918. C'est un des saints les plus populaires en Inde au XXe siècle[1], aussi bien pour les musulmans que pour les hindous (qui voient en lui un avatar de Dattatreya), ainsi que pour les zoroastriens.

Vie[modifier | modifier le code]

Sai Baba et ses disciples

On ne sait rien des origines de Sai Baba, hormis celle qu'il raconta : orphelin de parents brahmanes, il fut recueilli par des musulmans soufis[2]. On ignore le nom que lui donnèrent ses parents naturels et ses parents adoptifs. Son titre de Sai Baba révèle le métissage culturel qu'il incarne : Sai (« saint »), terme d'origine persane attribué à des ascètes musulmans, et Baba (« père » en hindi)[2].

Un jour, alors adolescent de 16 ans, arrivant dans le village de Shirdi et inconnu de tous, vêtu de la tenue traditionnelle des soufis, mais pratiquant des exercices religieux spécifiquement hindous (yoga), il s'installa quelque temps sous un arbre, puis dans une petite mosquée pour y vivre toute sa vie, recevant des dons qu'il redonnait aux pauvres[2].

A partir des années 1890, des disciples se regroupent autour de Sai Baba sous l'égide du Shirdi Sai Baba movement[2].

Il existe de nombreux récits de miracles opérés grâce à des siddhis (pouvoirs surnaturels)[3], tels des guérisons, bilocation, lévitation, clairvoyance...[4]

Des intouchables et lépreux rejetés de la société l'entourent. Plusieurs histoires relatent également la compassion et le lien spécial qu'il a avec les animaux[2].

Il fut enterré à sa demande dans un temple hindou qui lui est désormais consacré à Shirdi.

Postérité[modifier | modifier le code]

Il est encore très vénéré par des millions de fidèles en Inde, son portrait y est omniprésent[1], notamment à Mumbai.

Son temple, unique attraction de Shirdi, petite ville de 36 000 habitants, est devenu un important lieu de pèlerinage pouvant accueillir de 40 à 60 000 visiteurs par jour[5], voire jusqu'à 500 000 lors de certaines commémorations, tant et si bien qu'un aéroport a été construit pour faciliter sa desserte[6].

On estime que les dévots de Saï Baba se sont séparés en deux courants, dont le principal, l'original, se réclamant de Shirdi Saï Baba comprend 75% des fidèles, tandis que les 25% restants suivent le courant de Sathya Sai Baba de Puttaparthi, ce dernier s'étant présenté comme la réincarnation de Shirdi Sai Baba[7].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Refusant de se dire hindou ou musulman, il aurait déclaré se rattacher à la tradition de Kabir. Son enseignement est un mélange de soufisme et d'hindouisme dévotionnel (bhakti yoga)[1]. Il donna souvent des commentaires du Coran, de textes soufis[8], et d'écrits sacrés hindous. Il utilise les noms Râma, Allah ou Fakir pour nommer Dieu[2].

Sai Baba s'opposait à toutes formes d'orthodoxies ou de persécutions religieuses mais respectait toute pratique religieuse[9] ; aucun dogme n'était supérieur à la foi. Il encourageait ses dévots à prier, chanter le nom de Dieu, lire les textes sacrés (Coran pour les musulmans et Bhagavad-Gita pour les hindous) et en appliquer les recommandations dans une vie morale. Il préconisait de s'entraider, d'aimer toutes créatures vivantes sans discrimination. Tout en combattant l'athéisme, il montrait la voie du désintéressement et du contentement, de la charité et du partage.

Sa pratique rituelle était à la fois musulmane et hindoue[10]. Ses pratiques musulmanes étaient : le salat, la lecture du Coran[11] et l'écoute de qawwali[12]. Ses pratiques hindoues étaient des prières et des offrandes, et il était un adepte du dhuni (en), le feu cérémoniel hindou perpétuellement entretenu, chantait aussi des bhajan hindou et n'était pas circoncis (il n'avait pas non plus les oreilles percées comme les hindous).

Controverse en Inde[modifier | modifier le code]

Sai Baba jeune

Depuis 2014, une controverse théologique est apparue en Inde, suite à un communiqué de Swami Swarupananda Saraswati, Shankaracharya de Dwaraka Peeth au Gujarat, un dignitaire religieux ultratraditionaliste hindou (au titre contesté depuis 26 ans) qui demande de ne considérer Sai Baba ni comme un saint ni comme un Dieu, car il se disait tout autant musulman qu'hindou ; or nombre de dévots assurent avoir vu Sai Baba apparaître sous les traits de divinités hindoues. En réponse à cette déclaration des effigies du shankacharya ont été brûlées à Bénarès, si bien que des images de Sai Baba ont été otées de certains temples.[13] Cette sorte de guerre de courants religieux est sur fond d'influence et d'argent. En effet, l'institution des quatre shankaracharya est respectée et prospère, mais elle voit de plus en plus le culte de Sai Baba gagner du terrain, à son détriment[14] (le temple de Shirdi est le troisième en importance en Inde).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]