Aller au contenu

Shining (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Shining
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo original du film
Titre québécois Shining : L'Enfant lumière
Titre original The Shining
Réalisation Stanley Kubrick
Scénario Stanley Kubrick
Diane Johnson
d'après l'œuvre de Stephen King
Acteurs principaux Jack Nicholson
Shelley Duvall
Danny Lloyd
Scatman Crothers
Sociétés de production Hawk Films
Peregrine
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Horreur
Thriller
Durée 119 minutes (Montage européenn)
144 minutes (Montage américain)
146 minutes (Première du film)
Sortie 1980

Série

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Shining ([ ʃaɪnɪŋ][1] Écouter) (The Shining), ou Shining : L'Enfant lumière au Québec[2],[3], est un film d'horreur psychologique américano-britannique de Stanley Kubrick, sorti en 1980.

Onzième long métrage de Kubrick, le film est adapté du roman Shining, l'enfant lumière (1977) de l'écrivain américain Stephen King et met en vedette les acteurs Jack Nicholson, Shelley Duvall et Danny Lloyd dans les rôles principaux.

Le film met en scène Jack Torrance, un écrivain ex-alcoolique et en panne d'inspiration, engagé pendant tout l'hiver comme gardien d'un grand hôtel isolé du Colorado, l'Hôtel Overlook, où il espère surmonter enfin son manque d'inspiration littéraire. Il s'y installe avec son épouse Wendy et leur jeune fils Danny, lequel possède un don surnaturel de voyance. Alors que les semaines passent, Jack piétine dans l'écriture de son livre. Son fils Danny est lui-même de plus en plus hanté par des visions terrifiantes de meurtres qui se sont déroulés à l'hôtel il y a de cela des décennies. Enfin, sa femme Wendy bascule peu à peu dans la terreur face à la détérioration de la santé mentale de son mari Jack, ayant découvert la nature de ses écrits. Séduit par des visions d'anciens personnages de l'hôtel, il se retourne contre sa famille au fur et à mesure de sa chute dans la folie meurtrière.

Lors de sa sortie originale, le film a reçu des réactions mitigées de la part des critiques, et de Stephen King en raison des dérivations du scénario par rapport à son roman. Plusieurs montages ont été réalisés à l'époque, chacun plus court que le précédent, coupant au total 27 minutes de séquences. Le film a par ailleurs reçu deux nominations controversées aux premiers Razzie Awards en 1981, pour le Pire Réalisateur et la Pire Actrice, cette dernière ayant été annulée en 2022 en raison du traitement que Kubrick aurait fait subir à Shelley Duvall sur le plateau, légende néanmoins aujourd'hui réfutée par la principale intéressée[4].

Shining a depuis été critiquement réapprécié, et est désormais considéré comme un classique du cinéma d'horreur. En 2018, le film a été sélectionné par la Bibliothèque du Congrès pour être ajouté à la National Film Registry en raison de son « importance culturelle, historique ou esthétique »[5]. Une suite appelée Docteur Sleep, basée sur le roman de Stephen King du même nom sorti en 2013, a été adaptée en film et est sortie en 2019.

L'entretien

[modifier | modifier le code]

Jack Torrance (Jack Nicholson), ex-professeur qui se voudrait écrivain, est reçu par Stuart Ullman (Barry Nelson), le directeur de l'hôtel Overlook, un palace isolé dans les montagnes Rocheuses du Colorado, pour une entrevue afin d'obtenir le poste de gardien durant l'hiver, lorsque celui-ci est fermé et coupé du reste du monde. Le directeur attire alors l'attention de Jack sur l'isolement du site et l'informe que le précédent gardien, Charles Grady, a sombré dans la folie pour cette même raison et a massacré sa femme et ses deux filles jumelles avec une hache avant de se suicider avec une arme à feu. Jack accepte malgré tout le poste, qui consiste à entretenir l'hôtel durant l'hiver : il profitera par ailleurs de la solitude du lieu pour y écrire enfin son livre.

Au même moment, dans l'appartement des Torrance à Boulder, son fils Danny (Danny Lloyd) a des visions sanglantes dans la salle de bain qui l'avertissent d'un danger. Il y fait un malaise, et est examiné par une docteure, qui conclut à une transe auto hypnotique. Celle-ci apprend au détour d'une conversation avec Danny l'existence d'un ami imaginaire appelé Tony. Wendy lui apprend alors que ce dernier lui est venu 5 mois auparavant, le jour où Jack, alors ivre et alcoolique, lui avait accidentellement cassé le bras. Depuis, Jack a fait la promesse de rester sobre.

Le jour de fermeture

[modifier | modifier le code]

Le , l'hôtel Overlook ferme ses portes, et les Torrance arrivent alors. Alors que les employés et derniers clients se dépêchent de partir, Ullman fait visiter le lieu au couple Torrance, sans Danny, resté dans la salle de jeu de l'hôtel. Celui-ci aperçoit alors les fantômes des jumelles Grady, déjà présentes dans des flashs plus tôt. Elles ne lui font aucun mal, et quittent la pièce. De leur côté, Jack et Winnifred « Wendy » (Shelley Duvall) découvrent leur appartement, et la présence d'un labyrinthe végétal situé près de l'édifice. Après avoir retrouvé Danny, et une fois dans la salle de bal en or, ils font la connaissance du cuisinier de l'établissement, Dick Halloran (Scatman Crothers), qui présente à Wendy la cuisine et les provisions. Dans une des pièces, Dick communique avec Danny grâce à un don de télépathie.

Ayant pris Danny à part en lui offrant une glace, il lui apprend que leur don commun s'appelle le shining selon sa grand-mère, et permet, en plus de communiquer par la pensée, de voir les évènements du passé ou du futur. Dans la même conversation, il lui apprend que l'hôtel provoque la « fulgurance », ayant accumulé nombre d'évènements mauvais et passés. Danny lui pose alors une question sur la chambre 237, à laquelle Dick répond sèchement qu'il n'y a rien, et qu'il ne doit pas s'y approcher, sans plus d'explication.

Un mois plus tard

[modifier | modifier le code]
La machine à écrire utilisée par Jack dans le film.

L'hôtel, à présent vide, devient le terrain de jeu de Danny, qui passe son temps à parcourir l'hôtel sur son tricycle. De son côté, Jack n'a toujours pas plus d'inspiration, et passe son temps libre dans le Salon Colorado à jeter une balle contre un mur.

Un jour, Danny fait une halte devant la chambre 237, dont il tente d'ouvrir la porte, mais celle-ci est fermée. Il voit les jumelles Grady dans un nouveau flash et, pris de peur, s'enfuit. Jack, quant à lui, commence enfin à écrire quelques pages de son roman, mais est interrompue par Wendy qui lui apprend qu'une tempête de neige va bientôt se déclarer. Il s'énerve alors violemment contre elle sans réelle raison, la faisant quitter les lieux, un peu apeurée.

Quelques jours plus tard, Wendy tente de passer un coup de téléphone, mais n'y arrive pas. Contactant les rangers avec la radio, l'un d'eux lui apprend que les lignes téléphoniques sont coupées à cause de la tempête, et que la radio devient alors le seul moyen de communiquer avec l'extérieur. Il lui conseille par ailleurs de laisser cette dernière toujours branchée. Soudain, durant l'une de ses courses dans les couloirs, Danny rencontre de nouveau les fantômes des jumelles Grady, qui l'invitent à jouer avec elles « à jamais ». Cependant, il a différents flashs des corps des jumelles massacrées à la hache, et il est terrifié. Après qu'elles soient parties, Danny tente de se rassurer en se rappelant d'une phrase dite par Dick : « C'est comme des images dans un album, Danny. C'est pas pour de vrai ».

Plus tard, alors que Danny veut chercher ses jouets, il tombe sur Jack, assis sur son lit (alors qu'il était censé dormir selon Wendy), et dont la santé mentale commence à se détériorer de plus en plus. Il s'attache de plus en plus maladivement à l'hôtel, répétant par ailleurs la même fin de phrase que celle des jumelles Grady : « Je voudrais que nous restions ici à jamais, à jamais... ». Il commence aussi à avoir de plus en plus de soupçons sur Wendy après que Danny lui ait demandé s'il allait leur faire du mal (se figurant que sa mère lui ait dit ça). Le père a de plus une proximité physique étrange avec son fils dans cette séquence, qui se coupe avant la fin de leur interaction.

La chambre 237 et l'Overlook s'avère maléfique

[modifier | modifier le code]

Quelques jours après, Danny joue avec des voitures miniatures dans le couloir et une balle roule à ses pieds. Or, le couloir est vide. S'imaginant que sa mère veut jouer avec lui, il s'aventure dans le couloir, et remarque que la porte de la chambre 237 est entrouverte, et y entre. Pendant ce temps, Jack, endormi sur sa chaise, fait un cauchemar dans lequel il massacre toute sa famille. Ses cris alertent Wendy, qui accourt. Alors qu'elle tente de le calmer et qu'il lui raconte son cauchemar, Danny apparaît, des marques de strangulation au cou. Wendy remarque ces traces et accuse Jack de les avoir commises, celui-ci ayant en effet déjà été violent avec lui, et sort de la pièce avec son fils dans ses bras, en proie à la panique.

Furieux, Jack déambule dans les couloirs de l'hôtel et entre finalement dans la salle de bal, s'arrêtant devant le comptoir du bar vide dont les miroirs reflètent son image. Fermant les yeux puis les rouvrants, il déclare alors « mon âme au diable pour un verre de bière », ce qui a pour effet de lui faire voir les étagères du bar couvertes de bouteilles, tandis que lui fait face un barman que Jack semble connaître car il l'appelle par son prénom, Lloyd. Il souhaite payer pour des boissons, mais se rend compte que son porte-monnaie est vide. Lloyd l'informe alors qu'il bénéficie de tout le crédit qu'il souhaite. Il boit alors un bourbon, brisant ses 5 mois d'abstinence. Jack lui avoue qu'il a démis l'épaule de Danny trois ans auparavant (contredisant les propos de Wendy et les siens plus tôt), mais affirme qu'il n'a depuis lors plus jamais fait de mal à son fils. Il y manifeste aussi sa haine explicite de Wendy, la traitant de « banque de sperme, là-haut » puis l'insultant franchement.

Celle-ci arrive alors, paniquée, dans la salle de bal à nouveau vide, et dit à Jack qu'il y a quelqu'un dans l'hôtel, pourtant censé être désert, Danny accusant en effet une femme de l'avoir agressé dans la chambre 237. Lors de sa nouvelle transe, Danny contacte Dick, alors en Floride dans sa chambre. Celui-ci reçoit le message de Danny, et se montre inquiet. Jack, quant à lui, se rend dans la chambre 237. Dans la salle de bain, il découvre une silhouette derrière la baignoire, et est sur le point de prendre peur à son tour, jusqu'à ce qu'il remarque qu'il s'agit d'une jeune femme nue. Celle-ci l'invite à s'approcher et Jack, charmé, s'exécute. Mais alors qu'ils s'embrassent, la jeune femme revêt l'aspect d'une vieille femme morte, dont le cadavre est en décomposition ; Jack prend la fuite, apeuré, et ferme à clé la chambre. Hallorann tente d'appeler l'hôtel par téléphone, mais n'obtient que le répondeur.

A son retour, il ment à Wendy en disant n'avoir rien trouvé, et suggère que Danny aurait pu se blesser tout seul, ce qui lui est déjà arrivé par le passé selon Jack. Cependant, Wendy tente de se montrer insistante, et veut quitter l'hôtel et emmener Danny voir un médecin. Jack craque et s'énerve violemment contre elle, l'accusant de gâcher sa vie en le forçant à quitter l'endroit où il peut obtenir sa dernière chance à l'aide de son roman, et sort de l'appartement en claquant la porte. Wendy, à bout de nerfs, se prend la tête dans les mains.

Fulminant de colère, Jack s'aventure dans l'hôtel, remarquant avec surprise que les couloirs sont désormais pleins de ballons et de décorations festives. Dick contacte un ranger, qui lui dit qu'il essaiera de contacter les Torrance par radio, ce qui rassure légèrement Dick. Jack se rend quant à lui à nouveau dans la salle de bal, qu'il voit désormais remplie d'invités en tenue de soirée, dans un style vestimentaire des années 1920-30. Retrouvant Lloyd, il se fait servir une boisson, mais alors qu'il peut désormais payer, Lloyd l'informe que les boissons sont payées par « la direction ». D'abord suspicieux, Jack ne pose pas plus de questions, et profite de la fête, son verre à la main.

Réplique de la scène « REDRUM » à l'« exposition Stanley Kubrick 2015 » du Festival international du film de Toronto (TIFF) de Toronto (Ontario).
Scène du film reproduite au musée de cire Louis Tussaud de Niagara Falls (Ontario).

Il est alors légèrement et accidentellement bousculé par un serveur de l'hôtel, qui lui renverse de l'Advocaat sur la veste. Lui proposant de le nettoyer dans les toilettes, Jack l'y accompagne et tente de démarrer une discussion avec le serveur. Celui-ci dit s'appeler Delbert Grady. Se souvenant de ses précédentes discussions avec Ullman, Jack lui demande logiquement s'il est l'ex-gardien de l'hôtel, ce qu'il réfute néanmoins, car selon lui, Jack a toujours été le gardien de l'hôtel. La conversation revenant en sa faveur, Grady lui recommande alors d'être vigilant, car son fils « s'évertue à faire venir quelqu'un de l'extérieur », et lui conseille enfin de mieux tenir sa famille, voire de la corriger, comme lui-même l'avait fait avec sa propre famille.

Wendy, à bout de nerfs, planifie de quitter l'hôtel dans la chenillette avec Danny mais sans Jack, tout en prévenant les rangers par la radio au cas où quelque chose leur arriverait. Elle est alors interrompue dans la chambre d'à côté par le cri monotone de Danny répétant REDRUM[note 1] incessamment, désormais complétement possédé par Tony. Wendy se rend alors compte que, plus qu'un ami imaginaire, Tony est une entité à part entière, qui a définitivement pris le contrôle de Danny.

De son côté, Jack détruit la radio (et la chenillette hors-champ) alors que le ranger tentait d'appeler les Torrance en boucle. La famille est alors complètement bloquée dans l'hôtel. Dick recontacte le ranger, qui lui fait part de l'absence de nouvelles. Celui-ci, inquiet au possible, décide de se rendre lui-même à l'hôtel par avion. On voit alors Jack taper quelques pages, avant de revenir sur Dick contactant Larry Durkin, un de ses amis possédant une station-service, lui mentant sur ses vraies intentions. Il y apprend notamment que les routes sont impraticables avec des voitures, et qu'il aura besoin d'une chenillette, que Larry accepte de lui fournir. Se rendant vers ladite station-service, il remarque que Larry n'avait pas tort en étant témoin du déblayage d'un accident entre un camion et une Coccinelle rouge.

Wendy et Danny, toujours possédé par Tony, regardent la télévision diffusant des cartoons. Wendy, inquiète, décide d'aller parler à Jack dans le salon, et s'arme d'une batte de baseball. Alors qu'elle s'y aventure sans le trouver, elle découvre sur la table les pages du « roman » de son mari, entièrement remplies d'une seule et même phrase : « All work and no play makes Jack a dull boy »[note 2], que Jack a tapée sur des centaines de pages sans discontinuer. Celui-ci arrive alors, et demande à Wendy ce qu'elle en pense, puis tente de lui faire avouer ses vraies intentions avec cette visite. Celle-ci suggère encore une fois d'emmener Danny chez un docteur, mais Jack se montre encore plus explicite sur les responsabilités qu'il a avec l'hôtel et la direction. Puis, alors qu'il tente de tuer Wendy dans les escaliers, celle-ci l'assomme avec la batte, le blessant à la tête et aux jambes.

Elle le traîne jusque dans la cuisine, et l'enferme dans la réserve alimentaire de l'hôtel, in extremis alors que Jack commençait à reprendre ses esprits. Elle s'arme d'un couteau, et Jack tente de l'amadouer pour qu'elle le fasse sortir de là. Wendy lui révèle enfin qu'elle compte quitter l'hôtel avec Danny dans la chenillette sans lui, et qu'elle lui fera appeler un docteur. Jack se met alors à rire frénétiquement et lui demande d'aller voir la radio et la chenillette. Celle-ci s'exécute, paniquée, et constate alors avec horreur que ceux-ci ont été définitivement rendus inutilisables par Jack.

Peu après, Jack rencontre à nouveau Grady, vocalement uniquement cette fois, qui l'informe du mécontentement de lui et « bien d'autres » face à son incapacité à remplir sa mission. Jack le convainc alors de lui donner une dernière chance, avouant frontalement et promettant à Grady de tuer sa femme et son fils.

Confrontations finales

[modifier | modifier le code]

Dick Hallorann se rend vers l'hôtel en chenillette, tentant d'aller le plus vite possible pour ne pas arriver trop tard. Danny/Tony, quant à lui, répète alors de plus en plus et de plus en plus fort REDRUM, l'écrivant même sur la porte de la salle de bains avec du rouge à lèvres. Wendy se réveille en sursaut et, tentant de calmer Danny/Tony, elle s'aperçoit dans le miroir du vrai sens de REDRUM : MURDER[note 3]. Au même moment, Jack fracasse avec une hache la porte d'entrée de l'appartement. Wendy et Danny, redevenu lui-même, se réfugient alors dans la salle de bain, et Danny parvient à sortir par la fenêtre entrouverte. Seulement, Wendy n'arrive pas à complétement l'ouvrir pour s'enfuir, et se résout donc à rester, demandant à Danny de se cacher aussi vite que possible. Jack, quant à lui, tente encore une fois d'amadouer Wendy pour qu'elle ouvre la porte. Sans réponse de sa part, il défonce alors la porte, et s'apprête même à ouvrir la porte. Mais Wendy le blesse à la main avec un couteau, l'obligeant à battre en retraite.

Dick arrive alors à proximité de l'hôtel, et Jack, ayant entendu son arrivée, se détourne provisoirement de sa famille. Wendy, se remettant de ses émotions après que Jack soit parti, tente de s'enfuir de la salle de bain, mais celle-ci est fermée. Elle tente de détruire elle-même la porte avec son couteau. Enfin, Danny se cache dans un des tiroirs de la cuisine.

Halloran s'aventure dans l'hôtel, appelant pour savoir si quelqu'un est là, mais est pris en embuscade par Jack qui se rue sur lui et le tue avec sa hache. En voyant la mort de Dick par télépathie, Danny crie, révélant par accident sa position générale à un Jack boîtant et totalement fou. Danny sort alors de sa cachette, et se fait courser par son père, courant avec difficulté. Wendy s'aventure quant à elle dans l'hôtel à la recherche de Danny, et aperçoit le corps mort de Dick, ainsi que différents évènements surnaturels dans l'hôtel (un invité en sang portant un toast à une « belle réception, n'est-ce pas ? », un homme en costume d'ours pratiquant une fellation sur un homme en costume et l'ascenseur de l'hôtel déversant des litres de sang).

Dans le même temps, Danny se réfugie dans le labyrinthe en face de l'hôtel, coursé par Jack. Par ruse, il retourne en arrière en marchant dans ses propres empreintes dans la neige et réussit à semer son père, qui se perd dans le labyrinthe, tandis que Danny trouve la sortie en remontant ses pas après avoir sauté de côté pour couper sa trace. Il retrouve sa mère à la sortie, et tous deux s'enfuient de l'hôtel grâce à la chenillette d'Halloran. Jack, quant à lui, meurt de froid. Le lendemain matin, son corps est montré comme gelé.

Le film se conclut sur un travelling vers une photographie en noir et blanc accrochée à l'un des murs de l'hôtel. Alors que la caméra zoome, on peut y voir Jack en tenue de soirée des années 1920 au milieu d'une assemblée de convives. Le cliché porte la légende : « Overlook Hotel, July 4th Ball, 1921 »[note 4].

Fiche technique

[modifier | modifier le code]

Distribution

[modifier | modifier le code]
L'acteur Scatman Crothers (à gauche) avec Redd Foxx en 1975.

Inspiration

[modifier | modifier le code]

Avant de réaliser Shining, Stanley Kubrick venait de sortir du relatif échec de son film de 1975, Barry Lyndon, un film historique sur un Irlandais au XVIIIème siècle qui essaie de se faire une place dans l'aristocratie européenne. Le film sera apprécié pour ses qualités techniques, mais décrié comme étant trop long et lent[12]. Le box-office américain boude également le film[13], bien que l'ajout du box-office international permettra de partiellement rembourser le budget du film[14]. Il n'en reste pas moins que Kubrick est déçu par cet échec, après les succès de 2001, l'Odyssée de l'espace et Orange Mécanique, et veut réaliser un film qui serait à la fois commercialement viable et qui l'accomplirait comme réalisateur[13].

Une légende, notamment propagée par Stephen King, veut que Kubrick se soit enfermé dans son bureau après avoir demandé à son équipe de lui envoyer des stocks entiers de romans d'horreur : « La secrétaire de Kubrick entendait le son de chaque livre frappant le mur alors que le réalisateur le jetait dans une pile de rejets après en avoir lu les premières pages. Finalement, un jour, elle nota que cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas entendue le travail d'un autre auteur mordre la poussière. Elle est entrée pour vérifier si son patron allait bien, et a trouvée Kubrick profondément intéressé dans la lecture d'un manuscrit de Shining »[15]. Il s'agit cependant d'une légende urbaine.

Au début, Kubrick s'intéresse au roman The Shadow Knows (1975), de l'autrice Diane Johnson, le considérant très sérieusement[16], jusqu'à ce que John Calley, un exécutif de la Warner, lui fasse parvenir le manuscrit de ce qui deviendra le roman Shining, du jeune auteur à succès Stephen King[17]. Le choix d'un tel roman correspond parfaitement aux exigences du réalisateur, qui non seulement apprécie l'histoire, mais voulait réaliser depuis 1966 un film d'horreur, et qui avait refusé la réalisation d'un autre film d'horreur de la Warner, L'exorciste, finalement réalisé par William Friedkin, film qui avait rencontré un énorme succès critique et public[18]. Enfin, depuis l'adaptation à succès de Carrie en 1976 par Brian de Palma, une adaptation de King semble être gage de succès.

Scénario et adaptation

[modifier | modifier le code]

Une fois les droits achetés, avec selon Jan Harlan, producteur exécutif et beau-frère de Kubrick, une clause l'autorisant à changer le roman de King[19], Kubrick s'attelle à l'écriture du scénario, travaillant avec Diane Johnson dont il avait considéré le roman auparavant, et dont il appréciait la connaissance du roman gothique (étant même professeure à l'université de Californie, à Berkley)[20]. Contrairement à une légende urbaine souvent propagée, Kubrick a bien lu le script original de Stephen King, mais l'a refusé, le considérant comme une adaptation trop littérale du roman[21]. Par ailleurs, le réalisateur ne croyait pas aux histoires de fantômes, impliquant que cela « impliquait la possibilité qu'il y ait quelque chose après la mort », quelque chose auquel il ne croyait pas, « pas même à l'enfer »[17].

Dans un travail collectif de plus de 11 semaines, les deux scénaristes vont ainsi profondément modifier le livre, ajoutant au scénario un mélange de psychanalyse (relation père, fils, mère), schizophrénie (thème de prédilection de Kubrick), de roman gothique (spécialité de Diane Johnson)[16] et de sentimental, de macabre et des personnages victimes du passé, et l'intrigue de base du roman avec ses phénomènes surnaturels[22].

Peu après la première du film, dans une interview au magazine parisien Positif, Diane Johnson attaquera même le roman de King en disant que :

Entre nous, Shining (le roman) n'est pas de la grande littérature. C'est effrayant, c'est efficace et ça fonctionne, sans plus...Mais c'est précisément en quoi c'est intéressant, de voir qu'un très mauvais livre peut aussi être très efficace. C'est plutôt prétentieux. Mais c'est aussi vrai que quelqu'un aura moins de scrupules à le détruire : Il est au courant qu'il ne détruit pas une grande œuvre d'art[23].

Kubrick sera plus enthousiaste sur les possibilités du manuscrit :

C'était la première fois que j'avais lu un roman jusqu'à la fin qui m'avait été envoyé dans le but d'en faire un film. J'ai été absorbé par sa lecture, et il m'a semblé que son résumé, ses idées et sa structure étaient bien plus imaginatives que d'habitude dans le genre de l'horreur ; j'ai pensé qu'un bon film pouvait en sortir[24].

Attribution des rôles

[modifier | modifier le code]
Jack Nicholson en 1976.
 
Shelley Duvall en 1977.

Jack Nicholson était le premier choix de Kubrick pour le rôle de Jack Torrance[25], bien que le réalisateur ait également pensé à l'acteur Kris Kristofferson au cas où Nicholson refuserait le rôle[26]. D'autres acteurs comme Robert de Niro (qui déclarera que le film lui a donné des cauchemars pendant un mois) ou Harrison Ford furent également envisagés mais rapidement abandonnés[27]. Kubrick dira de Nicholson qu'il est : « sans doute le plus grand comédien d'Hollywood aujourd'hui, l'égal des plus grands acteurs de composition du passé, comme Spencer Tracy et James Cagney. »[25]. Stephen King s'est quant à lui montré plus réservé sur ce choix, arguant qu'après Vol au-dessus d'un nid de coucou (1975), le choix de Jack Nicholson montrerait au spectateur que Jack Torrance est un individu instable dès le début du film. Pour cette raison, King aurait préféré avoir des acteurs comme Jon Voight, Michael Moriarty ou Martin Sheen pour le rôle, qui auraient selon lui le profil d'un homme normal tombant lentement dans la folie[28]. Dans tous les cas, dès le début de la production, il a été dit à l'auteur que l'acteur du rôle principal ne serait pas négociable[29].

Une légende tenace veut que la production ait au départ proposé Robin Williams (acteur qui commençait tout juste à se faire connaître) dans le rôle principal, que Kubrick aurait refusé car il l'aurait trouvé trop "psychotique". Or, cette légende est démentie par Lee Unkrich, auteur d'un livre sur le film, qui parle notamment du fait que le réalisateur voulait un acteur connu du grand public pour le rôle afin de garantir le succès, et n'aurait jamais envisagé d'engager un inconnu. Par ailleurs, Robin Williams était trop jeune pour jouer le rôle, puisqu'il avait 27 ans, alors que Nicholson en avait 42 à la fin du tournage. Enfin, il n'avait tout simplement aucune chance face à Jack Nicholson, puisque cela faisait alors plusieurs années que lui et Kubrick voulaient travailler ensemble, plus précisément à partir du biopic avorté sur Napoléon[26].

Pour le rôle de Wendy Torrance, bien que Jack Nicholson aurait suggéré l'actrice Jessica Lange[30], Kubrick a voulu caster Shelley Duvall dès le début de la production, l'ayant contactée dès mai 1977[31]. Il a en effet vu tous ses films, notamment Trois Femmes, et pense qu'une actrice comme elle pourrait correctement interpréter une version plus réaliste de Wendy et de sa relation avec Jack que celle du livre[32]. Une nouvelle fois, Stephen King désapprouvera le casting, le qualifiant en 1978 d'« exemple de casting absolument grotesque »[33].

Il est parfois allégué que Slim Pickens, qui avait déjà travaillé avec le réalisateur sur Docteur Folamour, avait été considéré pour le rôle de Dick Hallorann, mais devant un Kubrick refusant de lui faire faire moins de 100 prises par scène, aurait refusé et suggéré Scatman Crothers[34]. Cependant, ce dernier dira en interview qu'il a été engagé après que son ami Jack Nicholson (qui avait déjà joué dans deux films avec lui en 1972 et 1975) l'ait recommandé à Kubrick, et que ses agents aient acceptés[35]. Par ailleurs, on peut se douter que quoi qu'il arrive, Kubrick aurait voulu engager un acteur noir pour jouer le rôle.

Pour jouer le rôle de Danny Torrance, le premier choix de Kubrick était Cary Guffey, qui venait de tourner avec Steven Spielberg dans Rencontres du troisième type, mais les parents de Guffey ont refusé, en raison de son jeune âge et par crainte que sa carrière, qui en aurait été plus populaire, ne le fasse tomber dans des démons, un choix que l'acteur regrettera plus tard[36]. Kubrick demanda donc à Leon Vitali, acteur dans le film Barry Lyndon et devenu ami et assistant du réalisateur, de parcourir avec sa femme Kersti les États-Unis avec une caméra vidéo à la recherche d'un jeune garçon pour l'interprétation de Danny, ciblant notamment les villes de Chicago, Denver et Cincinnati, afin de se rapprocher des accents du New Jersey de Jack Nicholson et du Texas de Shelley Duvall. De retour au Royaume-Uni, il va visionner avec le réalisateur cinq mille figurants. Danny Lloyd, alors âgé de six ans, est retenu. Pendant tout le tournage du film, Kubrick ne révéla jamais à Danny qu'il s'agissait d'un film d'horreur, pour que le jeune acteur (encore âgé de 6 ans à l'époque) ne soit pas déstabilisé par l'horrible scénario. Danny ne découvrit la teneur du film que lorsqu'il le visionna pour la première fois, à l'âge de dix ou onze ans[37].

Les costumes des jumelles Grady dans le film.

Les sœurs jumelles Lisa et Louise Burns avaient déjà quelques expériences dans le monde de la télévision à l'époque du casting, et avaient donc une agente, qui a un jour contacté leur mère en leur disant que Stanley Kubrick cherchait des sœurs pour son prochain film. Bien qu'il n'avait jamais précisé de jumelles, le fait qu'elles le soient a plu au réalisateur, qui les a retenu dans le rôle des jumelles Grady[38]. Bien qu'il soit souvent dit que Kubrick se serait inspiré de la photographie Identical Twins (1967) de Diane Arbus[39], où l'on voit deux fillettes vêtues de la même manière, robe en velours à large col blanc, fixant le spectateur dans les yeux et souriant légèrement, Christiane Kubrick, sa femme, réfutera cette information, tout en précisant que Arbus et Kubrick se sont déjà rencontrés[40].

Le tournage débute le et finit en [41], et a lieu aux studios d'Elstree, dans le sud de l'Angleterre[42].

Tournage en intérieur

[modifier | modifier le code]

Après avoir choisi le roman de King comme une base pour son prochain projet, et après une longue phrase de pré-production, Kubrick fit construire des décors dans les studios d'Elstree au nord de Londres, dont certains furent inspirés par l'Ahwahnee Hotel, dans le Yosemite National Park, ce qui créa plus tard une légende selon laquelle l'hôtel aurait vraiment servi de décor pour le film[43]. Afin de pouvoir tourner les scènes dans l'ordre qu'il le souhaitait, le réalisateur utilisa plusieurs des plateaux disponibles dans les studios, afin de pouvoir les rendre tous disponibles à tout moment durant la production. Les décors de l'hôtel Overlook furent à l'époque les plus grands jamais construits à Elstree, incluant une reproduction de l'extérieur de l'hôtel[44], et pour lesquels Kubrick dépensera une grande partie du budget du film, estimé à 19 millions de dollars[45],[46]. En janvier 1979, le décor du Salon Colorado fut pris dans un incendie qui le ravagea, causant un retard dans la production[47].

Tournage en extérieur

[modifier | modifier le code]
Le St. Mary Lake avec en son centre la Wild Goose Island, vu lors de la scène d'ouverture de Shining.

Bien qu'une grande partie du film soit tournée aux Elstree Studios, une deuxième unité conduite par Jan Harlan a tout de même filmée quelques séquences dans l'Ouest Américain, dont le St. Mary Lake et l'île Wild Goose pour la scène d'ouverture, ainsi que la route Going-to-the-sun lorsque la voiture de Jack se rend vers l'Overlook, tous trois situés dans le parc national de Glacier dans le Montana[48]. Des plans du vrai Timberline Lodge, hôtel qui inspira l'arrière de l'Overlook, furent également utilisés, notamment au début du film, sans le fameux labyrinthe (l'hôtel n'en possédant pas). Par coïncidence, l'Ahwahnee et le Timberline furent tous deux designés par l'architecte américain Gilbert Stanley Underwood, dans les années 1920 et 1930 respectivement[49].

Dans les plans utilisés de la séquence d'ouverture, il est possible de voir pendant quelques secondes l'ombre de l'hélicoptère utilisé[50], et plus tard les pales de l'appareil[51]. Le monteur du film, Gordon Stainforth, expliquera que cela est du au fait que le tournage a été effectué au format 1.37:1 pour une diffusion censée être en 1.85:1, et que seule une diffusion dans le format de tournage laisse donc entrevoir cela. Il précisera également que Kubrick ne s'en souciait pas réellement, trouvant avant tout les images très belles[52].

Par ailleurs, pour cette séquence, plus de 17 heures d'images avaient été filmées par l'équipe sur place. Plus tard, quelques-uns des rushes non utilisés furent utilisés par le réalisateur Ridley Scott pour clôturer le premier montage de son film Blade Runner en 1982, que Kubrick lui avait fourni car il avait aimé son film Alien en 1979, avec comme seule instruction de n'utiliser aucun plan déjà utilisé dans Shining[53]. Les immenses tas de neige des scènes en extérieur, autour de l'hôtel, étaient constitués de petites billes de polystyrène, aussi utilisées pour les chutes de neige[48] , du sel étant utilisé pour les plans serrés[48].

Tournage général

[modifier | modifier le code]

Shining a eu une période de production prolongée (un peu plus d'une année de tournage principal) en raison des méthodes de réalisation de Stanley Kubrick, avec des jours de travail très longs. Ainsi, l'actrice Shelley Duvall eut quelques disputes avec le réalisateur sur ses méthodes d'acting et ses répliques[54], bien qu'elle réfutera toujours avoir été maltraitée par ce dernier[4]. Jack Nicholson vivait quant à lui à Londres avec sa fiancée de l'époque, l'actrice Anjelica Huston, et sa sœur cadette Allegra, qui racontera plus tard les longues journées de travail de l'acteur[55]. Joe Turkel dira en 2014 que la scène du bar avait été répétée pendant six semaines, et la journée de tournage elle-même durant de 9 heures du matin à 22 heures 30, se souvenant que ses vêtements étaient trempés de transpiration à la fin de la journée. Il a cependant également décrit la scène comme sa préférée dans le film[56].

Pour la seconde scène principale dans la salle de bal, Kubrick a demandé aux extras (avec un mégaphone) de ne pas parler, « mais de mimer des conversations. Kubrick savait depuis des années à observer des milliers de films que les extras pouvaient souvent mimer leur truc en hochant la tête et en utilisant des gestes larges qui avaient l'air faux. Il leur a dit d'agir naturellement pour donner à la scène un sentiment effrayant de réalisme temporel alors que Jack se déplace des années 70 aux années 20 »[57]. La scène a été documentée dans le making-off filmé par Vivian Kubrick, la fille du réalisateur[58].

La porte détruite par Jack vers la fin du film est une vraie porte. Kubrick avait originellement voulu tourner la scène avec une fausse porte, mais Jack Nicholson, ancien pompier dans la Garde Nationale de Californie, l'avait détruite trop rapidement[59]. La phrase qu'il prononce ensuite, « Heeeeeere's Johnny ! », est une référence à l'introduction récurrente de Ed McMahon pour le Tonight Show Starring Johnny Carson, et serait, selon Nicholson, une improvisation de sa part. Kubrick, qui vivait au Royaume-Uni depuis quelques années à cette époque, ne connaissait apparemment pas le show[60], et faillit utiliser une prise différente de Jack dans le trou de la porte, sans parler, prise plus tard utilisée dans une des bandes-annonces télévisées[61]. La scène du film a quant à elle été utilisée par Johnny Carson dans l'introduction du 18ème anniversaire de son émission[62].

Selon David Lynch, tout au long de la production, Kubrick a régulièrement montré son film de 1977 Eraserhead à l'équipe technique et aux acteurs, afin de leur montrer le genre d'esprit qu'il voulait obtenir avec Shining[63].

Originalement, le Guinness Book avait attribué le record de la scène la plus retournée de l'histoire du cinéma à celle où Wendy marche à reculons dans les escaliers du Salon Colorado tout en se défendant de Jack avec une batte de baseball, avec 127 prises[64]. En juillet 2020, le Guinness a mis à jour le record en affirmant que la scène était en fait celle de Danny et Dick dans la cuisine, avec 148 prises réalisées[65]. Cependant, dans son livre Stanley Kubrick's The Shining, basé sur des centaines d'archives officielles de la Warner, Lee Unkrich démonte la légende, écrivant que « Cela a été colporté par un membre de l'équipe technique qui n'était même pas sur le plateau quand [la scène a] été tournée...La scène qui a eu le plus de prises dans tout le film [66] et dont personne ne parle est le long travelling qui emmène Jack, Wendy et le directeur de l'hôtel vers la salle de bal en or au début du film »[66], précisant dans le livre en lui-même que le véritable chiffre est de 43 prises, théorisant cependant que le chiffre de 127 prises pourrait provenir d'une confusion avec le nombre de répétitions effectuées[67].

"All work and no play makes Jack a dull boy"

[modifier | modifier le code]

Pour la scène où Wendy découvre les écrits frénétiques de son mari, ayant noirci des centaines de pages d'une seule et même phrase, Stanley Kubrick et Diane Johnson ont très tôt commencé à réfléchir à plusieurs expressions idiomatiques anglaises, comme « Jack + Jill went up the hill » ou « I will be a good boy », sans nécessairement référencer le nom de Jack. Le choix de l'expression finale, « All work and no play makes Jack a dull boy », s'est faite au hasard[68].

Pour les sorties internationales du film, Kubrick s'est rendu compte que cette expression, sans équivalent direct dans d'autres langues, aurait beaucoup moins d'impact sur les autres publics. Le réalisateur a ainsi fait appel à des traducteurs pour trouver des expressions à la familiarité similaire (plutôt que de traduire littéralement l'expression originale)[69]. En Allemagne, l'expression devint « Was du heute kannst besorgen, das verschiebe nicht auf Morgen » (Ne remets jamais à demain ce qui peut être fait aujourd'hui), en Italie « Il mattino ha l'oro in bocca » (Le matin a de l'or dans la bouche), en Espagne « No por mucho madrugar amanece más temprano » (Peu importe combien tu te lèves tôt, tu ne peux pas faire lever le soleil plus tôt), et en France « Un Tiens vaut mieux que deux Tu l'auras »[70].

Ces expressions et plans furent utilisées dans les sorties cinéma originales et en VHS dans les différents pays (et les pays locuteurs desdites langues), mais furent supprimées par Warner dès la sortie internationale en DVD, qui utilisa le master américain pour le monde entier[70].

Un opérateur de Steadicam.

Shining a été parmi la demi-douzaine de films (après En route pour la gloire, Marathon Man, et Rocky, tous trois sortis en 1976) à utiliser le concept alors nouveau de Steadicam[71], une manipulation de caméras ArriFlex 35 mm avec optiques Zeiss montées sur un système stabilisateur de prise de vues portatif, fixé via un harnais muni de contrepoids. Ce système permet entre autres d'avoir des plans fluides même sur une surface inégale. Son inventeur, Garrett Brown, a beaucoup été impliqué dans la production de Shining, disant dès sa première visite dans les studios qu'il était excité à l'idée d'avoir « plus de possibilités pour la Steadicam ». La visite a convaincu Brown d'être personnellement impliqué dans la production. Kubrick « ne parlait pas juste de plans de cascades et d'escaliers », mais surtout d'utiliser la Steadicam « comme elle devait être utilisée - comme un outil aidant la lentille à se rendre où elle doit dans l'espace et le temps sans les limitations classiques des travellings et des grues »[72]. Brown a utilisé une lentille Cooke 18 mm pour permettre à la Steadicam de passer à quelques centimètres des murs et des portes[73].

Kubrick a personnellement modifié la technologie de transmission vidéo de l'outil, et Garrett Brown affirmera que ses propres talents d'utilisation de la Steadicam ont été redéfinis lors du travail sur le film de Kubrick. Pour ce dernier, il met également au point une technique à deux mains, qui lui permettait de maintenir la caméra à une hauteur tout en faisant des panoramiques et en inclinant la caméra. En plus de pouvoir filmer par derrière, la Steadicam permettait également de filmer dans des pièces exiguës sans devoir raser les murs, ou devoir coincer la caméra entre les portes. Brown note que[72] :

Un des plans dont on parle le plus dans le film est la séquence sinistre du tracking suivant Danny alors qu'il pédale à toute vitesse de couloir en couloir sur son tricycle en plastique. La bande-son explose de son quand la roue est sur un sol en bois et est abruptement silencieuse sur les tapis. On avait besoin d'avoir la lentille à quelques centimètres à peine du sol et de voyager rapidement juste derrière ou devant le vélo[72].

Cela demandait à la Steadicam d'être sur un équipement spécial ressemblant à un fauteuil à roulettes, dans lequel l'opérateur s'asseyait tout en tirant une plateforme avec le preneur de son. Le poids de l'équipement et de ses occupants s'est avéré être trop lourd pour les pneus originaux, qui ont explosés un jour et ont failli causer un crash sérieux. Des pneus plus solides ont plus tard été ajoutés dessus. Kubrick avait également un compteur de vitesse très précis qui permettait de dupliquer le tempo exact d'un plan donné pour que Brown puisse faire des prises successives identiques[74]. Brown a également discuté de comment les scènes dans le labyrinthe ont été filmées avec un Steadicam[72].

Plus tard, Brown a publié un article dans le magazine American Cinematographer revenant sur son expérience durant la production[72], et a contribué au commentaire audio de la sortie DVD du film en 2007, avec le biographe John Baxter.

Après Barry Lyndon qui a reçu l'oscar de la meilleure musique de film aux Oscars 1976, Kubrick apporte un soin particulier à la bande son de Shining. Au départ, les musiques originales devaient être composées par Rachel Elkind et Wendy Carlos[75], cette dernière ayant déjà collaboré 8 ans auparavant avec le réalisateur pour la musique d'Orange mécanique. A leur arrivée aux Elstree Studios, les compositrices ont pu voir une première version du film : « Le film était un peu long. Il y avait de super scènes qui n'ont pas fini dans le film. Il y avait toute une scène très étrange et mystique dans laquelle Jack Nicholson découvre des objets qui ont été arrangés dans son espace de travail dans la salle de bal avec des flèches et d'autres trucs. Il marche et pense entendre une voix, et un fantôme lui lance une balle. Rien de tout cela n'a fini dans le film fini. On en a sonorisé beaucoup. On ne savait pas ce qui allait être utilisé pour sûr »[76],[note 8].

Bien que certaines de leurs compositions furent utilisées dans le film finalisé, (dans des scènes clés du film, de surcroît), une grande partie sera rejetée[77], et remplacée par de la musique classique, comme Kubrick en avait l'habitude depuis 2001, l'Odyssée de l'espace, ainsi que des morceaux de foxtrot inventé au début des années folles. Bien que le répertoire aie été sélectionné par Kubrick, l'ajout des passages musicaux dans le film a été laissé presque entièrement au monteur Gordon Stainforth, dont le travail sur ce film est connu pour son attention aux petits détails et pour sa synchronisation remarquablement précise entre images et musiques[78],[79]. Les compositions de Wendy Carlos sont quant à elles sorties pratiquement entièrement en 2005, sur sa compilation Rediscovering Lost Scores[80].

La bande originale du film est à l'époque sortie en 33 tours, mais a été retirée par la suite, en raison de problèmes juridiques liés à la musique[81]. Sur l'album, on pouvait retrouver des versions complètes de morceaux dont seuls certains fragments sont présents dans le film. À l'inverse, certaines musiques entendues dans le film ne sont pas présentes sur le vinyle[82]. Parmi ces dernières, il y a : Worrying and Heartbeats, Clockworks - Bloody Elevators, Danny Bells Ascending, toutes trois de Wendy Carlos et Rachel Elkind, Polymorphia, Kanon, De natura sonoris no 1, toutes trois de Krzysztof Penderecki, Masquerade de Jack Hylton, It's all forgotten now et Midnight, the Stars and You, toutes deux de Al Bowlly et Ray Noble (et son orchestre).

Musiques préexistantes

[modifier | modifier le code]
  • György Ligeti : Lontano pour orchestre (Danny voit une première fois les jumelles dans la salle de jeu, Dick parle à Danny par télépathie dans la chambre froide, Danny et Wendy jouent dans la neige avec Jack qui les observe depuis le Colorado Lounge et Wendy découvre que les lignes téléphoniques sont coupées)
  • Béla Bartók : Musique pour cordes, percussion et célesta, Adagio (Wendy et Danny marchent dans le labyrinthe et Jack semble les observer depuis le salon, Danny découvre pour la première fois la chambre 237 fermée et Jack écrivant, Jack parle à Danny alors qu'il voulait chercher son camion de pompier)
  • Krzysztof Penderecki : Le Rêve de Jacob (Danny parle à Tony dans la salle de bain, Danny se rend dans la chambre 237 et Jack se réveille sous son bureau terrifié par un cauchemar, Jack examine la chambre 237)
  • Krzysztof Penderecki : Polymorphia pour 48 instruments à cordes (Wendy découvre les écrits déments de Jack sur la machine à écrire et se dispute avec lui, Jack disant à Wendy d'aller vérifier la chenillette et la radio)
  • Krzysztof Penderecki : Kanon pour orchestre à cordes (Jack défonce la porte à coup de hache, Wendy frappant Jack à la tête dans les escaliers, Wendy voyant le sang s'écouler de l'ascenseur)
  • Krzysztof Penderecki : Utrenja (Wendy se dispute avec Jack dans les escaliers, Wendy découvre redruM dans le miroir, Jack tue Dick, Wendy découvre le corps sans vie de Dick, Jack poursuit Danny dans le labyrinthe)
  • Krzysztof Penderecki : De natura sonoris no 1 (Danny rencontre une nouvelle fois les jumelles dans un couloir, Wendy découvre que Jack a saboté la chenillette)
  • Krzysztof Penderecki : De natura sonoris no 2 (Jack se rend une première fois vers la Gold Room en balançant ses bras de colère, Dick se rend à l'hôtel en chenillette, Danny écrivant redruM sur la porte de la salle de bain, Danny retrouve Wendy à la sortie du labyrinthe, Jack mort dans le labyrinthe)
  • Jack Hylton : Masquerade (1932) (déambulation de Jack dans le couloir qui mène au bal)
  • Henry Hall : Home (2e partie de la conversation entre Jack et Delbert Grady dans les toilettes)
  • Al Bowlly, Ray Noble et son orchestre : It's All Forgotten Now (1re partie de la conversation entre Jack et Delbert Grady dans les toilettes)
  • Al Bowlly, Ray Noble et son orchestre : Midnight, the Stars and You (1934) (le bal dans la Gold Room, zoom de la caméra sur la photo finale et générique de fin)

Compositions originales

[modifier | modifier le code]
  • Wendy Carlos et Rachel Elkind : The Shining (Main Title), adaptation au vocodeur de Songe d'une nuit du Sabbat[note 9], dernier mouvement de la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz (générique du film).
  • Wendy Carlos et Rachel Elkind : Rocky Mountains (le trajet de la famille dans les montagnes Rocheuses)
  • Wendy Carlos et Rachel Elkind : Worrying and Heartbeats (Jack parlant avec Wendy de l'examen de la chambre 237 et Danny les écoutant, Wendy se demandant si elle et Danny doivent quitter l'Overlook et Danny répétant "Redrum" dans sa chambre, Jack sabotant la radio, Dick arrivant dans le Colorado en avion)
  • Wendy Carlos et Rachel Elkind : Danny Bells Ascending (Jack parlant avec Wendy de l'examen de la chambre 237 et Danny les écoutant)[83]
  • Wendy Carlos et Rachel Elkind : Clockworks - Bloody Elevators (musique de la bande-annonce du film)

Sortie américaine

[modifier | modifier le code]

Contrairement aux travaux précédents de Kubrick, qui ont obtenu un public graduellement grâce au bouche-à-oreille, Shining est tout d'abord sorti dans 10 cinémas de New York et Los Angeles le 23 mai 1980, et est sorti le 13 juin dans tout le reste du pays[84].

Pour l'affiche de cette sortie, Kubrick fera appel au célèbre graphiste hollywoodien Saul Bass, avec qui il avait déjà travaillé sur Spartacus. Celle-ci montre le dessin d'un visage de poupée en pointillées qui semble en colère, sous-éclairée, regardant à travers les lettres "THE", avec "SHINING" en dessous, en lettres plus petites. En haut de l'affiche figurent les mots "A MASTERPIECE OF MODERN HORROR" ("Un chef-d'œuvre de l'horreur moderne"), avec d'autres informations en bas. La correspondance entre les deux hommes pendant le processus de conception a survécu, montrant que Bass et Kubrick auraient examiné plus de 300 dessins potentiels avant d'opter pour cette affiche[85]. À l'origine, Bass voulait que l'affiche soit noire sur fond rouge, mais Kubrick a choisi de rendre le fond jaune[86].

Coupures post-sortie

[modifier | modifier le code]

Les premières réactions du public et des critiques au film sont mauvaises. Kubrick décide alors, après avoir mené une enquête amateure sur les raisons de cela, de couper 2 minutes situées à la fin du film, après la mort de Jack, ramenant ainsi la durée de 146 à 144 minutes[87]. Dans cette scène, Ullman rend visite à Wendy dans un hôpital, afin de prendre de ses nouvelles. Il explique que la police, malgré une investigation, n'a rien trouvé de particulier dans l'hôtel, impliquant qu'elle aurait tout imaginée. Il invite Wendy et Danny à passer leur convalescence dans sa maison de Los Angeles, puis quitte l'hôpital en donnant à ce dernier la balle de tennis qui l'avait attiré dans la chambre 237[88]. Roger Ebert commentera plus tard que :

Si Jack est en effet mort de froid dans le labyrinthe, bien sur que son corps a été trouvé - et même très tôt, puisque Dick Hallorann avait alerté les gardes forestiers d'un sérieux problème dans l'hôtel. Si le corps de Jack n'a pas été trouvé, qu'est-ce qui lui est arrivé ? A-t-il été absorbé dans le passé, expliquant la présence de Jack dans cette photographie finale d'un groupe de fêtards dans l'hôtel en 1921 ? Est-ce que la poursuite violente de Jack envers sa femme et son enfant n'existait que dans l'imagination de Wendy, ou de Danny, ou des deux ? Kubrick a été sage de retirer cet épilogue. Cela aurait fait capoter l'intrigue. Il est nécessaire pour nous, à un certain point, de croire que les trois membres de la famille Torrance étaient de vrais résidents de l'hôtel durant l'hiver, quoi qu'il arrive, ou quoi qu'ils pensent arrive.

Cependant, malgré la coupe, les noms des acteurs qui apparaissent dans la séquence (Robin Pappas et Burnell Tucker) sont toujours crédités au générique de fin.

Campagne d'affichage internationale et montage européen

[modifier | modifier le code]

Après la sortie américaine, Stanley Kubrick prépare personnellement les sorties internationales, faisant faire diverses nouvelles affiches ont été utilisées[89],[86],[90], dont une où l'on voit à gauche la tête de Jack Torrance à travers la porte, et à droite la hache et Wendy Torrance effrayée. Cette même affiche a eu au moins deux phrases d'accroche : Une première disant : « Orange Mécanique... Barry Lyndon... et maintenant la terreur selon Stanley Kubrick... » et une deuxième qui dit : « La vague de terreur qui balaya l'Amérique EST LA »[91].

Sur le sol américain, les résultats au box-office sont décevants et les critiques sont mauvaises[92]. Pour éviter de reproduire cela sur le marché européen, Kubrick décide de tester son film lors d'une avant-première à Londres, ce qui permit au réalisateur de savoir quelles scènes devaient être coupées[93], réduisant ainsi encore la durée, cette fois à 119 minutes[87]. Kubrick déclarera également plus tard qu'il a fait cette version car il pensait que les Européens étaient plus intelligents que les Américains, et qu'ils n'auraient pas besoin d'un trop grand nombre d'éléments pour s'habituer à l'histoire. Les scènes supprimées sont[94] :

  • La dernière ligne de la première conversation entre Wendy et Danny, où celle-ci dit à Danny qu'ils vont s'amuser à l'Overlook.
  • Bill Watson se présente à Jack et inversement. Il y est révélé que Jack était anciennement un professeur, qui est devenu écrivain.
  • Après que Danny a vu pour la première fois les jumelles Grady dans une hallucination, une docteure (jouée par Anne Jackson) vient examiner Danny, puis parle avec Wendy, qui lui apprend que Jack a cassé le bras de leur fils 5 mois auparavant, et n'a plus bu depuis.
  • Ullman présente plus en détails à Jack et Wendy le Colorado Lounge, leur appartement, le labyrinthe et la Gold Room.
  • Les premiers plans de la conversation entre Wendy et Dick, où ce dernier lui demande notamment son surnom.
  • Des plans de la discussion entre Dick et Danny, où ce dernier lui demande si l'hôtel lui fait peur, ce qu'il nie, ajoutant que l'hôtel « provoque la fulgurance ».
  • Wendy faisant rouler le plateau du petit-déjeuner plus longtemps dans l'hôtel.
  • Lorsque Jack déjeune, Wendy lui révèle qu'elle était terrifiée en arrivant à l'Overlook, tandis que Jack a eu directement le coup de foudre pour l'endroit, ainsi qu'une sensation de déjà-vu qu'il qualifie d'insensée.
  • Des plans de Jack lançant la balle contre le mur vu de dos et un fondu enchaîné sur Wendy et Danny allant vers le labyrinthe.
  • Après que Wendy et Danny sont allés dans le labyrinthe, une scène où Wendy travaille dans la cuisine, devant une télévision annonçant une tempête de neige surprise qui devrait s'abattre sur le Colorado.
  • Après que Jack a engueulé Wendy, on le voit retaper sur sa machine durant quelques secondes. Le carton-titre annonçant « Thursday » qui suivait a également été supprimé.
  • Après que Danny a été confronté aux jumelles dans un couloir, on peut voir Wendy et Danny regarder la télévision. Danny demande alors s'il peut aller chercher son camion de pompier, et Wendy l'autorise à le chercher s'il ne fait pas de bruit, car Jack dort.
  • Une partie de la conversation entre Jack et Lloyd a été coupée, où il dit notamment que cela fait 5 mois qu'il n'a pas bu, et que cela ne lui a amené que des problèmes.
  • Une ligne où Jack parle à Wendy et compare les marques sur le cou de Danny à l'espèce de « crise » qu'il a eu avant d'arriver à l'hôtel.
  • Après que Jack et Grady ont discuté, Wendy pleure et parle toute seule, se demandant si elle devrait emmener Danny et elle loin de l'Overlook avec la chenillette. À la suite de cela, elle entend Danny répéter « redruM » à de nombreuses reprises. Lorsqu'elle tente de lui parler, c'est Tony qui lui répond, en lui disant que Danny ne peut plus l'entendre.
  • Le plan où Jack enlève deux fusibles en plus dans la radio avant de les montrer à la caméra. Un fondu enchaîné et l'entièreté du plan suivant, une nouvelle conversation au téléphone entre Dick et le garde forestier, où ce dernier lui dit que les Torrance n'ont pas répondu par radio mais qu'il fera un nouvel appel ultérieurement, ainsi qu'un carton-titre annonçant « 8 AM ».
  • Le dézoom sur Halloran dans l'avion est prolongé, puis on le voit demander à une hôtesse de l'air l'heure à laquelle ils sont censés atterrir. L'hôtesse lui répond qu'ils arriveront à 20 heures 20. On voit ensuite Jack taper à sa machine à écrire. L'avion atterrît ensuite, et Dick appelle alors Larry Durkin, un garagiste (joué par Tony Burton) pour lui demander une chenillette.
  • Avant que Wendy n'aille voir les écrits de Jack sur sa machine à écrire, on peut la voir avec Danny, encore paralysé, regarder la télévision. Wendy lui dit qu'elle va aller parler à son père, en prenant une batte de baseball en prévention. Elle se tourne vers Danny, encore et toujours paralysé, et s'en va.
  • Lors du climax du film, lorsque Wendy, terrorisée, rencontre les fantômes de l'Overlook, une courte scène où elle rencontre un groupe de squelettes dans une salle au décor bleuté a été coupée.
  • Enfin, avant qu'on ne voit Wendy sortir de l'hôtel, se rendant vers la chenillette, un plan de Jack commençant à sérieusement se perdre dans le labyrinthe a été coupé.

Barry Dennen, qui joue le rôle de Bill (ou Paul) Watson, est présent dans les deux versions. Cependant, dans la version européenne, il ne prononce que de rares dialogues, et n'est vu que peu de fois.

Les noms de Tony Burton et de Anne Jackson figurent tout de même au générique de début et de fin des deux versions[95].

Premières nationales

[modifier | modifier le code]

Télévision

[modifier | modifier le code]

Le , le film a été diffusé pour la première fois à la télévision, lors du Friday Night Movie sur la chaine ABC. Le jour de la diffusion, le film commença par une prévention qui dit : « Le film de ce soir traite du surnaturel, alors qu'un homme possédé tente de détruire sa famille ». On ignore encore aujourd'hui si Stanley Kubrick a approuvé la présence de cette prévention, notamment à cause du fait qu'ABC parte du principe que le personnage de Jack Torrance soit « possédé »[96]. La prévention indique également que le film a été monté pour la télévision (4 minutes ont été retirées), et met en garde que, malgré le montage, son contenu peut ne pas être adapté aux jeunes téléspectateurs[97].

En 1985, le film est une nouvelle fois rediffusé sur ABC, dans le Sunday Night Movie. Lors de la diffusion, il y a au moins deux scènes qui n'étaient pas dans le film original. Tout d'abord, lorsque Dick Halloran regarde la télévision dans son appartement de Miami, la scène a été remontée et l'on voit à la télévision des chasse-neige poussant d'énormes tas de neige. Egalement, lorsque Dick est à l'aéroport de Stapleton et appelle Larry Durkin, la réplique où Dick dit que les Torrance sont incompétents a été raccourcie (en raison de la présence du mot « asshole » dans la phrase en anglais), et on voit Larry y répondre « Je suis désolé d'entendre ça, Dick », ce qu'il n'a jamais dit dans le film original[97].

Sortie vidéo

[modifier | modifier le code]

Shining rencontre le marché vidéo dès 1981, avec la sortie d'un format Betamax, puis un format Laser Disc en 1990[98], et VHS la même année (pour la France) et en 1997 (pour les Etats-Unis)[99]. En France, la VHS contient notamment le master français de la scène de la découverte des pages de Jack par Wendy[100]. Cependant, dans cette version, les musiques des cartons-titres du film étaient décalées par rapport à ceux-ci[97].

Le film sort ensuite en DVD en 1999 aux Etats-Unis, et en 2001 en Europe, lors de la Collection Stanley Kubrick, où ses films ressortaient en DVD, dans le format 1:33 et où le problème de décalage des musiques est réglé. Mais à partir de là, toutes les versions disponibles reprendront le master américain, surtout durant la scène du All work and no play makes Jack a dull boy. Dans les DVD, on peut retrouver un documentaire de 33 minutes réalisé par Vivian Kubrick, la fille du réalisateur, qui avait 17 ans lorsqu'elle l'a filmée. Elle a également fourni un commentaire audio pour le DVD. Dans le documentaire, on peut voir des interviews des différents acteurs du film, ainsi que des moments très privés pris sur le plateau[101].

En 2007, le film sort en Blu-Ray, dans le format 1:85[102], avant de ressortir en 2019 dans un coffret proposant une version remastérisée 4K du film sur le Blu-Ray, dans le montage américain, ainsi qu'un DVD, qui est le même que celui de 2001[103]. Cette version fut la même que celle supervisée par Steven Spielberg et Leon Vitali, l'assistant personnel de Kubrick, et diffusée lors du Festival de Cannes 2019. Selon le communiqué de presse officiel, la durée de diffusion a été de 146 minutes[104].

En 2024, la Stanley Kubrick Film Archive a sorti le court documentaire Shine On - The Forgotten Shining Location sur la chaine YouTube officiel de Stanley Kubrick[105]. Narré par Michael Sheen et réalisé par Paul King, le documentaire se penche sur comment Kubrick a pris d'assaut les studios d'Elstree pendant un an pour produire Shining. Le producteur exécutif Jan Harlan, le directeur artistique Les Tomkins et la fille du réalisateur Katharina Kubrick, qui a été nommée chercheuse d'endroits à s'inspirer pour le film, partagent leurs souvenirs au sujet du film dans les endroits où s'est déroulé le tournage. Le critique de films Owen Gleiberman a écrit dans Variety que « Shine On est une featurette qui se concentre sur la production physique de Shining - qui, au niveau des rares décors, sous la forme de pièces industrielles qui servaient de décors, existe toujours. Donc Shine On est un film sur la coquille de Shining. Mais cette coquille est vraiment la chose la plus terrifiante au sujet de Shining »[106].

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
44 360 123 $[107] n/a -
Drapeau de la France France 2 359 705 entrées[108] n/a -

Shining sort aux Etats-Unis durant le même weekend que L'empire contre-attaque, mais uniquement dans 10 salles, et a fait un résultat de 622 337 dollars, ayant donc un résultat moyen de 62 234 dollars par salle[109], comparé à la moyenne de 50 919 dollars de L'empire contre-attaque[110]. Le film s'est également classé à la 4ème position ce week-end là[111], avant d'engranger, sur la sortie nationale, un total de 44 360 123 $[112] en fin d'année 1980, soit l'équivalent de 16 485 000 places vendues[113]. Dans le monde, le film a engrangé un résultat total d'au moins 50 millions de dollars en 2025[114], bien que la plupart des chiffres de la sortie originale dans le reste du monde ne soient pas connus à ce jour.

En France, le long-métrage trouve également son public, puisqu'il démarre à la première place du box-office parisien avec 131 287 entrées[115] et finit avec 501 028 entrées en fin d'exploitation sur Paris[116]. Sur le reste du territoire, le film engrange 1,8 million d'entrées, faisant un cumul de 2 359 705 entrées, faisant se classer Shining à la quatorzième place des plus grands succès de l'année 1980 en France[117].

Shining rencontre initialement un accueil critique mitigé lors de sa sortie aux États-Unis, notamment dans le magazine Variety qui écrit : « Kubrick a fait équipe avec l'irritant Jack Nicholson pour détruire tout ce qui était si terrifiant dans le best-seller de Stephen King »[118]. Le film va même jusqu'à être nommé à deux reprises à la première cérémonie des Razzie Awards (dans les catégories « Pire actrice » pour Shelley Duvall et « Pire réalisateur » pour Stanley Kubrick)[119].

Au fil des années cependant, les réactions critiques deviennent plus positives. Sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient un score de 82 % d'avis favorables, sur la base de 102 critiques collectées et une note moyenne de 8,50/10 ; le consensus du site indique : « Bien qu'il s'écarte du roman de Stephen King, The Shining de Stanley Kubrick est un voyage effrayant et souvent baroque dans la folie – illustré par un virage inoubliable de Jack Nicholson »[120]. Sur Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 66 sur 100, sur la base de 26 critiques collectées ; le consensus du site indique : « Avis généralement favorables »[121].

Depuis, le film est considéré comme l'un des meilleurs films d'horreur jamais réalisés. En 2001 il est classé 29e de la liste 100 Years... 100 Thrills de l'American Film Institute[122]. En 2003, le personnage de Jack Torrance est nommé 25e plus grand méchant de la liste AFI's 100 Years... 100 Heroes and Villains[122]. Enfin, en 2005, la citation "Here's Johnny !" est à la 68e place du classement AFI's 100 Years...100 Movie Quotes[123].

Le film a été qualifié de « film le plus effrayant de tous les temps » par la chaîne Channel 4 en 2003, et le magazine Total Film le classe 5e plus grand film d'horreur en 2004. En 2005, la chaîne américaine Bravo TV le classe 6e de sa liste des « 100 Scariest Movie Moments »[122].

L'avis de Stephen King

[modifier | modifier le code]
Le Stanley Hotel à Estes Park dans le Colorado, lieu qui, à la suite d'un séjour sur place, va inspirer Stephen King pour le roman d'horreur Shining, l'enfant lumière (1977).

Le spectateur Stephen King trouve le film excellent, mais le romancier est extrêmement mécontent : le scénario trahit l'esprit du livre. Le livre est chaud, alors que le film est froid ; le livre se termine dans le feu, le film dans la glace. Dans le livre, Jack Torrance, en voulant devenir bon, glisse peu à peu vers la folie ; dans le film, Jack est fou dès les premières scènes. Stephen King refuse donc d'apparaître au générique final du film, car pour lui le thème le plus important du livre est qu'un bon père peut se transformer en un monstre par l'abus d'alcool (plus tard il dira même que le livre est en partie autobiographique[124]).

C'est pourquoi il coproduira et scénarisera en 1997 une seconde adaptation pour la télévision intitulée Shining (diffusé en France sous le titre Shining : Les Couloirs de la peur) sous la forme d'un téléfilm en trois parties de 87 minutes. Paradoxalement, King a eu besoin de l'autorisation de Stanley Kubrick, qui lui a en échange demandé d'arrêter de faire des commentaires publics sur son film[125]. L'écrivain, déçu par la décision du réalisateur de s'inspirer des intérieurs d'un autre hôtel, tient même à filmer l'intégralité de la série au Stanley Hotel, d'architecture géorgienne coloniale et inauguré en 1909. C'est dans la chambre 217 de cet hôtel qu'il avait fait un cauchemar dans lequel il voyait son fils poursuivi par une lance à incendie, vision qui l'inspira pour l'écriture du livre[126].

Distinctions

[modifier | modifier le code]
Prix Sujet Nomination Résultat
Razzie Award Pire actrice Shelley Duvall

(nomination annulée)

Nomination
Pire réalisateur Stanley Kubrick
Saturn Award Meilleur réalisateur
Meilleur second rôle Scatman Crothers Lauréat
Meilleur film d'horreur Nomination
Meilleure musique Béla Bartók

Le , les Razzie Awards décident d'annuler la nomination de Shelley Duvall, au motif que : « Nous avons depuis découvert que la performance de [Shelley] Duvall a été affectée par la façon dont Stanley Kubrick l'a traitée tout au long de la production. Nous aimerions profiter de cette occasion pour annuler cette nomination également »[127].

Le réalisateur américain Martin Scorsese a classé le film à la septième place de sa liste des « onze films les plus effrayants du cinéma »[128].

Les différences avec le livre

[modifier | modifier le code]
Film Roman
Jack Torrance semble déjà atteint de schizophrénie peu après son arrivée à l'hôtel. Jack, ancien alcoolique, est la victime des forces qui hantent l'hôtel maléfique et qui se font de plus en plus menaçantes au fil du temps (divergence principale entre King et Kubrick).
Le numéro de la chambre interdite est 237 (cette différence est due au Timberline Lodge, dont la façade est montrée comme celle de l'Overlook, qui ne voulait pas que les clients ne prennent plus la chambre 217) Le numéro de la chambre est 217.
L'alcoolisme de Jack n'est pas mentionné dans la version européenne du film. Dans la version américaine, il existe une scène au début du film où Wendy confie à un docteur que Jack a démis le bras de Danny après avoir trop bu, ainsi qu'une scène en milieu de film où Jack confie à Lloyd qu'il n'a pas bu depuis 5 mois. Dans le roman, l'alcoolisme de Jack occupe une très grande place, celui-ci cherchant tout au long de l'histoire à lutter contre ses vieux démons (troisième divergence entre King et Kubrick).
Le directeur de l'hôtel : Stuart Ullman, semble être un homme charmant et amical. Il n'hésite d'ailleurs pas à avouer, durant leur entretien d'embauche, le triple meurtre de la famille du dernier gardien, Delbert Grady, ainsi que le suicide de celui-ci. Stuart Ullman est décrit du point de vue de Jack en début de livre comme un "petit con prétentieux !" autoritaire et se montrant froid avec le personnel de l'hôtel (celui-ci faisant souvent des remarques à Jack sur son alcoolisme, et ne lui cachant pas son mépris), il cherche par tous les moyens à ne pas entacher la réputation de l'hôtel.
Watson est un homme brun et maigre, en costume, qui ne prend que peu de place dans l'intrigue. Il est amical envers Jack et Ullman lors de l'entretien, mais ne montre plus d'émotions lors de la visite de l'hôtel. Watson est un homme blond et obèse, en chemise, qui a une place importante dans l'intrigue, puisque c'est lui qui parle à Jack de la chaudière, un élément clé, ainsi que des scandales qui jalonnent l'hôtel. Il n'aime pas Ullman.
Un immense labyrinthe occupe une place importante dans le dénouement. Le labyrinthe n'existe pas. Dans le livre, les animaux de buis prennent vie.
À l'inverse, la chaudière de l'hôtel n'est que très peu présente dans le film, ayant droit à une évocation dans la version américaine, et une courte scène de présence dans les deux versions. Dans le livre, la chaudière est un élément clé du roman, puisque c'est l'endroit où il ne faut pas oublier de venir, pour baisser la pression, sans quoi l'hôtel exploserait (ce que Jack ne fait finalement pas à la fin du livre). C'est également l'endroit où Jack découvre le livre sur l'histoire de l'hôtel.
Danny est confronté aux filles de l'ancien gardien. Il ne les rencontre pas dans le roman.
Tony parle à travers la bouche de Danny et son doigt. Danny s'évanouit et Tony apparaît pour lui parler. Il a également une apparence propre.
Dick Halloran a des visions allongé sur son lit. Dick Halloran sent une odeur d'orange qui lui annonce une vision imminente.
Le film ne mentionne jamais l'épisode des guêpes... ... pourtant très présent dans le livre (toute une partie).
Jack recopie toujours la même phrase « All work and no play makes Jack a dull boy ». Jack travaille normalement.
Jack se fait servir du Jack Daniel's au bar. Jack se fait servir du Martini.
L'ascenseur déverse des flots de sang. L'ascenseur prend vie et libère des fantômes dans tous les étages. On découvre d'ailleurs des confetti, guirlandes et autres décorations à l'intérieur de l'ascenseur.
Vers la fin du film, Wendy a plusieurs visions de fantômes dans l'hôtel. Wendy ne rencontre pas de fantômes. Cependant, un fantôme (un homme-chien, le visage barbouillé de sang) menace Danny pour qu'il ne puisse pas rejoindre son père.
Jack est sur le point de tuer sa famille armé d'une hache. Jack se sert d'un maillet de roque.
Dick Halloran, le chef cuisinier, est tué d'un coup de hache par Jack. Il ne meurt pas. Il est frappé à la mâchoire par Jack avec son maillet.
Jack poursuit Danny avec sa hache dans les couloirs de l'hôtel puis dans le labyrinthe enneigé. Il meurt congelé, prisonnier de l'Overlook. Wendy, Halloran et Danny parviennent à s'enfuir avant la destruction de l'hôtel maléfique, qui disparaît après l'explosion de la chaudière. La dernière page du livre raconte la vie de Wendy et Danny vivant avec Dick après la mort de Jack.

Un film complexe à analyser

[modifier | modifier le code]

Au-delà du film d'horreur, Shining est un film complexe dont l'analyse est délicate en raison des nombreuses scènes sans réponse, de l'absence de toute explication rationnelle, et de la rupture totale du récit pour passer à l'imaginaire du spectateur. Rodney Ascher en fera un film documentaire, Room 237, lequel propose de recueillir plusieurs témoignages interprétatifs qui tendent à révéler des indices cachés du film.

Shining recycle l'univers du film d'horreur, l'hôtel Overlook étant un château hanté par des fantômes et des forces démoniaques, un vaste dédale spatio-temporel où d'étranges et mystérieuses apparitions resurgissent dans le présent. Tout est carré et symétrique dans l'hôtel, même son labyrinthe. Le passé va se répéter dans le présent, les personnages ne pourront pas échapper à leurs destins.

Les cartons-titres et le temps

[modifier | modifier le code]

Dans la plupart de ses films, Stanley Kubrick montre le temps qui passe grâce à des voix-off (de narrateurs ou de personnages). Shining est une des très rares exceptions à ne pas en faire usage, préférant utiliser des cartons-titres pour délimiter les journées et les actions des personnages. Bien qu'il aie déjà utilisé ce procédé dans 2001, l'Odyssée de l'espace, il s'agit de son seul film où les cartons ont leur propre plan, et ne sont pas surimposés sur l'image en mouvement comme dans 2001.

Le film en comporte 10 au total (8 dans le montage européen), qui annoncent successivement THE INTERVIEW (L'entrevue), CLOSING DAY (Jour de fermeture), A MONTH LATER (Un mois plus tard), TUESDAY, THURSDAY, SATURDAY, MONDAY, WEDNESDAY (Mardi, Jeudi, Samedi, Lundi, Mercredi), 8AM et 4PM (8 heures et 16 heures). Cela signifie avant tout que les Torrance ont passé 1 mois et 10 jours à l'Overlook avant la mort de Jack. Egalement, ils nous permettent de situer l'histoire dans le temps, avec l'aide d'un document de tournage appartenant canoniquement au personnage de Stuart Ullman. Ce document, signé par Ullman au début du film, est daté du , indiquant que THE INTERVIEW se passe ce jour ou la veille/lendemain[129].

L'utilisation des cartons-titres indique un resserrement du temps. En effet, ils annoncent des durées toujours plus précises. Entre le jour de fermeture (le selon Stuart Ullman) et le carton suivant, il s'est passé un mois, et nous sommes censés être le jeudi . Entre A MONTH LATER et TUESDAY, il s'est donc écoulé 6 jours, nous sommes le . Ensuite, jusqu'au carton WEDNESDAY, tous les cartons sont séparés par un jour, qui n'est pas montré à l'écran (mercredi entre TUESDAY et THURSDAY, vendredi entre THURSDAY et SATURDAY...). Durant ces jours, la folie de Jack et les visions de Danny s'intensifient de plus en plus, sans jamais en arriver aux menaces.

C'est après le carton WEDNESDAY (qui correspondrait donc au ), où Jack commence à devenir vraiment fou (les accusations de Wendy sur les blessures de Danny, la conversation avec Lloyd), que les cartons-titres vont encore plus resserrer le temps, ce qui montre qu'à présent, le temps est compté pour la famille Torrance. Cela se prouve par le fait que le carton-titre du 8AM arrive un peu après que Grady a convaincu Jack de tuer sa famille. L'ultime carton-titre, 4PM, arrive après que Wendy a découvert que la chenillette a été sabotée par Jack. L'angoisse est à son maximum, d'une part à cause du resserrement du temps, et d'autre part car on se demande comment et si Wendy et Danny vont s'en sortir, maintenant que toutes les échappatoires sont inutilisables.

Une autre interprétation des cartons est que, à partir du moment où les cartons représentent des jours (TUESDAY étant le premier carton explicite sur le jour, et le premier moment où des choses se passent dans l'hôtel pour les personnages), ils agissent comme une sorte d'agenda, comme si les événements que subissaient Jack et sa famille étaient planifiés par l'hôtel, puisque depuis des années, ils sont répétés inlassablement de la même manière. Cela nous permet également de faire le lien avec les évènements de la famille Grady, et ceux d'éventuels autres gardiens[130].

Quelque chose de notable avec les cartons est le fait que, dans la version européenne, les cartons du "Jeudi" et du "8 heures" soient supprimés.

La première disparition change l'interprétation des actions des personnages. Dans la version européenne, à la suite de la dispute du "Mardi", Wendy part jouer avec Danny dans la neige, comme s'il y avait une conséquence à la dispute, et que Wendy tentait de s'échapper quelques instants de Jack. Dans la version américaine, la dispute du "Mardi" semble sans conséquence, puisqu'elle joue dans la neige le "Jeudi", comme s'il n'y avait pas d'échappatoire de toute façon. Cette interprétation est renforcée par le fait qu'après avoir engueulé Wendy, le cadre de Jack retapant à sa machine masque un panneau "Sortie", scène elle-même rétrécie dans la version européenne.

La deuxième disparition, quant à elle, donne une sorte de gratuité au carton "16 heures", qui suit le carton "Mercredi". En effet, la présence du carton "8 heures" dans la version américaine permet de marquer le démarrage de la dernière journée, dont on ignore si elle correspond au "Mercredi" ou à un jeudi qui n'aurait pas été donné. Dans la version européenne, à cause de la disparition du carton, la dernière journée semble être par défaut le mercredi, puisque le découpage de la journée ne s'est pas fait en amont[131].

Le labyrinthe

[modifier | modifier le code]
Réplique du labyrinthe du film présentée du 1er novembre 2012 au 30 juin 2013 à l'« exposition Stanley Kubrick » du Musée d'Art du comté de Los Angeles (LACMA).

Le labyrinthe, absent du roman, est une invention de Kubrick et de Diane Johnson. Il symbolise un dédale spatio-temporel, un parallèle avec l'hôtel. Lors de sa première visite de l'hôtel, Wendy dira : « On dirait un énorme labyrinthe. » La scène du labyrinthe doit son intensité à la mobilité de la caméra, l'objectif semblant survoler Wendy et Danny et donnant la sensation d'une présence, du vol en suspension d'un esprit invisible qui surveille leurs faits et gestes.

Les miroirs

[modifier | modifier le code]

Les miroirs sont très importants dans le film. Les miroirs permettent à Kubrick de « matérialiser » la vie intérieure de Jack, ils sont les témoins de sa perte du sens de la réalité, accentuée par les « mondes parallèles » présents dans l'hôtel (dans beaucoup de cultures, les miroirs sont des passages entre le monde des morts et le monde des vivants).

Stanley Kubrick expose un dialogue imaginaire entre Jack et un barman dénommé Lloyd au bout de 47 minutes de film. Le spectateur est alors entraîné dans la folie de Jack Torrance. Au bout d'h 7 de film, après avoir retrouvé Lloyd dans une élégante réception, Jack discute avec celui qui semble avoir été l'ancien gardien, Delbert Grady (l'assassin de ses deux filles et de sa femme), qui nettoie ses vêtements dans les sanitaires après avoir involontairement renversé un verre sur lui. Là encore, de nombreux miroirs ornent la pièce. Le spectateur se trouve à nouveau plongé dans les visions démentes de Jack Torrance. De plus, Jack semble parler à Grady en regardant son reflet dans le miroir plutôt que directement. Ce qui fait que, lorsqu'il est dans une pièce sans miroirs, Jack ne peut plus voir son interlocuteur, il ne peut que l'entendre, comme en témoigne la scène de la deuxième discussion avec Grady, cette fois dans le garde-manger, au bout d'h 55 de film.

C'est de plus dans un miroir que Jack s'aperçoit de la transformation physique de la femme de la chambre 237, passant d'une femme jeune et séduisante à une femme âgée et en décomposition.

Ainsi, chaque apparition fantomatique aperçue par Jack correspond au reflet de ses propres pulsions: le barman Lloyd représente son alcoolisme; Grady la violence et la haine qui l'anime au fond de lui, notamment envers son épouse; et la femme de la chambre 237 sa frustration sexuelle. Malgré l'évidence de la présence d'éléments surnaturels dans le métrage, contrairement au roman, Jack est bien la grande menace de l'histoire, là où il n'est dans l'oeuvre de King « que » l'avatar dont se sert l'hôtel pour réaliser ses desseins.

Par ailleurs, c'est à travers un miroir que Wendy découvre à son réveil la signification réelle du mot « REDRUM » (« MURDER ») écrit par Danny à l'aide d'un bâton de rouge à lèvres.

Les doubles

[modifier | modifier le code]

Dans le film, il est possible de voir de nombreux doubles, qui sont pour la plupart volontaires. Cela montre donc une dualité chez les personnages[132].

Le double le plus énigmatique du film concerne les deux Grady. En effet, au début du film, on nous apprend qu'un précédent gardien, atteint de « mal des cachots », a tué sa famille (ses deux filles et sa femme) avant de se suicider. Son nom est donné, il s'agit de Charles Grady. Plus loin dans le film, Jack fait la rencontre d'un serveur qui dit s'appeler Delbert Grady. Jack lui dit qu'il le reconnait comme étant un ancien gardien, ce que Delbert réfute. Pourtant, il révèle qu'il a également tué sa femme et ses filles à l'Overlook, ces dernières ne s'y plaisant pas et voulant y mettre le feu.

Selon Gordon Dahlquist, lors d'une FAQ sur les films de Stanley Kubrick, ce changement de nom reflète le fait que Jack Torrance est à la fois le mari de Wendy/père de Danny et l'homme mystérieux sur la photo finale du film, ce qui montre que les deux gardiens sont en fait chacun deux personnes bien différentes : L'une d'elles est un homme qui a toujours le choix (Delbert et Jack du présent) et l'autre est un homme qui a toujours été à l'Overlook (Charles et Jack du passé). Selon le monteur adjoint du film, Gordon Stainforth, dans la même FAQ : « Je ne pense pas que nous parviendrons jamais à élucider cette question". Son nom complet était-il Charles Delbert Grady ? Peut-être Charles était-il une sorte de surnom ? Peut-être Ullman s'est-il trompé de nom ? Mais je pense aussi que Stanley ne voulait PAS que toute l'histoire s'emboîte trop bien, c'est pourquoi il est tout à fait correct, je pense, de dire que 'la somme de ce que nous apprenons refuse de s'additionner proprement. »[133].

Nous avons également les deux sœurs jumelles, que Danny rencontre directement deux fois, et voit deux fois en flash. Leur apparition la plus terrifiante est cependant celle où Danny les rencontre directement alors qu'il est sur son tricycle. Ici, le double réside évidemment dans le fait que ce soit des jumelles, mais également dans un autre exemple, celui du vivant (les filles parlant) et du mort (les filles gisant dans le sang). Enfin, un dernier double réside dans le fait que Danny puisse voir deux différentes visions jumelles (celle des flashs montrent la jumelle de gauche souriant, avec sa main au-dessus et celle de droite ayant une expression neutre et sa main au-dessous, alors que celle du plan rapproché montre l'exact opposé)[132].

Un autre double primordial du film est celui qui concerne Danny et Tony. Ce double s'exprime d'abord dans le fait que Danny est une présence réelle, tandis que Tony est imaginaire. Mais également, Tony est l'alter-ego de Danny, celui qui prévient Danny de ce qui va se passer dans le futur. Pourtant, selon toutes les lois naturelles, il n'est pas censé savoir ces choses, parmi lesquelles on retrouve l'ascenseur de l'hôtel déversant du sang, les jumelles Grady, le fait que Jack ait obtenu le poste alors même qu'il n'a prévenu personne. Mais il ne prévient pas que Danny, puisqu'il prévient également Wendy que le "redruM" va arriver. Le mot "redruM" est le mot "Murder" (meurtre) à l'envers, ce que Wendy comprend en regardant le mot dans un miroir. Enfin, la première grande apparition de Tony se fait face à un miroir, ce qui suggère une nouvelle fois le double. Selon Michel Ciment, auteur du livre Kubrick, Tony est une réponse à la violence de Jack envers Danny, qu'il a notamment exercé sur lui 5 mois avant les évènements du film, lorsqu'il lui a cassé le bras[133].

Enfin, le dernier double volontaire du film dans la chambre 237. Lorsque Jack va l'inspecter, après que Wendy lui a dit que Danny s'était fait étrangler par une femme dans cette chambre, il voit une femme nue sortir de la baignoire, qu'il se met à embrasser. Cependant, en regardant dans le miroir, il se rend compte qu'elle s'est transformée en un cadavre en décomposition d'une vieille femme, qui chasse lentement Jack, qui ferme à clé la porte de la chambre. Le double est évidemment ici suggéré par le fait que cette chambre comporte deux femmes différentes, mais également par le fait que la révélation du vrai corps de la femme se fasse face à un miroir[132].

D'autres doubles ont été repérés, mais semblent cette fois n'être que des coïncidences, comme le fait que les initiales de Stanley Kubrick et de Stephen King soient les mêmes, ou bien le fait que Jack Nicholson et Danny Lloyd interprètent chacun un personnage portant leur nom, couplé au fait que le nom de famille de Danny Lloyd soit le même que le prénom du barman de l'hôtel[134]

La photo finale

[modifier | modifier le code]

À la toute fin du film, juste avant le générique de fin, la caméra se déplace lentement vers un mur de l'hôtel sur lequel est accrochée une photo montrant Jack participant à une réception donnée le , soit 59 ans plus tôt. La photo, qui existait déjà avant, a été refaite par Kubrick, en incrustant le visage de Jack Nicholson lui-même.

Stanley Kubrick a donné sa vision des choses (qui est la réincarnation de Jack Torrance à travers les années) dans une des rares interviews le concernant[135], ce qui permet aux spectateurs d'interpréter de différentes manières cette fin tout aussi mystérieuse et ambiguë que celle de 2001, l'Odyssée de l'espace.

Autour du film

[modifier | modifier le code]

Doublage français

[modifier | modifier le code]

La traductrice Isabelle Kloutchowski a effectué quelques changements dans le texte de la version française, pour en adapter les références. Cela a toutefois occasionné quelques erreurs. Les changements et erreurs majeures sont :

  • Dans la version originale, le surnom de Danny est « Doc ». Wendy explique qu'elle et son mari appellent leur fils ainsi à cause du dessin animé Bugs Bunny et de sa phrase fétiche « What's up, doc? » (« Quoi d'neuf, docteur ? »). Dans la version française, ce surnom devient « canard ». Il est souvent allégué sur Internet que Isabelle aurait malencontreusement compris le mot « duck » au lieu de « doc »[136], mais aucune interview ou preuve tangible ne permet de l'affirmer.
  • Une erreur bien réelle en revanche se situe dans la scène où Halloran est dans l'avion. Dans la version originale, demandant à l'hôtesse à quelle heure ils atterrissent, elle lui répond « We're due to arrive at 8:20, sir. » (« Nous devons arriver à 8 heures 20, monsieur. »). Dans la version française, elle dit « Nous devons arriver à 20 heures 20 », ce qui découle d'une mauvaise comphrénsion du 8:20. En effet, bien que la langue anglaise permette de se débarrasser du AM et PM, ici, l'hôtesse parlait bien de 8 heures 20 du matin. Cela est prouvé par le fait que lorsque Dick arrive à l'aéroport, il fait encore jour, et qu'il arrive avant le carton 4PM (16 heures).
  • Lorsque Jack défonce la porte de la salle de bains à coup de hache, il crit en VO « Here's Johnny ! », une référence à l'introduction du talk-show de Johnny Carson. Dans la VF, la phrase est adaptée en « Coucou, chérie ! ». Cependant, malgré le fait que ce changement ait été souvent décrié, voire moqué, il est important de rappeler qu'en 1980, il est probable qu'aucun français ne connaissait l'existence du talk-show, et qu'Internet n'existait pas. Pour éviter la confusion, et contrairement à d'autres doublages européens, Isabelle a préféré trouver une phrase à l'ironie similaire.
  • Les noms de Jack Torrance et Bill Watson sont francisés en Jacques Torrance et Paul Watson. Aucun autre nom du film ne subit ce traitement.

Il est également à noter que dans le montage américain, le film Un été 42 est diffusé. La VF du film a repris le doublage original du film de 1971 au lieu de le faire redoubler. Aucun redoublage du film en général n'a été effectué, les scènes coupées du montage américain ayant très probablement été doublées en même temps (même équipe et même qualité de son audible).

Il est enfin souvent allégué que Jean-Louis Trintignant aurait été choisi par Stanley Kubrick directement, ce qui est faux.

Références culturelles

[modifier | modifier le code]

Références à d'autres œuvres

[modifier | modifier le code]
  • Lorsque Wendy et Danny sont dans leur appartement à Boulder, Danny regarde un épisode de Bip Bip et Coyote appelé Stop! Look! And Hasten!. Le même épisode est diffusé plus tard dans le film, lorsque, dans l'hôtel, Wendy s'adresse à Danny, en peignoir, toujours possédé par Tony, en lui disant qu'elle va aller parler à Jack.
  • Le film diffusé en arrière-plan de Wendy lorsqu'elle parle à Jack au téléphone, qui vient d'obtenir son emploi de gardien, est Carson City.
  • Le film diffusé sur la télévision de l'Overlook avant que Danny n'aille parler à Jack est Un été 42.
  • Sur une petite télévision, dans le garage de Larry Durkin, un court-métrage d'animation appelé To Itch His Own est diffusé.
  • Lorsque Jack se rend vers la porte de la salle de bain avec une hache dans la main, il prononce (en anglais) la phrase « Come out, come out, wherever you are... », ce qui est une référence au Magicien d'Oz où une chanson avec ce titre est présente.
  • Lorsque, dans la même scène, il toque à ladite porte, il récite le dialogue que prononce le loup pour détruire chaque maison des trois petits cochons dans le conte du même nom[137].

Références dans d'autres œuvres

[modifier | modifier le code]

Shining, avec le temps, est devenu un classique du cinéma d'horreur, et de fait, a lui-même été référencé dans des dizaines d'autres œuvres[138].

  • Dans le premier film Scary Movie, le tueur, habillé comme dans le film Scream qu'il parodie, prononce le mot Redrum dans la VO (Shining dans la VF) dans les vestiaires alors qu'il se prépare à tuer Buffy. Par ailleurs, on peut voir un moment où le père de l'héroïne principale passe sa tête par la porte entrouverte, une parodie de la scène où Jack passe sa tête par le trou de la porte qu'il vient de défoncer[138].
  • Dans le film Toy Story, on peut voir la moquette orange et noire de l'Overlook dans la maison de Sid.
  • Dans Le Pari, Isabelle Otero découvre que Bernard a écrit « le tabac c'est tabou, on en viendra tous à bout » de la même manière que Jack a écrit des centaines de fois « All work and no play makes Jack a dull boy »[138].
  • Dans le film Le Monde de Nemo lorsque Bruce, le requin repenti, poursuit Marin et Dory dans le sous-marin et défonce la porte, il passe sa tête et dit « C'est Brucy ! » (« Here's Brucy! » en anglais), ce qui renvoie en anglais au « Here's Johnny! » que Jack Torrance crie après avoir défoncé la porte.
  • Dans Twister, réalisé par Jan de Bont, un cinéma en plein air diffuse Shining juste avant l'arrivée de la tornade. La première scène que l'on peut apercevoir est celle où Danny tombe nez à nez avec les jumelles fantômes au bout d'un couloir, la seconde scène est celle où Jack détruit la porte de la chambre à l'aide d'une hache.
  • Lontano, la musique de György Ligeti, que l'on retrouve plusieurs fois dans Shining, est également présente au début du film Shutter Island, dans lequel l'importance de l'espace sur le personnage principal est également un élément-clé.
  • Une scène entière du film de Steven Spielberg Ready Player One sorti en 2018, se déroule littéralement à l'intérieur du film. Toutes les scènes les plus célèbres y sont évoquées/reproduites et la photo en noir et blanc qui constituait le plan final du film de 1980 joue même un rôle crucial dans la résolution de l'énigme à laquelle les personnages sont confrontés. Un autre aspect de cette scène est qu'un des personnages de Ready Player One n'a pas vu Shining et ne sait donc pas ce qui peut s'y produire, notamment lorsqu'il se retrouve devant la porte de la chambre 237...
  • Dans Passengers, le bar de l'Avalon ainsi que le barman font écho au film.
  • Dans le film Angry Birds, le film, lorsque les oiseaux sont à la recherche des œufs dans le château de Leonard, Red ouvre une porte derrière laquelle se trouve un couloir et deux cochons habillés de robes bleues évoquant la scène des jumelles. Dans la version anglaise, les cochons prononcent Redrum, qui a été traduit Red mort en français.
  • Dans le film Ducobu 3, dans l'hôpital psychiatrique, on peut voir un des anciens professeurs de Ducobu se balade en voiture à pédale et croise deux infirmières qui lui demande s'il va bien, il s'agit d'une référence à la scène où Danny se promène dans la maison, à vélo dans les couloirs de l'hôtel, et rencontre les fantômes des jumelles[139].
  • Dans le film Zootopie 2, la scène de la course poursuite du labyrinthe est reproduite très fidèlement, avec le personnage de Pawbert Lynxley qui avance en boitant dans la neige, et une musique similaire.

Télévision

[modifier | modifier le code]

Le film Doctor Sleep (2019) de Mike Flanagan, est une adaptation tirée du roman homonyme et une « suite » au film de Kubrick. Il met en scène le personnage de Danny Torrance (interprété par Ewan McGregor), devenu adulte[141].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Sous-titré « ertruem » dans la version française.
  2. Expression idiomatique qui peut être littéralement traduite par : « Trop de travail et pas de plaisir font de Jack un enfant terne », sans équivalent direct en français mais sous-titrée « Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras » dans la version française.
  3. Sous-titré « meurtre » dans la version française.
  4. Sous-titrée « Hôtel Overlook, bal du  » dans la version française.
  5. Le « R » signifie que les mineurs (17 ans ou moins) doivent être accompagnés pour pouvoir assister à la projection du film.
  6. À l'origine, Shining fut interdit aux moins de 13 ans, puis fut réévaluée en interdit aux moins de 12 ans avec le changement de classification.
  7. Bill Watson dans la version originale.
  8. La scène se passe en réalité dans le Salon Colorado, et non la salle de bal.
  9. Mouvement lui-même adapté du Dies iræ, séquence liturgique décrivant la colère divine au jour du Jugement dernier. Cette séquence, intégrée au corpus grégorien et à l'office des défunts dès le XIIIe siècle, évoque donc au moins le thème de la mort quand un compositeur y fait référence dans son travail.

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. a et b « Shining - L'enfant lumière », sur rcq.gouv.qc.ca (consulté le ).
  3. a et b « Shining - L'Enfant lumière (The Shining) », sur Mediafilm (consulté le ).
  4. a et b (en) « No, Shelley Duvall was not traumatized by Stanley Kubrick on The Shining », sur The Independent, (consulté le )
  5. Emilie-Stephen King France, « The Shining de Kubrick inscrit au Registre National du Film », sur Stephen King France, (consulté le )
  6. « The Shining », sur elstree.co.uk via Wikiwix (consulté le ).
  7. Charlie Vandekerkhove, « Les 7 scènes inoubliables de "Shining", le film culte de Stanley Kubrick », sur rtl.fr,
  8. « "Shining" de Stanley Kubrick | CNC », sur www.cnc.fr (consulté le )
  9. « The Shining | CANAL+ » [archive du ], sur CANAL+ (consulté le )
  10. « Fiche de doublage de « Shining » », Voxofilm (consulté le )
  11. « Fiche de doublage - Shining », sur AlloDoublage (consulté le )
  12. (en) Charles Champlin, « A Rake's Lack of Progress », Los Angeles Times, vol. Part IV,‎ , p. 1
  13. a et b (en-GB) Tim Robey, « Kubrick by candlelight: how Barry Lyndon became a gorgeous, period-perfect masterpiece », The Telegraph,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  14. « Barry Lyndon (1976) - JP Box-Office », sur www.jpbox-office.com (consulté le )
  15. (en) Vincent LoBrutto, Stanley Kubrick: A biography, Boston, Da Capo Press, , p. 412
  16. a et b Michel Ciment (préf. Martin Scorsese), Kubrick, Calmann-Lévy, Paris, 2004, (ISBN 2-7021-3518-8), p. 291.
  17. a et b « The Kubrick Site: Kubrick speaks in regard to 'The Shining' », sur www.visual-memory.co.uk (consulté le )
  18. (en) Mark Kermode, The Exorcist, Londres, British Filme Institute, , p. 23
  19. (en-US) « Jan Harlan (producer) – The Shining, Eyes Wide Shut, etc | My Movie Mundo » [archive du ], sur mymoviemundo.com (consulté le )
  20. « The Shining Adapted: An Interview with Diane Johnson | The Terror Trap », sur www.terrortrap.com (consulté le )
  21. (en) Jessica Beebe, « The Shining's Original Script DIDN'T Kill Dick Hallorann (Why It Changed) », sur ScreenRant, (consulté le )
  22. Michel Ciment, op. cit. p. 135-146.
  23. Denis Barbier, « Diane Johnson à Denis Barbier », Positif, no 238,‎
  24. (en) « An interview with Kubrick By Vicente Molina Foix », sur Cinephilia Beyond, (consulté le )
  25. a et b Michel Ciment, op. cit. p. 188.
  26. a et b « Shining : non, Robin Williams n’a jamais été envisagé à la place de Jack Nicholson », sur www.diverto.tv, (consulté le )
  27. (en) « Interview with Robert de Niro », B105 FM,‎
  28. (en-US) « 5 Fun Facts About The Shining », sur Viddy Well (consulté le )
  29. (es) Stephen King, « Stephen King at the Movies »,
  30. (en) Adrienne Tyler, « How AHS' Jessica Lange Was Almost In The Shining (& Why She Wasn't Cast) », sur ScreenRant, (consulté le )
  31. (en-US) Chris Alexander, « Interview: Shelley Duvall on The Shining », sur ComingSoon.net - Movie Trailers, TV & Streaming News, and More, (consulté le )
  32. Michel Ciment, Kubrick, 1980 p. 189
  33. Cinefantastique, Cinefantastique Vol 08 No 1 (Winter 1978), (lire en ligne)
  34. (en) Jessica Beebe, « The Shining: The Actor Who Almost Played Dick Hallorann », sur ScreenRant, (consulté le )
  35. (en-GB) admin, « BEHIND THE SCENES OF “THE SHINING” WITH SCATMAN CROTHERS », sur Scraps from the loft, (consulté le )
  36. [vidéo] « Interview with CARY GUFFEY Close Encounters of the Third Kind 1977 », Herve Attia, , 9:54 min (consulté le )
  37. (en) Cath Clarke, « Danny Lloyd – the kid in The Shining: "I was promised that tricycle after filming but it never came" », The Guardian, (consulté le )
  38. (en-US) John Squires, « The Twins Talk; Lisa and Louise Burns Reflect on The Shining », sur Dread Central, (consulté le )
  39. « Les jumelles de Shining inspirées par une photo de Diane Arbus ? », sur monfilmculte.com (consulté le ).
  40. (en) Patrick Webster, Love and Death in Kubrick: A Critical Study of the Films from Lolita through Eyes Wide Shut, McFarland, (ISBN 978-0-7864-6191-2, lire en ligne)
  41. « Fiche film : The Shining (1980) - Tournage », Ciné ressources (consulté le )
  42. Marcello Bruno Walter, op. cit. p. 23.
  43. (en) Kubrick's An In-depth Analysis of Stanley Kubrick's Film The Shining : The Interview - Juli Kearns, Idyllopus Press
  44. « Kubrick's The Shining - Closing Day » [archive du ], sur idyllopuspress.com (consulté le )
  45. Michel Ciment, op. cit. p. 135
  46. « The Shining (1980) - JP Box-Office », sur www.jpbox-office.com (consulté le )
  47. (en-GB) « BBC Arts - BBC Arts, Kubrick at Elstree: The fire that almost axed The Shining », sur BBC, (consulté le )
  48. a b et c (en) The Shining - TheStudioTour.com
  49. (en) « Park History Program (U.S. National Park Service) », sur www.nps.gov (consulté le )
  50. Shining (1980) : Capture erreur 811 - Erreursdefilms.com
  51. Shining (1980) : Capture erreur 812 - Erreursdefilms.com
  52. (en) « Shining (1980) - FAQ : I've heard something about a helicopter shadow. To what does it refer? », IMDb
  53. (en-US) Annie Howard, « Ridley Scott Reveals Stanley Kubrick Gave Him Footage From ‘The Shining’ for ‘Blade Runner’ Ending », sur The Hollywood Reporter, (consulté le )
  54. (en-US) « Interview: Shelley Duvall on The Shining - ComingSoon.net », ComingSoon.net,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  55. (en) Allegra Huston, Love Child, a Memoir of Family Lost and Found, Simon & Schuster, , p. 214
  56. [vidéo] « Joe Turkel, Co Star of "Blade Runner" and "The Shining", at Days Of The Dead Horror Con », ZFOnline, , 7:52 min (consulté le )
  57. (en) Vincent LoBrutto, Stanley Kubrick: A Biography, Da Capo Press, , 606 p., p. 437
  58. [vidéo] « Making of The Shining [1980] », HybridXeroFuse, , 28:24 min (consulté le )
  59. Jack's Life (lire en ligne)
  60. Michel Ciment, Stanley Kubrick
  61. [vidéo] « 1980 TV spot for The Shining (rare, higher quality). », FixiousMaximus, , 0:36 min (consulté le )
  62. [vidéo] « The Tonight Show 18th Anniversary Special (Opening) », CarsonTonight, , 9:32 min (consulté le )
  63. « Eraserhead, The Short Films Of David Lynch »
  64. (en) Guinness World Records (@GWR), « 𝑴𝒐𝒔𝒕 𝒓𝒆𝒕𝒂𝒌𝒆𝒔 𝒇𝒐𝒓 𝒐𝒏𝒆 𝒔𝒄𝒆𝒏𝒆 𝒘𝒊𝒕𝒉 𝒅𝒊𝒂𝒍𝒐𝒈𝒖𝒆 », sur Twitter,‎ (consulté le )
  65. (en) « Most retakes for one scene with dialogue » [archive du ], sur Guinness World Records (consulté le )
  66. (en-US) Bill Desowitz, « ‘The Shining’ Book Sets Record Straight on Kubrick’s Multiple Takes, Shelley Duvall, and Cheese Sandwiches », sur IndieWire, (consulté le )
  67. (en) J. W. Rinzler et Lee Unkrich, Stanley Kubrick's The Shining, Taschen, , p. 456
  68. (en) J. W. Rinzler et Lee Unkrich, Stanley Kubrick's The Shining, Taschen, , p. 120-121
  69. (en) J. W. Rinzler et Lee Unkrich, Stanley Kubrick's The Shining, Taschen, , p. 820-821
  70. a et b (en) « Read the alternative phrases to 'All work and no play makes Jack a », sur The Independent, (consulté le )
  71. (en-US) Todd Gilchrist, « How a New Book Unearths the Secrets of ‘The Shining,’ from Stanley Kubrick-Shelley Duvall Clashes to a Werner Herzog Set Visit », sur Variety, (consulté le )
  72. a b c d et e « Untitled Document » [archive du ], sur www.visual-memory.co.uk (consulté le )
  73. (en) Vincent LoBrutto, Stanley Kubrick: A biography, , p. 426
  74. (en) Vincent LoBrutto, Stanley Kubrick : A biography, Da Capo Press, , p. 436
  75. « Fiche film : The Shining (1980) - Générique technique », Ciné ressources (consulté le )
  76. (en) Vincent LoBrutto, Stanley Kubrick: A Biography, Da Capo Press, , p. 447
  77. (en) « The 'Shining' of Wendy Carlos », sur Al Día News (consulté le )
  78. « 'Incorporating Monsters: Music as Context, Character and Construction in Kubrick’s "The Shining"' - Surrey Research Insight Open Access », sur web.archive.org, (consulté le )
  79. (en-US) « The Shining music – Introductory note | Gordon Stainforth », (consulté le )
  80. « Wendy Carlos, Lost Scores 2 », sur www.wendycarlos.com (consulté le )
  81. « The Shining Music | Shmoop », sur www.shmoop.com (consulté le )
  82. (en) Discogs, « Various – The Shining (Original Soundtrack) », sur Discogs (consulté le )
  83. (en) Gordon Stainforth, « Shining simplified music chart » [PDF] (consulté le )
  84. « AFI|Catalog », sur catalog.afi.com (consulté le )
  85. (en) « Making the poster of The Shining was as intense as the movie itself », sur Gizmodo, (consulté le )
  86. a et b (en-US) « The Shining Movie Posters », sur Film Art Gallery (consulté le )
  87. a et b « Shining » ((en) versions alternatives), sur l'Internet Movie Database
  88. La fin coupée de «Shining» n'est plus un mystère - Jean-Marie Pottier, Slate, 24 janvier 2013
  89. « WarnerBros.com | The Shining | Movies », sur www.warnerbros.com (consulté le )
  90. « The Shining (1980) - IMDb » (consulté le )
  91. « Shining (1980) », sur IMDb (consulté le )
  92. (en) « Producing The Shining: Jan Harlan on Kubrick », sur BFI, (consulté le )
  93. « Untitled Document », sur www.visual-memory.co.uk (consulté le )
  94. Gerald Wurm, « Shining (Comparison: International Version - US Version) - Movie-Censorship.com », sur www.movie-censorship.com (consulté le )
  95. « The Shining (1980) - IMDb » [vidéo], sur IMDb (consulté le ).
  96. (en) « Opening teaser for the network television airing... - the-overlook-hotel », sur theoverlookhotel.com (consulté le )
  97. a b et c « Shining (1980) - Versions alternatives - IMDb » (consulté le )
  98. (en-GB) « THE SHINING (LASER DISC) », sur PS Publishing 2 (consulté le )
  99. « The Shining | VHSCollector.com », sur vhscollector.com (consulté le )
  100. « Shining : L'Enfant Lumière – Un «tiens» vaut mieux que deux «tu l'auras» » (consulté le )
  101. (en) « Making 'The Shining' », sur IMDb (consulté le )
  102. « 4k Movie, Streaming, Blu-Ray Disc, and Home Theater Product Reviews & News | High Def Digest », sur ultrahd.highdefdigest.com (consulté le )
  103. « Shining Blu-ray 4K édition collector limitée », sur edition-limitee.fr (consulté le )
  104. « The Shining 4K Blu-ray » (consulté le )
  105. [vidéo] « Shine On - The Forgotten Shining Location | Feature Documentary », Stanley Kubrick, , 25:49 min (consulté le )
  106. (en-US) Owen Gleiberman, « ‘Shine On — The Forgotten Shining Location’: A Documentary Meditation on Stanley Kubrick’s Rooms of Fear », sur Variety, (consulté le )
  107. (en) « The Shining (1980) », sur Box Office Mojo (consulté le )
  108. « Shining (1980) », sur JP's Box-Office (consulté le )
  109. « The Shining », sur Box Office Mojo (consulté le )
  110. « Star Wars: Episode V - The Empire Strikes Back », sur Box Office Mojo (consulté le )
  111. (en) « Box-office américain du week-end du 23 mai 1980 », sur TheNumbers.com (consulté le ).
  112. (en) « Shining », Box office mojo.
  113. « The Shining (1980) - JP Box-Office », sur jpbox-office.fr (consulté le )
  114. « The Shining », sur Box Office Mojo (consulté le )
  115. (fr) « Box-office parisien du 22 au 28 octobre 1980 », sur Box Office Stars (consulté le ).
  116. « Fiche film : The Shining (1980) - Exploitation », Ciné ressources (consulté le )
  117. JP, « The Shining (1980)- JPBox-Office », sur www.jpbox-office.com (consulté le )
  118. Review: ‘The Shining’ - Variety, 31 décembre 1979
  119. (en) The Shining : Awards - IMDb
  120. (en) « The Shining », Rotten Tomatoes (consulté le ).
  121. (en) « The Shining (1980) », Metacritic (consulté le ).
  122. a b et c (en) The Shining : Trivia - IMDb
  123. « Wayback Machine », sur web.archive.org (consulté le )
  124. Stephen King, traduit par William Olivier Desmond, Écriture : Mémoires d'un métier, Le Livre de Poche, 2003 (ISBN 978-2-2531-5145-6)
  125. George Beahm (trad. de l'anglais), Stephen King : de A à Z, Issy-les-Moulineaux, Vents d'Ouest, , 276 p. (ISBN 2-86967-903-3), p. 223-224
  126. Jeremy -, « L’histoire et les vrais fantômes du Stanley Hotel, qui a inspiré “Shining” à Stephen King - Club STEPHEN KING », (consulté le )
  127. « Les Razzie Awards annulent un prix de Bruce Willis à la suite de la révélation de son aphasie », sur BFMTV (consulté le )
  128. (en) Martin Scorsese, « 11 Scariest Horror Movies of All Time », The Daily Beast,
  129. (en) Lee Unkrich, « Another Piece Of Prop Letterhead From The Shining », sur theoverlookhotel.com, (consulté le )
  130. Col89-Larousse, « TPE_SHINING » (consulté le )
  131. Laac-AuvergneRhoneAlpes, « Versions de SHINING » (consulté le )
  132. a b et c (en-US) Angela Morrison, « Forever and Ever and Ever: Uncanny Doubles in ‘The Shining’ », sur Film School Rejects, (consulté le )
  133. a et b « Kubrick FAQ - The Shining Part 2 », sur www.visual-memory.co.uk (consulté le )
  134. Forum des images, « Cours de cinéma : La double narration dans Shining - Toutes les rencontres », sur Forum des images (consulté le )
  135. (en) « The Shining Ending Explained: Why Jack Is In The Photo », sur ScreenRant, (consulté le )
  136. Emilie-Stephen King France, « "Shining" : une nouvelle traduction collector paraîtra le 2 novembre 2023 », sur Stephen King France, (consulté le )
  137. (en) « Film and Television in The Shining », sur EYE SCREAM, (consulté le )
  138. a b c et d « « The Shining » : Liens avec d'autres œuvres », sur IMDb.com (consulté le )
  139. AlloCine, « Ducobu 3 : Truffaut, Hitchcock, Kubrick... aviez-vous remarqué les références du film ? », sur AlloCiné, (consulté le )
  140. (en) Malcolm in the middle
  141. Doctor Sleep (lire en ligne)

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Delphine Valloire, Il était une fois... Shining : dans les coulisses du film le plus terrifiant de tous les temps, Lyon, Rockyrama, 2023, 112 p., coll. Il était une fois
  • Anne Goliot-Lété (dir.), Shining : Stanley Kubrick : dans le labyrinthe, Latresne, le Bord de l'eau, 2020, 207 p., coll. Cinéfocales
  • Loig Le Bihan, Shining au miroir : surinterprétations, Pertuis, Rouge profond, 2017, 393 p., coll. Raccords
  • Roger Luckhurst, Shining, Talence, Akileos, 2016, 96 p., coll. BFI, les classiques du cinéma
  • (en) Sous la direction de Daniel Dison, "Stanley Kubrick's The Shining : Studies in the Horror Genre", Centipede Press, (Lakewood, 2015, 750 pages
  • Jean-Pierre Vidal, « La Berlue et le mythe : S/K, ou de Stephen King à Stanley Kubrick », Cinémas, vol. 4, no 1,‎ , p. 115-129 (lire en ligne)

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

  1. [vidéo] « Quand le cinéma cite Shining - Blow Up - ARTE », Blow Up, l'actualité du cinéma (ou presque) - ARTE, , 27:24 min (consulté le )