Shams

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Shams
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association non gouvernementale
But Protection des lesbiennes, gays, bisexuels et trans
Zone d’influence Tunisie
Fondation
Fondation
Identité
Siège Tunis
Personnages clés Belhedi Bouhdid
Président Mounir Baatour (co-fondateur)
Site web shams-tunisie.com

Shams est une association tunisienne de défense des droits LGBT fondée en 2015.

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Son nom, qui signifie « soleil » en arabe, fait aussi référence au mystique chiite soufi Shams ed Dîn Tabrîzî qui aurait eu une histoire d'amour avec le poète Djalâl ad-Dîn Rûmî[1] ; son logo représente deux derviches tourneurs en train de virevolter[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Démarrée comme une initiative sur Facebook, l'association Shams obtient son visa d'activité le et œuvre à une dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie[2]. Elle est alors la première organisation de défense des droits LGBT dans le registre des associations tunisiennes.

En janvier 2016, l'association « se voit priée de suspendre ses activités suite à une requête du chargé du contentieux de l'État »[3] mais, le mois suivant, la justice statue que l'association peut reprendre ses activités[4]. En février 2020, la Cour de cassation rejette la requête visant à la fermeture de l'association[5].

En 2017, l'association tourne un documentaire, Au pays de la démocratie naissante, qui décrit la situation précaire des minorités sexuelles en Tunisie. Le documentaire est diffusé sur YouTube et présenté dans plusieurs festivals de cinéma internationaux ainsi qu'à la Conférence internationale des LGBT francophones qui se tient à Montréal à l'été 2017[6].

Communication[modifier | modifier le code]

Dans le courant de l'année 2017, l'association diversifie ses activités et se dote en avril d'un magazine en ligne, Shams Mag. Le magazine est publié en trois langues (arabe, français et anglais) et propose des rubriques consacrées à la santé, à la société et à la sexualité, dont des articles de fond et des interviews. Les articles sont publiés sous pseudonyme afin de préserver la vie privée de leurs auteurs, l'association ayant régulièrement reçu des menaces depuis sa création[6].

Le 18 décembre, Shams lance sa webradio, « Shams Rad », dont le slogan est « Dignité et égalité ». La radio, qui émet tous les jours de 8 h à minuit, diffuse de la musique (musique traditionnelle, variété et chants soufis), des analyses politiques, des témoignages, des actualités sociales et culturelles ainsi que des actualités et des analyses portant sur la vie des femmes et des minorités sexuelles. Parmi les participants figurent le président de Shams et cinq animateurs, dont Amina Sboui, une ancienne activiste des Femen[7]. Pour le président de l'association Mounir Baatour, le but de la radio est de « banaliser le débat à propos de l'homosexualité »[8]. L'annonce du lancement de la radio est faite le 11 décembre et vaut à son directeur une vague de menaces de mort ; la radio fait aussi face à un procès intenté par le Conseil national des imams et des cadres des mosquées[7].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

En 2017, l'association reçoit une médaille de la ville de Paris[9].

Shams-France[modifier | modifier le code]

Le , Shams-France est créée sur le modèle de cette association, afin d'aider les homosexuels maghrébins de France[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Roua Khlifi, « Controversy in Tunisia over new gay association », sur thearabweekly.com, (consulté le 23 mars 2019).
  2. Rihab Boukhayatia, « Tunisie : « Shams » voit le jour, les militants LGBT sortent de l'ombre », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 2 juillet 2017).
  3. « L'association tunisienne Shams réduite au silence », sur rfi.fr, (consulté le 2 juillet 2017).
  4. « Tunisie : l'association de défense des droits des homosexuels, Shams, peut reprendre son activité », sur jeuneafrique.com, (consulté le 2 juillet 2017).
  5. « Le gouvernement perd définitivement son procès contre l'association Shams pour la défense des droits des homosexuels », sur kapitalis.com, (consulté le 26 février 2020).
  6. a et b Julie Baret, « Tunisie : un premier magazine LGBT pour "libérer la parole et créer un débat sociétal" », sur tetu.com, (consulté le 24 décembre 2017).
  7. a et b Julie Baret, « Menaces de mort sur la première radio LGBT du monde arabe, les résistants nous racontent », sur tetu.com, (consulté le 24 décembre 2017).
  8. Brut, « "Shams rad", la première radio LGBT du monde arabe », sur francetvinfo.fr, (consulté le 17 janvier 2018).
  9. Thierry Noisette, « Paris veut devenir la « capitale mondiale » du tourisme LGBT », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le 2 juillet 2017).
  10. Florencia Valdés Andino, « Shams : la bataille pour les droits des personnes LGBTI se mène des deux côtés de la Méditerranée », sur information.tv5monde.com, (consulté le 2 juillet 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]