Shūsaku Endō

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Shūsaku Endō
Shūsaku Endō.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
Keio University Hospital (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
遠藤周作Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Religion
Genre artistique
Distinctions
Prix Akutagawa ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Liste détaillée
Prix Akutagawa ()
Prix Shinchōsha de littérature (d) ()
Prix Tanizaki ()
Ordre de Saint-Sylvestre ()
Personne de mérite culturel ()
Ordre de la Culture ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales

Shūsaku Endō (遠藤 周作 Endō Shūsaku), né le à Tokyo (Japon) et mort dans la même ville le , est un écrivain japonais, connu pour avoir écrit avec le point de vue de sa foi catholique. Avec Junnosuke Yoshiyuki, Shōtarō Yasuoka, Junzō Shōno, Hiroyuki Agawa, Ayako Sono et Shumon Miura, Endō est catégorisé comme un « écrivain de la troisième génération », le troisième groupe d'écrivains majeurs apparus après la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une enfance passée à Dalian en Mandchourie, il reçoit le baptême à onze ans, avec sa mère qui se convertit au catholicisme à son retour à Kōbe en 1934 et lui donne une éducation catholique. Il étudie la littérature française à l'université Keio de Tōkyō puis à l'université de Lyon de 1950 à 1953, où il se passionne pour la littérature catholique, avant de revenir au Japon et tenter sa chance comme écrivain. En 1955, il est lauréat du prix Akutagawa, le prix littéraire le plus prestigieux du Japon, pour son roman Shiroi Hito (L'Homme blanc). La plupart de ses livres sont traduits en français, et beaucoup ont été adaptés au cinéma.

Ses livres sont inspirés de ses expériences d'enfance: le stigmate d'être un étranger, la vie d'un patient hospitalisé et la lutte contre la tuberculose. Ils reflètent beaucoup de ses questionnements spirituels touchant les relations entre sa foi catholique, qui apparaît dans tous ses livres et en est souvent un élément central, et les traditions culturelles et religieuses japonaises. La plupart de ses personnages sont en proie à de complexes dilemmes moraux et de leurs choix résultent souvent des résultats mitigés, voire tragiques. En cela, ses travaux sont souvent comparés à ceux de Graham Greene. En fait, Greene lui-même a désigné Endō comme étant l'un des meilleurs écrivains du XXe siècle.

Liste des œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • 1958 : La Mer et le poison (海と毒薬), roman traduit par Miho Moto et Colette Yugué, Buchet-Chastel, 1979 (réédition 1994). (Ce roman se passe principalement à l'hôpital de Fukuoka durant la Seconde Guerre mondiale et traite des vivisections mortelles effectuées sur des pilotes américains écrasés et capturés. Il est écrit du point de vue personnel d'un des médecins, et du point de vue à la troisième personne d'un de ses collègues qui opèrent, réalisent des expériences sur les six membres d'équipage et les tuent. Cette histoire est basée sur un fait authentique et est adaptée au cinéma en 1986 par Kei Kumai, les rôles principaux étant tenus par Eiji Okuda et Ken Watanabe.)
  • 1959 : Un admirable idiot (おバカさん), roman traduit (de l'anglais) par Nicole Tisserand, Buchet-Chastel, 1981 (réédition 1998). (L'histoire d'un Français aimable, innocent mais naïf qui visite le Tōkyō d'après-guerre.)
  • 1959-1985 : Une femme nommée Shizu, dix nouvelles (Les Derniers Martyrs ; Les Ombres ; Un homme de cinquante ans ; Adieu ; Le Retour ; La Vie ; Un homme de soixante ans ; Le Dernier Souper ; La Boîte ; Une femme nommée Shizu) traduites par Minh Nguyen-Mordvinoff, Denoël, 1997 ; Gallimard ("Folio"), 2000. (A noter que le recueil Le Dernier souper et autres nouvelles, paru chez Gallimard ("Folio") en 2003, est composé de trois de ces nouvelles : Les Ombres ; Le Retour ; Le Dernier souper).
  • 1960 : Volcano (火山), roman traduit (de l'anglais) par Ariel Marinie, Buchet-Chastel, 1984 ; 10/18, 1993.
  • 1963 : Fuda no tsuji (Fuda no tsuji), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines (Tome I), nouvelle traduite par Catherine Cadou, Gallimard, 1986.
  • 1964 : La Fille que j'ai abandonnée (わたしが・棄てた・女), roman traduit par Minh Nguyen-Mordvinoff, Denoël, 1994 ; Gallimard ("Folio"), 1998. (Dans le Japon des années 1960, un étudiant cherche à tout prix à avoir une aventure sexuelle. Maladroitement, une jeune paysanne se laisse « séduire » par pitié, car elle présente une légère infirmité et lui abandonne sa virginité. Froidement, il la repousse ensuite, mais son souvenir le hante et il se sent coupable d'avoir abusé de sa gentillesse. Elle reste amoureuse de lui et vit en rêvant de le retrouver.)
  • 1965-1979 : Douleurs exquises, dix nouvelles traduites par Catherine Ancelot, Denoël, 1991 ; Le Livre de poche (collection "Biblio"), 1996.
  • 1966 : Silence (沈黙), roman traduit (de l'anglais) par Henriette Guex-Rolle, Calmann-Lévy, 1971 ; Denoël, 1992 ; Gallimard ("Folio"), 2010. (Livre le plus célèbre d'Endō, généralement considéré comme son chef-d'œuvre, il s'agit d'un roman historique racontant l'histoire d'un missionnaire portugais, fondé sur la figure historique de Cristóvão Ferreira, dans le Japon du début du XVIIe siècle, qui apostasie, mais uniquement aux yeux des autres, le protagoniste gardant en fait en secret sa foi chrétienne.)
  • 1974 : En sifflotant (口笛をふく時), roman traduit (de l'anglais) par Anne Guglielmetti, Buchet-Chastel, 1985 ; 10/18, 1993.
  • 1980 : L'Extraordinaire voyage du samouraï Hasekura (), roman traduit (de l'anglais) par Daniel Lemoine, Buchet-Chastel, 1987 (réédition 1997). (Roman historique qui relate la mission diplomatique conduite par Tsunenaga Hasekura au Mexique et en Europe au XVIIe siècle.)
  • 1986 : Scandale (スキャンダル), roman traduit par Catherine Ancelot, Editions Stock (collection "Nouveau cabinet cosmopolite"), 1988 ; Le Livre de Poche (collection "Biblio"), 2001. (Ce livre, dont l'action se déroule à Tōkyō, parle d'un romancier qui se retrouve lui-même pris dans le scandale du titre.)
  • 1993 : Le Fleuve sacré (深い河), roman traduit par Minh Nguyen-Mordvinoff, Denoël, 1996 ; Gallimard ("Folio"), 2000. (Se déroulant en Inde, ce livre raconte le voyage physique et spirituel d'un groupe de touristes japonais confrontés à une vaste gamme de dilemmes spirituels et moraux dans leurs vies respectives.)
  •  ? : Une partie de moi-même (わたくし の もの), dans Cahiers du Japon n° spécial 1985 (La Littérature dans le Japon d'après-guerre - p. 23-29), Editions Sully, 1985.

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Frédéric, Le Japon, dictionnaire et civilisation, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1419 p. [détail des éditions] (ISBN 2-221-06764-9)
  • Pierre Dunoyer, Shûsaku Endô (1923-1996) - Un nouveau Graham Greene au Japon, éditions du Cerf, 2014 (ISBN 978-2-204-10020-5)
  • Nicole Hatem, « “Ce que tu as à faire, fais-le vite”. La parole du Christ à Judas, chez Kierkegaard et Shusaku Endô », in Iris. Annales de philosophie (Beyrouth), vol. 37, 2016, , p. 69-115.

Liens externes[modifier | modifier le code]