Shōrin-ryū

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Entraînement au château de Shuri, en 1938

Le Shōrin Ryu (少林流?, littéralement « école de la jeune forêt » ou « école de la petite forêt »), traduction littérale des caractères japonais utilisés pour écrire l'école Shaolin, est l'un des deux styles majeurs les plus anciens de karaté d'Okinawa avec le Gōjū Ryu.

L'histoire du Shōrin Ryu[modifier | modifier le code]

Le Shōrin Ryu est le style le plus ancien et à l'origine de presque toutes les autres écoles : Shotokan, Shitō Ryu, Wadō Ryu, etc.

Son fondateur est (Sōkon Matsumura?, 松村 宗棍), appelé aussi Bushi (« guerrier ») Matsumura.

Le Shōrin Ryu est issu de concepts de combats tirés :

  • du Shuri-te, la pratique martiale propre à la ville de Shuri, ancienne capitale d'Okinawa, par opposition au Naha-te, style de la ville portuaire voisine de Naha, et actuelle capitale (la ville de Shuri est devenue un quartier de l'actuelle Naha).
  • du Tomari-te, la pratique martiale propre au village voisin, Tomari (absorbé, lui aussi par l'actuelle Naha), très proche du Shuri-te.
  • du Shaolin quan (« poing de Shaolin »), la fameuse école d'arts martiaux des moines bouddhistes du temple du même nom.

Shōrin Ryu est un terme générique qui désigne aujourd'hui le Shuri-te ainsi que le Tomari-te. Depuis le milieu du XIXe siècle, les mêmes experts enseignaient et diffusaient les techniques qui, du fait de leurs nombreuses similitudes, entraînèrent la fusion des deux styles.

Pour mieux comprendre la suite, il faut se souvenir que l'idéogramme chinois 唐, lu to dans la langue d'Okinawa, mais kara en japonais, désigne la dynastie des Tang (618-906) et, par extension, en okinawaïen, to désigne tout ce qui vient de Chine, ainsi que le pays lui-même. Et que de, contraction de te (手), prononcé quelquefois ti, signifie « technique » en chinois comme en okinawaïen et, par extension en japonais, la « main » qui réalise ces techniques.

D'où tō-de (唐手), « technique des Tang » ou « technique chinoise », par référence à ses origines, devenu « main de Chine » depuis la « colonisation » d'Okinawa par le Japon en 1609.

Combinée au « vide » (空, également prononcé kara en japonais), dans le sens bouddhique du terme de « vacuité », en référence au bouddhisme zen (soutien spirituel historique du bushido japonais), cette dernière signification aboutira finalement à l'actuel sens japonais de karaté (空手) : « main vide ».

Les premiers pas[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Afin de mieux cerner les origines du karaté, il faut situer l'île d'Okinawa. C'est l'île principale des îles Ryūkyū, située entre l'île de Taïwan, le Japon et la Chine. L'archipel compte environ 70 îles.

Dès le Xe siècle, la Chine entretient des rapports diplomatiques et commerciaux avec les îles Ryūkyū, alors royaume indépendant. De nombreux Chinois se rendent à Okinawa pour y faire du commerce. Parmi eux, certains pratiquent différents styles de boxe chinoise notamment le Shaolin quan (« poing de Shaolin »).

À cette époque, Okinawa était une des principales sources de production du soufre, élément indispensable à la fabrication de la poudre que les Chinois maîtrisaient. La légende parle de « 36 familles », envoyées par l'empereur de Chine pour s'installer au début du XIVe siècle. Les arts et la culture traditionnels de l'île sont donc fortement imprégnés de l'influence chinoise.

En 1372, Satto, roi de Chūzan, fit allégeance à l'empereur de Chine, de la dynastie Ming. Les relations culturelles et commerciales entre la Chine et l'archipel devinrent plus étroites. C'est vers cette époque que les premières formes antiques de katas seront transmises par des experts chinois, tel passai.

En 1429, le roi Shō Hashi, originaire de la province chinoise de Chuzan, unifia les différents fiefs qui morcelaient Okinawa, et interdit la possession de toute arme.

À partir du XVIe siècle, et ce jusqu'au XIXe siècle, cette île fut le théâtre de conflits entre le Japon et la Chine (en 1609, le Japon envahit l'archipel). Tour à tour, ces deux pays ont imposé leur souveraineté sur l'archipel et ont instauré une domination militaire, interdisant toute arme au peuple afin d'éviter les rébellions.

Ceci explique le développement des techniques de combat à mains nues, ainsi que l'utilisation d'outils de la vie quotidienne en tant qu'armes, les kobudō.

Ces techniques étaient alors transmises secrètement, la nuit, de maîtres à disciples, dans les jardins clos des maisons des maîtres (senseï). Les entraînements étaient basés uniquement sur l'efficacité, ne laissant aucune place au spectaculaire ou à l'esthétique[1].

Ce sont donc les habitants d'Okinawa qui ont donné naissance à cette méthode de combat à mains nues, appelée par la suite karaté.

Ces techniques de combat se sont développées principalement à Naha (aujourd'hui la capitale) et dans les villages voisins de Tomari et de Shuri, ancienne capitale, résidence des rois et de la noblesse locale (Shuri est devenue aujourd'hui une banlieue de Naha).

  • Shuri s'est développée autour du palais royal. Outre le roi et sa Cour, la population de cette ville était surtout constituée d'aristocrates, de nobles, et de membres de la haute bourgeoisie.
  • Naha, ville portuaire, était surtout peuplée de marins, de débardeurs et de commerçants.
  • Tomari, était un village de paysans, d'agriculteurs.

Il est évident que les Chinois, s'installant dans l'une ou l'autre de ces localités et n'appartenant pas à la même classe sociale, pratiquaient des techniques martiales issues d'écoles différentes.

Les techniques qui se sont développées à Naha, étaient basées sur la respiration abdominale forcée, avec des mouvements circulaires courts mais puissants, donnant naissance au Naha-te (« main de Naha »), devenu Shorei Ryu, puis Gōjū Ryu.

Les techniques qui se sont développées à Shuri, le Shuri-te (« main de Shuri »), et à Tomari, le Tomari-te (« main de Tomari ») proviennent essentiellement du kung fu Shaolin.

C'était surtout la noblesse locale, qui pratiquait le Shuri-te, au palais royal de Shuri.

Le développement du Shuri-te[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes figures connues comme pratiquant ce style sont Shinjo Choken, membre de la cour du roi, vers la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe ; et, vers le milieu du XVIIe siècle jusqu'au début du XVIIIe, Chatan Yara, Peichin Takahara et Kushanku.

Tode Sakugawa

Puis apparut Kanga Sakugawa (1733 ?-1815), appelé aussi Tode Sakugawa (« Sakugawa main de Chine »). Il fut disciple, pendant six ans du moine bouddhiste Peichin Takahara de Shuri, expert tant en Shuri-te primitif qu'en Shaolin kempo. Puis, pendant six ans encore, il fut l'élève de Kushanku, un ambassadeur militaire chinois, également expert en Shaolin kempo. Il fit aussi plusieurs voyages en Chine pour perfectionner son art.

Kanga Sakugawa a beaucoup fait évoluer le Shuri-te en mélangeant les techniques locales et celles du kung-fu Shaolin. C'est de Kushanku qu'il a appris la position d'attente pour une frappe ou un blocage, du poing collé aux côtes, appelée hikite.

À son retour à Okinawa, il était considéré comme étant le plus grand expert local de boxe chinoise, d'où son surnom, de « Tode Sakugawa ». Son plus éminent disciple fut Sōkon Matsumura.

Le développement du Tomari-te[modifier | modifier le code]

Un des disciples de Tode Sakugawa, Kōsaku Matsumora (1829-1898) (à ne pas confondre avec son « presque homonyme », Sōkon Matsumura) — qui s'entraîna lui aussi avec un marin chinois, Chintō (connu aussi sous le nom de Annan) — avait débuté avec Karyu Uku (nommé également Giko Uku) et continué avec Kishin Teruya. Kōsaku Matsumora est la « figure de proue » du Tomari-te.

C'est à partir de là que le Tomari-te, qui se distinguait du Shuri-te, bien que les différences étaient minimes, s'en rapproche encore plus.

L'avènement du Shōrin Ryu[modifier | modifier le code]

Senseï Sōkon Matsumura

Sōkon Matsumura (1809-1896), issu de la noblesse locale, commença l'apprentissage du Shuri-te à l'âge de 10 ans, sous la férule de Tode Sakugawa, il fut son dernier disciple et lui succéda à sa mort.

Ses qualités de combattant étaient si exceptionnelles qu'il devint très rapidement, à l'âge de 19 ans, le responsable et instructeur de la garde du palais de Shuri (résidence des rois d'Okinawa) et garde du corps personnel du roi.

Il est resté à ce poste sous les trois derniers règnes des rois d'Okinawa. Il avait un très grand esprit de recherche et travailla beaucoup pour développer son art. Lui aussi s'entraîna avec le marin Chintō et créa un kata en son honneur. Il travailla aussi avec d'autres maîtres chinois, dont Ason et Iwa.

Ce maître systématisa son art pour pouvoir l'enseigner et y introduisit les katas Kushanku (en référence à l'un des deux maîtres de Sakugawa), et hakutsuru (« grue blanche »), que Sakugawa lui avait enseignés, et créa en outre Chintō, passai et gojushiho (54 pas), entre autres.

Sōkon Matsumura créa aussi le kata naihanchi, pour renforcer le corps et permettre de développer la stabilité du combattant debout et son équilibre dans des déplacements rapides.

Tous les styles de karaté modernes, sans aucune exception, sont issus de son enseignement, y compris, en partie, le Gōjū Ryu et le Uechi Ryu (les deux autres styles traditionnels okinawaïens).

Il eut de nombreux disciples, dont plusieurs furent éminents, en particulier Itosu Ankō, son successeur officiel, qui jeta les bases du développement du karaté tel que nous le connaissons aujourd'hui, et qui est le vrai père du karaté moderne. Il nomma son système Shōrin Ryu.

Les grandes figures du Shōrin Ryu[modifier | modifier le code]

Ses principaux disciples, en dehors de son propre petit-fils, Nabe Matsumura (qui n'eut qu'un seul et unique élève, Hohan Sōken, 1889-1982), furent Hanashiro Chomo, Chotoku Kyan, Azato Yasutsune, Kentsu Yabu et Ankō Itosu. Ce dernier assura la perpétuation de son enseignement, en rendant obligatoire la pratique du karaté (Shōrin Ryu, évidemment), dans toutes les écoles primaires de l'archipel d'Okinawa.

La liste qui suit, non exhaustive, présente quelques grands maîtres, parmi les plus marquants de l'histoire du Shōrin Ryu.

Itosu Ankō[modifier | modifier le code]

Itosu Ankō (1830-1915) fut le disciple de Sōkon Matsumura, entre 1840 et 1848. C'est lui qui introduisit dans les écoles d'Okinawa l'entraînement de l'Okinawa-te (appelé ainsi, pour gommer les différences entre les différents courants du tode et aussi, et peut-être surtout, pour supprimer les références à la Chine avec laquelle le Japon était en guerre à ce moment).

Ankō Itosu se rendit compte que les katas anciens étaient trop complexes pour des collégiens. En 1907, il créa des katas simplifiés, les pinan, à partir des katas passai, kushanku, Chintō et jion. Il scinda aussi le kata naihanchi en trois afin de rendre son apprentissage plus facile. Il était aussi réputé pour sa force et pour les nombreux défis qu'il gagna toujours. Il eut de très nombreux disciples, dont les quatre principaux furent Chibana Shōshin, Gichin Funakoshi, Shinpan Shiroma et Kenwa Mabuni.

Chibana Shōshin[modifier | modifier le code]

Chibana Shōshin

Chibana Shōshin (1885-1969), connu aussi sous le nom de Chojin Kuba. Dès l'âge de 15 ans, il fut le disciple de Ankō Itosu jusqu'à la mort de celui-ci en 1915. À l'âge de 35 ans, en 1920, il ouvre un dojo à Shuri et nomme son école Kōbayashi-Ryū, qui est la prononciation japonaise des idéogrammes utilisés pour transcrire Shaolin-shu, ou Shōrin Ryu (« école de la petite forêt »).

En 1956, il fut le premier président de l'Okinawa Karaté-Do Renmei (fédération qui regroupe l'ensemble des styles de l'île).

Il crée en 1961 l'Okinawa Shōrin Ryu karaté kyokai, association du karaté Shōrin Ryu d'Okinawa. Enseignant de très grande réputation, il eut de très nombreux disciples. Ses quatre instructeurs furent Yuchoku Higa, Shuguro Nakazato, Katsuya Miyahira, et Minoru Higa.

Shinpan Shiroma[modifier | modifier le code]

Shinpan Shiroma

Shinpan Shiroma (1890-1954), connu aussi sous le nom de Shinpan Gusukuma. Élève de Ankō Itosu, il conserva l'enseignement de son maître et le transmit tel quel à de nombreux disciples, parmi lesquels Yoshio Nakamura et Arakaki Ankichi.

Plus tard, il étudia aussi le Gōjū Ryu, avec Kanryō Higaonna. Il participa à la création de l'école Shitō Ryu, avec son ami Kenwa Mabuni. Le Shitō Ryu est un savant mélange des deux styles, Gōjū Ryu et Shōrin Ryu.

Chōki Motobu[modifier | modifier le code]

Chōki Motobu

Chōki Motobu (本部 朝基 ?, 1870-1944), ou Motobu no saru (« Motobu le singe »), était un membre de la branche cadette de la famille royale d'Okinawa. Il a été l'élève des plus grands maîtres de son époque : Sōkon Matsumura, Itosu Ankō, et s'est aussi entraîné chez Sakuma Peichin et chez Kōsaku Matsumora, maître de Tomari-te.

C'était un combattant « hors norme », qui n'a jamais été vaincu, et il était si agile qu'il fut surnommé « le singe ». En 1921, il a terrassé un boxeur russe, alors champion du monde des super-welters, d'un seul shuto (coup porté avec le tranchant de la main) sur la tête.

Ce fait l'a rendu très populaire, et a fortement contribué au développement du karaté au Japon. Son kata préféré était naihanchi, et il en disait que c'était la base du karaté.

Shōshin Nagamine[modifier | modifier le code]

L'héritier du Tomari-te, Shōshin Nagamine (長嶺 将真, Nagamine Shōshin, 1907-1997) auteur, soldat, officier de police et surtout, grand maître de karaté.

Il est né à Tomari, aujourd'hui, un quartier de Naha, Okinawa. Il fut un enfant chétif et maladif. En 1926, atteint d'une grave gastroentérite, il commença seul un régime sévère et se mit au karaté sous la surveillance bienveillante de son voisin, Chojin Kuba (prononciation okinawaïenne de Chibana Shōshin). Il recouvra rapidement la santé, grâce à « un dur travail, tant à l'école qu'à l'entraînement de karaté ». Il finit par avoir une telle condition physique, qu'il devint le meneur du club de karaté de son lycée, et fut surnommé « Chaippaï Matsu » (« le pin tenace »).

Il continue l'étude du Karaté chez Taro Shimabuku et chez Ankichi Arakaki. Plus tard, après avoir été démobilisé du 47e Régiment d'infanterie de l'armée japonaise avec lequel il a combattu en Chine, il entre dans la police, et s'entraîne avec Chotoku Kyan et Chōki Motobu, et il obtient son 6e dan. En 1953, ayant pris sa retraite de la police, il rentre à Naha et y ouvre son propre dojo, qu'il nomme Centre Matsubayashi-Shōrin Ryu d'étude du karaté et des arts martiaux Anciens.

Il invente le nom de Matsubayashi Ryu (« école de la forêt de pins »), transcription légèrement modifiée de Shōrin Ryu, en 1947, en l'honneur de Sōkon Matsumura et de Kōsaku Matsumora.

Il crée, en collaboration avec Chōjun Miyagi (le créateur du Gōjū Ryu), deux nouveaux katas, très simples, les fukyugata qui sont des katas préparatoires pour les débutants. Il enseigne jusqu'à sa mort en 1997. Son fils lui succède à la tête de son dojo.

Yuchoku Higa[modifier | modifier le code]

Maître Yuchoku Higa (1910-1994), 10e dan Hanshi est né à Naha. Il créa la très connue école Kyudōkan qu'il dirigea jusqu'à sa mort. Il rencontre alors Jinan Shinsato, maître de Gōjū Ryu. En 1943, à 33 ans, il fait la connaissance de Shoshin Chibana senseï avec lequel il étudiera le karaté Shōrin Ryu. Maître Higa restera fidèle à l'enseignement de son maître.

L'enseignement de maître Higa Yuchoku repose sur plusieurs principes techniques et philosophiques importants.

  1. Le principe de ki à travers le travail systématique du hara.
  2. Le principe de myo mamorou, qui est le concept de défense naturelle du corps et de l'esprit.
  3. Le principe de in t yo, ou ying et yang, qui instaure l'équilibre constant dans la technique.
  4. Le principe de kokyu, la respiration naturelle.
  5. Le principe de marumi, muchimi, de travail circulaire et constant.

Minoru Higa[modifier | modifier le code]

Maître Minoru Higa est né à Naha (Okinawa), le 18 septembre 1941. Dixième dan, soke de l'école Shōrin Ryu Kobayashi Kyudōkan, il eut sa première expérience dans les arts martiaux (judo) à l’âge de 11 ans, avec les conseils de maitre Yogen Tamashiro.

En 1960, il devient l’élève du maître de judo Yokomoto Isekichi et commence à pratiquer le karaté avec son oncle Yuchoku Higa. La même année, il s’enrôle au Bodybuilding Japan Center, conduit par sa passion pour les entraînements de force. Depuis 1960, M. Higa s’entraîne au célèbre temple de judo Kodokan, atteignant le grade de 4e dan dans cette discipline. Son physique, qu’il développa à travers la musculation et une intense pratique du judo et du karaté, lui valurent de devenir le champion du Japon universitaire de boxe en poids lourd. En 2008, il nomme Patrick Rault[2] responsable officiel du Kyudōkan humbu dojo d'Okinawa pour toute la France.

Katas[modifier | modifier le code]

À part les kihon, qui sont les mouvements de base (coups de poing, coups de pied, et blocages) et qui s'exécutent sous forme de séries, par enchaînements, on dénombre une multitude de katas, dont certains sont fondamentaux à l'apprentissage (bassai est égal à passai, kanku correspond à kushanku, gankaku est Chintō, tekki équivaut à naifanchin, hangetsu est seisan) et ont quelques variantes entre différentes écoles, mais sont de même origine et des katas supplémentaires appartiennent à des écoles spécifiques mais pas à toutes (enpi est wanshu, sochin, unsu, jitte, jion, gōjūshiho, seipai[pas clair], etc.). Le dai est la version la plus ancienne (pas d'origine, car modifiée génération après génération) et le shō est une version plus récente. Certains katas ont plus de deux versions, comme bassai (tomari no passai, Matsumura no passai, passai dai, passai shō…) ou kanku (chatan yara no kushanku, kushanku dai, kushanku shō…). En Europe, les versions shō et dai sont les plus pratiquées, car ce sont les seules qui sont restées en karaté Shōtokan, le plus répandu actuellement. Aux États-Unis, de nouveaux styles ont émergé à partir du Shito Ryu. En Nouvelle-Zélande, des katas présentant des mouvements de kempo existent également.

Un kata est un enchaînement de blocages et de ripostes constituant un combat virtuel contre plusieurs adversaires, dans le but de permettre au pratiquant de maîtriser un maximum de possibilités lors d'un combat réel. En général, et dans un souci d'éthique, les katas commencent et finissent par des blocages, le karatéka ne devant jamais être l'attaquant.

Le répertoire des katas enseignés par les différents courants du Shōrin Ryu débute ci-dessous. Entre parenthèses sont indiqués des styles actuels de karaté où on retrouve ces katas mais cela ne signifie pas que ce sont des katas uniques à ces styles. Le Naha-te, Tomari-te et Shuri-te sont la base okinawaïenne, mais certains katas ont d'autres origines et ont reçu d'autres influences, en particulier pour les katas inventés au Japon au XIXe siècle.

  • Anan (Ryūei Ryu).
  • Ananko (Ryūei Ryu).
  • Chatan yara no kūshanku (kata plus ancien que les versions shō et dai qui en sont inspirés).
  • Chinte (チンティ).
  • Chintō (チントー).
  • Fukyu gata ichi (nouveau kata, élaboré par Shōshin Nagamine, kata éducatif pour débutants, enchaînement de mouvements de bras (blocages et coups de poing) de base, dans les deux postures de base).
  • Fukyu gata ni (nouveau kata, élaboré par Chōjun Miyagi, kata éducatif pour débutants, un peu plus complexe que le précédent, et plutôt dans l'esprit du Gōjū Ryu quant à sa forme, bien que n'incluant pas la respiration abdominale forcée).
  • Gōjūshihō (五十四歩) (version Shitō Ryu différente des versions dai et shō).
  • Gōjūshihō dai (Shotokan Ryu).
  • Gōjūshihō shō (Shotokan Ryu).
  • Hakkaku (ancien, proche de hakucho, mais à ne pas confondre avec happoren, ni papuren).
  • Hangetsu (Shotokan Ryu).
  • Happoren (Shitō Ryu).
  • Heiku (Ryūei Ryu).
  • Jiin (origine japonaise, différente de celle de Jion et encore plus de celle de jitte).
  • Jion (ジィオン).
  • Jitte (ジッティ). Ce kata s'exécute en couloir vers l'avant, un peu comme naihanchi qui est égal à tekki, où il se fait en couloir de côté[3].
  • Jyuroku (kata didactique, Shitō Ryu).
  • Kururunfa (versions différentes en Gōjū Ryu ou Shito Ryu).
  • Kūshanku dai (クーサンク大).
  • Kūshanku shō (クーサンク小).
  • Matsukaze (Shito Ryu).
  • Matsumura no passai (version du maître Matsumura du kata passai).
  • Meikyo (Shotokan Ryu).
  • Naihanchin shodan (ナイファンチ初段), est la 1re partie du kata naihanchi original, naihanchin nidan (ナイファンチ二段), est la 2e partie de ce même kata, ainsi que naihanchin sandan (ナイファンチ三段), la 3e partie du kata naihanchi original que Itosu Ankōa a scindé.
  • Nipaipo (Shito Ryu, même origine que papuren).
  • Niseishi (Shito Ryu).
  • Pachu (Ryūei Ryu).
  • Paiku (Ryūei Ryu).
  • Papuren (Shitō Ryu).
  • Passai dai (パッサイ大).
  • Passai shō (パッサイ小).
  • Pinan shodan (ピンアン初段), pinan nidan (ピンアン二段), pinan sandan (ピンアン三段), pinan yondan (ピンアン四段), pinan godan (ピンアン五段), ont tous été élaborés par Itosu Ankō à partir des katas passai et kūshanku.
  • Rōhai (ローハイ).
  • Saifa (Gōjū Ryu).
  • Sanseru (Gōjū Ryu).
  • Sanshin (Gōjū Ryu).
  • Seienchin (Gōjū Ryu).
  • Seipai (Gōjū Ryu).
  • Seiryū (Shito Ryu).
  • Seisan (セィサン, version légèrement différentes en Gōjū Ryu, Wadō Ryu ou Shitō Ryu).
  • Shisochin (Gōjū Ryu)
  • Sōchin (ソーチン).
  • Tensho (Gōjū Ryu).
  • Tomari no passai (泊 パッサイ).
  • Unsu (même maître chinois d'origine que pour Chintō et gankaku ; c'est la version Shotokan de ce kata qui a du succès en compétition, en raison du saut à 360 degrés).
  • Wanshu (Shitō Ryu, équivalent d’enpi en Shotokan Ryu).

On trouve également katas des plus récents, par exemple :

  • Bassaifanan (combinaison des trois katas composant son appellation : bassai, saifa et anan).
  • Valde (élaboré par Luca Valdesi, champion du monde en katas inter-styles à de nombreuses reprises).

Cette liste n'est pas complète car des katas ont été perdus au cours des siècles. Certains ont été coupés en plusieurs katas moins longs (heian est devenu pinan, naifanchi égale tekki, etc.), et d'autres ont été allongés (suparinpei, meikyo…), enfin on en crée sans cesse de nouveaux. Avec la diffusion rapide du savoir par le web, la liste s'allonge assez rapidement. En analysant des katas d'autres arts martiaux (en particulier le kung fu), nous retrouvons de mêmes katas dans un contexte différent, imprégné par les bases de la discipline martiale.

Il faut faire attention à bien distinguer les katas traditionnels (emprunts de techniques efficaces destinées au combat et non au spectacle) de ceux de compétition (qui lissent des mouvements pour aller plus vite, plaisent visuellement mais changent les hauteurs pour les rendre plus impressionnants, ce qui est totalement opposé au contexte d'origine d'efficacité du karaté), transformant certains mouvements qui sont alors dénués de sens, voire inutiles en self-défense.

Les applications des katas, appelées bunkaï sont souvent très loin de celles pensées au départ en inventant le kata (le 1er mouvement de saifa ou de pinan yondan, par exemple) et sont à juger avec un regard critique par les instructeurs de karaté, car chacun a son idée d'application, différente de celle du voisin. Par contre, un consensus existe sur une gamme de mouvements des cinq katas de base destinés aux collégiens ou débutants : age uke défensif ou en contre, réciproquement pour shuto uke, testui aux côtes, shuto uchi au cou…

Aujourd'hui au Benélux et en France[modifier | modifier le code]

  • Disciple de Katsuya Miyahira, KevorK Dick, 9e dan, transmet le Shōrin Ryu en France, à Marseille, Il représente en France le Shōrin Ryu de l'école de Katsuya Miyahira.
  • Disciple de Katsuya Miyahira, Kenyu Chinen, 9e dan, perpétue la transmission traditionnelle du Shōrin Ryu à travers sa structure indépendante, l'Oshukai.
  • Disciple de Shuguro Nakazato, Seisuke Adaniya, 8e dan shorinkan, 8e dan Matayoshi kobudo, 8e dan FFKDA, transmet le Shōrin Ryu au Nippon Budo Club, affilié au FFKDA. Un de ses disciples enseigne en Bretagne.
  • Disciple de Yoshio Nakamura depuis 1997, Guy Juille, aujourd'hui 8e dan, dirige l'Association franco-japonaise de Shuri Shōrin Ryu.
  • Disciple de Minoru Higa, 10e dan (soke du Kyudōkan), Patrick Rault est 7e dan kyoshi, expert international du Kyudōkan, 7e dan expert fédéral FFKDA, transmet le karaté-do Kyudōkan, à Perpignan, au dojo JCC et pour l'association Okinawa Shōrin Ryu Karate do Kyudōkan France.
  • Disciple de Masato O. Higa, Patrice Merckel, 5e dan, renshi du Dai Nippon Butoku Kai, transmet le Shōrin Ryu en France, en Haute Saône.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kenyu Chinen, 9e dan hanshi de karaté-do et 9e dan de kobudō, a l'habitude de dire : « Un seul blocage (ou une seule esquive), une seule riposte, et… c'est fini… »
  2. Patrick Rault est expert international du Kyudōkan 7e dan depuis 2010, 7e dan depuis 2012 FFKDA, expert fédéral de la Fédération française de karaté FFKDA depuis 2013 et il est ambassadeur culturel et civil de la préfecture d'Okinawa depuis 2014.
  3. Il faut savoir que les rues des grandes villes étaient très étroites, laissant peu de place aux pratiquants des arts martiaux et la nécessité d'avancer rapidement face à plusieurs adversaires.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roland Habersetzer, Bubishi. À la source du karaté, Budo Éditions, 2007, 254 p. (ISBN 978-2846171199).
  • Shoshin Nagamine, L'Essence du karate-dō d'Okinawa, Vigot Éditions, 1999, 280 p. (ISBN 9782711413867).
  • Guy Juille, Les Racines du karate-dō. École Shōrin Ryu, Budo Éditions, 2007 (ISBN 978-2846171076).
  • Kenyu Chinen, Le Kobudo d'Okinawa, Sedirep Éditions, coll. « Articles sans C », 1985, 191 p. (ISBN 978-2901551300).

Liens externes[modifier | modifier le code]