Seuls sont les indomptés

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Seuls sont les indomptés
Description de cette image, également commentée ci-après

Gena Rowlands et Kirk Douglas

Titre original Lonely Are the Brave
Réalisation David Miller
Kirk Douglas (non crédité)
Scénario Dalton Trumbo d'après le roman d'Edward Abbey, The Brave Cowboy
Acteurs principaux
Sociétés de production Joel Production
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 107 min
Sortie 1962

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Seuls sont les indomptés (Lonely Are the Brave) est un film américain réalisé par David Miller et sorti en 1962.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'histoire se déroule durant les années 1960 au Nouveau-Mexique où, après une longue absence, « Jack », John W. Burns, est de retour pour revoir ses amis, les époux Bondi.
Jack, qui se déplace toujours à cheval, signe de son insoumission aux dictats du monde moderne, vit de petits boulots comme vacher. Quand il arrive chez les Bondi, tout ne va pas pour le mieux. Son ami Paul est incarcéré pour avoir aidé des Mexicains à entrer illicitement aux États-Unis et Jerri, son épouse, est très inquiète. Elle aspire à une vie tranquille et voudrait que son mari cesse de vivre perpétuellement en conflit avec la société à l'instar de Jack.
Jerri et Jack se sont aimés autrefois avant qu'elle n'épouse Paul et une grande affection subsiste entre eux bien que Jerri désapprouve son irréductible marginalité.
À l'issue d'une bagarre dans un bar, Jack en profite pour provoquer son arrestation afin de retrouver Paul en prison et s'évader ensemble. Mais Paul souhaite purger sa peine pour pouvoir enfin vivre en toute légalité avec sa famille après sa libération.
Jack réussit à s'échapper de la prison en compagnie de plusieurs mexicains et va se réfugier, seul avec sa jument indomptée comme lui, dans les montagnes chères à son cœur.
Le shérif Johnson Walter reçoit l'ordre de l'arrêter. Bien qu'éprouvant, dans le fond, de la sympathie pour ce fier et sauvage cow-boy, il est bientôt sur ses traces avec toute une équipe de policiers et un hélicoptère…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Kirk Douglas s'est totalement investi dans ce film qu'il a produit avec sa société Joel Production et réalisé en grande partie, étant insatisfait du travail de David Miller[2].

Scénario[modifier | modifier le code]

Kirk Douglas[3] : « Seuls sont les indomptés est mon film préféré. Le thème de l'individu broyé par la société me fascine. […] Il s'agissait d'un cow-boy moderne qui vit toujours selon le code moral du Far West américain. […] J'ai eu tout de suite envie d'en tirer un film. […] Mon excellent ami Dalton Trumbo finit par écrire le scénario. J'ai joué dans soixante-quinze films, j'en ai produit beaucoup et j'ai entendu parler de plus de films encore, mais, à ma connaissance, c'est la seule fois où un scénariste a écrit du premier coup un scénario parfait : un premier jet, et aucune révision. Autre avantage, Edward Abbey apprécia le scénario. Il eut même l'élégance de dire qu'il le trouvait meilleur que son livre, notamment en ce qui concerne les dialogues. Mais il préférait son titre ».

Casting[modifier | modifier le code]

  • Kirk Douglas[3] : « La distribution était également parfaite. Nous voulions une ambiance réaliste, presque documentaire. L'image en noir et blanc. Gena Rowlands joue le rôle de la femme dont je suis amoureux, la femme de mon meilleur ami qui a été mis en prison… […] Elle était superbe. Walter Matthau était extraordinaire dans le rôle du shérif lancé à ma poursuite… […] Maintenant encore, je rencontre des gens qui me disent avoir appelé leur cheval Whisky, en souvenir de la magnifique jument palomino que je montais dans le film ».
  • Bill Raisch jouera de 1963 à 1967 le célèbre manchot meurtrier de la série télévisée Le Fugitif que le docteur Richard Kimble poursuivra inlassablement pour prouver son innocence.
  • Bill Bixby, dans le rôle épisodique de « pilote d'hélicoptère » deviendra, en 1977, L'Incroyable Hulk pour une longue série télévisuelle et cinématographique.

Tournage[modifier | modifier le code]

Extérieurs : Albuquerque, monts Sandia, Tijeras Canyon (en), Kirtland Field (en) (Nouveau-Mexique) :

Accueil[modifier | modifier le code]

  • BBC[4] : « L'interprétation est forte. Matthau et Gena Rowlands sont particulièrement marquants. Mais c'est le film de Douglas. C'est un grand acteur de cinéma qui s'impose par sa présence et crédibilité dans le rôle d'un homme qui veut rester libre. Le réalisateur David Miller n'a jamais rien fait de mieux et, bien qu'il ne soit pas au top du box-office, ce film est considéré comme l'un des classiques des années 1960 »[5].
  • eFilmCritic[6] : « Le prologue de Seuls sont les indomptés est vraiment fantastique. […] Dans un champ, un cow-boy s’accorde un petit somme avec son chapeau baissé sur ses yeux. Cela pourrait être une scène sortie de n’importe lequel de centaines de westerns, sauf que lorsqu’il soulève son chapeau, il voit dans le ciel des traînées blanches laissées par des avions indiquant que nous sommes dans le monde contemporain et pas au XIXe siècle. […] Miller achève le film avec une image presque aussi iconique que celle du début, sans avoir commis le moindre faux pas entre les deux. Hormis d’être le film préféré de Douglas, Seuls sont les indomptés est autant un affectueux et clairvoyant panégyrique sur l’Ouest américain qu'un très passionnant film de poursuite »[5].

Thèmes et contexte[modifier | modifier le code]

La caméra de David Miller (ou peut-être celle de Kirk Douglas) filme avec âpreté, en noir et blanc épurés, la quête utopique de liberté de Jack dans le monde moderne, quitte à ce qu'il ne lui reste à vivre qu'une éternelle solitude. Son ascension vers les sommets lumineux des monts Sandia est très symbolique. Progressant dans une splendide nature, aride et généreuse à la fois, ses quelques rencontres seront amicales avec la faune sauvage et agressives avec les hommes…
Kirk Douglas considère que c'est son meilleur film. Les seules scènes de répit sont ses retrouvailles avec son amour d'autrefois interprété par Gena Rowlands, toute jeune, véritable incarnation de la Tempérance. Walter Matthau joue les chœurs prophétiques de ce film plus proche de la tragédie antique que du western.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Seuls sont les indomptés (Lonely Are the Brave), Calysta et SGGC, coll. « Western de légende », 2007, 1 DVD zone 2, version restaurée (image et son), Dolby Digital, 144 min, bonus inclus (EAN 3333297474023) [présentation en ligne] : édition spéciale incluant la présentation du film par Bertrand Tavernier et le documentaire Une parabole moderne (analyse par différents professionnels du cinéma).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Titre de travail : The Last Hero. Le titre que Kirk Douglas préférait est The Last Cowboy, mais le distributeur Universal Pictures a obtenu gain de cause. Source : The TCM Movie Database États-Unis.
  2. Sujet à controverse. Contrairement à ce que Douglas a pu écrire et déclarer, Bertrand Tavernier, dans la présentation de la version DVD du film, affirme que David Miller aurait entièrement réalisé le film tandis que dans le documentaire Une parabole moderne, figurant dans les bonus du même DVD, le cinéaste Jean-Claude Missiaen et le journaliste Eddy Moine témoignent dans le sens de Douglas…
  3. a et b Extrait des mémoires de Kirk Douglas parues en France en 1989 sous le titre Le Fils du chiffonnier, Presses de la Renaissance, Paris (ISBN 2-85616-489-7).
  4. Extrait de la critique de George Perry publiée le 15 décembre 2000 sur The BBC Film Review.uk
  5. a et b Traduction libre de l'anglais par l'éditeur.
  6. Extrait de la critique de Jay Seaver publiée le 16 janvier 2009 sur eFilmCritic.com

Lien externe[modifier | modifier le code]