Servomécanisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La notion de servomécanisme est d'une portée très générale, de l'anthropologie à la neurologie en passant par la Philosophie et jusqu'à la robotique. Au plus simple, le servomécanisme est un dispositif, électromécanique ou autre, intercalé entre une commande et des opérateurs pour réaliser la concordance entre une intention et ses réalisations. Ce dispositif est conçu de façon qu'un faible effort suffise pour commander et contrôler un mouvement nécessitant un travail plus important, sans que l'opérateur ait à fournir l'énergie nécessaire. Le thermostat du chauffage central domestique est l'exemple illustratif le plus simple pour réaliser cette concordance entre la température affichée et la température dans l'habitation, en cybernétique de la première génération. Le thermostat ne chauffe pas lui-même l'habitation, mais contrôle la chaudière qui le fera. Toute assistance et toute automaticité demandent la présence de servomécanismes, comme tout téléguidage et tout autoguidage des armes dites intelligentes et des robots industriels.

En cybernétique de la deuxième génération, les corps ou les structures intermédiaires sont des traducteurs ou transducteurs représentatifs de la "Règle des trois voies" de la théorie des contextes d'Anthony Wilden où une relation exige un minimum de trois connexions : un système, un environnement et la frontière qui médiatise leur rapport. Le servomécanisme est cette frontière, l'interface qui médiatise ce rapport de système à environnement et se particularise dans un contexte, comme l'administration qui est l'interface entre l'autorité des élus et le public des électeurs dans une démocratie libérale, par exemple. Enfin, dans son ouvrage d'épistémologie intitulé La Méthode, Edgar Morin procède à un jeu de mots, le "cerveau-mécanisme", pour désigner le principe de boucle récursive à l'oeuvre dans la relation cerveau/organisme qu'il définit comme étant à la fois asservie et asservissante[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Méthode 1. La nature de la nature, Editions du Seuil, Points Essais, 1977, pp. 241-243