Sergueï Oudaltsov

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Sergueï Oudaltsov
Sergueï Oudaltsov en 2009.
Sergueï Oudaltsov en 2009.
Fonctions
Président du Front de gauche
En fonction depuis
Biographie
Nom de naissance Sergueï Stanislavovitch Oudaltsov
Серге́й Станисла́вович Удальцо́в
Date de naissance (40 ans)
Lieu de naissance Drapeau de l'URSS Moscou
Nationalité Russe
Parti politique KPRF (1998-2000)
Front de gauche (2008-)

Sergueï Stanislavovitch Oudaltsov (en russe : Серге́й Станисла́вович Удальцо́в), né le à Moscou en URSS, est un homme politique russe engagé à l'extrême gauche.

Il est arrêté et incarcéré de nombreuses fois depuis 2011 pour ses manifestations contre Vladimir Poutine avec le Front de gauche. Il est condamné au camp et à la cellule d'isolement de 2014 à 2017 pour « préparation de troubles massifs », crime qu'il dit monté de toutes pièces.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de la nomenklatura soviétique — son grand-père était ambassadeur en Grèce et son arrière-grand-père un compagnon d'armes de Lénine[1] —, Sergueï Oudaltsov a fait des études d'histoire et de droit. En 1999, il travaille comme avocat pour le journal Glasnost[2].

Il se lance en politique en 1998, tout d'abord sur la liste d'un « Bloc stalinien pour l'URSS », puis il rejoint brièvement le Parti communiste, qu'il quitte au bout de 2 ans[2]. Il organise depuis des manifestations régulières anti-Poutine, président du pays, notamment dans le cadre du Front de gauche, coalition créée en 2008 qu'il dirige[3].

Incarcéré huit fois en 2011[3], il est condamné à quinze jours de prison en mai de l'année suivante pour désobéissance à la police, après avoir participé avec le militant Alexeï Navalny à une manifestation qui a dégénéré en heurts avec celle-ci[4]. Le 12 août 2012, soit quelques jours après l'attentat contre les chefs religieux musulmans du Tatarstan, Serguei Oudaltsov se rend à Kazan pour y rencontrer l'Union de la jeunesse tatare (Azatlyk) et leur porte-parole Naïl Nabiouline. À cette occasion il appelle le mouvement Azatlyk à faire « front commun » et à mener des actions communes : « Il est temps de réunir toutes les forces qui peuvent contribuer à l'affaiblissement du régime de Poutine[5] ». Il est alors considéré par la presse internationale, avec Navalny, comme leader de l'opposition au gouvernement[6].

Le 21 août 2012, il est condamné à payer une amende de 30 000 roubles pour avoir participé à une action devant le comité d'enquête à Moscou[7]. Par dérision, il décide de s'acquitter de cette somme en pièces de 1 kopeck (soit 3 millions de pièces) ; il demande publiquement que les citoyens volontaires donnent chacun 1 kopeck et transforme ainsi sa condamnation en opération de soutien populaire, des sacs entiers de pièces étant rassemblés dans différentes régions.[réf. nécessaire]

Le 26 octobre 2012, il est inculpé pour « préparation de troubles massifs », accusation qui peut lui valoir jusqu'à dix ans de camp de travail et qu'il dénonce comme montée de toutes pièces : en effet, cette inculpation fait suite à une émission d'une chaîne de télévision nationale qui affirmait sur la foi d'images tournées en caméra cachée et d'origine non précisée que l'opposant prévoyait de renverser le gouvernement par la force[2],[8]. Après avoir été assigné à résidence en février 2013, il est condamné à quatre ans et demi de camp[9]. Dès son premier jour de détention, il débute une grève de la faim avant d'être transféré en cellule d'isolement[10]. Il sort de prison le 8 août 2017[11],[6].

Dans l'impossibilité de se présenter à l'élection présidentielle de 2018, Oudaltsov appelle à sa sortie de prison à un candidat unique pour la gauche, un « visage neuf » selon ses termes[12]. Il clame de nouveau son innocence et affirme également ne pas soutenir le candidat libéral, Navalny, considéré comme principal opposant à Poutine, qui lui-même ne l'a pas « soutenu »[6].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Dans un interview au Rousski Reporter en octobre 2017, Oudaltsov déclare être pour l'annexion de la Crimée par la Russie, et ajoute que si l'on créé un nouveau référendum sur la question (en 2014, lors d'un référendum contesté, il est voté pour la réunification entre la Russie et la région ukrainienne à presque 97 %), « le résultat sera le même »[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Hénin, La France russe : enquête sur les réseaux de Poutine, Fayard, , 324 p. (lire en ligne).
  2. a, b et c Catherine Gouëset et Alla Chevelkina, « Russie: (sic) Sergueï Oudaltsov, le gauchiste à qui Poutine veut infliger 10 ans de camp », sur L'Express, .
  3. a et b « RUSSIE. Oudaltsov, le renouveau communiste », sur L'Obs, (consulté le 15 mai 2017).
  4. « Deux opposants russes condamnés à quinze jours de prison », sur Le Monde, .
  5. « Le Rouge, le Vert et le Noir : Serguei Oudaltsov chez les séparatistes islamistes Tatars ! », sur Ice station zebra, (consulté le 14 mai 2017).
  6. a, b et c Paul Tavignot, « En Russie, l’opposant Sergueï Oudaltsov veut incarner les forces de gauche », sur La Croix, (consulté le 1er novembre 2017).
  7. « Un opposant condamné en Russie », sur Le Figaro, .
  8. « L'opposant russe Oudaltsov inculpé pour « préparation de troubles massifs » », sur Le Monde, .
  9. « Deux opposants à Poutine condamnés à 4 ans de prison », sur Le Monde, (consulté le 14 mai 2017).
  10. « Russie: (sic) l'opposant Oudaltsov condamné à quatre ans et demi de camp », sur L'Express, (consulté le 14 mai 2017).
  11. « Audio : L'opposant d'extrême gauche russe Sergueï Oudaltsov remis en liberté », sur Play RTS (consulté le 17 août 2017).
  12. (ru) Vladislav Inozemtsev, « Нужны ли стране левые », sur Gazeta.ru,‎ (consulté le 1er novembre 2017). Traduit par Courrier international sous le nom de « Où est passée la gauche russe ? » dans un hors-série de septembre 2017. [lire en ligne]
  13. (ru) Марина Ахмедова, « Революционер против революции », sur Rousski Reporter,‎ (consulté le 1er novembre 2017). Extraits traduits par Le Courrier de Russie, sous le nom de « Sergueï Oudaltsov, un nouveau souffle de gauche » le 6 octobre 2017. [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :