Serge Bambara

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Smockey
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Biographie
Naissance
(47 ans)
Ouagadougou, Burkina Faso
Nom de naissance
Serge Bambara
Pseudonyme
Smockey
Nationalité
Franco-burkinabè
Activités

Serge Bambara, plus connu sous son nom de scène Smockey (de "S'moquer"), est un musicien de hip-hop, rappeur, acteur et militant politique basé à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Il y est né le 24 octobre 1971 d'un père Bisa et d'une mère française. Après avoir déménagé en 1991 en France pour effectuer ses études, il signe en 1999 un contrat avec EMI et sort un premier single, en featuring avec la chanteuse Lââm. En 2001, il revient au Burkina Faso et créé le studio Abazon. Au cours de sa carrière, il a sorti les albums Epitaphe, Zamana, Code noir et Cravate, Costards et Pourriture, et a régulièrement collaboré avec le rappeur sénagalais Didier Awadi[1].

Smockey a remporté en 2006 le Kundé d'Or - trophée de la musique burkinabé - dans la catégorie "Meilleur Artiste de l'année", qu'il reçoit des mains de Chantal Compaoré, alors Première Dame du Burkina Faso[2]. En 2010, il gagne un Kora Awards - trophée de la musique africaine - dans la catégorie "Meilleur Artiste Hip-Hop"[3]. B

Il a également tourné en 2008 dans l'adaptation du roman En attendant le vote des bêtes sauvages de l'écrivain ivorien Ahmadou Kourouma, sous la direction de Missa Hébié[4].

Smockey se réclame de l'héritage et des idéaux du capitaine Thomas Sankara, révolutionnaire marxiste-léniniste, anti-colonialiste et figure du Mouvement des non-alignés, qui a dirigé le Burkina Faso entre 1983 et son assassinat, le 15 octobre 1987, à la suite d'un putsch orchestré par son successeur et ancien frère d'arme Blaise Compaoré. En 2014, à l'occasion d'une interview accordée à la BBC, il déclare à propos de la période sankariste : "Cela nous a permis d'être plus fiers d'être Africains et d'en finir avec ce complexe d'infériorité, de réaliser que nous pouvions accomplir des choses"[5]. Son œuvre musicale est très influencée par des thèmes politiques et militants[1].

Smockey co-fonde en 2013 Le Balai citoyen, un mouvement politique populaire, avec le musicien de reggae, animateur radio et militant politique Sams’K Le Jah[6]. Ce mouvement entend lutter contre la corruption politique et s'est notamment illustré par son opposition au pouvoir du président Blaise Compaoré et sa forte implication lors de la deuxième révolution burkinabè, qui contraint Compaoré à abandonner le pouvoir et à fuir le pays le 31 octobre 2014, après plus de 27 ans de règne. Smockey a été l'une des figures de proue de cette vague de contestation et a accordé son soutien à la transition menée par les militaires[7].

Le 17 septembre 2015, son studio d'enregistrement Abazon est attaqué au lance-roquette et incendié par des éléments putschistes du Régiment de sécurité présidentielle, demeuré loyal au président déchu Blaise Compaoré[8].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Smockey (Burkina Faso) », sur www.rfimusique.fr, Radio France Internationale, (consulté le 8 novembre 2014)
  2. « Kundé d’Or 2006: Smockey enfin! », sur www.lefaso.net/, Le Faso, (consulté le 8 novembre 2014)
  3. Franck Salin, « Kora Awards 2010: où sont passés les artistes? », sur www.afrik.com, Afrik-News, (consulté le 8 novembre 2014)
  4. P. Boureima Salouka, « Smockey : ni rebelle ni révolutionnaire mais libre », sur www.afrik.com, Afrik-News, (consulté le 8 novembre 2014)
  5. Alex Duval Smith, « 'Africa's Che Guevara': Thomas Sankara's legacy », British Broadcasting Corporation, Londres,‎ (lire en ligne)
  6. Rosa Moussaoui, « Sams’K Le Jah "Les héritiers de Sankara ont grandi, il faut désormais compter avec eux" », L'Humanité, Paris,‎ (lire en ligne)
  7. « "Si je restais, je serais un cadavre" », British Broadcasting Corporation, Londres,‎ (lire en ligne)
  8. « Music studio in Burkina Faso capital bombed after coup »