Septénaire (symbolisme)

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Un septénaire peut représenter le nombre sept ou bien un ensemble de sept éléments[1].

Il est considéré comme hautement significatif au niveau de la symbolique des nombres depuis des temps très anciens, dans de nombreux domaines, et dans la plupart des civilisations et traditions[2]. Par exemple, il y a sept jours de la semaine, sept planètes majeures, sept notes de musique, sept couleurs du spectre de lumière, sept merveilles du monde, etc. Sept est considéré comme un nombre « sacré »[2], utilisé notamment dans les mythes de plusieurs religions.

Sciences[modifier | modifier le code]

Astronomie[modifier | modifier le code]

  • Le nombre traditionnel des astres, des métaux et des jours de la semaine qui leur sont liés : Lune - argent - lundi ; Mars - fer - mardi ; Mercure - mercure - mercredi ; Jupiter - étain - jeudi ; Vénus - cuivre - vendredi ; Saturne - plomb - samedi ; Soleil - or - dimanche[3].
  • Chaque période lunaire dure sept jours, et les quatre périodes forment le cycle complet de 28 jours.
  • Le nombre d'étoiles les plus brillantes de la Grande Ourse.

Physique[modifier | modifier le code]

  • Les sept couleurs de l'arc-en-ciel et les sept notes de musique de la gamme heptatonique « révèlent le septénaire comme un régulateur des vibrations, vibrations dont plusieurs traditions primitives font l’essence même de la matière. »[4]
  • Le nombre d'unités du Système International (ex-MKSA) : mètre, kilogramme, seconde, ampère, kelvin, mole, candela.

Chimie[modifier | modifier le code]

Médecine[modifier | modifier le code]

  • Période de sept jours dans l'évolution d'une maladie.
  • Les sept orifices du visage : yeux, narines, bouche, oreilles.

Philosophie[modifier | modifier le code]

  • Hippocrate aurait dit : « le nombre sept par ses vertus cachées maintient dans l’être toutes choses ; il dispense vie et mouvement ; il influence jusqu’aux êtres célestes. »[4]
  • Philolaos considère que le sept symbolise l'esprit[5].

Autres disciplines[modifier | modifier le code]

  • Le nombre d'arts libéraux : grammaire, dialectique, rhétorique arithmétique, musique, géométrie et astronomie.

Religions[modifier | modifier le code]

Animisme[modifier | modifier le code]

  • Chez les Dogons est symbole de l'union des contraires, de la résolution du dualisme. Il est la somme de 4, symbole de la féminité, et de 3, symbole de la masculinité, et il représente la perfection humaine[4].

Hindouisme[modifier | modifier le code]

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

  • Les sept facteurs d'éveil.
  • Le Bouddha aurait mesuré l'univers en faisant sept pas dans chacune des quatre directions[4].
  • Le Bardo, état intermédiaire suivant la mort, dure 49 jours, ce qui correspond à 7 périodes de 7 jours.

Monde gréco-romain[modifier | modifier le code]

  • Clément d'Alexandrie écrivit : « De Dieu, Cœur de l’univers, émanent les six étendues et les six phases du temps : c’est là le secret du nombre sept ; le retour au centre, au Principe, à l’issue du développement sénaire, parfait le septénaire. » [4]
  • Les sept Merveilles du monde.
  • Le nombre sept est caractéristique du culte d'Apollon
  • Dans le culte de Mithra il existe sept niveaux d'initiation.

Islam[modifier | modifier le code]

Bible[modifier | modifier le code]

Ésotérisme[modifier | modifier le code]

Les mythes de création du monde[modifier | modifier le code]

Helena Blavatsky dans la Doctrine Secrète aborde le sujet de la symbolique du nombre sept et le fait qu'on le retrouve dans les mythes cosmogoniques et anthropogoniques de plusieurs civilisations[6] :

« Le nombre Sept, le chiffre fondamental entre tous, dans tous les systèmes religieux nationaux, depuis la Cosmogonie jusqu'à l'homme, doit avoir sa raison d'être. On le trouve, chez les anciens Américains, aussi en évidence que chez les antiques Aryens et Egyptiens.(...)
L'auteur de (en)Sacred Mysteries among the Magas and the Quichés, 11.500 years agoAugustus Le Plongeon, dit :
"Sept, semble avoir été le nombre sacré par excellence parmi toutes les nations civilisées de l'antiquité. Pourquoi ? On n'a jamais répondu d'une manière satisfaisante à cette question. Chaque peuple séparé a donné une explication différente, suivant les données de sa religion. Qu'il ait été le nombre des nombres pour ceux qui étaient initiés aux mystères sacrés, cela ne peut faire aucun doute. Pythagore l'appelle le "Véhicule de vie" (...).
On le rencontre fréquemment dans le Popul-Vuh. Nous le retrouvons en outre, dans les sept familles qui, d'après Sahagun et Clavigero, auraient accompagné le personnage mystique appelé Votan (en), fondateur réputé de la grande ville de Nachan, que certains identifient avec Palenque. Dans les sept cavernes d'où on raconte que les ancêtres des Nahualts ont émergé. Dans les sept cités de Cibola, décrites par Coronado et Niza... Dans les sept Antilles ; dans les sept héros qui, nous dit-on, échappèrent au Déluge."
On retrouve, du reste, ce même nombre de "Héros" dans tous les récits de Déluges – depuis les sept Richis qui furent sauvés avec Vaivasvata Manou (en), jusqu'à l'Arche de Noé dans laquelle les bêtes, les volailles et les créatures vivantes furent rassemblées par groupes de "sept". »

La constitution septénaire de l'Homme[modifier | modifier le code]

Associant le quatre, symbole de la Terre et de la matière, au trois, symbole du Ciel et du Spirituel, le sept représente "la totalité manifestée en mouvement"[7].

La Théosophie moderne d'Helena Blavatsky et divers courants ésotériques ont utilisé dans leurs enseignements une conception septénaire de l'Homme[8] reprenant des termes en sanskrit provenant de textes du Véda[9],[10] et des Puranas[11]. Ces sept corps correspondent aux sept plans de l'Univers, hiérarchisés du plus matériel au plus subtil. L’objectif de l’être humain serait de les maîtriser pour évoluer spirituellement[9] par un processus "d'alchimisation de l'être"[7].

Le septénaire se divise en deux groupes[8],[9]: un ternaire ou triade qui représente la partie atemporelle, divine et transcendante en l'Homme, et un quaternaire qui représente la partie mortelle et matérielle, et qui est associé aux quatre éléments (Terre, Eau Air, Feu) et aux quatre règnes (minéral, végétal, animal, humain)[7]. Toutefois, il ne s'agit pas d'une conception dualiste avec d'un côté l'Esprit et de l'autre la matière, mais d'une "combinaison subtile d'une Forme et d'une Substance qui s'interpénètrent"[7]. Ces sept plans sont reliés par la conscience[9].

Le quaternaire[modifier | modifier le code]

Il est associé au "petit moi", à l'ego, à la personnalité.

  • Stula sharira : Corps physique. Véhicule de tous les autres "principes" pendant la vie. C'est le corps le plus dense, le plus "lourd" et lent. Plan associé à l'élément alchimique Terre et au règne minéral.
  • Prana sharira : Vie ou principe vital. C'est ce qui anime le corps physique, lui procure de l'énergie pour le mouvement. Cette vitalité s'obtient notamment par la respiration et la lumière du soleil. Dans une moindre mesure dans la nourriture, qui est surtout pour le corps physique. Plan associé à l'élément alchimique Eau et au règne végétal.
  • Linga sharira: Corps astral. C'est le siège de l'affect : instincts, sensations, passions, émotions, et d'une part plus subtile et durable que sont les sentiments du beau, du bon et du juste. Plan associé à l'élément alchimique Air et au règne animal.
  • Kama rupa (kama manas) : Mental particulier ou mental de désir, capable de construire des raisonnement et d'analyser. Plan associé à l'élément alchimique Feu et au règne humain.

Le ternaire[modifier | modifier le code]

Il est associé au "Moi supérieur", au Soi, à l'individuation.

  • Manas : Mental pur. Intelligence humaine supérieure.
  • Buddhi : Âme Spirituelle. Véhicule de l'Esprit pur et universel.
  • Atma : Esprit. Émanation de l'Absolu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition de septénaire, CNRTL
  2. a et b Gilles van Grasdorff, A la recherche de l'arche de Noé, Presses du Châtelet, mars 2014, 304 pages, chapitre sur Le nombre 7 (consultable sur Google Books)
  3. Helena Blavatsky, La Doctrine Secrète, Volume VI, Diagramme II (p. 2684 de la version pdf)
  4. a, b, c, d et e Jean Chevalier et Alain Cheerbrant, Dictionnaire des symboles, Éditions Robert Laffont, S.A. et Éditions Jupiter, Paris, 2005, p. 860-864, "Sept" (extrait en ligne)
  5. Philolaos, fragments A 13 et A 12 : Les Présocratiques, Gallimard, "Pléiade", p. 493
  6. Helena Blavatsky, La Doctrine Secrète, 1888, Tome 3, Anthropogénèse version pdf
  7. a, b, c et d "La clé septénaire", Extrait du livre de Fernand Schwarz, La Tradition et les voies de la connaissance
  8. a et b Helena Blavatsky, Clé de la Théosophie, "Nature septénaire de l'homme", [129], p. 85 de la version pdf
  9. a, b, c et d "L’éveil intérieur dans la tradition hindoue", Marie-Agnès Lambert, Revue Acropolis
  10. Helena Blavatsky, La Doctrine Secrète, Volume IV, Partie II, section XI, C - L'élément septénaire dans les Védas (p. 1826 de la version pdf)
  11. Helena Blavatsky, La Doctrine Secrète, Volume IV, Partie II, section XI, D - Le Septénaire dans les ouvrages exotériques

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]