Sens (Yonne)

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Sens
Image illustrative de l'article Sens (Yonne)
Blason de Sens
Héraldique
Sens (Yonne)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
(sous-préfecture)
Arrondissement Sens
(chef-lieu)
Canton Sens-1
Sens-2
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Grand Sénonais
Maire
Mandat
Marie-Louise Fort (LR)
2014-2020
Code postal 89100
Code commune 89387
Démographie
Gentilé Sénonais
Population
municipale
25 507 hab. (2014)
Densité 1 164 hab./km2
Population
aire urbaine
62 177 hab. (2012)
Géographie
Coordonnées 48° 11′ 52″ nord, 3° 16′ 57″ est
Altitude Min. 62 m – Max. 205 m
Superficie 21,91 km2
Localisation

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Liens
Site web ville-sens.fr

Sens est une commune française, chef-lieu d'arrondissement, située à 100 km au sud-est de Paris dans le département de l'Yonne (89) (dont elle est une sous-préfecture) en région Bourgogne-Franche-Comté.

Au dernier recensement de 2014, la commune comptait 25 507 habitants. Ses habitants sont appelés les Sénonais. En 2012, l'agglomération, au sens géographique et statistique, comptait 36 623 habitants[1] et l'aire urbaine de Sens 62 177 habitants[2].

Sens est actuellement la deuxième commune du département de l'Yonne.

La commune est récompensée par la distinction Grand Prix et quatre fleurs au palmarès 2007 du concours des villes et villages fleuris[3].

La population de son arrondissement s'élevait à 112 598 habitants en 2012[4]. L'arrondissement a connu la croissance la plus rapide de Bourgogne sur les 13 années précédentes : 0,7 % par an.

Le Sénonais représente 30 % de la population icaunaise pour 23 % du territoire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Sens est située à l’extrême nord-ouest de la Bourgogne-Franche-Comté, à la frontière de trois régions, à savoir l'Île-de-France, la Champagne-Ardenne et le Centre-Val de Loire. Sens est la principale ville du Sénonais, une région naturelle et un pays couvrant le territoire de l'ancien peuple gaulois des Sénons et de la cité romaine d'Agedincum. Située sur le cours de l'Yonne dans la vallée du même nom, la ville est bordée par les collines de Paron et Saint-Martin-du-Tertre à l'ouest, prolongement du plateau du Gâtinais qui s'étend aussi sur le Loiret. À l'est, elle est bordée par la forêt d'Othe qui s'étend sur le département de l'Aube. Au nord, la vallée de l'Yonne débouche sur la Brie en Seine-et-Marne.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Martin-du-Tertre Saint-Denis-lès-Sens Saint-Clément Rose des vents
Paron N Saligny
O    Sens    E
S
Gron Rosoy Maillot Malay-le-Grand

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

L'altitude de Sens varie entre 62 et 208 mètres selon le lieu. La mairie de Sens se situe à environ 70 mètres d'altitude.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Sens est traversée par deux rivières : l'Yonne (principal affluent rive gauche de la Seine) et la Vanne, un de ses affluents rive droite. L'Yonne, d'une longueur totale de 292 kilomètres, traverse la ville du sud vers le nord en provenance du Morvan avant de rejoindre la Seine à Montereau-Faut-Yonne. Sens est aussi le confluent de l'Yonne avec un de ses principaux affluents rive droite : la Vanne. Celle-ci, dont la source se trouve dans l'Aube, coule sur près de 60 kilomètres d'est en ouest et constitue par son captage et ses nombreuses dérivations (les ru), la principale source d'eau de la ville depuis l'Antiquité. En effet, les Romains ont construit au Ier siècle, un aqueduc pour capter l'eau de la Vanne à partir de captages à Theil-sur-Vanne, Noé, Le Clos de Noé, Malay-le-Grand afin de l'acheminer sur 15 kilomètres jusqu'à la cité d'Agedincum, ancêtre de la ville de Sens[5]. De nouveaux tronçons ont été ajoutés à la fin du IIe siècle ou au début du IIIe siècle[6]. Les fouilles récentes ont mis au jour certains tronçons enterrés et permis d'établir que le débit avoisinait les 31 000 m³/jour[7]. L'aqueduc de la Vanne fournit par ailleurs une grande partie de l'eau potable de Paris. D’une longueur de 156 km, commencé en 1866 et achevé en 1874, il est l’œuvre de l’ingénieur Eugène Belgrand qui l’a conçu à la demande du Baron Haussmann qui souhaitait faire venir l’eau potable de sites éloignés de Paris afin de garantir une alimentation en eau de qualité avec un débit régulier.

Climat[modifier | modifier le code]

Sens bénéficie d'un climat tempéré, modéré par des influences océaniques.

Voies de communications et transports[modifier | modifier le code]

Transports ferroviaires[modifier | modifier le code]

Le TER (Bourgogne) dessert la gare de Sens.

Le TER Bourgogne permet de rallier notamment Paris, Auxerre et Dijon.

Sens est seulement à 50 minutes de la gare Paris-Bercy en train direct.

Le cadencement des trains, entré en vigueur le , permet environ deux trains par heure (un direct et un omnibus ou semi-direct) en direction de la capitale. D'une manière générale le trafic ferroviaire est implanté puisque de nombreux trains de marchandises et de messagerie traversent la gare, située sur l'axe Paris-Lyon-Marseille.

Chaque jour, c'est plus de 3 000 Sénonais qui partent de la gare de Sens pour aller travailler à Paris.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Intercom : 14 lignes de bus desservent la Communauté de Communes du Sénonais (Sens, Paron, Saint-Clément, Saint-Martin-du-Tertre, Malay-le-Grand, Maillot, Rosoy, Gron et Courtois-sur-Yonne, Saligny et Marsangy[8] :

  • Ligne 1 : Sens CC Sud (Carrefour Maillot) - Paron Mairie ;
  • Ligne 2 : Sens G.Pompidou - Malay Pasteur ;
  • Ligne 3 : Sens Garibaldi-Clinique-Victor Hugo-Garibaldi ;
  • Ligne 4 : Sens G. POMPIDOU - Sens Porte de Bourgogne ;
  • Ligne 5 : Sens Zone industrielle - Saint-Martin-du-Tertre Louise Michel ;
  • Ligne 6 : Sens Garibaldi - Gron Les Épenards ;
  • Ligne 7 : Sens Garibaldi - Courtois-sur-Yonne Les Bordes ;
  • Ligne 8 : Sens Garibaldi - Rosoy Mairie ;
  • Ligne 9 : Sens Champs Plaisants - Gron Les Épenards ;
  • Ligne 10 : Sens Porte de Bourgogne - Saint-Clément Victor Hugo ;
  • Ligne 14 : Sens Saligny - Fontaine la gaillarde - Voisines.

Des lignes du réseau TransYonne[9] permettent la desserte dans tout le département de l’Yonne ainsi que de nombreuses lignes de transport scolaire pour les lycéens et collégiens résidant dans le sénonais.

En juillet 2014, à la suite de multiples caillassages de bus Intercom sur l'avenue de la Marne, le quartier des Champs Plaisants fut privé de bus pendant une semaine entière.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

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Le territoire de la ville est divisé en neuf secteurs, chacun disposant d'un conseil ayant pour mission d'améliorer les conditions de vie des habitants en les incitant à participer à leur embellissement.

  • Secteur 1 : L'Île ;
  • Secteur 2 : Centre-Ville ;
  • Secteur 3 : Clos-le-Roi ;
  • Secteur 4 : Moulin-à-Tan ;
  • Secteur 5 : Boutours ;
  • Secteur 6 : Maillot ;
  • Secteur 7 : Champs Plaisants ;
  • Secteur 8 : Chaillots ;
  • Secteur 9 : Sainte-Béate.

Logement[modifier | modifier le code]

Projets d'aménagements[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

La ville tient son nom du peuple gaulois des Sénons.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Époque gauloise[modifier | modifier le code]

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Mosaïques gallo-romaines découvertes à Sens et conservées dans le musée de la ville.

La cité, nommée Agendicum[10] à l'époque romaine, a conservé son plan à deux rues principales perpendiculaires decumanus et cardo et une partie de son enceinte romaine. Agedincum est probablement sous l'Empire romain, la capitale de la Senonia, province de la IVe Lyonnaise.

Le nom actuel de la ville vient de la tribu gauloise des Sénons, dont Brennus fut le chef au IVe siècle av. J.-C. On y trouve des vestiges de drains faits par les Romains afin d'élever l'eau d'une source, à la manière d'un puits artésien. Ces travaux étaient destinés à alimenter un aqueduc.

En 53 av. J.-C., lors de l'invasion de la Gaule, César fait hiverner six légions, au lieu-dit « le camp de César » au sud de la ville[11]. Le sanctuaire gallo-romain de la Motte du Ciar situé non loin, près du confluent de la Vanne et de l'Yonne, a livré de nombreux vestiges archéologiques (monnaies, médaillons, fragment de marbres, etc.)[12].

Sous le Haut-Empire, des bâtiments et diverses infrastructures sont construits pour y améliorer le confort. Au IIe siècle, un aqueduc de seize kilomètres va chercher de l'eau de source dans la vallée de la Vanne. Des vestiges archéologiques attestent de la présence d'un amphithéâtre, d'un forum et de thermes. Les thermes, et surtout la façade, devaient présentés des sculptures variées[10].

À cette période, l'aristocratie locale possédait des maisons décorées avec des mosaïques et chauffées grâce à l'hypocauste[10].

La ville gagne peu à peu la plaine orientale. Sa superficie est environ cinq fois supérieure aux vingt-cinq hectares dans lesquels elle va se recroqueviller à la fin du IIe siècle du fait des graves troubles de la guerre civile. Des familles de la cité poursuivent un cursus honorum remarquable qui les porte jusqu'à la dignité de consul à Rome. Une garnison semble prendre place dans un camp permanent à Mâlay (le Grand).

Au Bas-Empire, la ville est protégée par une muraille, dont les matériaux sont prélevés sur les édifices construits au Haut-Empire. Les fortifications parcouraient une distance de trois kilomètres, en prenant en parti appui sur l'Yonne et étaient parmi les plus imposant la Gaule romaine. La muraille repose sur de grands blocs de pierre issus de bâtiments publics ou de monuments funéraires. Afin de rendre la ville plus facilement défendable, la superficie de cette dernière se réduit (environ 25 hectares[13])[10].

Du fait de la réforme administrative de Dioclétien, la cité de Sens devient le siège de la province de la quatrième Lyonnaise[14]. De ce chef, la future province ecclésiastique poursuivra ce cadre hérité de l'Empire. Comme de très nombreuses cités romaines de Gaule (ex. Lutèce), la ville prend le nom du peuple dont elle est le centre administratif et commercial. La cité sera désormais appelée Sens.

L'archidiocèse de Sens[modifier | modifier le code]

Façade de la cathédrale Saint-Étienne de Sens, monument principal de la ville.

Les origines du christianisme à Sens ont été l'objet de débats féroces au début du XXe siècle. Il est vrai que dans sa rédaction connue (très tardive), la vie de saint Savinien vient s'interpoler avec celle de sainte Colombe. Elle prétend que cet évêque a été désigné directement par les apôtres. Mais on peut aussi remarquer que le terme « apostole » signifie en vieux français « pape », ce qui peut en reporter la désignation à un quelconque pape romain.

Il faut par contre créditer l'Église locale de sainte Colombe. Cette Aragonaise a été baptisée dans la vallée du Rhône à Vienne et a subi le martyre à Sens. Son culte est célébrée dans des recueils wisigothiques de Haute Antiquité, ce qui rend impossible un culte imaginaire.

Un évêque Savinianus est cité dans des actes d'un concile du début du IVe siècle. On est désormais fondé à assurer l'existence d'une organisation ecclésiastique. Mais nous sommes alors à la fin du règne de Constantin. Il ne doit pas être confondu avec un saint Sabinianus présent à Troyes.

Le diocèse de Sens a été fondé vers 240 par saint Savinien. Ses archevêques ont eu une place importante dans l’Église de France : au IXe siècle, le Pape Jean VIII a donné à l’archevêque de Sens le titre de « Primat des Gaules et de Germanie » et jusqu’au XVIIe siècle, l’évêque de Paris dépendait de l’archevêque de Sens. À ce titre, elle avait sous sa dépendance Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes. La circonscription ecclésiastique fut calquée sur la circonscription civile et le siège épiscopal de Nevers lors de sa création à la fin du Ve siècle fut également rattaché à Sens. Ces sept évêchés constituaient une province ecclésiastique d’une exceptionnelle importance que traduisait la devise CAMPONT — acrostiche des initiales des sept sièges — inscrite sous les armes du chapitre de la cathédrale de Sens. En 769, l’archevêque de Sens, Villicaire, était à la tête de la mission épiscopale franque qui assistait à Rome au Concile chargé de juger le pontife intrus Constantin II, avec le titre d’archevêque des Gaules.

Au VIIIe siècle, le pape est contraint par les événements à prendre une mesure organisationnelle. Il ne peut pas communiquer avec l'épiscopat de Gaule. La Méditerranée est complètement rendue inaccessible par la flotte musulmane d'Afrique du Nord. Les musulmans d'Espagne sont eux-mêmes présents à Narbonne. La dévastation s'étend à l'intérieur de la Provence. La circulation ne peut se faire qu'à travers les Alpes, et uniquement aux beaux jours. Les Lombards se montrent peu compréhensifs. Contraint, le pape fait de l'archevêque de Sens son légat permanent pour l'au-delà des Alpes, à l'exception de la Bretagne (c'est-à-dire la Grande-Bretagne). Les souverains mérovingiens se satisfont de cette mesure. Dagobert, de mauvaise santé, limite ses déplacements aux alentours de Paris. Au changement de dynastie, rien ne change. L'autorité de l'archevêque se dilate à l'espace contrôlé par les Carolingiens.

Au début du XIIe siècle, la base navale musulmane de La Garde-Freinet est libérée par le comte de Provence. La circulation commerciale devient intense à travers les Alpes (foires de Champagne). La fonction de légat permanent cesse d'avoir une grande utilité. L'évêque de Lyon (qui tente de ravir le titre archiépiscopal à son métropolitain de Vienne), obtient du pape la « reconnaissance » d'une autorité de primat en France. La réaction du roi Louis VI sera énergique et d'une rare violence. Le Roi refuse que son clergé passe sous contrôle d'un évêque opérant depuis une terre étrangère (le comté de Lyon est en Empire). Il y voit une rupture de l'alliance multi-séculaire des rois de France d'avec la papauté. Le pape recule.

Une nouvelle remise en cause date du règne de François Ier. Le roi Louis XI avait déjà favorisé à l'extrême les foires de Lyon, permettant un développement aussi tardif que spectaculaire de la ville. L'archevêque de Lyon (le conflit avec Vienne n'est pas encore terminé) appuyé par la riche bourgeoisie de sa ville, convainc sans peine François, désespérément à la recherche d'argent, de sa cause. Âgé, l'archevêque de Sens ne réagit pas. Le Parlement de Paris assure une brillante défense. Le Roi le fait plier. En compensation, le Parlement octroie le titre de primat des Gaules et de Germanie à l'archevêque de Sens ; l'archevêque de Lyon ne sera que primat de la Gaule.

Les remparts de la poterne.
Le trésor de la cathédrale.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Maison d'Abraham, un joyau du centre-ville de Sens.
Le Palais synodal de Sens.
Peinture représentant le mariage entre Saint Louis et Marguerite de Provence à la cathédrale de Sens par l'atelier de Jean Pucelle.

Âges mérovingiens et carolingiens[modifier | modifier le code]

À la fin du IVe siècle, Sens est la capitale de la Quatrième Lyonnaise. Cette circonscription civile sert de cadre à l'Église pour la fondation de l'archevêché de Sens. Sa devise est Campont, d'après les initiales des évêchés de : Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes. L'hôtel de Sens est leur résidence officielle à Paris. Le trône archiépiscopal de l'archevêque dominait dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le trône épiscopal de l'évêque de Paris. En 1622, la province ecclésiastique de Sens fut divisée en deux, Chartres, Meaux, et Orléans devenaient suffragants du nouvel archevêché : Paris.

En 732, les Maures débarqués en Camargue remontent toute la vallée du Rhône et pillent la ville de Sens. Cette opération est vue comme une tentative de diversion, afin de diviser les forces franques à affronter, l'année de la bataille de Poitiers[15].

Les premiers Capétiens[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, la ville conserve un rôle important au point de vue ecclésiastique. Plusieurs archevêques procèdent à des couronnements royaux avant que ce ne fut réservé à l'archevêque de Reims. Ses archevêques porteront par la suite le titre de « primats des Gaules et Germanie ».

En 1015, le comté du Sénonais est rattaché une première fois à la Couronne et définitivement à la mort du dernier comte Renard le Mauvais en 1055. Il est momentanément détenu par le comte de Blois de 1030 à 1032. Le Roi gère sa nouvelle possession par le biais d'un vicomte (basé à Vallery) et d'un prévôt. Le Roi dispose d'un palais (l'actuel tribunal de grande instance), d'écuries, d'une tour ronde et d'un donjon carré, des jardins, d'un clos. Mais il n'y vient qu'une fois toutes les trois années, puis très rarement une fois que Philippe-Auguste se fut lancé à la conquête de l'Ouest.

Le rattachement du Bas-Gâtinais en 1080 permet de rompre l'isolement du domaine royal sénonais, à présent capable de communiquer avec Orléans et Melun.

En 1120, Louis VI autorise Étienne, prévôt de l'église de Sens, à fortifier le cloître (portes, murailles, fossé)[16].

En 1135, la ville choisit de reconstruire sa cathédrale dans un style innovant. C'est la première cathédrale gothique de France. Son style est caractéristique de cette période de transition. À la même époque, la ville bénéficie brièvement d’institutions communales, qui lui sont retirées par Louis VI[17].

En 1147, la ville se révolte contre la tutelle seigneuriale[18].

En 1163, sous Louis VII, pendant près de trois années, le Pape Alexandre III exilé par Frédéric Barberousse se fixe avec la Curie à Sens[19]. La cité reçoit les archevêques de Cantorbéry Thomas Becket[19] et Edmond (saint Edme). Alexandre III place sous sa protection la léproserie de Sens qui connaît un développement important à la suite de nombreuses donations[20].

En 1189-1190[21] le Roi Philippe-Auguste (neveu de Guillaume de Champagne) permet à Sens de disposer de toute l'indépendance alors possible en lui permettant d'avoir un maire (qui exerce avec les pairs la justice sur les hommes du roi) et des jurés et lui accorde une charte qui place la ville sous son autorité exclusive.

En 1194, un bailli royal est localisé à Sens. Il est le premier du domaine royal à être ainsi localisé alors que l'institution est connue depuis 1184. Le bailliage de Sens comprend à l'époque médiévale Melun, Nemours, Courtenay, Auxerre, le Donziois, la Puisaye, le Tonnerrois, la région de Langres jusqu'à la Saône, d'importants éléments du Barrois Mouvant, le Nord-Ouest troyen, des éléments épars près de Châlons-en-Champagne. La création postérieure de bailliages royaux à Mâcon, Saint-Pierre-le-Moûtier, puis l'incorporation de la Champagne dans le domaine royal, limitent l'action d'un des plus importants fonctionnaires territoriaux de la Couronne. Sens fournit le plus ancien lieutenant général de bailliage royal français, et travaille le premier à la mise en forme des plus anciennes coutumes de bailliage. Le tribunal fournit non seulement le travail à des magistrats, mais aussi à des centaines de sergents dispersés dans ce vaste ressort judiciaire. Il a fortement contribué à limiter les ambitions judiciaires des tribunaux féodaux de Champagne, de Bourgogne, de Nivernais, de l'Auxerrois, du Gâtinais et de la Brie française[22].

La ville est dotée de seize paroisses : Sainte-Croix (en la cathédrale), Sainte-Colombe-du-Carrouge, Saint-Pierre-le-Rond, Saint-Maximin, Saint-Maurice, Saint-Benoît, Saint-Romain, Saint-Hilaire, Saint-Didier, Saint-Pierre-le-Donjon, Saint-Hilaire et hors les murs La Madeleine, Saint-Didier, Saint-Savinien, Saint-Pregts et Saint-Symphorien.

Le , l'archevêque Gauthier le Cornu organise et célèbre le mariage royale entre Saint Louis et Marguerite de Provence à la cathédrale de Sens où de nombreuses personnalités sont conviées[19]. Le , Marguerite de Provence est couronnée reine de France[19].

La guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Le bailli de Sens met la ville en défense face aux bandes anglo-navarraises. Il procède à la destruction de tous les immeubles approchant des fortifications (dont le Petit Hôtel-Dieu de Garnier Despres où on trouve un trésor destiné à le reconstruire en cas de destruction !). La ville perd son industrie drapière incarnée par la famille Chacerat, considérée comme étant celle des plus riches marchands existant entre Paris (la plus grande ville d'Europe) et Avignon (siège de la papauté). La ville fournit au régent Charles (V) le calme lui permettant de repartir à l'offensive contre Étienne Marcel.

Jusqu'à la perte du pouvoir par la reine Isabeau de Bavière, les patriciens de Sens jouissent d'une position tout à fait considérable au sein de l'appareil central de l'État. Ils ont largement contribué à le développer à partir des règnes des fils de Philippe le Bel. Les familles de Dicy, Dallement, Col, Chanteprime, de Quatremares, de Bragelongne peuplent le Trésor, les Aides, le Parlement, le Notariat royal, les Requêtes dans des proportions incroyables.

Durant la seconde phase de la guerre de Cent Ans, la ville est administrée par le bailli Guillaume de Chaumont jusqu'en 1420. Il est obligé de quitter la place face à la caravane militaire composée du roi d'Angleterre, du duc de Bourgogne et de la reine Isabeau de Bavière, revenant de Troyes et gagnant Paris. Lui-même va gagner Orléans où il accueille Jeanne d'Arc qui a traversé Sens en 1429.

La cité n'ouvre ses portes à Charles VII qu'en suivant l'exemple de la ville de Troyes. Mais Provins, Montargis et Auxerre maintiennent son ralliement isolé. Les campagnes sont libérées mais ruinées par Arnault-Guilhem de Barbazan, « chevalier sans peur et sans reproche » inhumé à Saint-Denis. Le combat larvé après le traité d'Arras implique certes la prévôté de Villeneuve-le-Roi, mais aussi le bailliage de Sens en base arrière du harcèlement juridique royal jusqu'en 1477. Les baillis sont d'éminents personnages de l'État, parfois même favoris du Roi (Charles de Melun). Plusieurs des griefs du duc de Bourgogne articulés durant l'entrevue de Péronne concernent les entreprises du bailli de Sens.

En juin 1474, la ville se voit accorder par le roi Louis XI l'autorisation d'avoir un maire et un conseil municipal[23]. Louis XI entame le rééquilibrage du ressort judiciaire en retirant au bailliage de Sens l'Auxerrois, le Donziois et la Puisaye. La résistance persiste jusque sous François Ier.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Le bailliage de Sens obtient de disposer d'un siège présidial. Son ressort comprend, outre le Sénonais, le Gâtinais oriental, le Tonnerrois, le pays de Langres et des enclaves en Champagne. Il fait vivre environ 150 avocats et procureurs dans la seule cité. Durant les guerres civiles, le pays de Langres s'émancipe judiciairement.

Sous François Ier, la Couronne concède enfin à l'archevêque de Lyon (qui venait lui-même de s'affranchir l'archevêque de Vienne) le titre de primat de France. Le Parlement de Paris résiste un temps. Il plie finalement à cette innovation royale intéressée par les capacités financières des Lyonnais. En compensation, le Parlement donne à l'archevêque de Sens le titre de « Primat des Gaules et de Germanie » pour rappeler à tous la prééminence de l'archevêque de Sens datant de la fin du VIIIe siècle, quand il était systématiquement désigné légat permanent du pape pour les royaumes francs. Le titre est conservé de nos jours.

Durant les guerres de Religion, Sens est particulièrement agitée. Charles IX y commence son tour de France royal (1564-1566) en mars, accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine[24]. Les habitants repoussent les assauts du prince de Condé et d'Henri de Navarre qui manque d'être tué par les sabotiers durant un assaut.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le palais archiépiscopal, aujourd'hui musée.

Sous le règne de Louis XIII, le diocèse de Paris est érigé en archidiocèse par démembrement de celui de Sens. L'officialité métropolitaine perd la connaissance des appels en provenance de la province formée depuis près d'un millénaire par Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes. Le grand séminaire de Sens est ouvert en 1651. Le grand-père paternel de Cyrano de Bergerac est originaire de Sens.

La cité épiscopale rassemble environ neuf mille habitants. Elle est commodément reliée à Paris par le coche d'eau et se situe sur la route de poste de Paris à Dijon. À la tannerie, elle joint avant 1789 de grandes manufactures textiles et une faïencerie. Mais l'économie locale ne fait que desservir les campagnes environnantes. Par contre le clergé local brille de tous ses feux. Le chanoine Fenel crée une bibliothèque ouverte au public. Les Tarbé éditent un journal (les Affiches Sénonaises) qui sont un prototype pour la province. Marivaux épouse la fille d'un notaire de Sens. Les archevêques finissent par opter pour l'attitude gouvernementale anti-janséniste, qui va indisposer gravement la bourgeoisie. Le petit séminaire est ouvert en 1747.

Mort de la tuberculose peu avant Noël 1765, le dauphin Louis-Ferdinand est inhumé dans la cathédrale. La dauphine Marie-Josèphe, qui avait contracté le mal de son époux en le soignant, l'y rejoint quelques mois plus tard. Leur tombeau est profané en 1794 mais leurs dépouilles, jetées à la fosse commune, sont replacées dans leur tombeau en 1814 sur ordre de leur fils Louis XVIII.

En 1789, la cité ne parvient pas à faire aboutir ses projets de département comprenant Provins et Montargis. Elle devient une sous-préfecture. Elle obtient un lycée grâce à l'entregent de Fauvelet de Bourienne, ancien secrétaire particulier de Napoléon Bonaparte. Sous la Restauration, le siège archiépiscopal est rétabli, de manière à honorer le confesseur de la Dauphine. La tannerie locale a profité d'un quart de siècle de guerres pour se hisser au second rang national. Mais dans l'ensemble, la ville ne grandit pas.

À la suite du succès du premier festival chantant d'orphéons, organisé par Charles Delaporte à Troyes en 1849[25], le second a eu lieu à Sens la même année. Ce sont les débuts d'une série de rassemblements qui réuniront par la suite des milliers de choristes dans quantités de villes.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1914, la ville accueille l'état-major français au lancement de la bataille de la Marne.

En 1940, les Allemands pénètrent en France le 15 mai et leur aviation bombarde la gare de Sens le 7 juin. Le département est envahi les 14 et 15 juin 1940 par des troupes allemandes en provenance de Troyes et subit de nombreux bombardements. L'exode des populations sur les routes de France commence. Les premières motos allemandes arrivent à Sens le 15 juin en fin de matinée et des troupes avec blindés se rangent à 14 heures sur la promenade. Les abords de la gare et de l'église Saint-Maurice (dont les vitraux sont détruits) ont été bombardés dans la nuit, puis des immeubles de la grande rue et d'autres, l’usine à gaz, tandis que la cathédrale et le palais synodal sont endommagés. Des combats ont lieu jusqu'au 16 juin. Le 17 juin, plus de trois mille prisonniers français venant de Montargis sont parqués sur la place Saint-Étienne et dans la halle. D'autres arrivent dans les jours suivants[26]. L'archevêque Mgr Lamy tente de mettre sur pied un comité d'aide d'urgence, alors que toutes les autorités se sont enfuies[27],[28]. La Kommandantur installée place Drapès met en place un couvre-feu à partir du 20 juin et une liste d'otages volontaires (dont le maire et l'archevêque) en cas de non-respect des consignes. Après l'armistice, Sens se trouve en territoire occupé. Le , le préfet de l'Yonne ordonne l'arrestation des 14 juifs étrangers (originaires de l'ancien Empire russe et de Pologne) qui demeurent à Sens (42 sont arrêtés dans tout le département[29]).

En 1944, Sens, abandonnée par la plupart de ses occupants allemands[30], est traversée le lundi 21 août en début d'après-midi par des troupes de la IIIe armée du général Patton qui la quittent le lendemain à l'aube en direction de l'est.

Dans les années 60, la ville est à la tête du réseau banlieue de la gare de (Paris) Lyon. Un nombre considérable d'habitants prend chaque jour le train pour travailler à Paris et rentrer le soir.

Après avoir fermé le grand séminaire de Sens, l'archevêque Stourm déménage à Auxerre, ville où siège le préfet.

La ville se positionne habilement sur le réseau routier (autoroutes A6, A5, et barreau de liaison), et récemment sur la voie fluviale en amont de Paris (port de Gron). Elle joue ainsi sur des atouts bimillénaires.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Le corps électoral de Sens penche traditionnellement à droite.

Jacques Chirac y obtient 25,10 % au premier tour de l'élection présidentielle de 2002[31], soit plus qu'au niveau national (19,88 %). Nicolas Sarkozy y obtient 57,01 % au second tour de la présidentielle de 2007[32] (contre 53,06 % sur l'ensemble du pays) et 50,44 % au second tour de la présidentielle de 2012[33] (contre 48,36 % sur l'ensemble du pays). Les élections régionales et législatives voient également la victoire des candidatures de droite sur celles de gauche.

Les seules élections gagnées ces dernières années par la gauche à Sens reste les municipales de 2008, où la liste divers gauche y remporte 51,77 % des suffrages[34], et les législatives de 2007[35]. Daniel Paris, le maire élu en 2008 sur une liste PRG-Front de gauche, présentera sa démission en 2013 après avoir été mis plusieurs fois en minorité au sein du conseil municipal par plusieurs partis, de droite comme de gauche[36].

Le Front national y est relativement fort. Le score de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002 (20,77 %)[31] y est supérieur à celui observé à l'échelle nationale (17,79 %), tout comme en 2007 (11,25 % à Sens, contre 10,44 % au niveau national)[32]. Sa fille, Marine Le Pen, y enregistre également, en 2012, un score supérieur à celui observé dans le pays (18,72 % à Sens[33], contre 17,90 % à l'échelle nationale). Le parti obtient la première place du 1er tour des élections régionales de 2015 ainsi que la seconde place au premier tour des départementales de 2015[37] et au premier tour des municipales de 2014[38]. Le parti d'extrême droite enregistre, en revanche, des scores bien plus modestes lors des dernières législatives (13,16 % au premier tour des élections législatives de 2012[39] et 5,35 % au premier tour des élections législatives de 2007[40]).

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
  1848 Victor Guichard    
1858 1868 Jean-François Deligand DVD Avocat, conseiller général (1861-1877)
  1884 Ernest Landry   Avoué, conseiller général (1889-1901)
1893 1922 Lucien Cornet Radical Député (1896-1909), puis sénateur de l'Yonne (1909-1922)
1922 1935 Gaston Gaudaire Radical Sénateur de l'Yonne (1922-1936), conseiller général (1925-1937)
1935 1935 André Dupêchez DVD Médecin
1936 1944 Lazare Bertrand DVD Architecte
1944 1947 Maxime Courtis SFIO Président du conseil général de l'Yonne (1945-1949)
1947 1971 Gaston Perrot RPF, puis UNR, puis UDR Député de l'Yonne (1958-1973) et propriétaire des moulins de St Louis
1971 1977 Étienne Braun[41] DVD Commerçant
1977 1979 Pierre Lavergne    
1979 mars 1983 André Chaussat UDF-PR  
mars 1983 mars 1992 Étienne Braun UDF-PR Conseiller général (1979-1992)
mars 1992 juin 1995 Philippe Serré UDF-PR Avocat, conseiller général (1988-2015)
juin 1995 mars 2001 Jean Cordillot PCF Conseiller général du canton de Sens-Sud-Est

(1973-1998)

mars 2001 mars 2008 Marie-Louise Fort UMP Députée de l'Yonne
mars 2008 [42] Daniel Paris PRG Médecin angiologue
Conseiller régional de Bourgogne (2006-2010)
30 août 2013 mars 2014 Michel Fourré DVG  
mars 2014 en cours Marie-Louise Fort UMP devenue LR Députée de l'Yonne

Situation administrative[modifier | modifier le code]

Sens est chef-lieu d’arrondissement et une sous-préfecture. L'arrondissement de Sens est le centre de plusieurs cantons dont principalement :

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Une étude d'UFC-Que Choisir (mars 2012) se basant sur des données du Ministère de la Santé a montré que l'eau potable était trop chargée en pesticides. Ce dépassement, fréquemment constaté pour les petites communes rurales (environ 500 habitants), est plus notable pour une commune de plus de 20 000 habitants ; dans cette catégorie, seules trois autres communes sont en effet concernées. L'étude y voit la conséquence de contrôles trop peu fréquents[43].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[44],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 25 507 habitants, en diminution de -1,46 % par rapport à 2009 (Yonne : -0,46 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
10 957 9 165 8 675 8 718 9 279 9 095 10 099 10 525 10 645
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
10 845 11 098 11 901 11 514 12 309 13 515 14 035 14 006 14 924
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
14 962 15 007 15 034 15 311 16 172 17 465 17 783 17 329 18 612
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
20 015 23 035 26 463 26 602 27 082 26 904 26 961 25 146 25 507
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[45] puis Insee à partir de 2006[46].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Le lycée de Sens est le successeur d'un collège religieux fondé au début du XVIe siècle. Il était tombé à l'abandon avec la révolution lorsqu'un homme politique originaire de la ville, Bourrienne, l’a relevé au rang de lycée impérial. Stéphane Mallarmé et Robert Brasillach y ont étudié ; les philosophes Jules Lachelier, Jules Lagneau et Émile Durkheim, le chimiste Raoult, entre autres, y ont enseigné à la fin du XIXe siècle.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Fêtes de l'Âne
  • Foire de Sens
  • Le Festival Musicasens
  • Les Synodales, festival et concours de danse autour de mi-octobre[47]
  • Clap 89, festival international du court métrage créé en 1987 qui se déroule au Cinéma Confluences
  • Saint Fiacre : fête des plantes et des jardiniers, le 2e dimanche de septembre

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

La ville dispose de nombreux équipements sportifs :

  • Terrains de tennis ;
  • Terrains de football ;
  • Pistes d'athlétisme ;
  • Gymnases ;
  • Piscines ;
  • Dojo.

La ville comporte 65 associations sportives[48] :

  • Football ;
  • Basket-ball ;
  • Handball ;
  • Volley-ball ;
  • Baseball ;
  • Tennis ;
  • Cyclisme ;
  • Plongée sous-marine ;
  • Ski nautique ;
  • Canoë-kayak ;
  • Aéromodélisme ;
  • Aviron ;
  • Voile ;
  • Arts martiaux.

Le Sens Olympique Club Volley-ball évolue lors de la saison 2013-2014 en dans le championnat élite (D2). Nicolas Vuillermot est un pilote de VTT français qui est originaire de Sens. Il fait partie des meilleurs trialistes mondiaux et il contribue à l'organisation de compétitions de VTT Trial à Sens. Le Football Club de Sens évolue pour la saison 2013-2014 en Division d'honneur Bourgogne.

Médias[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Sens dispose de trois églises, d'une cathédrale ainsi que de deux mosquées.

Économie[modifier | modifier le code]

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

  • Le centre-ville, dont les principales artères sont la « Grande-Rue » et la « rue de la République » et leurs rues annexes ;
  • Le centre commercial nord (galerie commerciale E.Leclerc) et la zone d'activité des Rives-Nord regroupant de nombreuses grandes surfaces spécialisées (Conforama, La Foir'Fouille, Intersport, JouéClub, etc.) ;
  • Le centre commercial ouest (galerie commerciale Carrefour Sens-Voulx) et la zone d'activité de la gare SNCF ;
  • Le centre commercial est (galerie commerciale Carrefour Sens-Maillot) ;
  • Le centre commercial Champbertrand (Intermarché et sa galerie marchande situés au bord de l'Yonne) ; depuis la fermeture du magasin Intermarché le , les quatre commerces qui y étaient accolés (une pharmacie, un coiffeur, un marchand de journaux et un kiosque à pizzas) sont en date du 3 septembre 2016 toujours en activité. Mais la question de la pérennité du site se pose désormais ; ce d'autant qu'un programme immobilier ambitieux (53 logements « haut de gamme » selon le promoteur) doit se réaliser début 2017 sur le site des anciens silos du bord de l'Yonne, dont le terrain est directement mitoyen de celui de l'ancien supermarché ;
  • Le centre commercial des Champs-Plaisants (reliant les quartiers des Champs Plaisants et des Champs d'Aloup) ;
  • Le centre commercial sud (galerie commerciale Auchan) et zone commerciale de Champbertrand, à proximité de Maillot.

Le pôle culturel « Portes de Bourgogne »[modifier | modifier le code]

« Portes de Bourgogne » est un projet situé au sud de la ville de Sens, sur la D606 en entrée de ville, constitué d’une offre large dans les domaines de la culture, des loisirs et du commerce.

Le projet contribuerait au rééquilibrage de l’appareil commercial périphérique, essentiellement développé au nord, à l’est et à l’ouest de la ville.

Ce projet prévoit l'implantation :

  • d'un hypermarché Auchan d’une surface de vente de 9 000 m2 comprenant une galerie marchande de 2 000 m2 (déjà implanté) ;
  • d'un multiplex cinématographique « Confluences » de 7 salles (opérationnel) ;
  • d’une salle de spectacle intercommunale modulable et fonctionnelle de 1 350 places (en cours d'implantation) ;
  • de moyennes surfaces pour environ 13 000 m2 (Décathlon, Kiabi, etc.) (déjà implantées) ;
  • d'hôtels et de restaurants haut de gamme (en cours d'implantation).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maisons historiques de Sens.
Article détaillé : Hôtels particuliers de Sens.
La cathédrale de Sens.
  • La cathédrale Saint-Étienne : première cathédrale gothique de France.
  • L'ancien palais des archevêques : le palais synodal et archiépiscopal.
  • Les musées : l'un des plus riches musées d'art religieux médiéval de France.
  • Le marché couvert : inauguré en 1882, il est situé sur la place de la République, à l'opposé de la cathédrale.
  • La maison d'Abraham : maison à colombage du XVIe siècle construite pour le tanneur Nicolas Mégissier, appelée aussi maison des Quatre Vents. Arbre de Jessé sculpté sur le poteau cornier, représentant la Vierge et huit rois d'Israël. En 1970, un camion renversa le poteau et la maison faillit s'écrouler. La dénomination maison d'Abraham semble provenir d'une erreur populaire faisant remonter l'arbre de Jessé jusqu'à Abraham. Les instruments de travail des tanneurs sont sculptés sur les colombages.
  • Le palais de justice : construit sur le site de l'ancien palais royal cité au XIe siècle, il conserve une partie ronde correspondant à une tour gallo-romaine de trois niveaux (le rez-de-chaussée est incorporé dans une propriété privée voisine). Ce palais aurait accueilli Saint Louis après son mariage avec Marguerite de Provence, célébré à la cathédrale de Sens. Son corps central a été reconstruit au milieu du XVIe siècle sous l'égide de Jehan Richer l'Aîné, président et lieutenant général du bailliage. Les murs de la chapelle royale (desservie par le curé la paroisse voisine de Saint-Maximin) subsiste, empiétant sur la chaussée. Les écuries étaient situées de l'autre côté de la rue, en face de la cour. Les salles de la reine, situées dans le prolongement nord des salles du Roi, ont été loties vers 1500. Le jardin royal et les prisons ont fait place récemment à des constructions au sud. Le palais a ensuite accueilli le bailliage, puis le siège présidial, et diverses juridictions d'Ancien Régime (Eaux-et-Forêts, Point d'Honneur). Aujourd'hui, le TGI y siège.
  • Abbaye de Saint-Jean-lès-Sens
  • Église Saint-Savinien-le-jeune de Sens
  • Parc du Moulin à Tan et ses serres tropicales.
  • Parc Jean Cousin
  • La grande rue : rue piétonne commerçante.
  • Les bords de l'Yonne et l'église Saint-Maurice.
  • Dans l'allée centrale du cimetière repose Saint-Denis, le dernier mamelouk de Napoléon 1er, qui après avoir servi l'empereur à Sainte-Hélène jusqu'à sa mort se retira à Sens où il mourut.

Sens et la littérature[modifier | modifier le code]

Dans son Éducation sentimentale, Gustave Flaubert parle du collège de Sens (devenu depuis collège Stéphane Mallarmé) : « En 1833, d'après l'invitation de M. le président, le Capitaine vendit son étude. Sa femme mourut d'un cancer. Il alla vivre à Dijon ; ensuite il s'établit marchand d'hommes à Troyes ; et, ayant obtenu pour Charles une demi−bourse, le mit au collège de Sens, où Frédéric le reconnut. Mais l'un avait douze ans, l'autre quinze d'ailleurs, mille différences de caractère et d'origine les séparaient. […] Ils causaient de tout cela, pendant les récréations, dans la cour, en face de l'inscription morale peinte sous l'horloge ; ils en chuchotaient dans la chapelle, à la barbe de saint Louis ; ils en rêvaient dans le dortoir, d'où l'on domine un cimetière. »

Victor Hugo évoque son passage dans la cathédrale de Sens où il aurait vu se célébrer deux cérémonies en même temps : un baptême et un enterrement.

Dans le roman de Ken Follett les Piliers de la terre, un des personnages principaux, Philip, prieur de Kingsbridge, se rend à l'Abbaye Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens pour y rencontrer Thomas Becket.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Sens

Les armes de Sens se blasonnent ainsi : D'azur à la tour d'argent accompagnée de six fleurs de lys d'or, trois en chef, une à chaque flanc et une en pointe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Insee - Série historique des résultats du recensement dans l'unité urbaine de Sens, consulté le 8 août 2015
  2. Insee - Série historique des résultats du recensement de la population dans l'aire urbaine de Sens, consulté le 8 août 2015
  3. Villes et Villages Fleuris
  4. http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/pages2012/pdf/dep89.pdf
  5. Eugène Belgrand, Aqueduc romain de Sens, dans Les travaux souterrains de Paris, 1re partie, Les eaux - Introduction - Les aqueducs romains, Dunod éditeur, Paris, 1875 p. 179-221 (lire en ligne)
  6. Histoire de Sens et du Sénonais
  7. agedincum-overblog.com
  8. Site de Intercom
  9. Réseau TransYonne
  10. a, b, c et d Bataille 1992, p. 26
  11. Bulletin N°XIV, 1848 de la Société Archéologique de Sens
  12. Histoire des villes de France, Volume 3
  13. Coulon 2006, p. 21
  14. Bataille 1992, p. 29
  15. Deviosse 1978, p. 162 et suivantes.
  16. Quantin 1854.
  17. Chédeville 2002, p. 20
  18. Bataille 1992, p. 36.
  19. a, b, c et d Bataille 1992, p. 33.
  20. Bataille 1992, p. 35.
  21. Source : H-F Delaborde (éd.), Recueil des actes de Philippe Auguste, t.I, Paris, 1916, no 280
  22. Meunier 1981.
  23. Lettres patentes de Louis XI, Senlis, juin 1474.
  24. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p. 252
  25. Oscar Comettant, La musique, les musiciens et les instruments de musique : chez les différents peuples du monde Michel Lévy frères, Paris 1869, pages 150.
  26. Ils sont détenus au camp Barbier
  27. Gérard Daguin, Histoire de Sens: les premiers jours de l'Occupation
  28. Le maire est de retour le 18 juin 1940
  29. Trente-sept d'entre eux sont déportés au camp de Drancy le 11 octobre 1942
  30. Une centaine sont faits prisonniers.
  31. a et b Résultats Présidentielle 2002 - Sens sur lemonde.fr
  32. a et b Résultats Présidentielle 2007 - Sens sur lemonde.fr
  33. a et b Résultats Présidentielle 2012 - Sens sur lemonde.fr
  34. Résultats Municipales 2008 - Sens sur lemonde.fr
  35. Législatives 2007 - Sens sur lemonde.fr
  36. Sens (89) : le maire Daniel Paris démissionne sur http://france3-regions.francetvinfo.fr
  37. Résultats Departementales 2015 - Sens sur lemonde.fr
  38. Résultats Municipales 2014 - Sens sur lemonde.fr
  39. Résultats Législatives 2012 - Sens sur lemonde.fr
  40. Résultats Législatives 2007 - Sens sur lemonde.fr
  41. Centre France, « Décès de l'ancien maire de Sens Étienne Braun [Mis à jour] », sur www.lyonne.fr (consulté le 17 avril 2016)
  42. La démission de Daniel Paris acceptée, L'Yonne républicaine, 19 août 2013
  43. Gilles Van Kote, « L'agriculture, à l'origine des deux tiers de la pollution de l'eau potable en France », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 1er avril 2012)
  44. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee
  45. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  46. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  47. http://entronsdansladanse.blogspot.fr/2012/10/22eme-edition-du-festival-les-synodales.html
  48. http://ville-sens.fr/index.php/Vie_sportive?idpage=42&idmetacontenu=

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Alain Bataille, Pascal Dibie, Jean-Pierre Fontaine, Jean-Charles Guillaume, Jean-Paul Moreau, Ferdinand Pavy, Line Skorka, Gérard Taverdet et Marcel Vigreux (préf. Henri de Raincourt), Yonne., Paris, Éditions Bonneton, (ISBN 2-86253-124-3). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Frédéric Bitton, Histoire de la ville de Sens, .
  • Gérard Coulon, Les Gallo-Romains : vivre, travailler, croire, se distraire - 54 av. J.-C.-486 ap. J.-C., Paris, Errance, coll. « Hespérides », (ISBN 2-87772-331-3).
  • Jean Deviosse, Charles Martel, Paris, Tallandier, (ISBN 2-84734-270-2). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Étienne Meunier, Le bailliage de Sens, 1194-1477, Faco, . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Charles Larcher de La Vernade, Histoire de la ville de Sens. 1846.
  • Charles Porée, Histoire des rues de Sens. Sens, 1920.
  • Mathieu Maximilien Quantin et Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Cartulaire général de l'Yonne : recueil de documents authentiques pour servir à l'histoire des pays qui forment ce département, vol. 1, Auxerre, Perriquet, (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Article[modifier | modifier le code]

  • André Chédeville (dir.), « Le mouvement communal en France aux XIe et XIIe siècles, ses éléments constitutifs et ses relations avec le pouvoir royal », Bonnes villes du Poitou et des pays charentais (XIIe-XVIIIe siècles) : Actes du colloque tenu à Saint-Jean-d’Angély les 24-25 septembre 1999, Poitiers, 5e série, t. VIII,‎ (ISBN 2-9519441-0-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]