Senatus Consultum de Bacchanalibus

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Senatus consultum de Bacchanalibus
Reproduction basée sur une empreinte de l'inscription, gravée en taille-douce sur du bronze.
Reproduction basée sur une empreinte de l'inscription, gravée en taille-douce sur du bronze.
Matériau bronze
Période République romaine
Culture Rome antique
Date de découverte 1640
Lieu de découverte Tiriolo
Conservation Kunsthistorisches Museum, Vienne

Le senatus consultum de Bacchanalibus (« décret sénatorial concernant les Bacchanales ») est une inscription[1] rédigée en latin archaïque, datant de -186. Inscrite sur une tablette en bronze, elle fut découverte en 1640 à Tiriolo, dans le sud de l'Italie. Faisant suite au scandale des Bacchanales, elle décrète l'interdiction de ces dernières à travers toute l'Italie.

Texte[modifier | modifier le code]

Reproduction du texte à partir de l'inscription[2] :

[Q] MARCIUS L F S POSTUMIUS L F COS SENATUM CONSOLUERUNT N OCTOB APUD AEDEM
DUELONAI SC ARF M CLAUDI M F L VALERI P F Q MINUCI C F DE BACANALIBUS QUEI FOEDERATEI
ESENT ITA EXDEICENDUM CENSUERE NEIQUIS EORUM BACANAL HABUISE VELET SEI QUES
ESENT QUEI SIBEI DEICERENT NECESUS ESE BACANAL HABERE EEIS UTEI AD PR URBANUM
ROMAM VENIRENT DEQUE EEIS REBUS UBEI EORUM VER[B]A AUDITA ESENT UTEI SENATUS
NOSTER DECERNERET DUM NE MINUS SENATOR[I]BUS C ADESENT [QUOM E]A RES COSOLORETUR
BACAS VIR NEQUIS ADIESE VELET CEIVIS ROMANUS NEVE NOMINUS LATINI NEVE SOCIUM
QUISQUAM NISEI PR URBANUM ADIESENT ISQUE [D]E SENATUOS SENTENTIAD DUM NE
MINUS SENATORIBUS C ADESENT QUOM EA RES COSOLERETUR IOUSISET CE[N]SUERE
SACERDOS NE QUIS VIR ESET MAGISTER NEQUE VIR NEQUE MULIER QUISQUAM ESET
NEVE PECUNIAM QUISQUAM EORUM COMOINE[MH]ABUISE VE[L]ET NEVE MAGISTRATUM
NEVE PRO MAGISTRATU[D] NEQUE VIRUM [NEQUE MUL]IEREM QUISQUAM FECISE VELET
NEVE POST HAC INTER SED CONIOURA [SE NEV]E COMVOVISE NEVE CONSPONDISE
NEVE CONPROMESISE VELET NEVE QUISQUAM FIDEM INTER SED DEDISE VELET
SACRA IN OQOLTOD NE QUISQUAM FECISE VELET NEVE IN POPLICOD NEVE IN
PREIVATOD NEVE EXTRAD URBEM SACRA QUISQUAM FECISE VELET NISEI
PR URBANUM ADIESET ISQUE DE SENATUOS SENTENTIAD DUM NE MINUS
SENATORIBUS C ADESENT QUOM EA RES COSOLERETUR IOUSISET CENSUERE
HOMINES PLOUS V OINVORSEI VIREI ATQUE MULIERES SACRA NE QUISQUAM
FECISE VELET NEVE INTER IBEI VIREI PLOUS DUOBUS MULIERIBUS PLOUS TRIBUS
ARFUISE VELENT NISEI DE PR URBANI SENATUOSQUE SENTENTIAD UTEI SUPRAD
SCRIPTUM EST HAICE UTEI IN CONVENTIONID EXDEICATIS NE MINUS TRINUM
NOUNDINUM SENATUOSQUE SENTENTIAM UTEI SCIENTES ESETIS EORUM
SENTENTIA ITA FUIT SEI QUES ESENT QUEI ARVORSUM EAD FECISENT QUAM SUPRAD
SCRIPTUM EST EEIS REM CAPUTALEM FACIENDAM CENSUERE ATQUE UTEI
HOCE IN TABOLAM AHENAM INCEIDERETIS ITA SENATUS AIQUOM CENSUIT
UTEIQUE EAM FIGIER IOUBEATIS UBI FACILUMED GNOSCIER POTISIT ATQUE
UTEI EA BACANALIA SEI QUA SUNT EXSTRAD QUAM SEI QUID IBEI SACRI EST
ITA UTEI SUPRAD SCRIPTUM EST IN DIEBUS X QUIBUS VOBEIS TABELAI DATAI
ERUNT FACIATIS UTEI DISMOTA SIENT IN AGRO TEURANO

Translittération en latin classique[modifier | modifier le code]

[Q.] Marcius L. f(ilius), S(purius) Postumius L. f(ilius) co(n)s(ules) senatum consoluerunt N(onis) Octob(ribus), apud aedem
Bellonai. Sc(ribendo) adf(uerunt) M. Claudi(us) M. f(ilius), L. Valeri(us) P. f(ilius), Q. Minuci(us) C. f. f(ilius). De Bacchanalibus qui foederati
essent, ita edicendum censuere: «Nequis eorum [B]acchanal habuisse vellet. siqui
essent, qui sibi dicerent necesse esse Bacchanal habere, ei uti ad pr(aetorem) urbanum
Romam venirent, deque eis rebus, ubei eorum v[e]r[b]a audita essent, uti senatus
noster decerneret, dum ne minus senator[i]bus C adessent, [cum e]a res consuleretur.
Bacchas vir nequis adiisse vellet civis Romanus neve nominis Latini neve sociorum
quisquam, nisi pr(aetorem) urbanum adiissent, isque [d]e senatus sententia, dum ne
minus senatoribus C adessent, cum ea res consuleretur, iussisset. Ce[n]suere.
Sacerdos nequis uir esset. Magister neque uir neque mulier quaequam esset.
neve pecuniam quisquam eorum commune[m h]abuisse vellet. Neve magistratum,
neve pro magistratu, neque virum [neque mul]ierem qui[s]quam fecisse vellet,
neve post hac inter se coniuras[se nev]e convovisse neve conspondisse
neve compromesisse vellet, neve quisquam fidem inter sed dedisse vellet.
Sacra in occulto ne quisquam fecisse vellet. Neve in publico neve in
privato neve extra urbem sacra quisquam fecisse vellet, nisi
pr(aetorem) urbanum adiisset, isque de senatus sententia, dum ne minus
senatoribus C adessent, cum ea res consuleretur, iussisset. Censuere.
Homines plus V universi viri atque mulieres sacra ne quisquam
fecisse vellet, neve interibi viri plus duobus, mulieribus plus tribus
adfuisse vellent, nisi de pr(aetoris) urbani senatusque sententia, uti supra
scriptum est.» Haec uti in contioni edicatis ne minus trinum
nundinum, senatusque sententiam uti scientes essetis, eorum
sententia ita fuit: «Siqui essent, qui adversum ea fecissent, quam supra
scriptum est, eis rem capitalem faciendam censuere». Atque uti
hoc in tabulam ahenam incideretis, ita senatus aequum censuit,
utique eam figi iubeatis, ubi facillime nosci possit; atque
uti ea Bacchanalia, siqua sunt, extra quam siquid ibi sacri est,
(ita ut supra scriptum est)[3] in diebus X, quibus vobis tabelae datae
erunt, faciatis uti dimota sint. In agro Teurano[2].

Traduction en français[modifier | modifier le code]

L'inscription a été traduite du latin à l'anglais[N 1] par Nina E. Weston comme suit (traduction libre en français)[4]:

"Les Consuls Quintus Marcius, fils de Lucius, et Spurius Postumius, fils de Lucius, consultèrent le sénat le , au temple de la Bellone. Marcus Claudius, fils de Marcus, Lucius Valerius, fils de Publius et Quintus Minucius, fils de Gaius, étaient le comité de rédaction du rapport.
Concernant les Bacchanales, il a été résolu de donner les instructions suivantes à ceux qui sont en alliance avec nous:
Personne d'entre eux ne doit posséder un lieu où les fêtes de Bacchus sont célébrées; s'il y en a qui prétendent qu'il est nécessaire pour eux d'avoir un tel endroit, ils doivent venir à Rome au préteur urbanus, et le sénat est de statuer sur ces questions, une fois leurs réclamations entendues, à condition que pas moins de 100 sénateurs soient présents lors de la discussion de l'affaire. Nul ne doit être bacchantien, ni citoyen romain, ni l'un du nom latin, ni aucun de nos alliés à moins qu'ils ne viennent au préteur urbanus, et il conformément à l'opinion du sénat exprimé lorsque pas moins de 100 sénateurs sont présents à la discussion, doit avoir donné la permission. Adoptée.
Personne ne doit être prêtre; personne, homme ou femme, ne doit être officier (pour gérer les affaires temporelles de l'organisation); personne d’entre eux n’a non plus la charge d’un trésor commun; nul ne nommera ni homme ni femme comme maître ou comme maître; désormais, ils ne formeront pas de complots entre eux, ne susciteront aucun désordre, ne feront des promesses ou des accords mutuels, ni n'échangeront des engagements; nul ne peut observer les rites sacrés, ni en public, ni en privé, ni en dehors de la ville, à moins qu'il ne vienne au préteur urbanus, et il, conformément à l'avis du sénat, exprimé lorsque pas moins de 100 sénateurs sont présents à la discussion, doit avoir donné son congé. Adoptée.
Personne dans une compagnie de plus de cinq personnes au total, hommes et femmes, ne doit observer les rites sacrés, ni dans cette compagnie il ne doit y avoir plus de deux hommes ou trois femmes, sauf en accord avec l'avis du préteur urbanus et du sénat comme indiqué ci-dessus.
Veillez à le déclarer à l'assemblée (contio) pendant au moins trois jours de marché; pour que vous connaissiez l'opinion du sénat, c'était leur jugement: s'il y en a qui ont agi contrairement à ce qui a été écrit ci-dessus, ils ont décidé qu'une procédure pour un crime capital devait être intentée contre eux; le sénat a, à juste titre, décrété que vous devriez inscrire ceci sur une tablette d'airain, et que vous devriez l'ordonner de le placer là où il peut être le plus facilement lu; veillez à ce que les réjouissances de Bacchus, s'il y en a, sauf dans le cas où quelque chose de sacré serait concerné, comme il a été écrit ci-dessus, soient dissoutes dans les dix jours après que cette lettre vous soit remise.
En le champ teuranien. "

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. " :"The Consuls Quintus Marcius, the son of Lucius, and Spurius Postumius, the son of Lucius, consulted the senate on the Nones of October (7th), at the temple of the Bellona. Marcus Claudius, son of Marcus, Lucius Valerius, son of Publius, and Quintus Minucius, son of Gaius, were the committee for drawing up the report.
    Regarding the Bacchanalia, it was resolved to give the following directions to those who are in alliance with us:
    No one of them is to possess a place where the festivals of Bacchus are celebrated; if there are any who claim that it is necessary for them to have such a place, they are to come to Rome to the praetor urbanus, and the senate is to decide on those matters, when their claims have been heard, provided that not less than 100 senators are present when the affair is discussed. No man is to be a Bacchantian, neither a Roman citizen, nor one of the Latin name, nor any of our allies unless they come to the praetor urbanus, and he in accordance with the opinion of the senate expressed when not less than 100 senators are present at the discussion, shall have given leave. Carried.
    No man is to be a priest; no one, either man or woman, is to be an officer (to manage the temporal affairs of the organization); nor is anyone of them to have charge of a common treasury; no one shall appoint either man or woman to be master or to act as master; henceforth they shall not form conspiracies among themselves, stir up any disorder, make mutual promises or agreements, or interchange pledges; no one shall observe the sacred rites either in public or private or outside the city, unless he comes to the praetor urbanus, and he, in accordance with the opinion of the senate, expressed when no less than 100 senators are present at the discussion, shall have given leave. Carried.
    No one in a company of more than five persons altogether, men and women, shall observe the sacred rites, nor in that company shall there be present more than two men or three women, unless in accordance with the opinion of the praetor urbanus and the senate as written above.
    See that you declare it in the assembly (contio) for not less than three market days; that you may know the opinion of the senate this was their judgment: if there are any who have acted contrary to what was written above, they have decided that a proceeding for a capital offense should be instituted against them; the senate has justly decreed that you should inscribe this on a brazen tablet, and that you should order it to be placed where it can be easiest read; see to it that the revelries of Bacchus, if there be any, except in case there be concerned in the matter something sacred, as was written above, be disbanded within ten days after this letter shall be delivered to you.
    In the Teuranian field."

Référence[modifier | modifier le code]

  1. CIL i2 2, 581.
  2. a et b (fr) (la) Alfred Ernout, Recueil de Textes Latins Archaiques, Paris, Librairie C. Klincksieck, , p. 58–68
  3. Ernout omet la phrase dans sa traduction.
  4. The Library of Original Sources. The ideas that have influenced civilization, in the original documents—translated. University Edition., vol. Volume III, 76–77 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]