Semaine rouge (Rouen)

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Semaine rouge
Image illustrative de l'article Semaine rouge (Rouen)
Incendie de la tour Saint-Romain en juin 1944.

Date Du au
Lieu Rouen, France
Victimes Civiles
Type Bombardement aérien
Morts 814
Auteurs l'armée de l'air américaine et britannique
Guerre Seconde Guerre mondiale
Coordonnées 49° 26′ 36″ nord, 1° 06′ 00″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Semaine rouge (Rouen)

La semaine rouge est le nom donné à la semaine du 30 mai au 5 juin 1944, pendant laquelle ont eu lieu d’importants bombardements stratégiques sur Rouen et son agglomération. Ces bombardements, effectués sur 500 m de part et d’autre de la Seine, avaient pour but de détruire les ponts, les abords de la Seine et désorganiser les Allemands en vue du débarquement allié[1]. Ils devaient empêcher la retraite, le ravitaillement et l'arrivé de renforts. Ces bombardements ont été effectués par des bombardiers anglais et américains, et ont fait à l’origine de 400 victimes dans Rouen seul.

Cette semaine a été précédée d'une une vague de bombardements le 19 avril 1944 qui avait déjà occasionnée de nombreuses destructions avec 6 000 bombes larguées faisant 20 000 sinistrés et 814 morts[2].

Les événements[modifier | modifier le code]

Mardi 30 mai 1944[modifier | modifier le code]

Ce jour, par la quantité de bombes lâchées, est reconnu comme ayant été plus important que le 19 avril. Trois vagues de bombardements ont lieu dans la matinée. Le quartier entre la rue Grand-Pont et la rue Jeanne-d'Arc est touché. Il reçoit des bombes allant de 500 à 2 000 kg. L’hôtel des Douanes, sur le quai du Havre, est à moitié détruit. Les décombres ont enseveli sous le bâtiment plus de 140 personnes venues se réfugier dans les caves. Les bombardements ont également détruit sur la rive gauche la gare d'Orléans.

Mercredi 31 mai 1944[modifier | modifier le code]

Trois nouvelles vagues s’abattent sur Rouen en fin de matinée. L’église Saint-Vincent[3] et le quartier environnant sont détruits. Le quartier bombardé la veille est à nouveau touché et la proie des flammes. De nombreux bâtiments sont détruits ce jour :

  • Théâtre des Arts effondré
  • Nouvelles galeries détruites
  • Le Palais des Consuls est en flamme
  • Le syndicat d’initiative, où avaient été remontées des façades de plusieurs vieilles maisons rouennaises est détruit
  • La synagogue détruite[4]

Jeudi 1er juin 1944[modifier | modifier le code]

Ce 1er juin est un jour de répit apparent. Le feu rue Grand-Pont est maîtrisé, le bureau des Finances est pour sa part protégé. Sans cause évidente, la tour Saint-Romain de la cathédrale s’enflamme. Le feu se propage dans la cour d’Albane et la cour des Libraires. Vers minuit, le feu est maîtrisé. Toutefois, les cloches ont fondu, parmi lesquelles la cloche Jeanne d’Arc, d’un poids de plus de 20 tonnes, qui s'est écrasée sur le plancher du 1er étage de la tour.

Vendredi 2 juin 1944[modifier | modifier le code]

En fin de journée, les bombardements recommencent. La fontaine Jeanne d’Arc, place de la Pucelle est détruite. Les effondrements des maisons révèlent les murs de l’ancienne église des Cordeliers.

Dimanche 4 juin 1944[modifier | modifier le code]

Ce jour-là, c’est un autre monument important de la ville qui est atteint. L’église Saint-Maclou est torpillée. Le clocher, qui menace de s’effondrer, est consolidé. Le chœur est quant à lui éventré.

Après les événements[modifier | modifier le code]

Dans les jours qui ont suivi, 500 mineurs venus du Nord-Pas-de-Calais ont aidé à secourir les personnes bloquées sous les décombres.

Source[modifier | modifier le code]

  • Guy Pessiot, Histoire de Rouen : 1939-1958, éditions PTC, Rouen, 1983 ; réédité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Guermond, Rouen, la métropole oubliée?, L'Harmattan, Paris, 2008, lire sur Google Livres
  2. Paul Le Trévier et Daniel Rose, Ce qui s'est vraiment passé le 19 avril 1944, Saint-Germain-en-Laye, Comever, , 160 p. (ISBN 978-2-9522138-0-6, OCLC 491919954)
  3. Le 30 mai 1944, la Semaine rouge débutait à Rouen
  4. François Lemoine et Jacques Tanguy, Rouen aux 100 clochers : Dictionnaire des églises et chapelles de Rouen (avant 1789), Rouen, PTC, , 200 p. (ISBN 2-906258-84-9, OCLC 496646300, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]