Seiko Mikami

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Seiko Mikami
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Biographie
Naissance
Décès
Période d'activité
1980-2014
Formation
Activité
Autres informations
Mouvement

Seiko Mikami (en Kanji: 三上 晴子) était une artiste japonaise spécialisée dans l’art numérique.

Sa pratique explorait le champ de la bio-informatique. Mikami s’intéressait au rapport du corps à son environnement, mis en lumière par le caractère interactif de la technologie. 

Ses installations voyagent au sein de la scène artistique internationale depuis le début des années 1990. Au Japon, Mikami est considérée comme l’une des principales figures de l’art par ordinateur. Elle enseignait à l’Université Tama à Tokyo, en tant que professeure d'architecture de l'information.

Seiko Mikami est décédée en janvier 2015 à l'âge de 53 ans des suites d’un cancer. [1]

Carrière[modifier | modifier le code]

Mikami débute sa carrière artistique durant les années 1980. Elle s’intéresse déjà à l’utilisation de la technologie et publie son premier ouvrage, « All Hybrid », en 1990, qui relate de l'emploi des bases de données dans la création artistique. En 1991, elle part pour les États-Unis afin de poursuivre des études d’informatique à l'Institut de Technologie de New York. Seiko Mikami a travaillé en collaboration avec les centres de recherche numérique Canon ARTLAB, Intercommunication Centre (ICC), ainsi que Yamaguchi Centre for Arts and Media Interlab (YCMA). Elle a également effectué des résidences d’artiste dont son séjour à la Fondation Joan Miro à Barcelone en 1999. 

Œuvre[modifier | modifier le code]

L’artiste s’intéressait aux thèmes de l’immunologie et de la surveillance. Ses installations interactives à grande échelle étaient conçues afin d’inciter la participation du visiteur. Ses œuvres mettent en scène l'expérience du participant[2]. Seiko Mikami tenait à considérer le corps comme une interface. Elle créait des programmes informatiques permettant de lire le corps tel une base de données, puis de déterminer des réactions extérieures en fonction de ces informations. Seiko Mikami s’intéressait aussi à la notion de l’accidentel et souhaitait l’inclure dans les situations qu’elle organisait[3]

En 1995, Mikami s’essaie au Net Art. Elle crée une plateforme visuelle, sous le nom de Molecular Clinic 1.0 qui illustre la reproduction des molécules. Les internautes sont invités à inspecter ces molécules et altérer leur répétition. Molecular Clinic 1.0 a été développée avec les laboratoires Canon et présentée au festival néerlandais DEAF95[4]. L’année suivant, l’artiste développe les installations interactives Molecular Informatics-Morphogenic Substance via eye tracking,  Molecular Informatics VER.2.0 puis Molecular Informatics VER.3.0 (en 2000) dans lesquels son idée prend une forme physique et aléatoire. Le participant porte des lunettes qui le plongent dans une réalité virtuelle. Son regard est analysé par un procédé d’oculométrie. La perception visuelle du participant est projetée dans l’espace réel de la pièce dans laquelle il se trouve[5]. En 1997, l’artiste travaille sur la perception sonore tout en continuant d’aborder le corps dans son environnement. Pour World, Membrane and the Dismembered Body, elle agence une pièce insonorisée dans laquelle des capteurs reçoivent et retranscrivent les sons présents à l’intérieur du corps du participant. L’intériorité corporelle y est extériorisée[6]. Seiko Mikami s’intéresse à la notion de transformation, comme le démontre Gravicells, une œuvre réalisée en 2004 en collaboration avec l’architecte Sota Ichikawa. Cette installation interactive est constituée d’une pièce dont le sol est composé de capteurs qui enregistrent la masse et le poids des visiteurs. Le dispositif illustre ces données en déformant l’apparence des grilles visuelles qui compose le moiré au sol lorsque le participant se déplace[7]. La dernière œuvre majeure de Seiko Mikami, Desire of Codes, est pour la première fois présentée en décembre 2011. Encore une fois, l’artiste met en scène une situation: trois pièces encadrent le parcours du participant, qui interagi avec l’appareillage technique de l’installation. Desire of Codes repose sur le thème de l’information et de la surveillance. L’observation de l’individu est amplifiée par la présence visible de capteurs le long d’un mur qui fait face au spectateur et de caméras qui suivent ce participant pendant qu’il marche. Un dispositif sonore est intégré à l’œuvre : le bruitage technique et les pas du visiteur sont enregistrés puis aussitôt diffusés, créant un effet de distortion entre le réel et le numérisé. Le corps du participant fait donc partie intégrante des dispositifs informatiques développés par l’artiste[8]

Expositions[modifier | modifier le code]

Ces installations ont été recréés dans de nombreux musées et espaces d’exposition tels que la Fondation Juan-Miró à Barcelone (1999), le Musée des Beaux-Arts de Nantes (2001), au Centre international des arts et des nouvelles technologies de Prague (2007), la Künstlerhaus de Vienne (2010), au NAMOC (2011), et au Musée d’Art de Séoul (2012).

Le travail de Seiko Mikami a également été présenté à une quinzaine de festivals d’art numérique tels que DEAF95, "The Art of the Accident" DEAF98 à Rotterdam, Transmediale de Berlin (2005), Shanghai eArts Festival (2007), Mois Multi à Québec (2007), EXIT à Créteil (1998 et 2009) et ISEA2010 à Dortmund[9].

Mikami fut récompensée de la mention d’honneur de Ars Electronica en 2005 et remise le prix d'excellence du Centre national d'art et médias (YMCA) de Tokyo en 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en-US) « Seiko Mikami », sur V2_Institute for the Unstable Media (consulté le 7 novembre 2017)
  2. (en) « Seiko Mikami - Announcements - e-flux », sur www.e-flux.com (consulté le 7 novembre 2017)
  3. (en-US) « The Self Referentiality of Perception: the ear does not hear, the eye does not see », sur V2_Institute for the Unstable Media (consulté le 8 novembre 2017)
  4. (en) « MOLECULAR CLINIC 1.0 BY SEIKO MIKAMI - ADA | Archive of Digital Art », sur www.digitalartarchive.at (consulté le 7 novembre 2017)
  5. (en) « MOLECULAR INFORMATICS-MORPHOGENIC SUBSTANCE VIA EYE TRACKING BY SEIKO MIKAMI - ADA | Archive of Digital Art », sur www.digitalartarchive.at (consulté le 7 novembre 2017)
  6. (en-US) « World, Membrane and the Dismembered Body », sur V2_Institute for the Unstable Media (consulté le 7 novembre 2017)
  7. « Gravity and Resistance project », sur www.idd.tamabi.ac.jp (consulté le 7 novembre 2017)
  8. (ja) « Desire of Codes | Seiko Mikami new installation | OUTLINE », sur special.ycam.jp (consulté le 7 novembre 2017)
  9. « 無題ドキュメント », sur www.idd.tamabi.ac.jp (consulté le 7 novembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ljiljana Fruk et Peter Weibel, Molecular Aesthetics, 2013, Karlsruhe, Allemagne, ZKM/Center for Art and Media Karlsruhe ; Cambridge, MA: The MIT Press, Pages 201 à 203.
  • Erik Verhagen et Samuel Blanchini, Practicable : from participation to interaction in contemporary art, en collaboration avec Nathalie Delbard et Larisa Dryansky, 2016, Cambridge, MA: The MIT Press, Pages 667 à 675.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]