Seigneurie de Soulanges

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Carte de la région de Vaudreuil-Soulanges, 1791

La seigneurie de Soulanges était une seigneurie en Nouvelle-France. Elle était située dans l'actuelle municipalité régionale de comté de Vaudreuil-Soulanges en Montérégie (Suroît).

Toponyme[modifier | modifier le code]

Le nom de la seigneurie est donnée par Pierre-Jacques Joybert de Soulanges et de Marson, à qui elle est concédée initialement, en rappel de sa seigneurie qu'il possède déjà en Champagne[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Soulanges prend la forme d'un triangle dont les dimension correspondent à 4 lieues de front sur 6 lieues de profondeur[2] sur la presqu'île de Vaudreuil-Soulanges, sur la rive gauche du fleuve Saint-Laurent à l'ouest de l'embouchure de la rivière des Outaouais. À la hauteur de la seigneurie, le fleuve est agité par les rapides. La seigneurie est bornée au nord par la seigneurie de Vaudreuil et à l'ouest par la seigneurie de la Nouvelle-Longueuil. Elle correspond aux territoires des municipalités actuelles de Saint-Clet, Coteau-du-Lac, Les Cèdres et de Pointe-des-Cascades[3]. Une partie du territoire de la paroisse de Saint-Télesphore est sur une frange du territoire de la seigneurie de Soulanges[4],[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès 1626, un missionnaire allant souvent en Huronie propose de passer par le fleuve Saint-Laurent et le lac Saint-François plutôt que par l'Outaouais même si le parcours est plus difficile en raison de la présence des rapides, puisque cela raccourcit à l'époque de quinze jours la durée du trajet[6].

En 1701, Pierre Jacques Joybert de Soulanges et de Marson prend l'initiative de demander au roi la concession de la «pointe de la langue de terre qui sépare la grande rivière», puisque le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Outaouais sont à cette époque considérés comme deux branches d'une même grande rivière, qui serait partagée entre lui et Philippe de Rigaud de Vaudreuil, lequel est l'époux de sa sœur, Louise-Élisabeth de Joybert de Soulanges et de Marson. Les deux seigneuries sont concédées simultanément et la définition de leur délimitation les renvoie l'une à l'autre[7],[8].

Le moulin à eau Callières di Jasmin à Coteau-du-Lac aurait été construit au début du XVIIIe siècle[9]. Dès 1719, des habitants vivent dans la «seigneurie de Mme de Soulanges». Les terres sont excellentes et on commence à défricher celles «qui sont sur la rive septentrionale» du Saint-Laurent. En 1721 est construite une première chapelle en bordure du rapide[10]. Les Le Moyne de Longueuil sont propriétaires terriens de trois seigneuries, soit outre Soulanges les seigneuries de la Nouvelle-Longueuil et de la Pointe-à-l'Orignal auxquelles s'ajoute le canton de Newton[11] acquis en 1805[7], ils mettent en valeur et tirent l'essentiel de leurs revenus de la seigneurie de Soulanges[12].

En 1833 a lieu l'érection canonique de la paroisse de Saint-Joseph-de-Soulanges qui couvre une partie du territoire de la seigneurie[13]. Le régime seigneurial est aboli en 1854.

Seigneurs[modifier | modifier le code]

Seigneurs de Soulanges
Période Seigneur
1702-1703 Pierre-Jacques Joybert de Soulanges et de Marson
1703-1728 Marie-Anne Bécart de Granville et
Marie-Geneviève Joybert de Soulanges
1728-1768 Paul-Joseph Le Moyne
1768-1807 Joseph-Dominique-Emmanuel Le Moyne de Longueuil
1807-1832 Jacques-Philippe Saveuse de Beaujeu
1832-1865 Georges-René Saveuse de Beaujeu
1865-1884 Georges-Raoul-Léotale-Guichart-Humbert Saveuse de Beaujeu

Le comte Quiquerand et le vicomte Raoul de Beaujeu sont les dernières générations de cette famille de la noblesse de la Nouvelle-France à demeurer au manoir de Coteau-du-Lac, ce jusqu'au début du XXe siècle[7].

Postérité[modifier | modifier le code]

Plusieurs entités rappellent aujourd'hui l'existence de la seigneurie de Soulanges, notamment la Résidence de la Seigneurie de Soulanges à Saint-Polycarpe[14], le Camping Seigneurie de Soulanges à Coteau-du-Lac[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gouvernement du Québec, « Circonscription électorale de Soulanges », 373060, sur Commission de toponymie du Québec, (consulté le 16 janvier 2013)
  2. Gouvernement du Québec, « Seigneurie de Soulanges », 118957, sur Commission de toponymie du Québec, (consulté le 16 janvier 2013)
  3. Centre d'histoire La Presqu'Île, « Seigneurie de Soulanges », sur Archives régionales de Vaudreuil-Soulanges, (consulté le 16 janvier 2013)
  4. « Saint-Télesphore », sur Originis (consulté le 17 janvier 2013), référence à Magnan, Hormisdas, Dictionnaire historique et géographique des paroisses, missions et municipalités de la Province de Québec, 1925, p.688.
  5. L'examen des cartes des seigneuries et des municipalités de la presqu'île de Vaudreuil-Soulanges présentés dans Besner montre que la limite entre les seigneuries de Soulanges et de la Nouvelle-Longueuil est une ligne droite alors que les limites des municipalités actuelles affichent un décroché, ce qui serait cohérent avec l'énoncé de Magnan. Néanmoins, il faut tenir compte que les limites des seigneuries pouvaient être décrites sur une base approximative et que Soulanges et la Nouvelle-Longueuil font partie du même patrimoine foncier.
  6. « Les origines de Coteau-du-Lac », Société d'histoire de Coteau-du-Lac (consulté le 17 janvier 2013)
  7. a b et c Hector Besner, « Les seigneuries de Vaudreuil et de Soulanges: 300 ans en 2002 », 7:2, sur Fédération des sociétés d'histoire du Québec, Histoire Québec, (consulté le 17 janvier 2013)
  8. Hector Besner, « <Les seigneuries de Vaudreuil et de Soulanges : 300 ans en 2002 », <Histoire Québec, vol. 7, no 2,‎ , p. 4-10 (lire en ligne)
  9. « Historique », sur Moulin Callières di Jasmin (consulté le 17 janvier 2013)
  10. « Histoire », sur Municipalité des Cèdres (consulté le 17 janvier 2013)
  11. Le canton de Newton correspond à l'actuelle municipalité de Sainte-Justine-de-Newton.
  12. Gérard Pelletier, « Le Moyne de Longueuil, Joseph-Dominique-Emmanuel », 36627, sur Dictionnaire biographique du Canada en ligne (consulté le 16 janvier 2013)
  13. « Les Cèdres (municipalité) », sur Mémoire du Québec (consulté le 17 janvier 2013)
  14. « Résidence de la Seigneurie de Soulanges », 2224, sur Vivre en résidence (consulté le 17 janvier 2013)
  15. « Camping Seigneurie de Soulanges », sur Québec Vacances (consulté le 17 janvier 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Courville et Serge Labrecque, Seigneuries et fiefs du Québec : nomenclature et cartographie, Québec (Québec), Faculté des Lettres de l'Université Laval,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Seigneuries limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Rigaud Vaudreuil Rose des vents
Canton de Newton N Lac Saint-Louis
O    Soulanges    E
S
Nouvelle-Longueuil
Lac Saint-François
Fleuve Saint-Laurent
Beauharnois