Secteur fortifié de Faulquemont

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Carte de l'organisation en secteurs de la ligne Maginot.

Le secteur fortifié de Faulquemont est une partie de la ligne Maginot, situé entre le secteur fortifié de Boulay à l'ouest et le secteur fortifié de la Sarre à l'est.

Il forme une ligne le long de la frontière franco-allemande, au nord-est de la ville de Faulquemont, de Niedervisse à Teting-sur-Nied (dans la Moselle). Les fortifications du secteur sont plutôt solides, mais elles sont dépourvues d'ouvrage d'artillerie pour des raisons budgétaires.

Article général Pour un article plus général, voir Ligne Maginot.

Organisation et unités[modifier | modifier le code]

Casemate de Quatre-Vents Sud, en 1993.

D'abord sous commandement de la 6e région militaire (QG à Metz[1]) jusqu'à la déclaration de guerre, le secteur passe alors sous commandement de la 3e armée, puis dès le à la 4e armée (sauf le sous-secteur de Narbéfontaine qui reste à la 3e armée et passe au SF de Boulay). Les sous-secteurs de Lixing et de Leyviller sont intégrés à partir du .

Article connexe : Armée française en 1940.

La grande unité de renforcement est, au , le 9e corps d'armée, composé de la 47e division d'infanterie (de réserve, série A) et de la 11e division d'infanterie. Ces divisions seront progressivement retirées du front et envoyées vers Reims, pour y arrêter les Allemands.

En septembre 1939, le secteur est divisé en trois sous-secteurs fortifiés :

Le sous-secteur de Narbéfontaine passe le sous le contrôle du secteur fortifié de Boulay.

À partir du , le secteur prend en sus le commandement de deux sous-secteurs issus du secteur fortifié de la Sarre :

L'artillerie du secteur est composée des :

Liste des composants[modifier | modifier le code]

Cloche VDP du Laudrefang (bloc 5), en 1992.

Dernier secteur à l’est de la région fortifiée de Metz, le secteur de Faulquemont est un secteur relativement faible puisqu'il ne compte que cinq ouvrages d'infanterie, huit casemates d'infanterie, trois casemates complémentaires d'artillerie, auxquels se rajoutent 33 blockhaus MOM et 34 tourelles STG[4]. Construit à l'ouest de la principale partie du bassin houiller lorrain (Freyming-Merlebach, Stiring-Wendel, Creutzwald, Saint-Avold et Forbach) qu'il ne protégeait donc pas, ce secteur d'une quinzaine de kilomètres assure la jonction entre le secteur de Boulay et la trouée de la Sarre. Tous les ouvrages du secteur de Faulquemont sont dépourvus de blocs d'artillerie et les intervalles d'abris CORF. En effet, étant données l'incertitude due au statut provisoire de la Sarre et surtout la faiblesse des budgets, l’installation de canons et la construction des abris furent reportées en deuxième cycle[5].

Article détaillé : Casemate d'intervalle.

Entre le secteur fortifié de Faulquemont et la frontière franco-allemande, ont été construits de petits blockhaus servant d'avant-postes (« maisons-fortes ») tels celui de Carling (détruit), celui du Moulin d'Ambach sur la D72 (entre Saint-Avold et Porcelette), de la D26 (rue de Diesen à Porcelette, face au Grünhof) (détruit), de la D633 (entre Saint-Avold et Carling), celui du Moulin-Neuf sur la D603 (entre Saint-Avold et Moulin-Neuf) et celui du Petit-Ebersviller sur la D20. Ils doivent être occupés par les détachements d'action retardatrice (DAR), qui ont pour mission de freiner l'adversaire avant qu'il arrive sur la « ligne principale de résistance », mais aussi de permettre dans ce cas de récupérer les petites unités de gardes frontaliers et de la garde républicaine mobile chargées de donner l'alerte.

Organes du secteur fortifié de Faulquemont (PC à Marthille)
Sous-secteur de Steinbesch
dit aussi de Zimming
(PC à Haute-Vigneulles)
Sous-secteur du Bois-des-Chênes
dit aussi de Teting
(PC à Steinbesch)
A 34 Kerfent
A 35 Bambesch
ACa3 Bambesch
C 70 Bambiderstroff Nord
C 71 Bambiderstroff Sud
C 72 Einseling Nord
A 36 Einseling
C 73 Einseling Sud
C 74 Quatre-Vents Nord
C 75 Quatre-Vents Sud
ACa2 Stocken
A 37 Laudrefang
C 76 Bois-de-Laudrefang Nord
C 77 Bois-de-Laudrefang Sud
A 38 Teting
ACa1 Teting

33 blockhaus modèles 1935
et 1936 numérotés Ab 1 à 36

Le code de chaque organe indique sa nature : « A » pour les ouvrages, « C » pour les casemates d'infanterie, « O » pour les observatoires et « ACa » pour les casemates d'artillerie type RFM. La numérotation se fait d'ouest en est de la région fortifiée de Metz (qui correspond aux secteurs de la Crusnes, de Thionville, de Boulay et de Faulquemont).

Observatoires[modifier | modifier le code]

Pour les plus significatifs :

  • Observatoire CORF du P.O. du Kerfent (bloc 4 de l'ouvrage du Kerfent)
  • Observatoire CORF du P.O. de Laudrefang (bloc 5 de l'ouvrage de Laudrefang)
  • Observatoire de la côte 400
  • Observatoire du camp de Téting
  • Observatoire du Tattenholz

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de la ligne Maginot.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1939, la 6e région militaire couvre une partie des départements de la Meuse (moins les cantons de Stenay et Montmédy), de Meurthe-et-Moselle (arrondissement de Briey, cantons de Thiaucourt et de Pont-à-Mousson), de la Moselle (arrondissements de Metz, de Thionville et de Boulay) et de la Marne.
  2. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 2, p. 182.
  3. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 2, p. 162.
  4. Le niveau de protection d'une casemate de la ligne Maginot dépend de son modèle et de sa période de construction. De 1928 à 1935 sont construits les modèles les plus puissamment protégés : les casemates et ouvrages CORF (Commission d'organisation des régions fortifiées), avec des murs et dalles épais jusqu'à 3,5 mètres de béton). Puis viennent à partir de 1935 les blockhaus MOM (main-d'œuvre militaire), avec de 0,60 à 1,5 m de béton, avec des modèles très variés selon la région : RFM (région fortifiée de Metz), RFL (région fortifiée de la Lauter), 1re, 2e, 20e et 7e RM (région militaire). Les MOM les plus protégés sont appelés FCR (fortification de campagne renforcée). De 1937 à 1940, la STG (Section technique du génie) standardise les constructions, avec une protection de 1,50 à 2 m de béton.
  5. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 111-115.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel, Jacques Sicard et François Vauviller (ill. Pierre-Albert Leroux), Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 1, Paris, éditions Histoire & collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2), (réimpr. 2001 et 2005), 182 p. (ISBN 2-908182-88-2).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 2 : Les formes techniques de la fortification Nord-Est, , 222 p. (ISBN 2-908182-97-1).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 3 : Le destin tragique de la ligne Maginot, , 246 p. (ISBN 2-913903-88-6).
  • Stéphane Gaber, La ligne Maginot en Lorraine, Metz, Éditions Serpenoise, , 180 p. (ISBN 978-2-87692-670-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Localisation
Descriptions et photos

Articles connexes[modifier | modifier le code]