Anouar el Sadate (navire)

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Anouar el Sadate
Image illustrative de l’article Anouar el Sadate (navire)
Dans le port de Saint-Nazaire en décembre 2014.
Autres noms Sebastopol
Type Bâtiment de projection et de commandement
Histoire
A servi dans Naval Ensign of Egypt.svg Marine égyptienne
Constructeur Chantiers de l'Atlantique
Chantier naval de la Baltique
Chantier naval Chantiers de l'Atlantique
Lancement 21 octobre 2014
Armé automne 2015
Statut En service
Équipage
Équipage 160 à 177 officiers, officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots ; possibilité d'embarquement de 450 marins ou 250 marins plus un état-major de 200 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 199 mètres
Maître-bau 32 mètres
Tirant d'eau 6,2 mètres
Tirant d'air 64,3 mètres
Déplacement 16 500 tonnes (lège)
21 300 t (à pleine charge)
32 300 t (ballasté)
Propulsion 3 moteurs Diesel Wärtsilä 16V32 de 6,4 MW
1 moteur Diesel auxiliaire Wärtsilä 18V200 de 3,3 MW
2 pods Alstom Mermaid de 7 MW
Puissance Total 20 400 ch (15 MW)
Vitesse 18,8 nœuds
Caractéristiques commerciales
Pont 6 400 m2
Caractéristiques militaires
Électronique 2 centrales de navigation inertielle SIGMA 40
1 système de commandement SIC 21 et de gestion de combat SENIT 9
Rayon d'action 10 800 miles à 18 nœuds, 19 800 miles à 15 nœuds
Aéronefs 16 hélicoptères stockés en hangar

Le Anouar el Sadate est un porte-hélicoptères d’assaut amphibie. Il s'agit du 5e bâtiment de la classe Mistral.

Prévu au départ pour la marine russe et pour être basé à Novorossiisk, il était destiné à donner, avec son sister-ship, le Vladivostok, une réelle capacité amphibie et de commandement sur zone à la Marine russe. À la suite de la crise ukrainienne et l'annexion de la Crimée par la Russie, la France décide de ne pas livrer ce navire de guerre.

Le navire et son sister-ship sont alors achetés par l'Égypte. Il porte le nom du président Anouar el-Sadate.

Commande et construction[modifier | modifier le code]

Un navire initialement commandé par la Russie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire des Mistral.

Dès octobre 2009, la Flotte maritime militaire de Russie exprime le besoin d'un ou deux bâtiments de commandement et de transport, éventuellement construit sous transfert de technologie[1],[2],[3] avec livraison d'un premier bâtiment fin 2014 et d'un second fin 2015[4]. Le , un communiqué commun des présidents russe et français[5] annonce que la marine russe avait retenu le type Mistral. L'accord final pour la construction de 2 navires pour un montant de 1,7 milliard de dollars est signé le [6] avec une construction lancée au premier semestre 2012[7].

La poupe du bâtiment, fabriquée en Russie, quitte les Chantiers navals de la Baltique le 26 juin 2014[8] et arrive à Saint-Nazaire le 15 juillet 2014[9]. La marine russe compte les armer avec des hélicoptères Kamov Ka-29 et Kamov Ka-52K[10]. Les deux premiers navires porteront les noms de Vladivostok et Sebastopol[11].

Le , la France suspend la livraison du premier Mistral pour sanctionner l'intervention russe en Ukraine[12],[13]. En , un accord met un terme à huit mois de négociations, la Russie devant recevoir, selon la presse russe, près de 1,2 milliard d'euros en dédommagement pour la non-livraison par la France des deux navires de guerre[14]. Finalement, la France rembourse la somme de 949 754 849 euros[15], dont 56,7 millions correspondant aux frais de formation des 400 membres d'équipage à la Russie. Sans frais financiers, ni pénalités, ni indemnisation[16], mais la Russie conserve 150 000 pages de documentation technique fournies au titre du transfert de technologie, permettant aux chantiers navals russes de lancer la construction de leur propre version du Mistral[17], la classe Lavina.

Rachat égyptien[modifier | modifier le code]

Le navire et son sister-ship sont achetés par l'Égypte, grâce à un financement saoudien. La livraison des deux navires à l'Egypte se fait pour l'un en juin 2016, pour l'autre en septembre 2016, après une formation en France de militaires égyptiens qui commence en février 2016[18].

Navigation[modifier | modifier le code]

L'Anouar el Sadat est équipé de deux centrales de navigation inertielle SIGMA 40 conçues par Sagem. Grâce à leur technologie Gyrolaser (Ring Laser Gyro), ces centrales inertielles offrent un très haut degré de précision et démultiplient l'efficacité des capteurs, des armements comme des moyens d'autodéfense du bâtiment.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Classe Mistral et Gamal Abdel Nasser (navire).

Le navire est très proche des trois navires français qui l'ont précédé, et identique au Vladivostok, qui a été adapté pour le rendre compatible avec l'emploi qu'en feront les Russes[19],[20] :

  • l'îlot ne disposera pas de passerelle de défense à vue ;
  • aménagement des ascenseurs et des hangars pour l'accueil des hélicoptères Kamov : Ka-27 Helix, Ka-29TB Helix-B et Ka-52K Katran (version navalisée du Ka-52 Alligator), plus encombrants à cause de leur double rotor ;
  • adaptations et renforcement pour la navigation en mers polaires :
    • augmentation de la puissance électrique pour assurer le dégivrage partiel du pont d’envol,
    • renforcement de l'isolation sous le pont d'envol[21],
    • fermeture complète de la porte arrière du radier immergeable ;
  • un système électrique conforme aux normes russes ;
  • 2 propulseurs d'étrave, à l'instar du Dixmude, le propulseur unique sur les deux premiers bâtiments s'étant avéré insuffisant par grand vent ;

Au niveau équipement en embarcations de débarquement : contrairement aux trois BPC français qui sont équipés en CTM (chaland de transport de matériels), et en EDA-R (engin de débarquement amphibie – rapide), les deux BPC russes auraient du être équipés avec des CTM-NG (chaland de transport de matériels - nouvelle génération). Le CTM-NG présente une évolution majeure par rapport au CTM : il s’agit d'un chaland de type Ro-ro (roll-on roll-off) avec une porte à l’avant, mais aussi une rampe repliable à l’arrière, ce qui facilite et accélère les opérations d’embarquement et de débarquement dans les deux sens[22].

Au niveau armement, les Mistral ont été livrés à la Marine égyptienne sans les systèmes d'armes russes initialement prévu qui étaient deux tourelles 3M-47 Gibka armés de missiles sol-air 9K38 Igla et deux systèmes d'armes rapprochés AK-630. En juillet 2017, l'Égypte cherche quelles armes installer définitivement et utilise, en attendant, des véhicules Avenger (en) équipés de missiles Stinger attachés sur le pont d'envol[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. « Mistral : Paris favorable à la demande de la Russie », sur rian.ru, RIA Novosti, (consulté le 2 octobre 2009)
  2. Guillaume Belan, « La Russie s'intéresse au BPC Mistral », sur ttu.fr, Ttu, (consulté le 6 novembre 2008)
  3. « Aéronavale : la Russie pourrait acheter un porte-hélicoptères français », sur rian.ru, RIA Novosti, (consulté le 5 août 2009)
  4. Philippe Chapleau, « Ce sera bien quatre « Mistral » pour la Russie », Ouest-France,‎ (ISSN 0999-2138, lire en ligne)
  5. http://www.elysee.fr/president/les-actualites/communiques-de-presse/2010/decembre/construction-de-batiments-de-projection-et-de.10296.html
  6. (en) « Russia signs $1.7 bln deal for 2 French warships », RIA Novosti, (consulté le 17 juin 2011)
  7. « DCNS lance la construction des 2 Mistral commandés par la Russie », sur Les Échos, Les Échos, (consulté le 7 décembre 2011)
  8. « Les Chantiers navals de la Baltique ont expédié la poupe du second Mistral en France », Russia beyond the headlines,
  9. « La poupe du navire de classe Mistral destiné à la Marine russe vient d’arriver à Saint-Nazaire », Russia beyond the headlines,
  10. « Hélicoptères pour les Mistral russes: les prototypes construits en 2012 », sur rian.ru, RIA Novosti, (consulté le 4 novembre 2011)
  11. Alexey Danichev, « Mistral pour la Russie: les noms des deux premiers BPC dévoilés », RIA Novosti, (consulté le 1er février 2012)
  12. http://www.slate.fr/story/89437/mistral-gagnant-pour-poutine Vente des Mistral: pourquoi la France ne peut pas rompre avec la Russie
  13. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20140930tribef358816d/mistral-comment-la-pologne-met-la-pression-sur-la-france-pour-empecher-leur-livraison.html
  14. Mistral: Moscou annonce un accord avec Paris pour un dédommagement
  15. « Mistral : Paris a déjà versé les 949,7 millions d'euros à Moscou », sur La Tribune, (consulté le 21 septembre 2015).
  16. « Mais pourquoi la Russie a accepté l'accord sur les Mistral », sur La Tribune, (consulté le 21 septembre 2015).
  17. Guerric Poncet, « Mistral russes : les factures cachées de la non-livraison », sur lepoint.fr, (consulté le 20 novembre 2017)
  18. Le Figaro
  19. [PDF]DCNS - BPC pour la Russie, sur le site fr.dcnsgroup.com, consulté le 1er juillet 2014
  20. « Premières vues des futurs BPC russes », Mer et marine,
  21. Isolation des BPC russes Vladivostok et Sébastopol, sur le site prezioso.fr, consulté le 16 juillet 2014
  22. STX-Lorient - Le-premier CTM-NG russe en achèvement à flot, sur le site seaandnavy.com, consulté le 16 juillet 2014
  23. (en) Jeremy Binnie, < « Egyptian Mistrals using Avengers for air defence », sur Jane's Information Group, (consulté le 21 juillet 2017).