Sea Shepherd Conservation Society

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Sea Shepherd Conservation Society
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Organisation non gouvernementale internationale
But Conservation de la nature
Zone d’influence Monde entier
Fondation
Fondation 1977
Oregon
Fondateur Paul Watson
Identité
Siège Drapeau de l'Australie Melbourne
Drapeau des États-Unis Friday Harbor
Personnages clés Peter Hammarstedt, Sid Chakravarty
Président Paul Watson
Méthode Action directe
Volontaires 180 (en mer)
Site web http://www.seashepherd.org

La Sea Shepherd Conservation Society est une organisation non gouvernementale internationale maritime vouée à la protection des écosystèmes marins. Elle est particulièrement engagée dans la lutte contre la chasse à la baleine, la chasse aux dauphins au Japon, la chasse aux globicéphales aux îles Féroé, la chasse aux phoques et la surpêche.

Fondée en 1977 par Paul Watson, militant écologiste canadien, elle est basée à Friday Harbor, dans l'État de Washington, aux États-Unis.

Création[modifier | modifier le code]

L'idée est née quand Paul Watson a fondé la Earthforce Environmental Society en 1977 à Vancouver au Canada, à la suite de son départ de Greenpeace. La Earthforce Environmental Society est le précurseur de la Sea Shepherd Conservation Society.

En 1978, l'association put s'offrir son premier navire, le Sea Shepherd.

Activités[modifier | modifier le code]

Elle engage de nombreuses actions pour dénoncer la destruction de la faune marine et la surpêche et sensibiliser le public. Plus particulièrement, Sea Shepherd agit contre la chasse à la baleine, aux phoques, contre la pêche aux requins et contre l'usage des filets dérivants.

Les causes défendues[modifier | modifier le code]

La Sea Shepherd défend plusieurs causes dont les principales sont :

Les moyens matériels[modifier | modifier le code]

Le budget[modifier | modifier le code]

Le budget annuel de l'ONG Sea Shepherd Conservation Society est approximativement de 20 millions de dollars[1] financé par des donations provenant de particuliers, d'entreprises ou de fondations comme celle de Brigitte Bardot.

La flotte[modifier | modifier le code]

Les anciens navires ou les navires étant mis à disposition par l'ONG[modifier | modifier le code]
  • Le Sirenian, ou Yoshka, est un ancien navire garde-côtes appartenant à la Sea Shepherd depuis 1991 ; il est actuellement à la disposition des rangers du parc National des Îles Galápagos.
  • Le RV Farley Mowat a appartenu à la Sea Shepherd dès 1996 ; il est saisi par le gouvernement canadien après avoir percuté un navire des garde-côtes[2],[3] pendant une campagne contre la chasse aux phoques au Canada.
  • Le Ady Gil, anciennement Earthrace, est un trimaran fonctionnant au biocarburant, que la SSCS acquiert, le , et renomme Ady Gil. Le navire entre en collision le avec le baleinier nippon Shōnan Maru 2 puis sombre durant son remorquage.
Les navires dont l'ONG dispose actuellement pour ses missions[modifier | modifier le code]
  • Le MV Steve Irwin est un navire de classe Island, appartenant à la Sea Shepherd depuis 2005. Il est construit en 1975 sous le nom de FPV Westra et utilisé par la Scottish Fisheries Protection Agency jusqu'en 2003. La SSCS décide de l'acquérir alors qu'il est destiné à la casse ; deux ans plus tard, il est rebaptisé MV Robert Hunter en hommage au canadien Robert Hunter, journaliste et environnementaliste. Le , la SSCS le renomme Steve Irwin. La Sea Shepherd l'utilise lors de campagnes de protection des baleines ; il participe à toutes les opérations en Antarctique depuis l'opération Léviathan.
  • Le MY Bob Barker est un navire acquis grâce à un don de 5 millions de $ de la part de Bob Barker, producteur et animateur de télévision américain, en 2009.
  • Le MV Brigitte Bardot, anciennement Gojira, est un trimaran ultra-rapide obtenu en [4] et co-financé par la Fondation Brigitte Bardot[5].
  • Le MY Sam Simon est un ancien baleinier japonais, du nom de Sam Simon, un des créateurs de la série américaine Les Simpson qui, en , apprenant être atteint d'un cancer du côlon en phase terminale, fait don d'une partie de sa fortune à Sea Shepherd ; le samedi , le Sam Simon est présenté au public à Sydney, en Australie[6],[7].
  • Le Golfo Azzuro (en)[8], acquisition de la SSCS avec la fondation Brigitte-Bardot pour lutter contre le massacre des globicéphales noirs, aux îles Féroé,depuis 2010.
  • Le Jairo Mora Sandoval (en), acquis en 2014, porte le nom d'un jeune militant écologiste costaricien (Jairo Mora Sandoval (en)), assassiné à l'âge de 26 ans, en , alors qu'il tentait de protéger des tortues marines de braconniers. Sa première mission fut l'opération Sunu Gaal à la demande du Sénégal pour lutter contre la pêche illégale[9].
  • Le Jules Verne et le Farley Mowat, deux patrouilleurs Américain acquis en janvier 2015 par Sea Shepherd[10].
  • Le Ocean Warrior, nouveau patrouilleur, a été mis à l’eau en juillet 2016.

En France :

  • Le Columbus Sea Shepherd[11] est le dernier voilier de course de Jean-Yves Terlain, classe 60 pieds Open, anciennement UAP et UAP-Médecins sans frontières, transformé en bateau de travail pouvant accueillir jusqu'à 18 personnes en croisière côtière, il a rejoint la flotte Sea Shepherd France en 2012. Son immatriculation est LR 914738 (quartier maritime de La Rochelle).
  • Les BS Sheen, Mike Galesi, Thor et Loki[12] sont des bateaux de type Dervinis 620, embarcations insubmersibles de 6,2 m de long, en aluminium, avec moteur hors bord[13] acquis par Sea Shepherd France pour l'opération Grind Stop 2014 aux îles Féroé[14].

Les hélicoptères[modifier | modifier le code]

L'hélicoptère MD500E Nancy Burnet, baptisé ainsi en hommage à sa donatrice, remplace le Kooka-Bura un Hughes 300 (en) équipé de flotteurs, et est doté d'une plus grande capacité de passager, d'une plus grande vitesse et d'une plus grande autonomie en carburant.

Les drones[modifier | modifier le code]

Outre les navires, l'ONG dispose de deux petits drones Osprey, fabriqués par l'entreprise Hangar 18 qui lui ont été offerts par l'entreprise américaine de recyclage Bayshore Recycling[15] et le Moran Office of Maritime and Port Security, toutes deux des entreprises du New Jersey. Ces petits appareils mesurent 2,2 m d'envergure pour un fuselage de 64 cm de long, et ont une autonomie de plusieurs centaines d'heures, avec une portée de 300 km[16]. Pilotés depuis un bateau de l'ONG, ils peuvent donc permettre de traquer les bateaux de pêche recherchés grâce à une caméra embarquée. Paul Watson reconnaît que « grâce à ces drones, nous avons un avantage que nous n’avions pas jusque-là : des yeux dans le ciel[17]. »

La vie à bord[modifier | modifier le code]

Paul Watson n'admet aucun « consensus à la con » en mer, il n'écoute l'avis de personne, ne donne aucune indication sur ses plans et se présente comme un « humble fanatique[18] ». Il ne partage pas le pouvoir de Sea Sheperd en déclarant :

« Les navires n'ont jamais été dirigés de manière démocratique, c'est cette règle qui nous a permis de rester fidèles à notre esprit d'origine et de ne pas diluer notre âme combative dans la compromission[19]. »

Sur son vaisseau, Watson n'admet ni drogues ni batifolages[18]. De plus, il explique à ceux qui veulent le rejoindre dans son combat que « pour sauver les baleines, il faut être prêt à mourir »[19]. Aucune denrée alimentaire d'origine animale n'est servie à bord, cependant, aucune discrimination n'est faite lors du recrutement de volontaires, les omnivores sont les bienvenus.

Les campagnes[modifier | modifier le code]

Opération Leviathan[modifier | modifier le code]

L'opération Leviathan est la troisième campagne de défense des baleines de la SSCS. Elle s'est déroulée en Antarctique de 2006 à 2007. Son but était d'intervenir contre les opérations illégales de chasse à la baleine par la flotte japonaise dans le Sanctuaire de baleines en Antarctique. La flotte baleinière avait l'intention de tuer 935 baleines et 50 rorquals communs. La SSCS utilisa deux navires, le Farley Mowat et le Robert Hunter ainsi que le Kookabura, un hélicoptère Hughes 300 posé sur le MV Robert Hunter, avec un total de 56 membres d'équipage.

Le principal bateau de la flotte baleinière, le Nisshin Maru, fut repéré le 9 février. Le lendemain, la SSCS repéra le baleinier Kaiko Maru. Les deux navires de la Sea Shepherd, le Robert Hunter et le Farley Mowat, retournèrent au port de Melbourne respectivement le 19 et 22 février après cinq semaines d'opérations.

Opération Migaloo[modifier | modifier le code]

L'opération Migaloo est la quatrième campagne de défense des baleines de la SSCS. Elle s'est déroulée en Antarctique de 2007 à 2008. La flotte baleinière avait l'intention de tuer 500 baleines. La Sea Shepherd avec le MV Steve Irwin et 68 membres d'équipage commença le voyage le 5 décembre 2007 pour le terminer le 15 mars 2008.

Opération Musashi[modifier | modifier le code]

L'opération Musashi est la cinquième campagne de défense des baleines de la SSCS. Elle s'est déroulée en Antarctique de 2008 à 2009.

Opération Waltzing Matilda[modifier | modifier le code]

L'opération Waltzing Matilda est la sixième campagne de défense des baleines de la SSCS. Elle se déroule en Antarctique de 2009 à 2010. Selon la SSCS, elle aurait sauvé 528 baleines[20].

Opération BlueRage[modifier | modifier le code]

L'opération BlueRage est la première campagne de défense du thon rouge de la SSCS. En 2010, les 48 pays pêcheurs de thon rouge, dont fait partie la Libye, ont un quota global de pêche de 13 500 tonnes de thon rouge pour l'année[21].

La campagne se déroule en mer Méditerranée à partir de mai 2010 et durant l'été 2010. Seul le MV Steve Irwin est engagé dans cette opération[22]. Cinq plongeurs pénètrent à l'intérieur d'une cage remorquée par le thonier senneur libyen Cesare Rustico et libèrent les 800 thons rouge retenus à l'intérieur en coupant les filets des cages[23].

À la suite de cette opération, le vendredi 15 juillet 2011, le navire Steve Irwin a été immobilisé aux Îles Shetland par la justice britannique en raison d’un procès civil engagé contre l'ONG par la compagnie maltaise de pêche Fish & Fish Limited. La compagnie demande réparation pour le préjudice causé par la perte des thons rouges qu'elle a pêchés en juin 2010 au large des côtes libyennes. Pour récupérer son vaisseau, la Sea Sheperd doit payer une caution de 1 411 692,87 dollars[24].

Opération Grind Stop et Ferocious Isles[modifier | modifier le code]

L'opération Grind Stop (2010) et Ferocious Isles (2011) sont des campagnes de lutte contre la chasse de globicéphales noirs qui se déroule aux îles Féroé. L'ONG Sea Shepherd conteste la légalité de cette chasse en vertu de la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe dite convention de Berne. La chasse au globicéphale noir est une activité séculaire et légale dans ces îles danoises qui jouissent d'un statut autonome[18]. Par ailleurs, ce texte n'a aucune valeur dans les îles Féroé car l'archipel n'est ni signataire de cette convention, ni membre de l'Union européenne.

Chaque année durant l'été, des bancs de globicéphales passent par les eaux des îles Féroé pour se nourrir. Ils sont alors rabattus par des bateaux jusqu'aux côtes, où le banc entier, qui peut comprendre entre 200 et 300 individus, est mis à mort de façon « traditionnelle » : les animaux sont tirés jusqu'au rivage à l'aide de cordes et crochets, et tués au couteau. Cette chasse est appelée le Grindadráp. Remontant au XVIe siècle, il s'agissait à l'époque d'une chasse de subsistance, les Féringiens tirant l'essentiel de leurs ressources de la mer[25].

Sea Shepherd, en partenariat avec la fondation Brigitte-Bardot, est présente sur le sol féroïen depuis 2010 afin d'informer le public de cette activité et d'enquêter sur la manière de défendre les globicéphales contre la chasse.

Opération No Compromise[modifier | modifier le code]

L'opération No Compromise est la septième campagne de défense des baleines de la SSCS. Elle se déroule en Antarctique de 2010 à 2011. Elle engage trois bateaux : le navire amiral de la flotte Neptune, le Steve Irwin, le brise-glace de l'association, le Bob Barker, et l'intercepteur Gojira. Pour finir, l'hélicoptère Nancy Burnet complète la flotte. Le Gojira remplace l’Ady Gil, qui a sombré lors de la lutte contre les baleiniers nippons.

Opération Requiem[modifier | modifier le code]

L'opération Requiem est une campagne pour la défense des requins, qui s'oppose notamment à la pêche aux ailerons de requins. Sea Shepherd lance la campagne en 2012 aux côtés de Sharks Angels, une association de défense des requins[26]. C'est lors de cette campagne que Paul Watson est intercepté par les autorités du Costa Rica, alors qu'il tentait de stopper une opération illégale de découpe d’ailerons de requins dans les eaux territoriales du Guatemala.

Opération Icefish[modifier | modifier le code]

L'opération Icefish, lancée en 2014, s'est terminée en février 2016 avec la saisie et la destruction par les autorités indonésiennes du Viking, dernier des six navires braconniers de légine traqués par l'organisation[27],[28].

Aspects légaux[modifier | modifier le code]

Autorisation spéciale sur la chasse à la baleine[modifier | modifier le code]

Sea Shepherd engage des actions contre l'ensemble des flottes baleinières dont l'ONG considère qu'elles ne respectent pas le moratoire interdisant la chasse commerciale à la baleine, c’est-à-dire les flottes japonaise, islandaise, et norvégienne. Cependant le Japon et l'Islande conduisent des prélèvements « scientifiques » de baleine dans le cadre de permis spéciaux définis à l'article VIII de la convention suscitée. Concernant le Japon, la Commission baleinière internationale (CBI) laisse les Japonais s'arroger un quota de chasse de 1035 cétacés par an dans le cadre de recherche scientifique, bien que cette chasse soit en fait commerciale[29].

La Norvège a fait objection au moratoire en 1982[30]. Selon l'article V du texte fondateur de la Convention internationale pour la règlementation de la chasse à la baleine, les pays ayant déposé une objection à l'encontre d'une mesure dans les 90 jours suivant son adoption sont exempts des effets de cette mesure mais seulement durant 90 jours[31]. La légalité de cette chasse est donc contestée[32].

Loi locale sur la chasse au globicéphale noir[modifier | modifier le code]

En vertu de la loi n° 137 du 23 mars 1948, les Îles Féroé ont un statut d'autonomie par rapport au royaume de Danemark et de ce fait disposent de larges pouvoirs législatifs indépendants[33]. Parmi les domaines concernés par cette autonomie figure notamment une loi locale autorisant la chasse aux globicéphales dans les limites des 200 milles marins.

Drapeau[modifier | modifier le code]

Drapeau de Sea Shepherd
Le pavillon de l'association.

Le pavillon de l'ONG rappelle le drapeau pirate. Créé par l'artiste Geert Vons et coconçu avec le capitaine Paul Watson, le logo est composé d'une crosse de berger (shepherd signifie « berger » en anglais) et du trident de Neptune, qui représente l'approche interventionniste[34]. Le crâne représente la mort que les hommes infligent à la vie marine avec, sur son front, un dauphin et une baleine en forme de yin-yang symbolisant l'équilibre naturel des océans.[réf. souhaitée]

Soutiens[modifier | modifier le code]

La SSCS est soutenue par de célèbres parrains comme Brigitte Bardot[35], Pamela Anderson, Daniel Cohn-Bendit, Richard Dean Anderson, José Bové[36], la sénatrice UDI Chantal Jouanno, Nicolas Hulot, Laurent Baffie, Allain Bougrain-Dubourg, Sam Simon, Yann Arthus-Bertrand[19], la danseuse Sylvie Guillem[37] et les groupes Gojira, Red Hot Chili Peppers, Architects, Heaven Shall Burn ou encore Aerosmith[38].

L'écrivain Alice Ferney, qui soutient Sea Shepherd[39], a écrit un « roman documentaire », Le Règne du vivant, inspiré par ses actions.

Critiques[modifier | modifier le code]

Méthodes d'action[modifier | modifier le code]

La SSCS use d'abordages en pleine mer, de sabotages, et de sabordages sur des navires à quai[40] à l'aide de mines-ventouse comme ce fut le cas du Sierra en 1980 dans le port de Lisbonne[41] et des jets d'acide butanoïque[42], répulsif nauséabond rendant la viande de baleine impropre à la consommation[43],[44].

L'ONG est interdite en Namibie après que le gouvernement namibien a déclaré le groupe comme « une menace pour la sécurité nationale »[45].

Après le naufrage du Farley Mowat dans le détroit de Cabot entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, « l'organisation a affirmé que son navire avait été éperonné à deux reprises dans la soirée de dimanche par le Des Groseillers, un brise-glace de la garde côtière sur la côte est canadienne[46]. » Phil Jenkins, le porte-parole du ministère canadien des Pêches, a indiqué que les accusations de la Sea Shepherd Society « étaient totalement fausses ». Selon lui, « le Farley Mowat s'est approché du brise-glace et l'a effleuré à deux reprises. » Dans un rapport publié en 1998, le Service canadien du renseignement de sécurité a associé la Sea Sherpherd au « mouvement écologiste radical » et aux « écologistes extrémistes »[46].

L'organisation n’a pas hésité à éperonner en 1979 le baleinier Sierra, qui a coulé dans le port de Lisbonne, même si elle assure tout faire pour ne mettre personne en danger. Le Japon avait qualifié par le passé ses méthodes de terroristes. En 1986, l'ONG a coulé deux des quatre baleiniers islandais dans le port de Reykjavik[47].

Les méthodes d'actions de l'ONG ont notamment été qualifiées d'écoterrorisme par James F. Jarboe, le chef de la section terrorisme intérieur de la division antiterroriste (en) du Federal Bureau of Investigation (FBI), lors d'un discours de 2002 devant la Commission parlementaire américaine des Ressources naturelles (en)[48].

L'ONG a aussi été accusée de piraterie mais elle prétend que ses actions sont légitimées par les conventions internationales de protection de la nature, et les décisions de la Commission baleinière internationale.

Le photographe Pierre Gleizes, de Greenpeace, dénonce la violence des méthodes de Sea Sheperd pour « préserver » l'environnement, comme les mines sous-marines, les abordages, les sabordages, les lances-pierres, les bombes fumigènes et chimiques et les cordes dérivantes pour bloquer les hélices[40].

Relations avec le Japon[modifier | modifier le code]

Selon la journaliste Anne-Sophie Mercier, les Japonais considèrent Paul Watson comme un écoterroriste[19]. Toutefois, en août 2016, les opérateurs de baleiniers japonais ont annoncé un accord avec la SSCS. Cet accord ne concerne que la branche américaine de l'ONG[49].

L'Institut japonais de recherche sur les cétacés, un organisme dépendant du ministère japonais de la Pêche, entame des actions en justice contre la branche américaine de l'ONG, basée dans l’État de Washington. Ses actions ont été contestées devant la justice par l'ONG, mais la justice américaine a finalement tranché en autorisant l'institut en question à poursuivre ses actions en justice. C'est ainsi que le 25 février 2013, le juge de la cour d'appel de San Francisco, Alex Kozinski (en), lors de son jugement décrit Sea Sheperd par ces mots : « Il n'est pas nécessaire d'avoir une jambe de bois ou un bandeau sur l'œil. […] Quand on percute des navires, qu'on lance des conteneurs d'acide, qu'on jette des cordes renforcées d'acier dans l'eau pour endommager hélices et gouvernail, qu'on envoie des bombes fumigènes […], on est, sans le moindre doute, un pirate »[50].

Glenn Inwood, porte-parole de l'Institut japonais de recherche sur les cétacés basé en Nouvelle-Zélande, indique qu'une vidéo démontre la responsabilité des écologistes dans le naufrage du Ady Gil[51]. Bien que très opposé à la chasse aux baleines, le gouvernement de Nouvelle-Zélande a fait connaître son opposition aux actions de militants susceptibles de risquer des vies humaines[52].

Relations avec le Costa Rica[modifier | modifier le code]

En mai 2012, Paul Watson est arrêté en Allemagne à la suite d'un mandat d'arrêt international émis par le Costa Rica, portant sur des faits de 2002, lors d'une campagne de Sea Shepherd contre la pêche aux requins, au large du Guatemala. Les autorités du pays accusent l'ONG d'avoir enfreint le droit maritime lors de l'approche d'un bateau costaricien, le Varadero, dans le cadre du tournage du film documentaire Les Seigneurs de la mer[53].

Fonctionnement interne[modifier | modifier le code]

Un article d'Anne-Sophie Mercier, journaliste au Monde, décrit le fonctionnement de l'organisation comme étant fondé sur le culte de la personnalité : « Certains de ses détracteurs le traitent même de "gourou"[19]. »

Peter Bethune, un ex-militant néo-zélandais de l'ONG et capitaine de bateau, a accusé la direction d'avoir ordonné le sabordage de son propre bateau, l'Ady Gil, lors d'un accrochage avec un baleinier japonais en janvier 2010. Ces accusations ont été rejetées par Paul Watson[54].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur journaldelenvironnement.net.
  2. (en) « Sea Shepherd and coast guard ships collide », sur smh.com.au,‎
  3. (en) « Where, precisely, was the Farley Mowat? », sur canada.com,‎
  4. « Sea Shepherd: nouveau bateau ultra-rapide à la poursuite des baleiniers », sur fr.canoe.ca,‎
  5. « Sur les mers », sur fondationbrigittebardot.fr,‎
  6. « Homer Simpson finance le navire de Sea Shepherd », sur bilan.ch,‎
  7. (en) « The M/V Sam Simon to Join the Sea Shepherd Fleet for the Next Voyage to Antarctica », sur seashepherd.org,‎
  8. (en) « Death in the Ferocious Isles: Sea Shepherd under Escort by the Danish Navy », sur seashepherd.org,‎
  9. « Sea Shepherd annonce "l'Operation Sunu Gaal" - une campagne d’assistance à la République du Sénégal dans sa lutte contre la pêche illégale », sur seashepherd.fr,‎ (consulté le 2 mars 2014)
  10. « La Marine de Sea Shepherd continue de s'agrandir ! », sur seashepherd.fr,‎ (consulté le 1er juin 2015)
  11. « Columbus: Navire Ambassadeur au service de Sea Shepherd », sur seashepherd.fr,‎
  12. « #Grindstop2014 - Sea Shepherd présente sa nouvelle flottille », sur stop-the-grind.com,‎ (consulté le 3 décembre 2014)
  13. « La flotte de Sea Shepherd va s’enrichir de quatre bateaux réalisés en France », sur meretmarine.com,‎
  14. « Sea Shepherd sera au baptême de ses quatre bateaux », sur ouest-france.fr,‎
  15. Voir sur theguardian.com.
  16. Voir sur bioaddict.fr.
  17. « Sea Shepherd : des drones contre les baleiniers », Radio France internationale, 25 décembre 2011.
  18. a, b et c Voir sur courrierinternational.com.
  19. a, b, c, d et e Anne-Sophie Mercier, « Le militant écologiste Paul Watson, prisonnier des mers », Le Monde, le 14 septembre 2012.
  20. « La campagne Sea Shepherd de défense des baleines a permis de sauver 528 cétacés », sur seasheperd.fr,‎ (consulté le 18 novembre 2016)
  21. Voir sur lemonde.fr.
  22. Voir sur lepoint.fr.
  23. Voir sur letelegramme.fr.
  24. Voir sur huffingtonpost.fr.
  25. Reportage Thalassa sur YouTube.
  26. (en) « Defending the sharks », sur sharksangels.org (consulté le 18 novembre 2016)
  27. « "Opération Icefish" - Sea Shepherd lance une nouvelle campagne dans l’océan Austral », sur seashepherd.fr,‎ (consulté le 6 avril 2016)
  28. « Chopé-coulé ! », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 6 avril 2016)
  29. « Le Japon lance sa campagne de chasse à la baleine », sur lemonde.fr,‎
  30. « La Suisse et la Convention internationale sur la chasse à la baleine » (consulté le 18 novembre 2016)
  31. « Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine », sur droitnature.free.fr (consulté le 23 novembre 2016)
  32. « Chasse à la baleine : état des lieux », sur geo.fr,‎ (consulté le 23 novembre 2016)
  33. Home Rule Act of the Faroe Islands No. 137 of March 23 1948
  34. « Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France », sur lamaisonverte.org,‎ (consulté le 13 décembre 2016)
  35. Voir sur huffingtonpost.fr.
  36. Voir sur 20minutes.fr.
  37. « Sylvie Guillem : “J'ai envie de grands combats” », sur Le Figaro,‎
  38. Voir sur youtube.com.
  39. « "Je rends hommage aux 'éco-terroristes' !" », sur ''L'Obs,‎ (consulté le 25 janvier 2015)
  40. a et b Pierre Gleizes, « Haines et baleines », sur mediapart.fr,‎
  41. « Justicier des mers », sur lexpress.fr
  42. « Paul Watson, le pirate écolo », sur lefigaro.fr.
  43. Le Dernier Pirate, film de Dan Stone, 2008.
  44. « Sea Shepherd », sur 7skymagazine.ch
  45. Voir sur examiner.com.
  46. a et b Fausses déclarations sur 7sur7.be.
  47. Islande de Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, p. 351 lire en ligne.
  48. (en) « James F. Jarboe, Domestic Terrorism Section Chief, Counterterrorism Division, Federal Bureau of Investigation, Before the House Resources Committee, Subcommittee on Forests and Forest Health », sur archives.fbi.gov,‎  : « Since 1977, when disaffected members of the ecological preservation group Greenpeace formed the Sea Shepherd Conservation Society and attacked commercial fishing operations by cutting drift nets, acts of "eco-terrorism" have occurred around the globe. »
  49. « Accord entre les baleiniers japonais et l'ONG Sea Shepherd », sur france24.com,‎
  50. « Sea Shepherd considérée comme une organisation pirate », sur lemonde.fr,‎
  51. Responsabilité dans le naufrage de l'Ady Gil
  52. Opposition à la pêche aux baleines, mais aussi aux actions des militants anti-pêche.
  53. « Paul Watson, fondateur de l'organisation écologiste Sea Sheperd, arrêté et maintenu en détention », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  54. « Baleinier : Sea Shepherd accusé ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]