Sea-Watch

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Le Sea-Watch 2 à Hamburg en 2016

Sea-Watch est une ONG allemande qui participe au sauvetage des migrants en détresse en Méditerranée, en particulier en affrétant des navires à cet effet. En , le Sea-Watch 3 est le seul navire humanitaire au large de la Libye.

Les navires[modifier | modifier le code]

Le Sea-Watch est un ancien navire de pêche, acquis en 2015, utilisé comme bateau de sauvetage en Méditerranée jusqu'à son transfert à l'association.

Le Sea-Watch 2 est un ancien navire de recherche sur la pêche, utilisé pour des opérations de sauvetage de 14 jours entre la côte libyenne et l'île de Malte dans le sillage du Sea-Watch entre 2016 et 2017, puis vendu à l'association Lifeline.

Le Sea-Watch 3 était auparavant exploité par l’organisation non gouvernementale Médecins sans frontières.

2017[modifier | modifier le code]

Le , les marins du navire arrivent à secourir cinquante-huit personnes au cours d'une opération partiellement empêchée par la marine libyenne, pendant laquelle vingt migrants se noient[1],[2],[3]. Des images vidéo démontrant la responsabilité des gardes-côtes libyens sont utilisées pour une action en justice contre l’Italie auprès de la Cour européenne des droits de l’homme[4].

Le navire reprend la mer en [5],[6],[7], après avoir été bloqué à Malte entre juillet et octobre[8].

2019[modifier | modifier le code]

Début , le Sea-Watch 3 transporte une trentaine de rescapés mais ne peut accoster ni à Malte ni en Italie[9], ni en Espagne[10]. Le , la France, l'Allemagne et les Pays Bas proposent d'accueillir une partie des 49 migrants bloqués au large de Malte « dans le cadre d’un effort collectif de répartition »[10],[8]. Selon Mina Andreeva, porte-parole adjointe de la Commission européenne, il faut « plus de solidarité » et des « solutions prévisibles et durables pour le débarquement et la relocalisation en Méditerranée », citant le commissaire chargé des Migrations, Dimitris Avramopoulos[11].

Deux semaines après le sauvetage, 49 migrants sont toujours bloqués au large de Malte sur le Sea-Watch 3 et le Sea-Eye[12], malgré l'appel du pape François[13]. Le mercredi , ils peuvent enfin débarquer à Malte, après qu'un accord a été trouvé pour les répartir dans huit autres pays européens[14],[15]. Fin janvier, alors que le bateau transporte 47 migrants dont l'Italie refuse le débarquement, le gouvernement italien se retourne contre le gouvernement hollandais[16] et Sea-Watch saisit la Cour européenne des droits de l’homme[17]. Le , l’Italie, l’Allemagne, la France, Malte, le Portugal et la Roumanie et le Luxembourg s'accordent sur la répartition des 47 migrants secourus le par le Sea-Watch 3[18]. Matteo Salvini demande sa mise sous séquestre[18], mais le navire amarré à Catane pour débarquer les réfugiés est bloqué par l'armée italienne en raison d'une « série de non-conformités » ; l'ONG dénonce une pression politique[19]. Le , 62 migrants secourus le par le navire « Alan-Kurdi » (qui prend le nom du Syrien de 3 ans retrouvé noyé sur une plage turque[20]) sont débarqués à Malte, et répartis entre l'Allemagne, la France, le Portugal et le Luxembourg[21],[22]. Le dimanche , la saisie du navire SeaWatch 3 par la police italienne entraîne le débarquement à Lampedusa de 47 migrants recueillis le [23],[24], provoquant la colère de Matteo Salvini qui s'opposait au débarquement[24],[25].

En , le navire est à nouveau bloqué avec 53 migrants à bord, secourus le au large de la Libye[26]. L'Italie n'accepte le débarquement que de 11 personnes particulièrement vulnérables; la situation se tend le 25 lorsque la capitaine du navire menace d'accoster à Lampedusa malgré l'interdiction[27], puis entre dans les eaux territoriales italiennes, selon l'ONG « pas par provocation, mais par nécessité, par responsabilité »[28],[29],[30]. Dans son éditorial, Le Monde estime que la capitaine Carola Rackete ne fait que « rappeler à tous l’existence de conventions internationales [comme celle qui énonce que] le sauvetage en mer s’impose à tous »[31]. Dans une tribune, 700 personnalités prennent la défense des réfugiés, s'opposant à Matteo Salvini[32]. Selon une sondage publié dans le quotidien italien conservateur Il Giornale, 61 % des Italiens sont contre le fait que le Sea Watch accoste au port de Lampedusa[33]. Le navire est placé sous séquestre après avoir accosté dans la nuit du 28 au , et Carola Rackete est arrêtée pour aide à l’immigration clandestine[34] puis libérée par la justice italienne[35],[36] (voir l'article Carola Rackete pour plus de détails). La France propose d'accueillir 10 des réfugiés, et Martine Aubry annonce que Lille est volontaire[37], comme déjà en pour 42 personnes sauvées par l'Aquarius de SOS Méditerranée[38]. Bloqué pendant plus de cinq mois, le navire est relâché le , la justice italienne n'ayant trouvé aucun fondement juridique pouvant justifier sa mise sous séquestre[39].

Distinctions[modifier | modifier le code]

La maire de Paris Anne Hidalgo propose de remettre la médaille Grand Vermeil, la plus haute distinction de la Ville de Paris, aux deux capitaines du Sea-Watch 3, Carola Rackete et Pia Klemp, pour réaffirmer son « soutien aux femmes et hommes qui œuvrent au sauvetage des migrants au quotidien »[40],[41]. Pia Klemp refuse[42]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

(ca) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en catalan intitulé « Sea Watch » (voir la liste des auteurs).

Références [modifier | modifier le code]

  1. « Des chercheurs retracent le « sauvetage » désastreux de 150 migrants en Méditerranée », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 3 janvier 2019)
  2. (en-US) Charles Heller, Lorenzo Pezzani, Itamar Mann et Violeta Moreno-Lax, « ‘It’s an Act of Murder’: How Europe Outsources Suffering as Migrants Drown (Opinion) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 3 janvier 2019)
  3. « Enquête. Comment l’Europe et la Libye laissent mourir les migrants en mer », sur Courrier international, (consulté le 3 janvier 2019)
  4. « Une vidéo du «New York Times» montre comment l'Europe laisse les migrants mourir en mer », sur Libération,
  5. « Trois ONG lancent une opération de sauvetage au large de la Libye », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 décembre 2018)
  6. « « Aquarius » : « La non-assistance à personnes en danger est revenue en force en Méditerranée » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 décembre 2018)
  7. « Migrants : « Il existe une politique de criminalisation des sauvetages en mer » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 décembre 2018)
  8. a et b « Les ONG de sauvetage de migrants sont de retour en Méditerranée », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 4 janvier 2019)
  9. « Migrants en Méditerranée : l’appel de la ligue des droits de l’homme Corse », sur France Bleu, (consulté le 2 janvier 2019)
  10. a et b « La France prête à accueillir des migrants bloqués au large de Malte », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2019)
  11. « 49 migrants dans l’attente de la bonne volonté européenne », sur Bruxelles2.eu,
  12. « Migrants : les navires Sea-Watch et Sea-Eye toujours bloqués en mer », sur TV5MONDE, (consulté le 7 janvier 2019)
  13. « Migrants bloqués au large de Malte : le pape lance un appel à la solidarité européenne », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. « Les cris de joie des réfugiés du Sea-Watch en apprenant qu'ils ont enfin le droit d'accoster à Malte », sur Le Huffington Post, (consulté le 11 janvier 2019)
  15. « Scènes de joie à bord du Sea Watch avant le débarquement à Malte », sur www.voaafrique.com,
  16. « Italy vows to sue NGO over migrant rescue boat », sur www.aljazeera.com (consulté le 28 janvier 2019)
  17. « Migrants : l’ONG Sea-Watch saisit la CEDH contre l’Italie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 29 janvier 2019)
  18. a et b « L’Italie parvient à un accord sur les 47 migrants du « Sea-Watch » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 31 janvier 2019)
  19. « Le navire « Sea-Watch » bloqué en Sicile par les gardes-côtes italiens », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 1er février 2019)
  20. « Pourquoi migrer tue », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 14 avril 2019)
  21. « Quatre pays d’Europe acceptent d’accueillir les migrants bloqués depuis dix jours en mer au large de Malte », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 14 avril 2019)
  22. Le Point magazine, « Les migrants de Sea-Eye arrivent à Malte avant d'être répartis en Europe », sur Le Point, (consulté le 14 avril 2019)
  23. « Après la saisie d'un bateau de Sea Watch, des migrants débarquent à Lampedusa, malgré l'interdiction de Matteo Salvini », sur Franceinfo, (consulté le 20 mai 2019)
  24. a et b « Matteo Salvini couronné "prince" des extrêmes-droites européennes voit son autorité bafouée en Italie » [audio], sur France Culture (consulté le 20 mai 2019)
  25. « Le ministre de l’intérieur italien Salvini furieux de voir des migrants arriver à Lampedusa », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 20 mai 2019)
  26. « Réunis à Malte, les pays d’Europe du Sud, dont la France, restent en désaccord sur l’accueil des migrants », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2019)
  27. « La tension monte autour du « Sea-Watch », bloqué en mer avec 42 migrants », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 25 juin 2019)
  28. « Treize jours après avoir secouru plus de 50 migrants, le « Sea-Watch 3 » force le blocus des eaux italiennes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 26 juin 2019)
  29. « Sea-Watch 3, l'honneur de désobéir », sur France Culture (consulté le 27 juin 2019)
  30. Rouguyata Sall, « Le «Sea-Watch 3» toujours bloqué au large de Lampedusa après avoir forcé le blocus italien », sur Mediapart (consulté le 28 juin 2019)
  31. « Migrants : les leçons à l’Europe de la capitaine du « Sea-Watch 3 » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juin 2019)
  32. « « Sea-Watch 3 » : « C’est maintenant qu’il faut inverser la destruction du droit et de l’humanité » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juin 2019)
  33. (it) Sea Watch a Lampedusa: ma il 61% degli italiani non vuole che attracchi, ilgiornale.it, 27 juin 2019
  34. « Migrants en Méditerranée : le « Sea-Watch 3 » accoste à Lampedusa malgré le refus du gouvernement, sa capitaine arrêtée », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 29 juin 2019)
  35. Jérôme Gautheret, « La capitaine du navire humanitaire « Sea-Watch 3 » déclarée libre par la justice italienne », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  36. Agence France-Presse, « La justice italienne invalide l'arrestation de la capitaine du Sea-Watch 3 », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  37. « INTERVIEW. Des réfugiés du "Sea-Watch" à Lille ? Martine Aubry s'explique sur son offre d'accueil », sur France 3 Hauts-de-France (consulté le 4 juillet 2019)
  38. « Lille accueille 42 réfugiés de l'Aquarius », sur France 3 Hauts-de-France,
  39. AFP, « La justice italienne ordonne la libération du navire d’aide aux migrants « Sea-Watch 3 » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 24 décembre 2019)
  40. « Migrants : les capitaines allemandes du Sea Watch, qui ont défié Salvini, bientôt décorées par la Ville de Paris », sur Le Figaro, (consulté le 13 juillet 2019)
  41. « Migrants : deux capitaines du "Sea Watch 3" vont être décorées par la Ville de Paris », sur Franceinfo, (consulté le 19 juillet 2019)
  42. Sophie Chevallereau, « Migrants : la navigatrice Pia Klemp refuse la médaille de la Ville de Paris », Le Parisien, (consulté le 20 août 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]