Scott Ritter

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Scott Ritter
Scott Ritter by David Shankbone.jpg
Scott Ritter en 2007.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
William Scott Ritter, Jr.Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Franklin & Marshall College (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Arme

William Scott Ritter Jr., né le 15 juillet 1961 aux États-Unis, est un ancien inspecteur de la commission spéciale des Nations unies (UNSCOM) en Irak entre 1991 et 1998. Dans la période qui précède la guerre américaine en Irak en 2003, il devient l'un des détracteurs américains les plus connus de la politique des États-unis vis-à-vis de l'Irak, et, selon le New York Times, « le sceptique le plus fort et le plus crédible de l'affirmation de l'administration Bush selon laquelle Hussein cachait des armes de destruction massive ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Scott Ritter est né en 1961 dans une famille de militaires. Après des études universitaires, il rejoint l'armée et travaille comme officier du renseignement militaire dans les années 1980. Durant la guerre du Golfe (1990-1991), il est expert en missiles balistiques auprès du général Norman Schwarzkopf et fin 1991 il entre à la commission spéciale des Nations unies. Il participe à 30 missions, dont 14 en tant que chef d'équipe. Ces relations avec l'Irak sont mauvaises : ses visites non annoncées peuvent surprendre les officiers irakiens, qui, en 1997, l'accusent d'être un espion[1],[2].

Le 27 août 1998, il démissionne de la commission spéciale chargée de désarmer l'Irak. Il accuse les États-Unis et l'ONU de ne plus soutenir le travail d'inspection, affirmant que le département d'état américain a œuvré pour retarder ou empêcher des inspections. Il estime que les américains ont cédé à l'Irak et il déclare à la BBC : « L'Irak devrait être soumis à une vaste campagne visant à détruire le régime de Saddam Hussein »[1],[3]. Ensuite, jusqu'à l'invasion de l'Irak par les américains de 2003, il critique la politique américaine, mais plus de la même façon : il estime désormais que les occidentaux sont trop sévère vis-à-vis de l'Irak et fin 1998 qualifie les frappes américaines et britanniques en Irak d'« horrible erreur ».

Selon The New York Times, Scott Ritter fait ainsi « volte face » et apparaît alors, « pendant la longue période qui a conduit à la guerre » en 2003, « comme le sceptique le plus fort et le plus crédible de l'affirmation de l'administration Bush selon laquelle Saddam Hussein cachait des armes de destruction massive »[4]. D'après la BBC, il est « le plus véhément » des critiques de la politique américaine vis-à-vis de l'Irak[1].

En 1999, il publie le livre Endgame sur sa mission en Irak lorsqu'il était inspecteur. En 2000, il produit un documentaire sur le même sujet. En 2001, il affirme que l'Irak coopère de façon très significative avec le processus d'inspection de l'ONU et estime que les Etats-unis sont au bord de commettre une erreur magistrale : selon lui, « l'Irak aujourd'hui ne représente pas une menace pour ses voisins et n'agit pas de manière à menacer quiconque se trouvant en dehors de ses propres frontières »[1].

En 2002, il fait un voyage à Bagdad en Irak en tant que simple citoyen pour avertir que son pays est sur le point de commettre une « erreur historique ». Il exhorte les irakiens à permettre la reprise des inspections. Pour son insistance à dénoncer que les armes de destruction massives ne sont qu'un prétexte pour déclarer une guerre, il est exclu des médias et moqué[4].

En 2009, il est arrêté pour délinquance sexuelle sur internet. Il a communiqué par l'intermédiaire d'un site de discussion avec un policier qui se faisait passer pour un adolescent de 15 ans. Il se défend en affirmant qu'il pensait que son interlocuteur était un adulte qui assouvissait ses phantasmes. En octobre 2011, il reçoit une peine de prison de 1 an et demi au minimum et 5 ans et demi maximum. Il est mis en liberté conditionnelle en septembre 2014[4],[5],[6].

Entre 2014 et 2017, il est contributeur au HuffPost[7]. En 2017 et 2018, il publie dans The American Conservative[8].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Endgame: Solving the Iraq Problem — Once and For All (Hardcover) Simon & Schuster, 1999, (ISBN 0-684-86485-1); (paperback) Diane Pub Co, 2004, (ISBN 0-7567-7659-7)
  • (en) War on Iraq: What Team Bush Doesn't Want You to Know (avec William Rivers Pitt). Context Books, 2002, (ISBN 1-893956-38-5)
  • (en) Frontier Justice: Weapons of Mass Destruction and the Bushwhacking of America Context Books, 2003, (ISBN 1-893956-47-4)
  • (en) Target Iran: The Truth About the White House's Plans for Regime Change (Hardcover), Nation Books, 2006, (ISBN 1-56025-936-1)
  • (en) Iraq Confidential: The Untold Story of the Intelligence Conspiracy to Undermine the UN and Overthrow Saddam Hussein (Hardcover), Foreword by Seymour Hersh, Nation Books, 2006, (ISBN 1-56025-852-7)
  • (en) Waging Peace: The Art of War for the Antiwar Movement, Nation Books, 2007, (ISBN 1-56858-328-1)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en-GB) « Profile: Scott Ritter », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le 11 septembre 2019)
  2. « Scott Ritter, inspecteur «musclé» », sur Libération.fr, (consulté le 11 septembre 2019)
  3. « Scott Ritter a été sacrifié par la CIA, selon Bagdad », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 11 septembre 2019)
  4. a b et c « Autre guerre de Scott Ritter », sur New York Times, (consulté le 21 octobre 2019)
  5. (en) Michael Rubinkam, « Ex-UN inspector gets prison in Pa. sex case », sur msnbc.com, (consulté le 11 septembre 2019)
  6. « Scott Ritter paroled in online sex case », sur Times Union, (consulté le 21 octobre 2019)
  7. « Scott Ritter | HuffPost », sur www.huffpost.com (consulté le 11 septembre 2019)
  8. (en-US) « Archives de l'auteur: Scott Ritter », sur The American Conservative (consulté le 11 septembre 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]