Scille

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Scille
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
L'appellation « Scille » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après

Scille à deux feuilles (Scilla bifolia)

Taxons concernés

Parmi la famille des Hyacinthaceae :

On appelle « scille » diverses plantes herbacées de la famille des Hyacinthaceae. À l'heure actuelle, on sépare les scilles « véritables » du genre Scilla, des scilles nommées ainsi par ressemblance morphologique.

Des études récentes utilisant le séquençage de l'ADN ont montré que les espèces classées dans le genre Scilla ont une phylogénie différente. Franz Speta a ainsi proposé de diviser le genre Scilla en Scilla sensu stricto et 16 nouveaux genres[1],[2].

Les Scilla sensu lato[modifier | modifier le code]

  • En France on connaît :
    • La scille à deux feuilles, Scilla bifolia L., petite plante bulbeuse printanière, des sous-bois frais, commune dans le centre et l'est de la France, floraison de mars à avril, jusqu'à 1500 m d'altitude.
    • La scille printanière, Tractema verna (Huds.) Speta (Syn. : Scilla verna Huds.), espèce atlantique qu'on rencontre aussi dans les Pyrénées.
    • La scille lis-jacinthe, Tractema lilio-hyacinthus (L.) Speta (Syn. : Scilla lilio-hyacinthus L.), appelée aussi jacinthe des Pyrénées[3], espèce du sud-ouest de la France et le nord de l'Espagne. Le bulbe écailleux ressemble à celui d'un lis, les feuilles à celles d'un jacinthe.
    • La scille d'automne, Prospero autumnale (L.) Speta (Syn. : Scilla autumnalis L.), espèce miniature à floraison estivale et automnale d'Europe centrale et méridionale ; les feuilles apparaissent après les fleurs.
    • Prospero obtusifolium (Poiret) Speta (Syn. : Scilla obtusifolia Poir.) se rencontre dans le sud de la Corse.
    • La scille fausse-jacinthe, Nectaroscilla hyacinthoides (L.) Parl. (Syn. : Scilla hyacinthoides L.), espèce méditerranéenne, qu'on rencontre localement en Provence et dans le Languedoc, échappée d'anciens jardins.
    • La scille du Pérou, Oncostema peruviana (L.) Speta (Syn. : Scilla peruviana L.) ou jacinthe du Pérou, plante méditerranéenne et de Madère, localement introduite en France, n'a strictement rien de péruvien. Le nom vernaculaire (erroné) vient du nom du bateau (Pérou) via lequel les premiers bulbes de cette espèce ont été importés en Angleterre.
  • Ailleurs en Europe
    • La scille de Sibérie, Othocallis siberica (Haw.) Speta (Syn. : Scilla sibirica Haw.) d'Europe orientale est maintenant naturalisée dans une grande partie de l'Europe. Othocallis amoena (L.) Speta (Syn. : Scilla amoena L.), une espèce similaire d'Asie Mineure est introduite en Europe centrale.
    • En Sicile, on rencontre Oncostema hughii (Tineo ex Guss.) Speta (Syn.: Scilla hughii Tineo ex Guss.), une espèce très semblable à Oncostema peruviana.
    • La scille des prés, Chouardia litardierei (Breistr.) Speta (Syn. : Scilla litardierei Breistr.), est une espèce endémique de l'ex-Yougoslavie.
    • La péninsule ibérique possède les espèces endémiques Tractema monophyllos (Link) Speta (Syn. : Scilla monophyllos Link), Tractema odorata (Link) Speta (Syn. : Scilla odorata Link) et Tractema ramburei (Boiss.) Speta (Syn. : Scilla ramburei Boiss.).
    • Pfosseria bithynica (Boiss.) Speta (Syn. : Scilla bithynica Boiss.) se rencontre en Roumanie, Schnarfia messeniaca (Boiss.) Speta (Syn. : Scilla messeniaca Boiss.) en Grèce.

Les autres scilles[modifier | modifier le code]

  • D'autres espèces, qui sont aussi des Hyacinthaceae, sont aussi appelées "scilles" :
    • La scille penchée ou jacinthe des bois, autrefois Scilla non-scripta, maintenant Hyacinthoides non-scripta (L.) Chouard ex Rothm., aux fleurs penchées, en clochettes tubuleuses.
    • La scille d'Espagne, autrefois Scilla hispanica, maintenant Hyacinthoides hispanica subsp. hispanica, est originaire de la péninsule ibérique, mais prolifère maintenant sur la côte atlantique. Elle se distingue de la jacinthe des bois par sa tige dressée aux fleurs campanulées. Là où les deux taxons se côtoient, ils s'hybrident. Cet hybride fertile à caractéristiques intermédiaires est naturalisé dans la partie occidentale des Pays-Bas.
    • La scille d'Italie, autrefois Scilla italica, maintenant Hyacinthoides italica (L.) Rothm., espèce méditerranéenne, se rencontre localement en Provence.
    • Hyacinthoides mauritanica (Schousb.) Speta subsp. vincentina (Link & Hoffmanns.) S.Ortiz, Buján & Rodr.Oubiña - Syn. Hyacinthoides vincentina (Hoffmanns. & Link) Rothm., autrefois Scilla vincentina, remplace Tractema lilio-hyacinthus dans le nord du Portugal.
    • Les scilles sud-africaines sont actuellement placées dans les genres Ledebouria et Merwilla.
    • La Scille maritime, Drimia maritima (L.) Stearn, autrefois Scilla maritima, une espèce méditerranéenne qu'on rencontre localement en France
    • La scille éphémère Drimia fugax (Moris) Stearn et la scille à feuilles ondulées Drimia undata Stearn, deux espèces rares de Corse

Tout comme ceux des Strophanthus (ouabaïne), du muguet de mai Convallaria majalis L. (convallatoxine), du laurier-rose Nerium oleander L. (oléandroside et nérioside) et de l'adonis de printemps Adonis vernalis L. (adonidine), les hétérosides de la scille maritime (scillarène A et B) ont des propriétés cardiotoniques. Actuellement seuls ceux de la digitale laineuse Digitalis lanata Ehrh. (digoxine) et, dans une moindre mesure, de la digitale pourpre Digitalis purpurea L. (digitoxine) sont actuellement encore utilisés dans cette indication.

Histoire[modifier | modifier le code]

La scille en trochisque pouvait entrer en notable proportion dans la composition de la thériaque de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle [4].

Liens externes[modifier | modifier le code]

F. Speta, Systematische Analyse der Gattung Scilla L. (Hyacinthaceae), Phyton (Horn), 38: 1-141, 1998

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue du Genre Scilla
  2. IPNI : Reclassifications par F. Speta
  3. Ce nom venaculaire est source de confusion, car une autre plante, Brimeura amethystina, est également appelée jacinthe des Pyrénées
  4. D'après Maistral, in Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.