Schriesheim

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Schriesheim
Schriesheim
L'hôtel de ville.
Blason de Schriesheim
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Flag of Baden-Württemberg.svg Bade-Wurtemberg
District
(Regierungsbezirk)
Karlsruhe
Arrondissement
(Landkreis)
Rhin-Neckar
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Hansjörg Höfer
Code postal 69198
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
08 2 26 082
Indicatif téléphonique 06203
Immatriculation HD
Démographie
Population 15 088 hab. (juin 2018)
Densité 477 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 28′ 25″ nord, 8° 39′ 33″ est
Altitude 121 m
Superficie 3 162 ha = 31,62 km2
Localisation
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Schriesheim
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Schriesheim
Liens
Site web www.schriesheim.de

Schriesheim est une ville du Land Bade-Wurtemberg (Allemagne), située dans l'arrondissement de Rhin-Neckar, dans l'aire urbaine Rhin-Neckar, le district de Karlsruhe. Elle est peuplée de 15 088 habitants (2018).


Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est située entre l'Odenwald et la vallée du Rhin, à 8 km au nord de Heidelberg, à 8 km au sud de Weinheim et à 13 km à l'est de Mannheim.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque romaine
Les Romains étaient présents dans la région avec des fortifications à Lopodunum, sur la commune actuelle de Ladenburg, et à Heidelberg. Six fermes domaniales romaines (villae rusticae) dont les vestiges furent trouvés lors de fouilles archéologiques aux environs de l'ancienne fortification de Lopodunum ont été répertoriées. En 1766, on en découvrit une à Schriesheim lors des travaux. Le Prince électeur Carl-Theodor (1724-1799) ordonna ensuite des fouilles et le lieutenant-ingénieur Ferdinand Denis mit au jour le plan d'un immeuble rectangulaire. Le président de l'académie des sciences de Mannheim Johann Daniel Schöpflin (1649-1771) analysa par la suite ce qui avait été trouvé dans les caves de l'ancienne ferme domaniale. Y figuraient entre autres des déchets de tessons d'argile, des pierres taillées ainsi que des os. Schöpflin en déduisit qu'il s'agissait d'un lieu de culte et que les tessons d'argile représentaient des vestiges d'urnes dans un columbarium. La fouille finie, on combla le champ de fouilles et le Prince électeur fit ériger une stèle dont l'inscription portait l'interprétation de Schöpflin: SEPULCRI ROMANI / COLUMBARIUM / SAECULUM COENACIUM / CONTINENTIS / FUNDAMENTA / ANNO MDCCLXVI / DETECTA / LOCUS HIC TECIT (Ce lieu-ci couvre les fondations d'une sépulture romaine qui comprenait un columbarium, un sanctuaire et un réfectoire que l'on mis au jour en 1766.)[1] L'interprétation de Schöpflin fut finalement réfutée en 1970/71 lorsque l'on bâtit la bretelle d'accès à l'autoroute. Des nouvelles fouilles furent entreprises et révélèrent que ce qui avait été classé comme une sépulture était en fait la cave d'une ferme domaniale où on stockait à l'époque du vin et de l'huile. Aujourd'hui, on peut visiter une réplique de cette cave dans le sous-sol de la mairie de Schriesheim. La stèle a changé plusieurs fois de lieu depuis son édification en 1766. Aujourd'hui elle se trouve près de la bretelle d'accès à l'autoroute 5.

Le Moyen Âge
Bien que l'on ait trouvé des vestiges d'une ferme domaniale romaine sur le finage de Schriesheim, on ne peut pas parler d'un village portant le nom de Schriesheim avant le début du VIIIe siècle. Ils existent des actes de donation aux monastères d'Ellwangen et de Lorsch qui datent de 764 et de 766. Les abbés des deux monastères furent désormais les seigneurs de Schriesheim. Schriesheim est, comme beaucoup de communes dont le nom se termine avec le suffixe -heim, un village qui fut vraisemblablement fondé par les Francs.

Au cours du XIIIème siècle, la famille noble des Strahlenberg, qui étaient les intendants (Vögte) du monastère d’Ellwangen à Schriesheim, renforça son influence sur la ville[2]. La famille régnait de facto sur la ville et c’est pourquoi qu’ils bâtirent en 1235 le château Stahlenburg. L’édification de ce château fut illégale car le domaine sur lequel il fut érigé appartenait à la monastère d’Ellwangen dont les Strahlenberg n’étaient que les intendants (Vögte). Comme le monastère ne pouvait pas s’emparer de moyens militaires contre la famille des Strahlenberger, l’abbé d’Ellwangen demanda l’empereur allemand de proscrire Conrad I de Strahlenberg. À la fin, l’empereur refusa la proscription du noble et un arrangement entre le monastère et la famille de Strahlenberg fut conclu. Suite à cet arrangement de 1338, Conrad I reçut le château comme fief à titre héréditaire. En revanche il devait céder ses biens propres au monastère qui lui furent donnés aussi comme fief à titre héréditaire par le monastère. Au bout du compte, cet arrangement fut plus avantageux pour lui qu’il n’apparait à première vue.

La fondation de la ville
Noble ambitieux, Conrad Ier ne voulait pas se contenter d’un château mais désirait aussi devenir le seigneur d’une ville. C’est pourquoi qu’il commença à bâtir une ville fortifiée sur le terrain de son fief au-dessous du château. Les travaux finis, la ville et le château formaient ensemble une fortification militaire. On ignore la date précise de la fondation de la ville. Les Strahlenberg étaient cependant membres de la confédération rhénane de villes (Rheinischer Städtebund) en 1256. D’après plusieurs indices, il est vraisemblable que la ville fut fondée entre 1240 et 1245.

Après la fondation de la ville, une église fut édifiée au même lieu ou se trouve aujourd’hui le temple protestant. La vieille église au sud de l’impasse de ruisseau (« Bachgasse ») fut abandonnée. En plus, une maison seigneuriale, la cour des Strahlenberg (« Strahlenberger Hof »), fut bâtie. Cette maison représentative avec ses murs de pierre d’une épaisseur de deux mètres est avec ses plus de 700 ans la maison profane la plus vieille de la région qui est encore habitée. Aujourd’hui, elle abrite un restaurant de haute gastronomie, le Strahlenberger Hof.

La famille de Strahlenberg subit un déclin lent et ils vendirent finalement la ville, le château et les droits domaniales au comte palatin de Heidelberg. Schriesheim gardait pourtant ses privilèges urbains.

La perte des privilèges urbains

Après la mort du roi Ruprecht en 1410, le Palatinat du Rhin fut partagé entre ses quatre fils. Schriesheim revint d’abord à Otto, le dernier fils de Ruprecht. En 1448 un échange de territoire fut conclu entre Otto et son frère Stephan, le comte palatin de Simmern et Zweibrücken et la ville revint finalement à Stephan dans le cadre de cet échange. La ligne Simmern-Zweibrücken se divisa en 1459 et Schriesheim resta avec les Simmern qui donnèrent la ville en nantissement au chevalier Hans de Sickingen, moyennant la somme de 4 000 florins. Le comte palatin Ludwig de Veldenz-Zweibrücken retira Schriesheim en 1468. Le suzerain de Schriesheim était à partir de 1460 le prince-doyen d’Ellwangen (Fürstpropst), le successeur juridique des abbés du monastère.

Au cours du démêlé de Wissembourg (Weißenburger Fehde) entre le prince-électeur Friedrich Ier et Ludwig Ier de Veldenz-Zweibrücken, Friedrich commença à assiéger Schriesheim et le château Strahlenburg le . Dimanche, le il prit d’assaut le château puis la ville. Martin Merz, le canonnier du Palatinat du Rhin, commanda la canonnade qui précéda la prise de la ville. Les vainqueurs demandèrent aux citoyens de Schriesheim la somme 400 florins et toutes les provisions de vin comme rançon pourque la ville ne fût pas brûlée. En plus, ils firent raser les fortifications et les tours de garde, le rempart fut démoli et le fossé fut aplani. Les fortifications perdues, il ne restait que le droit d’avoir un marché comme privilège urbain qui fut aussi aboli. Ainsi la ville perdit le privilège urbain et redescendit au statut d’un simple village. Malgré la perte du privilège urbain, on installa la juridiction de la circonscription (le Zent) à Schriesheim qui fit du village un lieu important dans la région. Après plus de cent ans, en 1579, le prince électeur de Heidelberg raccorda aux citoyens de Schriesheim le privilège d’avoir un marché. Le marché de Saint Matthieu (Matthaisemarkt), qui a dès lors lieu pendant la première semaine du mois de mars, se dérive de ce privilège.

Économie[modifier | modifier le code]

La région a développé une activité minière (argent, vitriol, transformée en activité touristique, par ex la mine Anne-Elisabeth .

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église catholique Maria-Himmelfahrt.
  • Temple protestant.
  • Strahlenburg, château en ruine.
  • La mine de Anna-Elisabeth

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dirk Hecht: Die römische Villa aus dem Gewann „Schanz“. Wie der römische Keller in das Rathaus kam. Schriesheimer Jahrbuch 2009, 2009, p. 9–27
  2. (de) Dirk Hecht, « Schriesheim zur Zeit der Staufer », Schriesheimer Jahrbuch,‎ , p. 19-44

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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