Schnellboot

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Schnellboot
Image illustrative de l'article Schnellboot
Un S-Boot battant pavillon blanc de la capitulation de la Base des Forces côtières HMS Beehive, Felixstowe, mai 1945

Autres noms S-boot ou E-boat
Type Vedette-torpilleur
Histoire
A servi dans Guerre civile espagnole
Naval Jack of Spain.svg Armada espagnole (Utilisé par les Nationalistes)

Seconde Guerre mondiale
War Ensign of Germany (1938-1945).svg Kriegsmarine
Naval Ensign of the Kingdom of Yugoslavia.svg Royaume de Yougoslavie
Flag of Italy (1861-1946) crowned.svg Royaume d'Italie
Naval Jack of the Republic of China.svg Marine de la République de Chine

Après-guerre
Naval Ensign of Denmark.svg Marine royale danoise
Flag of Norway, state.svg Marine royale norvégienne
Naval Ensign of the People's Republic of China.svg Marine chinoise
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Naval Ensign of Germany.svg Deutsche Marine
Naval Jack of Spain.svg Armada espagnole
Équipage
Équipage 24–30
Caractéristiques techniques
Longueur 32.76 m
Maître-bau 5.06 m
Tirant d'eau 1.47 m
Propulsion 3: Daimler Benz twenty-cylinder marine diesel engines MB 501; 3,960 ch
Vitesse 43.8 nœuds (81,1 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement 2 tube lance-torpilles de 533 mm avec deux chambres pour le rechargement (soit un total de 4 torpilles)

1 canon de 20 mm
1 canon Bofors 40 mm

Rayon d'action 800 nm (1500 km) à 30 nœuds (56 km/h)

Généralement, le terme Schnellboot ou S-Boot (« bateau rapide »), est la désignation pour les vedettes lance-torpilles de la marine allemande depuis 1932.

En particulier, elle s'applique à ce type de bateau qui servit pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Schnellboot s'appelait alors un E-boat (E-bateau) par les Alliés[1],[2], il est communément admis que le « E » signifie « ennemi », mais il est possible qu'il se tenait pour "Eilboot" ("bateau pressé" )[3],[4].

Le S-boot est beaucoup plus grand que le PT boat américain et le Motor Torpedo Boat britannique. Le S-Boot est mieux adapté à la mer ouverte et d'une portée beaucoup plus longue (environ 700 milles nautiques).

Histoire[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

À la suite du traité de Versailles, la production militaire de l'Allemagne a été considérablement réduite. En revanche, les petits patrouilleurs n'ont été soumis à aucune restriction. La lignée des S-Boote peut être retracée à partir d'un yacht privé, appelé Oheka II, qui avait été construit en 1927 pour un riche financier et mécène des arts, Otto Hermann Kahn, par la société allemande de construction navale Lürssen.

Cette conception a été choisie pour des théâtres d'opérations où des bateaux devaient se trouver, la mer du Nord, la Manche et les Atterrages occidentaux (zone rectangulaire de l'océan Atlantique située sur la côte ouest de Grande-Bretagne). L'exigence d'une bonne performance dans les mers agitées dicta l'utilisation d'une coque à déplacement à fond rond plutôt que de la coque à fond plat qui était plus habituelle pour les petits bateaux à grande vitesse. Lürssen a surmonté de nombreux inconvénients d'une telle coque, et, avec le Oheka II, a produit un navire qui était rapide, solide et qui avait un bon état de navigabilité. Cela a attiré l'intérêt de la marine allemande, qui en 1929 a ordonné un bateau similaire, mais équipé de deux tubes lance-torpilles. Ce fut le S-1, et a servi de base pour tous les futurs S-boote.

Après avoir expérimenté le S-1, les Allemands ont apporté plusieurs améliorations à la conception. De petits gouvernails ont été ajoutés de chaque côté de la gouverne de direction principale qui pouvait être orientée à 30 degrés, créant à grande vitesse ce qui est connu comme étant l'effet de Lürssen[5]. Cela crée "une poche d'air légèrement derrière les trois hélices, augmentant leur efficacité, et réduisant la vague de proue et permettant de maintenir le bateau à une attitude presque horizontale "[6]. Cela a été une innovation importante puisque l'attitude horizontale légèrement levée de la poupe, a permis encore plus de rapidité et a réduit la vague de proue rendant les S-boot plus difficiles à voir, en particulier la nuit.

Opérations avec la Kriegsmarine[modifier | modifier le code]

Transport de mines sur un Schnellboot
Canon de 20 mm de poupe sur un Schnellboot
Chargement de torpilles sur un Schnellboot

Au cours de la Seconde Guerre mondiale les S-Boote ont coulé 101 navires marchands totalisant 214 728 tonnes[7]. En outre, ils ont coulé 12 destroyers, 11 dragueurs de mines, 8 navires de débarquement, 6 vedettes de combat, 1 torpilleur, 1 mouilleur de mines, 1 sous-marin et un certain nombre de petits navires marchands. Ils ont également endommagé 2 croiseurs, 5 destroyers, 3 navires de débarquement, 1 navire de réparation, 1 remorqueur et de nombreux navires marchands. Les mines marines posées par les "S-Boote" ont été responsables de la perte de 37 navires marchands totalisant 148 535 tonnes, un destroyer, deux dragueurs de mines et de quatre navires de débarquement[7].

En reconnaissance pour leur service, les membres d'équipages de Schnellboot se sont vus attribuer la Croix de fer à 23 reprises et la Croix allemande en or en 112 occasions[7].

Théâtres d'opérations[modifier | modifier le code]

au fil du conflit les Schnellboot opéreront dans l'océan Arctique (4 vedettes), au large de la Norvège, en Mer du Nord, dans la Manche, dans la mer Baltique et en Méditerranée ainsi que sur la Mer Noire après un transport par route et la descente du Danube

Opération Tigre[modifier | modifier le code]

Article principal : Opération Tigre.

L'opération Tigre devait être une dernière répétition avant le débarquement en Normandie (l'Opération Neptune) qui dura du 22 au .

La nuit suivante, il était prévu d'effectuer un exercice de débarquement de matériel lourd avec neuf bateaux de débarquement (Landing Ship Tank ou LST). Le lent convoi de ces navires faisait une ligne ininterrompue de 8 km de long.

Le , 9 Schnellboot quittent le port de Cherbourg, afin d'intercepter 2 convois signalés au large de la presqu'île de Portland. À cause du brouillard, elles manquent les convois mais tombent par hasard, dans la baie de Lyme, sur 8 gros LST américains en cours de répétition de débarquement dans le cadre de l'opération Tigre, escortés seulement par la corvette HMS Azalea (en), leur radios non calées sur la même fréquence.

Le convoi devait théoriquement être protégé également par le HMS Scimitar, un destroyer de la Première Guerre mondiale, mais ayant subi des dégradations après une collision, celui-ci resta au port de Plymouth pour des réparations. Son remplaçant n'était pas encore en place à l'arrivée des S-Boote.

Bien que l'alerte au S-Boote ait été donnée 2 heures plus tôt, l'incompréhensible lenteur du convoi de débarquement permet aux vedettes rapides de torpiller les LST 507 et 531 et d'endommager gravement le LST 289. Quoique repérées par les Britanniques, les vedettes ne furent pas signalées aux Américains. Par manque de coopération entre l'U.S. Army et l'U.S. Navy, beaucoup de GI's périrent noyés dans la Manche ou bloqués dans les LST coulés ou encore d'hypothermie. En un quart d'heure à peine, l'attaque causa la mort de 198 marins et 551 soldats, soit au total 749 et en blessa une centaine d'autres.

Variantes[modifier | modifier le code]

La conception du Schnellboot a évolué au fil du temps. Le premier avait une paire de tubes lance-torpilles sur le pont avant.

Mais au vu de l’expérience des combats et de la montée en puissance des alliés les Schnellbootes vont évoluer pour augmenter leur puissance de feu (notamment anti-aérienne) ainsi que leur protection[8] :

- carénage des tubes lance-torpilles (à partir de la S26)

- canon de proue de 20 mm dans une baignoire en creux qui protège mieux le tireur à partir de la S62 à la place de la mitrailleuse sur affût (cet aménagement sera aussi installé sur des modèles plus anciens).

- canon de 20 mm à la poupe (à partir de la S62), puis de 40 mm de type Bofors à partir de la série S100 (ou canon de Flak L38 de 37 mm)

- poste de pilotage profilé et blindé « Kalottenbrucke » (à partir de la S150)

- affut quadruple Flak Vierling L38/43 de 20 mm à la poupe à partir de la S171, ainsi que 2 canons de 20 mm au milieu.

d’autres configurations existeront avec des affûts doubles ou quadruples de mitrailleuses MG 34 au milieu du bâtiment ainsi qu’avec un affût double de Flak L38.

Les moteurs aussi seront remplacés par des modèles plus puissants :

- MB502 de 1320 Cv à partir de la S30

- MB 501 de 2000 Cv

- MB 511 qui passeront la puissance à 2500 Cv, vitesse max : 42 nœuds

Des radars passifs (un puis deux) seront installés à partir de l’hiver 1943 pour prévenir d’une détection en cours par l’aviation de patrouille alliée (portée 10 miles, modèle FuMO 62 Hohentwiel et FUMB 10 Borkum).

Classe S-2[modifier | modifier le code]

Les premières productions des S-Boote en 1931 qui étaient fondées à partir du S-1.

Classe S-7[modifier | modifier le code]

Construit en 1933 et 3 d'entre eux ont été vendus à la Chine.

Classe S-14[modifier | modifier le code]

Amélioration du S-7 en 1934. La coque est élargie.

Classe S-18[modifier | modifier le code]

Types développés en temps de guerre[modifier | modifier le code]

Classe S-26[modifier | modifier le code]

Entré en service en 1940. Coque de 40 m de long. Tubes lance-torpilles couverts par le pont avant.

Classe S-30[modifier | modifier le code]

Classe S-38[modifier | modifier le code]

Classe S-38-B[modifier | modifier le code]

Amélioration de la classe S-38 avec pont blindé. Divers armement dont le canon Bofors de 40 mm ou le canon anti-aérien de 20 mm (Flak) L38 à l'arrière, et la mitrailleuse MG-34 au milieu du navire

Classe S-62[modifier | modifier le code]

À partir de 1943. canon anti-aérien L38 de 20 mm à l'avant.

Classe S-100[modifier | modifier le code]

2 × canon anti-aérien de 20 mm au milieu du navire et canon de 37 mm (ou 40 mm Bofors) à l'arrière.

Classe S-151[modifier | modifier le code]

Poste de pilotage surbaissé et blindé (Kalottenbrucke)

type 700
Proposition de conception tardive avec des tubes lance-torpilles arrière et tourelle de 30 mm avant. Huit bateaux construits, mais qui s'est terminée aux spécifications de conception du S-100

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Guerre d'Espagne
Naval Jack of Spain.svg Armada espagnole
Seconde guerre mondiale
War Ensign of Germany (1938-1945).svg Kriegsmarine
Naval Ensign of the Kingdom of Yugoslavia.svg Royaume de Yougoslavie
Flag of Italy (1861-1946) crowned.svg Royaume d'Italie
Naval Jack of the Republic of China.svg Marine de la République de Chine
Après-guerre
Naval Ensign of Denmark.svg Marine royale danoise
Flag of Norway, state.svg Marine royale norvégienne
Naval Ensign of the People's Republic of China.svg Marine chinoise
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Naval Ensign of Germany.svg Deutsche Marine
Naval Jack of Spain.svg Armada espagnole

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Steve Wilson, « Enemy Boats », Military.com
  2. (en) « E-Boats », British Military Powerboat Trust
  3. (en) James F. Tent, E-Boat Alert: Defending the Normandy Invasion Fleet, Annapolis, Naval Institute Press, (ISBN 978-1-55750-805-8), p. 244
  4. (en) George Davidson, Catherine Schwarz, Jock Graham, M. A. Ruth Martin, Chambers Concise Dictionary, Édimbourg, Chambers, (ISBN 978-0-550-10570-7), p. 322
  5. Harold E. Saunders, Hydrodynamics in ship design, Volume 1, Society of Naval Architects and Marine Engineers, (ISBN 978-99914-0-571-1), p. 586
  6. (en) « Schnellboot! An Illustrated Technical History - Design, Manufacture and Detail » (consulté le 16 décembre 2009)
  7. a, b et c (en) Connelly&Krakow, 2003. p. 54
  8. Jean-Philippe Dallies-Labourdette, S-Boote, les vedettes rapides de la Kriegsmarine, Paris, Histoire & Collections, , 176 p. (ISBN 2-913903-48-7), P 30, P60, ...

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]