Schinus terebinthifolius

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Schinus terebinthifolius
Description de cette image, également commentée ci-après
Branches de Schinus terebinthifolius
chargées de leurs « baies roses »
Classification APG III (2009)
Règne Plantae
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
Clade Noyau des Dicotylédones vraies
Clade Rosidées
Clade Malvidées
Ordre Sapindales
Famille Anacardiaceae
Genre Schinus

Espèce

Schinus terebinthifolius
Raddi, 1820

Schinus terebinthifolia[1], le faux-poivrier, est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Anacardiaceae, originaire d'Amérique du Sud. C'est un arbre dioïque, à feuilles persistantes, dont les fruits constituent l'épice connue sous les noms de « poivre rose » ou « baies roses ».

Originaire d'Amérique du Sud (Brésil), il est aujourd’hui exploité pour ses baies dans d'autres régions tropicales, comme La Réunion ou Madagascar. Cette espèce se comporte dans certaines régions, notamment aux États-Unis[réf. souhaitée] et en Nouvelle-Calédonie[2], comme une adventice ligneuse agressive, devenant parfois une plante envahissante.

Noms vernaculaires 
baie rose, encens, faux poivrier, poivre marron, poivre rose, poivrier d'Amérique, poivrier du Brésil[3].

Description[modifier | modifier le code]

Port[modifier | modifier le code]

Schinus terebinthifolius est un arbre qui peut atteindre de 3 à 10 mètres, occasionnellement 15 mètres, de hauteur[4],[3], avec un tronc de 10-30 cm de diamètre (parfois 60 cm)[3].

Feuille de Schinus terebinthifolius. Le limbe peut être entier comme ci-dessus, ou dentelé.

Feuilles[modifier | modifier le code]

Ses feuilles, persistantes, alternes, imparipennées de 7,5 à 15 cm de long, comptent généralement 5, 7 ou 9 folioles elliptiques ou oblongues, sessiles opposées, sauf la dernière[3]. Le limbe est entier ou dentelé, sa base et son sommet sont en coin[5].

Fleurs[modifier | modifier le code]

Les fleurs sont groupée en grappes (panicules) de 2,5-10 cm de long, très ramifiées, situées principalement à la base des feuilles supérieures. Fleurs mâles et fleurs femelles apparaissent sur des pieds différents (espèce dioïque)[3]. Elles dégagent une odeur poivrée, ou une odeur de térébinthe.

Les fleurs d'environ 3 mm de long et de large comprenne un calice formé de cinq minuscules sépales verts pointus, une corolle de cinq pétales blanc crème étalés de moins de 3 mm de long, 10 étamines ou un pistil avec un ovaire arrondi, un style court et un stigmate[3]. Elles sont mellifères[6] et permettent la production d'un miel discrètement parfumé.

Baies roses

Fruits[modifier | modifier le code]

Les fruits, appelés «  baies roses », sont des drupes de 4 à 5 millimètres de diamètre, groupées en grappes denses, de couleur rouge vif, conservant le calice à la base, avec une pulpe brune résineuse aromatique, légèrement amère. Ils contiennent une graine elliptique, brun clair, de moins de 3 mm de long[3],[4], possèdent une odeur poivrée.

Ecorce[modifier | modifier le code]

L'écorce est brune et légèrement pustuleuse[5].

Sève[modifier | modifier le code]

L'arbre secrète une sève résineuse odorante, suggérant de la térébenthine, devenant noirâtre lorsqu'elle est exposée à l'air[3].

Germination de graines de Schinus terebinthifolius

Distribution et caractère envahissant[modifier | modifier le code]

L'espèce, originaire du Brésil[7], a été introduite dans diverses contrées tropicales où elle s'est souvent montré très envahissante.

Le fait que le Schinus terebinthifolius supporte bien l'ombre et produise beaucoup de fruits dont les graines germent facilement contribue à expliquer sa prolifération[5].

En Nouvelle-Calédonie[modifier | modifier le code]

En Nouvelle-Calédonie, où elle est présente depuis au moins 1882, cette espèce prolifère sur des milliers d'hectares le long de la côte ouest et sur les îles Loyauté, sous forme de petits buissons presque impénétrables. Il est fréquent d'en voir à Nouméa sur le bord des routes. L'ombre de ces buissons empêche ou ralentit fortement le développement d'autres espèces[5]. Le Code de l'environnement de la Province Sud interdit l’introduction dans la nature de cette espèce ainsi que sa production, son transport, son utilisation, son colportage, sa cession, sa mise en vente, sa vente ou son achat[8].

Usages[modifier | modifier le code]

Les fruits sont consommés et appréciés pour leur goût légèrement poivré.

Les feuilles sont utilisées dans certains plats vietnamiens[6].

À La Réunion, le miel de baies roses est un miel que l'on trouve couramment sur les marchés.

En Nouvelle-Calédonie, l'arbre a été introduit à Maré comme pare-feu[6].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de l'espèce vient du grec schinos signifiant « lentisque », car l'arbre produit un suc semblable à la résine des lentisques, et terebinthifolius, « à feuilles de pistachier »[réf. souhaitée].

Variétés[modifier | modifier le code]

  • Schinus terebinthifolius var. raddianus, Engl.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Catalogue of Life : Schinus terebinthifolia Raddi », sur www.catalogueoflife.org (consulté le 8 février 2019)
  2. Vanessa Hequet, Mickaël Le Corre, Frédéric Rigault, Vincent Blanfort, Les espèces exotiques envahissantes de Nouvelle-Calédonie, IRD, Institut de Recherche pour le Développement, , 87 p. (lire en ligne), p. 17
  3. a b c d e f g et h (en) « Schinus terebinthifolius (Brazilian pepper tree) », sur Invasive Species Compendium (ISC), CABI (consulté le 28 mars 2018).
  4. a et b «  Schinus terebinthifolius Raddi - Anacardiaceae - Dicotylédone », sur IDAO, Cirad.
  5. a b c et d Groupe espèces envahissantes, Plantes envahissantes pour les milieux naturels de Nouvelle-Calédonie, Nouméa, APICAN - Agence pour la Prévention et l'Indemnisation des Calamités Agricoles ou Naturelles, , 222 p., p. 176
  6. a b et c Bernard Suprin, Mille et une plantes en Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Editions Photosynthèse, , 382 p. (ISBN 9782952731638), p. 73
  7. (en) « 2. Schinus terebinthifolius Reddi, Mem. Mat. As. Soc. Ital. Sci. 18:399. 1820. R.R. Stewart, l.c. », sur Flora of Pakistan (consulté le 28 mars 2018).
  8. Code de l'environnement de la Province Sud, Nouméa, , 346 p. (lire en ligne), p. 147