Savary de Mauléon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Savary Ier de Mauléon)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mauléon.
Savary III de Mauléon
Savary de Mauléon à cheval (Chansonnier provençal, première moitié du XIIIe siècle).
Savary de Mauléon à cheval (Chansonnier provençal, première moitié du XIIIe siècle).
Fonctions
Sénéchal de Poitou et de Saintonge

(7 ans, 3 mois et 7 jours)
Monarque Jean Ier
Prédécesseur Robert de Tourneham
Successeur Yvon VII de La Jaille
Sénéchal de Poitou et de Gascogne

(environ 2 ans et 2 mois)
Monarque Henri III
Prédécesseur Philippe de Ulcot
Successeur Fin de la souveraineté du roi d’Angleterre
Biographie
Titre complet Seigneur de Châtelaillon, de Talmont, de Benon, d’Angoulins et de Fontenay
Date de décès
Sépulture Église abbatiale de Saint-Michel-en-l’Herm

Savary de Mauléon[a], mort le , est un noble et un troubadour poitevin.

Important seigneur du Bas-Poitou au XIIIe siècle, il sert successivement et alternativement les rois d’Angleterre et ceux de France, dans un contexte marqué par le conflit dynastique entre Capétiens et Plantagenêt.

Famille[modifier | modifier le code]

Savary, probablement né dans les années 1170, est le fils de Raoul II de Mauléon, seigneur de la Rochelle et de et d’Alix Chabot, dame de Ré[b].

En premières noces, Savary épouse Belle-Assez de Pareds, dame de Chantemerle et de Pouzauge, fille de Guillaume de Pareds, seigneur de Pouzauge et de Pareds[3]. De l’union naissent trois filles :

  • Marquise (ou Belle-Assez) de Mauléon (1202-1238), dame de Mauléon et de Pouzauge[4], qui s’allie à Guillaume de Lusignan, seigneur de Mouchamps et de Vouvent ;
  • Alix de Mauléon (vers 1203-1252), qui épouse Guy Ier de Thouars, vicomte de Thouars, et hérite de sa sœur des titres de dame de Mauléon, de Pouzauge et de Sigournay ;
  • une hypothétique fille, mariée à Geoffroy IV de Tonnay-Charente, seigneur de Montendre.

Savary de Mauléon aurait épousé, selon un acte de 1227, Amable du Bois en l’église Saint-Nicolas de la Tranche. Un fils, Raoul de Mauléon (futur Raoul IV), naît de cette union douteuse quant à sa légitimité. Cet enfant est légitimé par l’évêque de Bordeaux sur ordre du pape et par Henri III par lettres patentes du [5].

Savary entretient des relations avec d’autres maîtresses, notamment Guillemette de Bénauges, femme de Gascogne, épouse du seigneur de Langon et de Saint-Macaire[6], ou encore Mahaut de Montagnac[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Combattant au côté d’Arthur de Bretagne, Savary est capturé en 1202 lors de la bataille de Mirebeau puis emprisonné dans le château de Corfe pendant l’invasion française de la Normandie. Néanmoins, deux ans plus tard, le roi Jean le libère et, après l’avoir converti à la cause angevine, le nomme sénéchal de Poitou en 1205.

En 1211, il apporte son soutien à Raymond VI de Toulouse à Castelnaudary, mais les forces albigeoises y sont assiégées par Simon de Montfort. À la suite de ce combat, il tombe en disgrâce du roi Jean et perd la sénéchaussée de Poitou.

Dans le cadre du conflit opposant les Capétiens aux Plantagenêt, Savary de Mauléon offre ses services à Philippe Auguste qui lui donne le commandement en 1212 d’une flotte à l’origine — avec les troupes du mercenaire Lambert Cadoc — du pillage du port de Damme, dans le comté de Flandre.

Alors qu’un souvelèvement de barons du royaume d’Angleterre s’esquisse en 1215, après la promulgation de la Magna Carta, Savary sert de nouveau le roi Jean dans la lutte contre les rebelles. En 1216, il est l’un des serviteurs posés sur le testament du roi pour gouverner l’Angleterre par le biais d’un conseil de régence pendant la minorité du roi Henri III.

En 1219, Savary de Mauléon s’embarque dans la cinquième croisade depuis la côte poitevine pour l’Égypte, soumise au Sultanat ayyoubide ; il est présent lors de la prise de Damiette.

De retour en Poitou, il est de nouveau désigné sénéchal par le souverain Plantagenêt en 1221. À ce titre, il défend les villes de Saintonge contre les exactions du roi Louis VIII en 1224. Accusé d’avoir livré la Rochelle aux forces du roi de France, il rejoint Louis VIII et défend pour la Couronne de France les côtes de la Saintonge et de l’Aunis contre les Anglais.

En 1227, Savary de Mauléon prend part à une rébellion de seigneurs d’Anjou et de Poitou contre le jeune Louis IX.

Mort le , il est inhumé dans le chœur de l’église abbatiale de Saint-Michel-en-l’Herm le suivant.

Domaine poitevin[modifier | modifier le code]

La famille de Mauléon est à la tête d’une puissante baronnie dans le Poitou, dans l’orbite de l’Empire angevin.

Raoul III, père de Savary de Mauléon, aurait succédé à Elbes de Mauléon en 1180. Son domaine, sans doute amputé de la seigneurie de Talmont — possédée par les seigneurs de la maison Plantagenêt, s’étend sur une grande partie de la partie occidentale du Poitou notamment sur les fiefs de Mauléon et de Fontenay. Accompagnant Richard Cœur de Lion pendant la troisième croisade, le fidèle Raoul obtient la jouissance de terres à son retour de Terre sainte. En effet, un traité du de Jean sans Terre lui attribue le château de Talmont, celui de Benon (Aunis), le Talmondais, les Moutiers, Curzon et l’île de Ré ; en échange, les Mauléon s’engagent à renoncer à leur droits sur la Rochelle[7].

En raison d’un droit de viage propre au Bas-Poitou, l’oncle de Savary, Guillaume, succède à Raoul III à la mort de ce dernier, en 1200. Néanmoins, Savary tient en possession des fiefs concentrés sur l’Aunis et la Saintonge, entre Angoulins, Benon, Châtelaillon et l’île de Ré[1]. À la mort de Guillaume, le , la puissance territoriale de Savary est au moins doublée ; ses possessions s’étendent sur tout l’océan Atlantique entre Châtelaillon et Olonne. Héritant non seulement de son oncle à Talmont, Mauléon, Fontenay, Saint-Michel-en-l’Herm, les Moutiers, dans l’Olonnais et le Talmondais, Savary de Mauléon, par sa femme Belle-Assez, est maître de Pouzauge, Chantemerle et Pareds[8].

En 1218, en , Savary attribue aux religieux de la chapelle Saint-Nicolas de la Chaume le droit d’ériger un village où seront accueillis des hommes étrangers à son domaine. Ces terres et droits concédés sont à l’origine de la fondation des Sables-d’Olonne[9].

Marin et pirate redouté, à la tête d’une flotte importante, il possède les ports et forteresses de l’Aiguillon, du Port-la-Claye, de Saint-Michel-en-l’Herm et de Talmont[10].

Postérité[modifier | modifier le code]

Savary de Mauléon prête son nom à des rues de Châtelaillon-Plage, Saint-Martin-de-Ré et à Fontenay-le-Comte ainsi qu’à une impasse de Talmont-Saint-Hilaire.

Aux Sables-d’Olonne, un établissement scolaire général et technologique, surnommé le « lycée Bleu », est dénommé lycée Savary-de-Mauléon en son honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Savary de Mauléon est aussi connu sous diverses variantes de son prénom : Savari, Savaric ou Savaury. Ses noms de règne sont ou bien « Savary Ier » ou bien « Savary III ». En langue d’oc, il est « Savaric de Malleo ».
  2. Le lieu de sa naissance fait l’objet d’un débat entre les historiens. D’aucuns le voient naître au château de Mauléon tandis que d’autres le voient dans le domaine familial bas-poitevin à proximité de la côte (Fontenay, Talmont ou l’île de Ré)[1]. En revanche, étant cité dans une charte de 1180, il est communément admis que sa date de naissance est antérieure à cette année-là[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ledain 1892, p. 8-9.
  2. Ledain 1892, p. 8.
  3. Ledain 1892, p. 9.
  4. Ledain 1892, p. 50.
  5. Ledain 1892, p. 42-43.
  6. a et b Ledain 1892, p. 53.
  7. Ledain 1892, p. 5-6.
  8. Ledain 1892, p. 22.
  9. Ledain 1892, p. 26-27.
  10. Ledain 1892, p. 20.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice Le Roux, Savary de Mauléon, sénéchal du Poitou : Un prince poète au XIIIe siècle, Nantes, Terres de Braise, , 119 p. (ISBN 2-9505934-3-7).
  • Martine Cao Carmichael de Baiglie, « Savary de Mauléon (ca 1180-1233), chevalier-troubadour poitevin : traîtrise et société aristocratique », Le Moyen Âge, no 105,‎ , p. 269-306.
  • Jean Boutière, Alexander Herman Schutz et Irénée-Marcel Cluzel, Biographie des troubadours : Textes provençaux des XIIIe et XIVe siècles, Paris, A.-G. Nizet, coll. « Classiques d’oc » (no 1), , 641 p. (notice BnF no FRBNF36601204).
  • (en) Henry John Chaytor, Savaric de Mauléon : Baron and Troubadour, Cambridge, University Press, , 96 p. (notice BnF no FRBNF31937068, présentation en ligne).
  • (en) « Mauléon, Savari de », Encyclopædia Britannica, Cambridge University Press, vol. 7, no 11,‎ , p. 904.
  • Vicomte Henri de Mauléon de Mazières, « Savary III de Mauléon, comte d’Essex, prince de Talmond, sénéchal d’Aquitaine (1172-1233) », Revue héraldique, Paris,‎ (notice BnF no FRBNF30909990).
  • Paul Marchegay, « Détails historiques sur l’Olonnais et le Talmondais au XIIIe siècle », Annuaire de la Société d’émulation de la Vendée,‎ , p. 3-23.
  • Bélisaire Ledain, Savary de Mauléon et le Poitou à son époque, Saint-Maixent-l’École, Imprimerie Ch. Reversé, , 58 p. (notice BnF no FRBNF30769386, lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]