Sarcosuchus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Sarcosuchus
Description de cette image, également commentée ci-après
Squelette de S. imperator au Muséum national d'histoire naturelle à Paris.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Reptilia
Clade Mesoeucrocodylia
Ordre Crocodilia
Famille  Pholidosauridae

Genre

 Sarcosuchus
Broin & Taquet, 1966

Espèces de rang inférieur

Le Crocodile d'Alouef ou Sarcosuchus est un genre éteint de très grands reptiles de l’ordre des crocodiliens qui mesurait entre 11 et 12 mètres de long et pesait près de 8 tonnes[1]. Il vivait il y a 112 millions d'années au Crétacé et il est l'un des plus gros (si ce n'est le plus gros) de tous les crocodiliens ayant jamais existé sur Terre (en concurrence avec Deinosuchus et Purussaurus).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Sarcosuchus imperator est composé de sarcos signifiant « chair » et souchos « crocodile » et, pour le nom d'espèce, imperator « empereur », « le plus grand ».

Historique de la découverte[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'un Sarcosuchus imperator.

C'est le paléontologue Philippe Taquet qui a découvert[2] les premiers restes de Sarcosuchus imperator en 1964, sur le site de Gadoufaoua, dans le désert du Ténéré, au Niger. D'autres fossiles de ce genre de reptile ont également été déterrés au Brésil (au Crétacé, l'Afrique et l'Amérique du Sud ne formaient qu'un seul et même continent, le Gondwana), une seconde espèce du nom de Sarcosuchus hartti. Plus récemment, en 2000, une équipe du National Geographic, menée par le paléontologue Paul Sereno, a découvert un squelette quasiment complet de Sarcosuchus dans le désert du Sahara.

Description[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'un Sarcosuchus imperator happant un Ouranosaurus nigeriensis, scène de chasse qui aurait pu se dérouler car les deux espèce ont vécu à la même époque dans ce qui est aujourd'hui le Niger.

Sarcosuchus vivait il y a 112 millions d'années, au Crétacé inférieur, c'est-à-dire à la même époque que d’autres grands carnivores tels que Spinosaurus, ou encore quelques gros carnosauriens. On peut raisonnablement penser que Sarcosuchus n’avait pas grand-chose à craindre de ce genre de dinosaures. On estime que ce crocodile atteignait sa taille adulte à l'âge de 50 ou 60 ans. Comme les autres membres de la famille des pholidosauridés, son museau est très allongé, avec de nombreuses dents (plus de cent). L'extrémité de son museau comprend une excroissance osseuse, qui n'a rien à voir avec la protubérance spongieuse des gavials mâles actuels. Il était couvert d'une carapace d'écussons osseux, qui portaient chacun des anneaux de croissance annuelle.

Paléoécologie[modifier | modifier le code]

Sarcosuchus vivait probablement au bord des fleuves et attaquait les herbivores qui venaient s'y abreuver à la manière des crocodiles actuels. Lors de certaines fouilles, des squelettes d’Ouranosaurus (un cousin de l’Iguanodon), ont été retrouvés mêlés à ceux de Sarcosuchus, ce qui tend à faire penser que cet herbivore était l'une des proies que chassait ce crocodile géant. Quand on sait qu'un Ouranosaurus adulte mesurait 7 m de long, on doit en déduire que Sarcosuchus s'attaquait de préférence aux juvéniles et aux animaux affaiblis, voire consommait des charognes, de la même manière que les crocodiles actuels, qui ne s'attaquent pas à un hippopotame adulte en bonne santé.

Comparatif de taille entre Sarcosuchus, Deinosuchus, Purussaurus, Gryposuchus, Euthecodon et un Crocodylus porosus avec un Homo sapiens.

Classification[modifier | modifier le code]

Le cladogramme établi par Daniel Fortier et ses collègues en 2011, montre sa position en groupe frère du genre nord-américain Terminonaris au sein des Pholidosauridae[3] :

Pholidosauridae 

Pholidosaurus




Terminonaris



Sarcosuchus





Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Sarcosuchus est le plus grand crocodilien présent dans le jeu vidéo Ark: Survival Evolved.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. site National Geographic
  2. https://www.lemonde.fr/culture/article/2009/12/26/du-niger-a-paris-la-resurrection-de-l-empereur-des-crocodiles_1285148_3246.html
  3. (en) Daniel Fortier, Perea, Daniel et Schultz, Cesar, « Redescription and phylogenetic relationships of Meridiosaurus vallisparadisi, a pholidosaurid from the Late Jurassic of Uruguay », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 163, no Supplement S1,‎ , S257 (DOI 10.1111/j.1096-3642.2011.00722.x)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]