Sarcophage des Époux (Louvre)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sarcophage des époux
Le sarcophage des Époux dans l'exposition Un rêve d'Italie de la collection Campana$.jpg
Le Sarcophage des époux exposé au musée du Louvre.
Artiste
potiers de Caere (Rome, Italie)
Date
vers 520-510 av. J.-C.
Type
Technique
Dimensions (H × L × l)
111 × 194 × 69 cm
Collection
N° d’inventaire
Localisation

Le Sarcophage des Époux (dit aussi Sarcophage de Cerveteri[1]) de Caere près de Rome, est une urne funéraire étrusque monumentale en terracotta (initialement polychrome), représentant deux époux allongés ensemble dans la pose du banquet étrusque.

L'œuvre est conservée au Louvre. Restaurée dans un atelier du Louvre-Lens, elle a été exposée comme pièce majeure dans l'exposition Les Étrusques et la Méditerranée du 5 décembre 2013 au 10 avril 2014.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette pièce étrusque du type « Sarcophage des Époux », dont plusieurs exemplaires existent (comme celui de la villa Giulia), a été fabriquée à Caere (ville métropolitaine de Rome Capitale, Italie) vers 520 av. J.-C. Elles furent toutes découvertes sur le site de la nécropole de Banditaccia à Cerveteri, dans le Latium, vers 1850 par le marquis Giampietro Campana.

Cet exemplaire du musée du Louvre était détenu dans l'ancienne collection Campana, en 1845, puis il fut acquis par Napoléon III en 1861 pour le musée du Louvre.

Description[modifier | modifier le code]

Détail de la tête de l'homme.
Détail des bustes.

Ce type d'urne funéraire est conforme aux traditions étrusques associées au culte de leurs morts : l'urne comporte un vase et un couvercle sur lequel est représenté, en sculpture, le défunt en position de banqueteur, allongé sur le triclinium et dans la pose du vivant, souriant, le coude gauche appuyé sur des outres à vin, les jambes enveloppées. Dans le cas présent, il s'agit d'une urne cinéraire double, et les deux défunts qui y sont incinérés sont représentés sur le couvercle en train de célébrer un banquet couché. Le matelas du lit du banquet était décoré de bandes colorées. Des outres, dont une coincée sous le coude de l'homme, rappellent la consommation du vin. La femme versait du parfum dans la main de son époux, pendant que celui-ci l'enlace. Les yeux sont petits et en amande, le nez droit et dans le prolongement du front, le sourire présent, le menton pointu, et les cheveux méchés. L'une des mains, enchâssées dans le reste du corps, a malheureusement disparu pour l'homme de l'exemplaire du Louvre, mais l'exemplaire de la villa Giulia permet de reconstituer le geste.

Analyse[modifier | modifier le code]

La première particularité de cette œuvre repose sur sa taille (1,11 m x 0,69 m x 1,94 m). Une autre urne cinéraire, de même pose (époux ensemble), et de dimensions plus réduites (H. : 56 cm ; L. : 28 cm ; l. : 58 cm) a été découverte également sur le même site qui lui a fait attribuer initialement, à sa découverte, le nom de sarcophage. Pourtant, il s'agit bien d'une urne cinéraire monumentale double et non d'un cercueil double.

On a ici vraiment l'expression du couple aristocratique, maître de sa maison, comme on peut souvent le voir dans les tombes contemporaines. C'est également une affirmation des liens du mariage, au-delà des liens sociaux, ainsi qu'une représentation idéale du bonheur dans l'au-delà. Cela expose aussi l'importance de la femme dans les rôles de la cité étrusque, traduite ici dans des proportions et des poses similaires à celles de son époux.

C'est également une des preuves formelle d'une esthétique étrusque particulière et originale, où la symbolique s'impose sur la stricte représentation proportionnée du corps humain : l'intimité de la relation conjugale se traduit par un haut des corps distincts bien que proches, qui se fondent ensuite dans la partie inférieure de l'œuvre, « en une longue arabesque qui va en s'aplatissant »[2].

La réalisation montre la capacité des ateliers étrusques à réaliser de grandes commandes, qui ont pu être répliquées et fabriquées à plusieurs exemplaires pour de riches aristocrates. En effet, on connait des versions réduites de cette typologie, reproduisant le même schéma. Les pièces, plus économiques, sont plus simples, moins abouties et moins travaillées, mais donnent très clairement à voir les traits caractéristiques de l'influence ionienne (yeux en amande, sourire, cheveux méchés, nez dans le prolongement du front, menton pointu, ...) sur l'art étrusque de l'époque archaïque.

Restauration et exposition au Louvre-Lens[modifier | modifier le code]

Le Sarcophage des Époux a été restauré au Louvre-Lens en octobre 2013, avant d'être exposé de décembre 2013 à avril 2014 dans l'exposition Les Étrusques et la Méditerranée[3],[4],[5],[B 1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
Références bibliographiques

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Marie-Françoise Briguet, Le Sarcophage des époux de Cerveteri du Catalogue du Louvre, Musée du Louvre, Ed. Leo S. Olschki, 1989 (ISBN 88-222-3658-0)
  • Lucie Streiff-Rivail (coordination et suivi éditorial), Charles-Hilaire Valentin (iconographie), Maria-Laura Falsini (recherche et acquisition de la documentation photographique et coordination), Massimiliano Piemonte (recherche et acquisition de la documentation photographique et coordination), Simonetta Massimi (recherche et acquisition de la documentation historique graphique), Nicolas Neumann (directeur éditorial), Sarah Houssin-Dreyfuss (coordination et suivi éditorial), Astrid Bargeton (coordination et suivi éditorial (assistante)), François Dinguirard (conception graphique), Marion Lacroix (contribution éditoriale), Colette Malandain (contribution éditoriale) et al. (trad. Renaud Temperini, Geneviève Lambert & Élisabeth Agius d'Yvoire, préf. Xavier Dectot & Mario de Simoni), Les Étrusques et la Méditerranée : La cité de Cerveteri, Lens & Paris, Musée du Louvre-Lens & Somogy éditions d'art, , 362 p., 23 cm × 29 cm (ISBN 978-2-36838-015-4 et 978-2-7572-0762-8), p. 187. 
  • Claude Pommereau (éditeur), Sabrina Siari (coordinatrice éditoriale), Catherine Varotsi (création graphique), Franck Antoni (secrétaire de rédaction) et al. (ill. Florelle Guillaume), Les Étrusques et la Méditerranée : La cité de Cerveteri au Louvre-Lens, Beaux Arts éditions / TTM Éditions (no hors-série),‎ , 44 p., 22 cm × 28,5 cm (ISBN 979-1-020-40063-5), p. 38-39. 
  • Olivier Fabre (directeur de la publication), Maëlle Gentil (rédaction) et Vincent Monod (réalisation artistique), Les Étrusques et la Méditerranée ; La cité de Cerveteri, Dijon, Éditions Faton, coll. « Histoire antique & médiévale »,‎ , hors-série no 37 éd., 68 p. (ISSN 1632-0859), p. 10, 12-13.