Sapiens : Une brève histoire de l'humanité

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Sapiens : Une brève histoire de l'humanité
Auteur Yuval Noah Harari
Genre Essai
Version originale
Langue Hébreu

Anglais

Titre Sapiens: A Brief History of Humankind
Éditeur Kinneret, Zmora-Bitan, Dvir (édition hébraïque)

Harvill Secker, Random House, Londres (édition anglaise)

Date de parution 2011 (en hébreu)

2014 (en anglais)

Version française
Traducteur Traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat
Éditeur Albin Michel
Collection Essais-Documents
Lieu de parution Paris
Date de parution septembre 2015
Nombre de pages 512 pages
ISBN 978-2-226-25701-7

Sapiens : Une brève histoire de l’humanité est un livre de Yuval Noah Harari publié pour la première fois en anglais en 2014[1],[2] et en français aux éditions Albin Michel en 2015.

Harari cite Jared Diamond, auteur de De l'inégalité parmi les sociétés, comme l’une de ses principales sources d’inspiration pour l’écriture de son livre. Diamond avait en effet montré qu’il était possible de « poser de vraies grandes questions et d’y répondre scientifiquement »[3].

Contenu[modifier | modifier le code]

Le livre propose une vue d’ensemble de l’histoire de l’humanité et de son évolution depuis les premiers hommes de l’Âge de pierre jusqu’au XXIe siècle.

Le principal argument avancé par l’auteur au cours de cette vaste étude est que l’Homo sapiens doit son statut d’espèce dominante au fait qu’il est le seul animal capable de coopérer efficacement avec un grand nombre de ses semblables. Harari explique cette capacité qui distingue l’Homo sapiens des autres animaux par sa faculté de croire en des choses qui n’existent que dans son imagination, telles que les dieux, les nations, l’argent et les droits de l’homme. L'une des thèses défendues par l’auteur est donc que tous les systèmes de coopération humaine à grande échelle — les religions, les structures politiques, les réseaux de travail et les institutions légales — sont en définitive des fictions[4].

Parmi les autres sujets au cœur de Sapiens, figurent la monnaie, présentée comme un système de confiance mutuelle ; le capitalisme, présenté comme une religion plutôt que comme une théorie économique ; l’empire, décrit comme le régime politique qui a rencontré le plus de succès au cours des deux mille dernières années ; le traitement réservé aux animaux domestiques, décrit comme l’un des plus grands crimes de l’histoire ; le progrès, qui n’a pas forcément rendu les hommes plus heureux que par le passé[5] ; les humains, en passe d’évoluer pour devenir des dieux.

Harari revient sur son projet d'écriture et les idées développées dans Sapiens dans un site qu'il consacre à son livre[6].

Détail des chapitres[modifier | modifier le code]

Première partie - La Révolution cognitive[modifier | modifier le code]

Plusieurs espèces humaines ont existé simultanément par le passé. Homo sapiens a supplanté Homo neanderthalensis, il y a 30 000 ans, car seul Homo sapiens pouvait vivre en bandes de plus de cinquante individus. La coopération de groupe a été rendue possible par l'apparition de la fiction. Les religions et les mythes communs assurent une stabilité du groupe. Homo neanderthalensis, qui ne vivait qu'en petits groupes familiaux, n'a pas pu survivre à la pression de Homo sapiens et a disparu. On ne sait pas si Homo neanderthalensis a été victime d'un génocide.

Les mythes se sont développés, sous forme de réalités imaginaires, supplantant les réalités objectives. Depuis cette révolution cognitive, ces entités imaginaires, (Dieu, les nations, et les sociétés) régissent le comportement de Homo sapiens, et ont éliminé les réalités objectives (la nature et les espèces animales).

Deuxième partie - La Révolution agricole[modifier | modifier le code]

Il y a 10 000 ans, Homo sapiens découvre l'agriculture. Cette transition agricole ou révolution agricole permet une croissance sans précédent de l'espèce humaine. La population humaine passe de 5 millions à plus de 200 millions. Cette transition n'est cependant pas forcement une amélioration de la vie au niveau individuel des Homo sapiens, cette révolution agricole avec son essor démographique, apporte aussi la famine en période d'aléas climatiques et l'asservissement.

Troisième partie - L'Unification de l'humanité[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, avec la conquête de l'Amérique, l'humanité est réunie dans la même sphère culturelle. L'élément unificateur de l'humanité, sur les cinq continents, est la monnaie.

Quatrième partie - La Révolution scientifique[modifier | modifier le code]

La révolution scientifique, qui a commencé au XVIe siècle, est une révolution de l'ignorance. C'est l'aveu de l'ignorance qui a rendu les explorateurs européens XVIe siècle et les scientifiques du XIXe siècle avides de nouvelles découvertes.

Le dernier chapitre effectue aussi la démonstration que le progrès de l'humanité n'a pas eu d'impact sur le bonheur individuel. Rien ne permet de penser que les êtres humains de l'époque moderne sont plus heureux que les chasseurs-cueilleurs de l'époque pré-cognitive.

Le livre évoque ensuite l'avenir de l'humanité. Un avenir, où Homo sapiens va évoluer, non pas par sélection naturelle, mais à la suite d'un dessein intelligent, orchestré par la recherche scientifique. Trois pistes d'évolution de Homo sapiens sont présentées :

  • le génie biologique, peut créer, par la génétique, de nouveaux individus pour les adapter à de nouvelles conditions sociales. Ces nouveaux hommes ne seront plus forcément des Homo sapiens ;
  • le génie cyborg, où les êtres humains sont complétés par des appareils bioniques ;
  • la vie inorganique : les programmes informatiques peuvent devenir des formes intelligentes, avec conscience et mémoire, ayant le potentiel pour supplanter Homo sapiens.

Le livre se termine sur l'épilogue, Un animal devenu dieu ?

Réception[modifier | modifier le code]

Traduit dans plus de trente langues, le livre a remporté en 2015 le National Library of China’s Wenjin Book Award[7].

L'ouvrage a été commenté par celui qui a inspiré l'auteur : « Si Sapiens s'est rapidement imposé au niveau international, c'est parce qu'il aborde les plus grandes questions de l'histoire moderne dans une langue limpide et précise. - Jared Diamond[8] »

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Galen Strawson, « Sapiens: A Brief History of Humankind by Yuval Noah Harari – review », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Tom Payne, « Sapiens: a Brief History of Humankind by Yuval Noah Harari, review: 'urgent questions’ », The Telegraph,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Paul Kennedy, « Sapiens » [radio ], Ideas: with Paul Kennedy, CBC Radio,
  4. (en) « Sapiens the book », sur ynharari.com (consulté le 3 septembre 2015)
  5. (en) « Were we happier in the stone age? », The Guardian, (consulté le 3 septembre 2015)
  6. Yuval Noah Harari, « L'Histoire commença quand les humains inventerent les dieux et se terminera quand les humains deviendront des dieux », sur ynharari.com (consulté le 3 septembre 2015)
  7. (en) « China book award », sur newscontent.cctv.com, (consulté le 3 septembre 2015)
  8. « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité » [PDF], Albin Michel — communiqué de presse de l'éditeur français.