Sapaudus

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Sapaudus (???-† 586), Archevêque d'Arles (552-† 586)

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

De ses origines on sait peu de choses, excepté qu’il est probablement d’origine Bourguignonne. Comme Aurelianus, il est issu d'une famille aristocratique et son père, Placidus, fut patrice.

L'archevêque[modifier | modifier le code]

Il est présent au concile de Paris en 552, où il signe en premier les actes.

En 553, il sacre Ferréol d'Uzès, évêque d'Uzès.

En 553, il préside le concile de Paris convoqué par Childebert. Ce concile dépose et fait enfermer dans un monastère Saffaracus, l’évêque de Paris, remplacé par Eusèbe[1].

En 554, il préside un concile à Arles où il réunit les titulaires et représentants des dix-huit diocèces appartenant aux anciennes provinces des Alpes-Maritimes, de Narbonnaise Seconde, et même avec Vaison, du sud de la Viennoise (ce diocèse était toutefois représenté non pas par son évêque mais par son archidiacre Saint-Quinis). Ce concile, appelé aussi cinquième concile d’Arles, décide notamment de la soumission des monastères à l'obédience des évêques[1].

En 556, à la mort de Théodose, il sacre Saint-Quinis, évêque de Vaison.

À cette époque, le pape Pélage Ier à la suite de sa condamnation des « Trois Chapitres » et de son soutien aux décisions du Concile de Constantinople est accusé en Gaule d’hérésie. Il doit répondre une première fois au roi Childebert qu’il partage bien la doctrine prônée par le pape Léon Ier et lui garantir qu’en aucune façon il ne sera une cause d’un schisme en Gaule. Plus tard en 557, à la demande de ce même roi, le nouveau pape Pelage remet personnellement le pallium à Sapaudus et fait de lui son vicaire en Gaule, ainsi que ses prédécesseurs avaient pris l’habitude d’honorer l'Église d’Arles. Par cette gratification, il évite le risque d’un schisme en Gaule. Ainsi en 558, on peut considérer que Sapaudus a réalisé l’unité provençale sous l'autorité de l'église d'Arles à l'instar de la situation qui existait sous l’épiscopat de Césaire.

Toutefois, dès les successeurs de Pelage[2], Sapaudus est moins en cour. L'évêque n'est désormais guère consulté pour des questions normalement de son ressort et l'Église d'Arles n'est plus représentée aux conciles.

En 570, à la suite de la prise d’Arles par le comte de Clermont Firminus, Gontran roi de Bourgogne et de Provence, envoie le patrice Celsus reprendre la cité. Lorsque ce dernier se présente devant les murs de la ville, l’évêque Sapaudus engage l’armée de Firminus à tenter une sortie puis bloque les portes derrière elle, exemple de trahison épiscopale dont Césaire avait déjà été soupçonné aux profit des Burgondes[3].

Gontran convoque un concile à Paris le 11 septembre 573[4], pour laisser l'Église trouver une solution au problème de la guerre entre les rois francs. D'après les actes royaux, le concile est présidé par Sapaudus qui a trahi Sigebert durant l'expédition austrasienne en Provence. Il meurt en 586, probablement de la peste comme le suggère Grégoire de Tours[5].

Jugement et postérité[modifier | modifier le code]

Les anecdotes rapportées par Grégoire de Tours montrent le rôle important joué par Sapaudus dans la cité d’Arles. Tout comme son homologue marseillais Théodorus, Sapaudus est un personnage énergique qui gouverne un clergé impliqué dans la vie pastorale aussi bien que dans les luttes séculières des partis, et qui n’hésite pas à agir avec violence, par voies de fait et pillages[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • La Provence, des origines à l'an mil - P.A. Février, M. Bats, G Camps, M. Fixot, J. Guyon, J. Riser (Éditions Ouest-France UNIVERSITE) / (ISBN 2737304563)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Louis Mas Latrie - Chronologie historique des papes, des conciles généraux et des conciles des Gaules et de France – 1836 - page 331 ici
  2. Après 561.
  3. Grégoire de Tours - Histoire des Francs - Livre IV sur wikisources :
    Le roi Sigebert, désirant s’emparer de la ville d’Arles, ordonna aux habitants de l’Auvergne de se mettre en marche. Ils avaient alors pour comte Firmin [Firminus] qui se mit à leur tête. D’une autre part vint Audovaire, aussi à la tête d’une armée ; ils entrèrent dans la ville d’Arles, et firent prêter serment au roi Sigebert. Le roi Gontran l’ayant appris, envoya le patrice Celse à la tête d’une armée ; arrivé à Avignon, il prit cette ville, marcha ensuite vers Arles, et l’ayant environnée, commença à attaquer l’armée du roi Sigebert qui y était enfermée. Alors l’évêque Sabaude leur dit : Sortez des murs et livrez le combat ; car, enfermés dans ces murs, vous ne pourriez vous défendre non plus que le territoire de cette ville. Si, par la grâce de Dieu, vous êtes vainqueurs, nous vous garderons la foi que nous vous avons promise ; si au contraire ce sont eux lui l’emportent, voici que vous trouverez les portes ouvertes, entrez-y alors pour ne pas périr. Trompés par cet artifice, ils sortirent des murs et se prirent en bataille ; mais lorsque vaincus par l’armée de Celse, et commençant à fuir, ils revinrent à la ville, ils en trouvèrent les portes fermées ; l’armée ennemie les poursuivant à coups de traits par derrière, et les gens de la ville les accablant de pierres, ils se dirigèrent vers le fleuve du Rhône, et se mirent sur leurs boucliers pour gagner l’autre rive ; mais emportés par la violence du fleuve un grand nombre se noyèrent, et le Rhône fut alors, pour les habitants d’Auvergne, ce que nous lisons que fut autrefois le Simoïs pour les Troyens.
  4. Pontal 1989, pages 169-170.
  5. Grégoire de Tours - Histoire des Francs - Livre VIII ici :
    En ce temps mourut aussi Sabaude [Sabaudus], évêque d’Arles, à la place duquel fût nommé Licérius, référendaire du roi Gontran. Cette province fut dépeuplée par une cruelle contagion. Evans [Evantius], évêque de Vienne, mourut aussi, et, à sa place, le roi nomma Virus, prêtre de race sénatoriale. Cette année, beaucoup d’évêques quittèrent ce monde, et je n’en parle point, parce que chacun a laissé dans sa ville des monuments.
  6. Chapître VIII : la Provence de Grégoire de Tours à l'an mille (Michel Fixot) in La Provence, des origines à l'an mil, p. 455