Santo Estello

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Santo Estello de Bagnières-de-Bigorre en 2017. Gonfanons du Limousin, de la Guyenne, de la Gascogne, de la Provence, du Languedoc et d'Auvergne.

La Santo Estello (Santa Estela en norme classique, Sainte Estelle ou Sainte Étoile en français, en référence à l'étoile des félibres qui représente les régions occitanes) est le nom donné au congrès du Félibrige qui se tient une fois par an dans une ville de langue occitane différente. À cette occasion la Coupo Santo est présentée lors du traditionnel banquet.

Organisation[modifier | modifier le code]

Lei Tambourinaire de Santo Estello, carte postale du début du XXe siècle.

La Santo Estello ou Santa Estela[1] est l'occasion pour le Félibrige d'inaugurer les fonctions des nouveaux majoraux[2],[3],[4]. Elle se tient tous les ans dans une ville de langue occitane différente[5], de la Provence au Limousin, de la Gascogne à l'Auvergne. Le discours du capoulié (capolier en norme classique) oriente également l'action de l'organisation[6].

Elle est un événement d'une relative importance dans la réflexion sur la place de l'occitan dans la société[7],[8]. Les traits et caractéristiques propres des « rituels » de cet événement amènent à dénommer les éléments de langages employés[9] « Lenga de la Santa Estela » par le reste du milieu occitaniste[10].

Son importance fait que les cérémonies n'ont pas été annulées pendant la seconde guerre mondiale (moment où Léon Cordes écrit Flor de Santa Estela)[11],[12], malgré le conflit, et bien organisées sans discontinuer et ce dans le temps long[13]. Il va jusqu'à influencer d'autres domaines linguistiques comme celui du catalan[14].

La Santo Estello est aussi l'occasion des grands actes officiels du félibrige. C'est à cette occasion que l'on réunit le Conseil Général du Félibrige (assemblée générale) ou que l'on élit la « Reine » lors des Jeux Floraux tous les sept ans. Les majoraux du Félibrige se réunissent également à chaque Santo Estello en consistoire extraordinaire.

Villes d'accueil[modifier | modifier le code]

Les villes suivante ont accueilli la Santo Estello

1870
1871
1872
1873
1874
1875
1876 Avignon
1877 Avignon
1878 Montpellier
1879 Avignon
1880 Ventabren
1881 Marseille
1882 Albi
1883 Saint-Raphaël
1884 Sceaux
1885 Hyères
1886 Gap
1887 Cannes
1888 Avignon
1889 Arles-Montmajour
1890 Montpellier
1891 Martigues
1892 Les Baux
1893 Carcassonne
1894 Avignon
1895 Brive
1896 Les Saintes Maries
1897 Sisteron
1898 Aigues-Mortes
1899 Arles
1900 Maguelonne
1901 Pau
1902 Béziers
1903 Avignon
1904 Font-Ségugne
1905 Arles
1906 Sète
1907 Périgueux
1908 Toulon
1909 Saint-Gilles
1910 Perpignan
1911 Montpellier
1912 Narbonne
1913 Aix-en-Provence
1914 Avignon
1915 Marseille
1916 Arles
1917 Marseille
1918 Marseille
1919 Marseille
1920 Alès
1921 Beaucaire
1922 Cannes
1923 Le Puy
1924 Narbonne
1925 Clermont-Ferrand
1926 Hyères
1927 Montpellier
1928 Limoges
1929 Rodez
1930 Avignon
1931 Pau
1932 Agde
1933 Toulon
1934 Albi
1935 Clermont-l’Hérault
1936 Nice
1937 Béziers
1938 Foix
1939 Carpentras
1940 Montpellier
1941 Avignon
1942 Arles (Consistoire)
1943 Arles (Consistoire)
1944 Arles (Consistoire)
1945 Arles (Consistoire)
1946 Digne
1947 Périgueux
1948 Agen
1949 Marseille
1950 Toulouse
1951 Aurillac
1952 Clermont-l'Hérault
1953 Bordeaux
1954 Avignon
1955 Saint-Tropez
1956 Gap
1957 Bagnères-de-Bigorre
1958 Toulon
1959 Arles
1960 Nice
1961 Béziers
1962 Villefranche-de-Rouergue
1963 Muret
1964 Avignon
1965 Saint-Junien
1966 Grasse
1967 Villeneuve-sur-Lot
1968 Saint-Rémy-de-Provence (Consistoire)
1969 Saint-Flour
1970 Aix-en-Provence
1971 Bagnères-de-Bigorre
1972 Hyères
1973 Millau
1974 Arles
1975 Rodez
1976 Périgueux
1977 Monaco
1978 Avignon
1979 Foix
1980 Cannes
1981 Saint-Sever
1982 Nice
1983 Espalion
1984 Sceaux
1985 Saint-Junien
1986 Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
1987 Perpignan
1988 Vic-sur-Cère
1989 Périgueux
1990 Nîmes
1991 Martigues
1992 Mende
1993 Le Lavandou
1994 Rodez
1995 Aix-en-Provence
1996 Apt
1997 Sarlat
1998 Saint-Raphaël
1999 Grasse
2000 Saint-Junien
2001 Sète
2002 Cavalaire
2003 Bergerac
2004 Châteauneuf-de-Gadagne
2005 Hyères
2006 Martigues
2007 Cahors
2008 Gréoux-les-Bains
2009 Salon de Provence
2010 Castillonnès
2011 Les Saintes-Maries-de-la-Mer
2012 Saint-Yrieix-la-Perche
2013 Saint-Rémy-de-Provence
2014 Aigues-Mortes
2015 Laroquebrou
2016 Nice
2017 Bagnères-de-Bigorre
2018 Bergerac
2019 Pertuis
2020 Mende (Annulée)
2021 Mende (Report de 2020)

La Santo Estello en littérature[modifier | modifier le code]

L'écrivain Jean Boudou a publié un roman, La Santa Estela del Centenari[15],[16], dont l'action se déroule autour de la centième édition de la Santo Estello[17],[18],[19].

Leon Cordas quant à lui évoque régulièrement la Santo Estello, comme en 1937 avec Lo bèu jorn de la Santa-Estela ou encore avec son livre Flors de Santa Estela en 1940[20].

Frédéric Lesgrands Terriens a intitulé son roman Santo Estello en hommage à cette manifestation[21]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Chambon, « Problèmes philologiques d'une œuvre occitane du XXe siècle : le traitement éditorial post mortem auctoris des textes de Jean Boudou », Estudis Romànics, Barcelone, Institut d’Estudis Catalans, vol. 34,‎ , p. 231-257 (ISSN 0211-8572 et 2013-9500, lire en ligne)
  2. Pierrette Bérengier (dir. Paul Castela), Le discours des capouliers à la Sainte Estelle : 40 ans de maintenance du Félibrige. 1941-1982 : Thèse de doctorat en Études régionales, Nice, Université de Nice, (lire en ligne)
  3. Arlette Schweitz, « Sous les feux de la Sainte Estelle », Ethnologie française, Paris, Presses universitaires de France, vol. 18 « Régionalismes »,‎ , p. 303-314 (ISSN 0046-2616 et 2101-0064, lire en ligne)
  4. (oc) Cartabèu de Santo Estello : recuei dis ate óuficiau dóu Felibrige : Statuts du Félibrige, Nîmes, Félibrige, (ISSN 1155-7397, notice BnF no FRBNF34437930, lire en ligne)
  5. Philippe Martel, « Le Félibrige : un incertain nationalisme linguistique » [« Felibrige : a dubious linguistic nationalism ; El Felibrige: un nacionalismo lingüístico incierto »], Mots. Les langages du politique, Lyon, Presses universitaires de Lyon, vol. 74 « Langue(s) et nationalisme(s) »,‎ , p. 43-57 (ISSN 1960-6001, lire en ligne)
  6. (oc) Peireto Berengier. Li discours de Santo Estello de 1941 a 1982. Edicioun Parlaren, 1994. (ISBN 2-284-00024-X)
  7. Philippe Martel, « Une norme pour la langue d’oc ? Les débuts d’une histoire sans fin », Lengas - revue de sociolinguistique, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, vol. 72 « Aspects idéologiques des débats linguistiques en Provence et ailleurs »,‎ , p. 23-50 (ISSN 2271-5703, lire en ligne)
  8. Jean-Pierre Chambon, Marjolaine Raguin-Barthelmebs, Jean Thomas, « Sièm Occitans en prumièr o […] sièm pas ren du tot : une allocution d’Yves Rouquette (2009). Édition d’extraits, avec une introduction, des notes et une étude des diatopismes remarquables », Revue des Langues Romanes, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée (Université Paul-Valéry), vol. CXXII « Le texte religieux occitan moderne et contemporain », no 2,‎ , p. 423-456 (ISSN 2391-114X, lire en ligne)
  9. (en) William Calin et William C. Calin, Minority Literatures and Modernism : Scots, Breton, and Occitan, 1920-1990, Toronto, University of Toronto Press, , 399 p. (ISBN 0-8020-4836-6, lire en ligne)
  10. Patrick Sauzet, « Jules Ronjat : la syntaxe et la langue occitane », Autour des travaux de Jules Ronjat, 1913-2013 : Unité et diversité des langues, Paris, Éditions des archives contemporaines, 2016 (ISBN 2813001910), lire en ligne)
  11. Philippe Gardy, « Léon Cordes : entre cri et silence, premiers essais poétiques », Revue des Langues Romanes, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée (Université Paul-Valéry), vol. CXX « Leon Còrdas/Léon Cordes. Canti per los qu'an perdu la cançon », no 2,‎ , p. 309-329 (ISSN 2391-114X, lire en ligne)
  12. (oc) Léon Cordes (pseudonyme Prudòm de la Luna), Flors de Santa Estela,
  13. Cecile Noilhan, « Pierre Miremont (1901-1979) : un félibre oublié du félibrige ? », Lengas - revue de sociolinguistique, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée (Université Paul-Valéry), vol. 85 « Humain et dépassement des conflits du siècle »,‎ (ISSN 2271-5703, lire en ligne)
  14. Luc Bonet, L’instituteur Louis Pastre (1863-1927) : Le catalan et l’école en Roussillon de 1881 à 1907 (Thèse de doctorat en linguistique), Montpellier, Université Paul-Valéry, (lire en ligne)
  15. Charles Camproux, Histoire de la littérature occitane, Paris, Payot, , 296 p. (ISBN 978-2-402-30718-5, lire en ligne)
  16. Philippe Gardy, « Denis Saurat Encaminament catar. Introduction, traduction et notes par Jean-François Courouau », Lengas - revue de sociolinguistique, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, vol. 69,‎ , p. 155-163 (ISSN 2271-5703, lire en ligne)
  17. Élodie de Oliveira. "La pluralité des discours dans l’œuvre de Jean Boudou". In: Max Rouquette et le renouveau de la poésie occitane, s. d. Marie-Jeanne Verny, Philippe Martel. Montpellier : Presses universitaires de la Méditerranée. 2009. EAN électronique: 9782367810652. p. 243-255. lire en ligne.
  18. Catherine Parayre. "Maladies de la fin : La Santa Estela del Centenari et Lo Libre dels grands jorns de Jean Boudou". Lengas - revue de sociolinguistique no 61. Presses universitaires de la Méditerranée, Montpellier, 2007. ISSN électronique 2271-5703. lire en ligne.
  19. Jean-Pierre Chambon, « Comment peut-on être (Nord-)Occitan ? Francés Conheràs et les difficultés d’écrire en oc : une lecture des premières pages de La Manifestacion (1998) », Revue des Langues Romanes, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée (Université Paul-Valéry), vol. CXIX « Aspects du XVIIIe siècle occitan », no 2,‎ , p. 483-515 (ISSN 2391-114X, lire en ligne)
  20. Marie-Jeanne Verny, « Léon Cordes, passeur de langue et de culture », Revue des Langues Romanes, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée (Université Paul-Valéry), vol. CXX « Leon Còrdas/Léon Cordes. Canti per los qu'an perdu la cançon », no 2,‎ , p. 379-402 (ISSN 2391-114X, lire en ligne)
  21. Frédéric Lesgrands-Terriens, Santo Estello, Petit Canal, Frédéric Lesgrands-Terriens, , 264 p. (ISBN 978-2-9560212-0-9, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]