Sandra G. Harding

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Sandra G. Harding
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Sandra G. Harding (ou Sandra Harding), née le [1], est une philosophe et féministe américaine contemporaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née aux États-Unis, elle est actuellement « professeur d'études féministes et d'éducation à l'UCLA, University of California in Los Angeles[2] » après avoir enseigné pendant une vingtaine d’années à l’Université du Delaware. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages d’épistémologie, d’études postcoloniales et de théorie féministe, avec des travaux relevant essentiellement de philosophie des sciences.

Elle a donné environ trois cents conférences dans des écoles ou des universités du monde entier, et ses écrits ont été traduits dans une douzaine de langues sous forme de livres ou repris en chapitre dans une centaine d’anthologies.

Apports théoriques[modifier | modifier le code]

Avec son concept de ”strong objectivity” (objectivité forte), Sandra Harding a considérablement marqué la “méthodologie des points de vue”, standpoint methodology, en partant d’une interrogation sur l’exclusion des femmes de tous les champs du savoir : « quels sont les présupposés et les mécanismes qui ont conduit les scientifiques mâles et les dirigeants politiques à décider que leur propres opinions et leurs préoccupations à eux devaient définir les perspectives humaines en général ? »[3]

Selon Sandra Harding, l’objectivité ne peut s’atteindre qu’en considérant les subjectivités des chercheurs/ses. Il ne s’agit pas de considérer la science comme une myriade de subjectivités mais comme une objectivité produite par des subjectivités. Le point de vue de l'auteur/e est à prendre en compte. Cette conception remet en cause l’idée d'une science universelle et objective, au-delà de tous déterminismes socio-historiques.

Constatant en outre que « quels que soient les bénéfices sociaux, politiques ou psychologiques obtenus par les hommes en discriminant les femmes, la perte intellectuelle qui en résulte n’a jamais été justifiée. »[3], elle estime que « Dans tous les domaines de la vie humaine où des rôles différents ont été assignés aux femmes et aux hommes — que cette assignation soit le fait de la nature ou de la culture –, devrait se développer une science basée sur le genre. Cela est vrai pour les femmes à la fois dans leur activité professionnelle et dans leurs fonctions plus traditionnelles, où elles sont souvent les mieux placées pour observer certains types de problèmes environnementaux ; en repérant des ressemblances entre certaines manifestations des maladies infantiles, un aspect bizarre de l’eau dans la machine à laver, ou en sentant une odeur particulière dans la saleté du lieu où leurs enfants jouent. Dans des sociétés où les femmes sont chargées de l’agriculture, de l’élevage et de l’entretien forestier, elles accumulent tout un corpus de savoirs sur l’environnement qui sont continuellement mis à l’épreuve et qui évoluent en même temps que changent les conditions sociales et environnementales de leur travail. »[3]

En d’autres termes, « Harding considère que l’on augmente l’objectivité non pas en excluant les facteurs sociaux de la production du savoir —comme a prétendu le faire la méthode scientifique occidentale— mais précisément en “démarrant” le processus d’enquête d’une situation explicitement sociale : l’expérience vécue de ces personnes qui ont été traditionnellement exclues du processus de production du savoir, par exemple les femmes. »[4]

D’ailleurs, elle rappelle que

« Certes, les féministes, les anti-racistes et d’autres membres des nouveaux mouvements sociaux ont critiqué la notion d’objectivité de multiples façons mais la plupart d’entre eux veulent davantage de comptes rendus objectifs. Nous avons besoin de rapports plus objectifs sur le fonctionnement de nos corps, sur le fonctionnement de la politique économique internationale, sur les causes de la destruction environnementale, sur les effets que l’industrialisation va avoir sur l’environnement et sur les structures sociales, et ainsi de suite. Nous n’avons pas besoin de moins de comptes rendus objectifs, et nous n’avons pas besoin de rapports subjectifs.[4] »

Ce que l’ensemble des scientifiques comme des philosophes académiques semble toujours bien peu disposé à prendre en considération.

Publications[modifier | modifier le code]

  • The science question in feminism, Milton Keynes, Open University Press, 1986.
  • Feminism and methodology: social science issues, Indiana University Press, 1987.
  • Whose science ? Whose knowledge ? Thinking from women's lives, Cornell University Press, 1991.
  • The feminist standpoint theory reader: intellectual and political controversies, Routledge, 2004.
  • L’instabilité des catégories analytiques de la théorie féministe (janvier 1991) première et seconde parties sur le site de la revue Multitudes (accès payant).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Cf. sa page web sur le site de l’UCLA en ligne et sa notice de personne au catalogue général de la BNF en ligne
  3. a, b et c Sandra Harding,« Women, Science, and Society » (Femmes, science et société), in Science, Vol. 281, Issue 5383, 11 septembre 1998 en ligne
  4. a et b Elizabeth Hirsch and Gary A. Olson, « Starting from Marginalized Lives: A Conversation with Sandra Harding » (Partir précisément des vies marginalisées, conversation avec Sandra Harding), in JAC, 1995 en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]