Sanctuaire de la Fontaine

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Source de la Fontaine, à Nîmes

Le sanctuaire de la Fontaine est un site antique de la ville de Nîmes, lieu de culte probable de la première implantation humaine autour de la source. Aujourd'hui, ce site se trouve au cœur des jardins de la Fontaine.

Description et interprétation[modifier | modifier le code]

À l’emplacement de la source originelle sur laquelle la ville a été fondée, la fontaine devait avoir un rôle capital, puisqu’on devait y célébrer un culte au dieu Nemausus. Peu avant le début de notre ère, on y instaure un autel dédié au culte d’Auguste. Au fur et à mesure c’est un véritable sanctuaire dédié au culte impérial qui est mis en place autour de la fontaine.

Nymphée actuel

Dans cet « Augusteum » on retrouve en plus de cet autel à l’empereur aménagé au centre d’un nymphée, un théâtre ou odéon, et un curieux édifice voûté que l’on appelle aujourd’hui « temple de Diane ». En réalité on ignore s’il s’agit véritablement d’un temple, puisque certaines indications pourraient laisser penser qu’il s’agit d’une bibliothèque. Bon nombre d’hypothèses ont d’ailleurs été émises à propos de cet édifice, mais aucune n’a pu être démontrée encore aujourd’hui.

Le site du sanctuaire, dominé par la Tour Magne qui avait aussi pour rôle la signalisation de sa présence, était par ailleurs fermé par un triple portique doté d’une entrée monumentale le reliant au reste la ville. Ce type de sanctuaire est assez rare, d’autant plus que contrairement à ce que l’on pouvait imaginer, il n’a pas été ordonné par Auguste pour instaurer une propagande à son égard, mais a probablement été bâti à l’initiative des populations locales en remerciement des faveurs accordées à la ville. Le fait d’installer ce culte dans un lieu déjà religieusement très important est d’une valeur symbolique forte.

Le fonctionnement du culte impérial est au départ différent d’un véritable culte religieux, puisque les empereurs ne sont divinisés qu’à leur mort, et pas dans tous les cas. D’une certaine façon l’empereur est placé entre les dieux et les hommes. Mais avant tout, les objectifs de l’instauration du culte impérial sont plus politiques que religieuses. Ce culte s’inscrit directement dans le processus de romanisation de colonies comme Nîmes. Bien qu’il soit obligatoire, il est tout de même une occasion pour les colonies de manifester leur attachement à Rome. On fonctionne ainsi dans une relation de réciprocité comme nous l’évoquions avec le don du rempart. Plus les nîmois se montrent fidèles envers Rome, plus Rome les récompense, et vice-versa.

Ce système contribue largement à une romanisation naturelle de la ville dont le culte impérial est le rouage essentiel. Son obligation dans toutes les villes conquises par Rome va par la même occasion permettre d’unifier l’Empire en imprégnant les populations d’une mentalité commune. Malgré tout, le culte impérial prend tout de même des formes différentes selon les époques et les régions. Ainsi dans la Narbonnaise il est beaucoup plus fort qu’ailleurs, puisque la région fut très tôt conquise. Il prend aussi des formes différentes selon l’empereur au pouvoir. On sait par exemple qu’Auguste entretenait une relation très étroite avec Nîmes où il était très aimé.

Selon les règnes, le culte impérial a donc pu être plus ou moins virulent. Dans une société ou toutes les possibilités sont ouvertes aux hommes libres romains, le culte bien que théoriquement imposé est aussi souvent rendu sous l’impulsion même des colonisés. Et bien qu’il s’agisse de quelque chose de public, il a parfois pu faire l’objet d’initiatives privées.

Pour chaque province, le culte impérial disposait d’un autel officiel implanté dans la capitale sur lequel un prêtre de haut rang procédait à un sacrifice. Malgré tout, cela n’empêcha pas des colonies comme Nîmes de rendre hommage à l’Empereur par ses propres moyens, comme en témoigne l’Augusteum. Les cérémonies qui y étaient organisées étaient dirigées par un flamine municipal et des sévirs qui étaient des sortes de prêtres dont le rôle n’est pas parfaitement connu. On sait seulement qu’il s’agissait de rôles très prestigieux. Ce qui est parfaitement surprenant avec le culte impérial de Nîmes, c’est qu’il s’agit de l’un des rares exemples où il existe deux lieux de culte. Le premier est donc cet Augusteum et le second se trouve au cœur de la ville, sur le forum, dans ce que l’on appelle aujourd’hui la Maison Carrée.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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