Sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland
Vue de l'église Notre-Dame, depuis l'entrée principale du sanctuaire
Vue de l'église Notre-Dame, depuis l'entrée principale du sanctuaire
Présentation
Culte Catholique romain
Type Sanctuaire
Rattachement Diocèse de Saint-Claude
Début de la construction 1851
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Jura
Ville Jouhe
Coordonnées 47° 07′ 26″ nord, 5° 28′ 34″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland

Géolocalisation sur la carte : Jura

(Voir situation sur carte : Jura)
Sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland

Le sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland est un haut-lieu de pèlerinage marial remontant au XIe siècle, situé sur la colline dite « Mont-Roland », à Jouhe dans le département du Jura.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire se situe sur un des chemins de Compostelle[1], dans le nord du département du Jura, en région Bourgogne-Franche-Comté. Il s'élève à 343 m d'altitude, sur la colline du Mont-Roland, située au sud de la commune de Jouhe. De cette position, à 5 km au nord de Dole, la ville la plus peuplée du département, il domine le massif jurassien, à l'est, et les plaines de Saône, au nord et à l'ouest.

Il est accessible par la route, via Jouhe ou Monnières, les autoroutes A36 (Ladoix-Serrigny - Allemagne) et A39 (Dijon-Est - Bourg-en-Bresse), via l'échangeur de Dole-Choisey ou celui de Dole-Authume, par le rail, via la gare SNCF de Dole-Ville (5 km), ainsi que par les airs, via l'aéroport de Dole-Jura (10 km).

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon la légende, constituée dès le Moyen Âge, une première chapelle, placée sous le vocable de Notre-Dame, aurait été fondée à cet emplacement, au IVe siècle, par Saint Martin. Lui auraient succédé, au VIIIe siècle, une deuxième chapelle et un monastère, érigés à l’initiative de Roland « le Preux », neveu de Charlemagne, duquel le Mont tiendrait son nom[2],[3].

Au-delà de la légende, le sanctuaire de Mont-Roland est attesté, dès 1089, dans une bulle du pape Urbain II. Il dépend alors du prieuré voisin de Jouhe, relevant lui-même de l’abbaye Saint-Pierre de Baume-les-Messieurs[4]. Pillé au milieu du XIVe siècle, par les Écorcheurs, il est reconstruit par deux puissants seigneurs, Jean de Vienne et Guy de Pontailler, et la chapelle devient une église[3].

En 1439-1440, le chœur de l'église est reconstruit[3], et le sanctuaire est géré par une importante confrérie[4].

Au siècle suivant, des Jésuites, puis des Bénédictins s’y établissent[3].

Lors de la Guerre de Dix Ans (1634-1644), tandis que la Franche-Comté est sous la souveraineté de Philippe IV, roi d’Espagne et des Indes, les troupes de Gustave Adolphe, roi de Suède, alliées à celles de Louis XIII, roi de France, menées par le Prince de Condé, font siège devant Dole, en 1636, et vandalisent l'église de Mont-Roland[5].

La statue byzantine médiévale, en bois de chêne, de la Vierge Marie en majesté est foulée, mais sauvée de justesse par le Prince de Condé, qui la fait porter chez les Capucins, à une dizaine de kilomètres, à Auxonne, ville voisine alors au royaume de France[6],[3].

De retour en 1644, les Bénédictins font rétablir, à la hâte, l’église, mais doivent attendre 1649, et l’intervention de princes espagnols et de Louis XIV, roi de France, pour recouvrer la statue. Il s'ensuit de cet épisode plusieurs miracles, dont cinq sont reconnus par l’Église catholique[7],[8].

De 1717[9] à 1721, le sanctuaire fut reconstruit par Jean Ragozzi, entrepreneur italien originaire de Rima diocèse de Novare, selon les plans de dom Vincent Duchêne, bénédictin en l'Abbaye Saint Vincent de Besançon. L'église, bien que plus harmonieuse, fut imparfaitement achevée aux environs de 1721. Les Bénédictins en seront chassés à la Révolution, et l'édifice vendu comme bien national. Les pierres seront vendues comme matériau de construction et la statue de Notre-Dame transférée dans l’église paroissiale Saint-Pierre de Jouhe, où elle se trouve toujours.

Le sanctuaire renaît en 1843, par son rachat par les Jésuites, qui font édifier, de 1851 à 1870, par Alfred Ducat, l'église actuelle, consacrée en 1859 par Mgr Charles Fillion, évêque de Saint-Claude, installent à proximité une statue de la Vierge Marie en bronze[10], ainsi que le collège du même nom, à Dole.

De 1868 à 1869 est tracé un nouveau chemin prolongeant l'Allée des Tilleuls jusqu'à la grand route (face Monnières).

L'autel de l'église est de nouveau consacré en 1871, par Mgr Louis-Anne Nogret, évêque de Saint-Claude, à la suite d'une nouvelle profanation de l'église par les troupes prussiennes occupantes, au cours de l'année précédente. Une nouvelle Vierge y est placée, et couronnée par l'évêque, en 1872.

De 1880 à 1901, faute de moyens, les Jésuites sont expulsés de Mont-Roland. Le sanctuaire mis en vente aux enchères, est racheté grâce à la générosité de fidèles, dont le baron Henri Picot de Moras d’Aligny, conseiller général, le général Henri Geay de Montenon, et les Sœurs de la Providence, permettant ainsi aux Jésuites d'y demeurer jusqu'en 1961.

En 1893, le chemin de croix monumental est installé le long du chemin tracé en 1868-1869.

En 1930, la foudre endommage la croix de pierre du clocher, restaurée l'année suivante.

Les vitraux de l'église sont brisés en 1944, par l'onde de choc provoquée par le bombardement des ponts de Dole, ainsi qu'en 1957, par une tempête de neige.

La maison des chapelains est réaménagée et agrandie en 1962, et la chapelle (crypte) Sainte-Colette est réalisée en 1967[3]. Le sanctuaire subit d'importants travaux de restauration de 1974 à 1976, et un nouvel orgue y est installé, inauguré et béni, en 1982. L'hôtellerie est aménagée de 1986 à 1987[11].

Administration[modifier | modifier le code]

Le Père Philippe Adelon est l'actuel responsable du sanctuaire de Mont-Roland devant le diocèse de Saint-Claude, qui en assure l'administration depuis 1961[11].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire de Mont-Roland se compose de l'église dédiée à Notre-Dame (1851-1870), où se déroulent, outre les offices quotidiens et les grand messes dominicales, trois grands pèlerinages annuels (cf. ci-dessous la rubrique Pèlerinages), du couvent des Sœurs de la Providence, de la chapelle Sainte-Colette (1967), utilisée par les Sœurs, d'un oratoire dédiée à Notre-Dame de Fátima, de plusieurs hébergements dont la maison des chapelains (1962) et l'hôtellerie (1986-1987), accueillant séjours, retraites et séminaires, ainsi que d'une librairie-boutique de souvenirs[11].

Des sentiers de randonnée pédestre, récemment aménagés, partant du sanctuaire, permette d'apprécier la splendeur du panorama qu'offre le site et de visiter les environs[11].

Une antenne émettrice est située sur le site.

Pèlerinages[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire accueille, outre le très ancien pèlerinage régional du mois d'août, à chaque mois de mai, depuis 1967, un pèlerinage des Portugais à Notre-Dame de Fátima, et, à chaque mois d'avril, depuis 1991, un pèlerinage des gens du voyage à la Vierge[11].

Jumelage[modifier | modifier le code]

En 1992, un jumelage entre les diocèses de Saint-Claude et de Thiès, au Sénégal, scelle définitivement les liens entre le sanctuaire jurassien et la paroisse sénégalaise de Mont-Rolland, établie en 1893, grâce à l'action du Père Magloire Barthet, ancien élève du collège Notre-Dame de Mont-Roland de Dole mu au Sénégal et de la mission de Notre-Dame de Mont-Rolland, qu'il y fonde la même année[11].

Personnalités liées au sanctuaire[modifier | modifier le code]

D'illustres personnages sont venus à Mont-Roland en fondateurs, en bienfaiteurs ou encore comme simples pèlerins. Parmi eux[3] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Mont Roland, sanctuaire marial à la frontière du comté et du duché de Bourgogne », sur saint-jacques.info.
  2. Besson (Abbé), L’Année des pèlerinages, 1874 [réf. non conforme]
  3. a b c d e f et g Henri Gauthey (Abbé), Notre-Dame de Mont-Roland, son sanctuaire et son pèlerinage des origines à nos jours, Mâcon, 1972 (2e édition) [réf. non conforme]
  4. a et b Jacky Theurot, « Confraternité en pays dolois », dans Mémoires de la Société d’émulation du Jura, 1996 pp. 127-146
  5. Henri Hours, « La réforme catholique en Franche-Comté, la pratique religieuse à Petit-Noir du XVIe au XVIIIe siècle », Mémoires de la Société d’Emulation du Jura, 1983-1984 p. 389-413
  6. André Pidoux de La Maduère, L'image miraculeuse de Notre-Dame du Mont-Roland vénérée à Jouhe, Veuve A. Jacques, Dole, 1908 [réf. non conforme]
  7. Gody (Dom) , Histoire de l’antiquité et des miracles de Notre Dame de Mont Roland, Dole, 1651 [réf. non conforme]
  8. Richard (Abbé), Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude, Besançon,1851, t. 2, p. 324
  9. MONTIAL, Notre-Dame de Mont-Roland / par le P. Montial,..., R. Ruffet, (lire en ligne), p. 199
  10. Dite « Vierge aux abeilles », aujourd'hui placée sur un vestige de l'ancienne église.
  11. a b c d e et f Le sanctuaire Notre-Dame de Mont-Roland - Diocèse de Saint-Claude

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]