Samyé

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Vue de Samyé en 2005

Samyé (tibétain : བསམ་ཡས་དགོན, Wylie : Bsam-yas dgon) est le premier monastère bouddhiste construit au Tibet. Érigé sous l'Empire du Tibet (629 – 877), vers l'an 779[1], il fut fondé vraisemblablement par Padmasambhava et Shantarakshita. Le monastère possède une palissade circulaire entourant plusieurs petits temples.

Samyé est un endroit sacré important pour les pèlerinages tibétains. Il se situe à environ quatre heures d'autobus (environ 120 km au sud-est) du chef-lieu de la région autonome du Tibet, Lhassa, en République populaire de Chine. Il se trouve dans une zone touristique restreinte contrôlée par Pékin.

Historique[modifier | modifier le code]

Vue de l'édifice central du monastère
Photo de 1938
Photo de 1938

Empire tibétain[modifier | modifier le code]

Trisong Detsen (704? — 797), 38e roi de la dynastie Yarlong, et 6e empereur de l'Empire du Tibet, y implanta le bouddhisme. C'est sous son règne, en 779, que Shantarakshita et Padmasambhava fondèrent Samyé, le tout premier monastère bouddhiste au Tibet.

Le moine indien Shantarakshita, dont l’enseignement reposait sur les soutras, avait choisi le site de Samyé pour y bâtir un monastère. Néanmoins, arrivée à une certaine hauteur, la construction s’écroula. De nouvelles tentatives ne furent pas plus fructueuses. C’est alors qu’arriva Padmasambhava, maître indien du bouddhisme tantrique, qui acheva la construction du monastère.

Trisong Detsen y organisa, en 792, un débat philosophique entre les tenants du bouddhisme indien et ceux du bouddhisme chinois. À l'issue du débat[2], connu sous le nom de concile de Lhassa, le bouddhisme indien l'emporta. Aussi Trisong Detsen déclara-t-il le bouddhisme religion d'État au Tibet en présence de Padmasambhava et sa parèdre (épouse mystique) Yeshe Tsogyal, de Shantarakshita et Vimalamitra, ainsi que de nombreux traducteurs dont Vairotsana.

En 838, Langdarma tue son frère Tri Ralpachen, empereur du Tibet et prend son trône, il fait interdire le bouddhisme et rend le bön, chamanisme local tibétain, religion officielle. Il se fait assassiner par un ermite bouddhiste (en 841 ou 842), le pays se retrouve alors de nouveau divisé.[pertinence contestée]

Ère de la fragmentation[pertinence contestée][modifier | modifier le code]

Dynastie Yuan[pertinence contestée][modifier | modifier le code]

Ganden Phodrang[pertinence contestée][modifier | modifier le code]

République populaire de Chine[modifier | modifier le code]

cérémonie du monastère en 2011
Fresque du temple

Détruit en partie pendant la révolution culturelle, son toit et ses Stupa ont totalement disparu, Samyé a été reconstruit après les années 1980[3].

En mai 2007, le Centre Tibétain pour les Droits de l'Homme et la Démocratie (TCHRD) affirme que la police armée chinoise a démoli une statue colossale de Padmasambhava au monastère de Samyé et que les blocs résultant de la démolition ont été transportés en un endroit inconnu. La statue avait été construite grâce aux fonds donnés par deux fidèles chinois de la ville de Guangzhou, dans la province de Guangdong. Interrogés, les responsables du monastère ont déclaré que la statue avait été démolie car elle avait été construite sans autorisation[4].

Le 10 février 2009, le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD) a affirmé que 9 moines suivant des études au monastère de Samyé ont été condamnés à des peines de 2 à 15 ans de prison pour avoir participé aux brèves manifestations du 15 mars 2008 qui s'étaient tenues devant le siège principal administratif du gouvernement de Samyé dans le comté de Dranang, où les moines ont été rejoints par des centaines de Tibétains exigeant la liberté religieuse, les droits de l’Homme pour les Tibétains et le retour du dalaï-lama. Ils ont été détenus au centre de détention du Bureau de sécurité publique (PSB) du Lhoka[5].

Le 19 mars 2008, un moine qui venait du monastère de Dorje Drak, Namdrol Khakyab, s'est suicidé laissant un message où il parlait de la répression insupportable du régime chinois, clamant l'innocence des autres moines du monastère et prenant l'entière responsabilité de la manifestation[5].

Répliques de Samyé[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Robart E. Buswell Jr et Donald S. Lopez Jr, The Princeton dictionary of buddhism, Princeton University Press, (ISBN 0691157863), p. 146.
  2. (en) Paul Demiéville (trad. de l'italien), Le Concile de Lhasa : une controverse sur le quiétisme entre bouddhistes de l'Inde et de la Chine au VIIIe siècle de l'ère chrétienne, Paris, Collège de France, Institut des Hautes Études Chinoises, (ISBN 978-0-670-01821-5, LCCN 2007018082)
  3. (en) Stephen Batchelor, The Tibet Guide. Foreword by the Dalai Lama. Wisdom Publications, 1987. (ISBN 0861710460). (Revised edition: The Tibet Guide: Central and Western Tibet. Wisdom Publications, 1998. (ISBN 0861711343).)
  4. (en) Colossal Guru Rinpoche's statue demolished in Tibet : « Article 48 states that, "Where, in violation of provisions in Article 13 of these measures, a religious structure such as an outdoor religious statue, stupa, or mani lhakhang [prayer (wheel) temple] is built without authorization outside of a venue for religious activity, the people's government religious affairs department at the county level or above orders redress, suspension of construction, and demolition within a specified time limit, in accordance with relevant laws and regulations" ».
  5. a et b (en) Nine monks sentenced, other committed suicide in Tibet.