Saly Portudal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Saly Portudal
Saly Portudal
Les vendeurs ambulants de plages de Saly Portudal.
Administration
Pays Drapeau du Sénégal Sénégal
Région Thiès
Département M'bour
Maire
Mandat
Ousmane Gueye
2009-2019
Démographie
Gentilé Salois
Population 30 000 hab. (est.)
Géographie
Coordonnées 14° 26′ 18″ nord, 17° 00′ 45″ ouest
Altitude 14 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Sénégal

Voir la carte administrative du Sénégal
City locator 14.svg
Saly Portudal

Géolocalisation sur la carte : Sénégal

Voir la carte topographique du Sénégal
City locator 14.svg
Saly Portudal

Saly Portudal (ou couramment Saly) est une station balnéaire située sur la Petite-Côte, au sud de Dakar. Avec ses 17 hôtels et ses 33 résidences pour un total de 10 000 lits, Saly est le plus grand centre touristique de l’Afrique de l’Ouest[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village d'origine était un ancien comptoir portugais surnommé "Porto de Ale" (le port de la bière), une dénomination qui s'est transformée au fil du temps en Saly Portudal.

Créée de toutes pièces à proximité du village, la station balnéaire a été inaugurée le 24 février 1984, au moment où le tourisme prenait son essor au Sénégal, une destination peu familière auparavant.

Administration[modifier | modifier le code]

Certains considèrent que Saly se trouve dans M'bour (le chef-lieu du département) mais Saly Portudal a été érigé en commune en juillet 2008[2].

Problème foncier[modifier | modifier le code]

La plus grande partie de l'aire urbaine est sous la responsabilité de la Société d'aménagement et de promotion des côtes et des zones touristiques du Sénégal (SAPCO). Cette société possède un terrain d'une superficie totale de 620 hectares, dont elle peut disposer de manière totalement indépendante du Conseil municipal. A Saly, la SAPCO forme ainsi une sorte de ville dans la ville.

Le développement urbain se heurte également à de grandes difficultés dues à une propriété floue des terres. Ce problème a débuté en 1999, lorsque la Communauté rurale de Malicounda a perdu le contrôle de la gestion des dossiers du registre foncier. Depuis lors et après la fondation de la ville de Saly Portudal, certaines décisions en matière de propriété foncière ont été prises sans tenir compte des titres de propriété découlant de droits anciens, ce qui est encore aujourd'hui la source de nombreux litiges (certains terrains pouvant être frauduleusement vendus à différents acquéreurs). Pour éviter ce genre de problèmes, les acquéreurs immobiliers font généralement appel à un notaire pour assurer la légalité de la transaction et essaient, lorsque c'est possible, d'obtenir un titre foncier plutôt qu'une simple délibération communale leur attribuant le terrain.

Quartiers[modifier | modifier le code]

Plan de Saly Portudal
L'Afrique, « à l'occidentale ».

L’arrivée par vagues successives de populations d’ethnies différentes a entraîné la fondation de petits hameaux dont la réunion constitue aujourd’hui le « village » de Saly-Portudal. Ces hameaux, assimilés sur le plan administratif à des « quartiers », étaient initialement au nombre de six :

  • Saly Niakh niakhal
  • Saly Bambara
  • Saly Velingara
  • Saly Tapé
  • Saly Joseph
  • Saly Koulang

Depuis la création de la station balnéaire de Saly-Portudal, six nouveaux quartiers ont vu le jour au nord ouest de Saly en raison de l’accroissement de la population de Saly : Saly Golf, Saly Extension, Saly Station, Saly Carrefour, Saly Aérodrome et Saly Médine.

En tout, Saly compte 15 quartiers[3].

Population[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants est difficile à chiffrer en raison des allées et venues de touristes et la présence de résidents temporaires qui viennent passer à Saly quelques mois par an.

Lors du dernier recensement de 2013, Saly Portudal était crédité de 26 000 habitants[4] alors qu'il n'y en avait que 1200 en 1988.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Une rue non bitumée de Saly Portudal.

Les infrastructures locales sont de qualité variable.

Les principales routes sont bitumées mais de nombreuses voies secondaires sont encore des pistes de sable. La route nationale N 1 touche la banlieue est de Saly Portudal. Elle relie la ville au nord-ouest avec les principales villes de la région métropolitaine de Dakar et à l'est avec Mbour, Fatick, Kaolack et Tambacounda.

L’aéroport de Dakar-Blaise Diagne, situé à 26 km, relie Saly Portudal au réseau aérien international.

L'eau courante, l'électricité et l'accès à Internet sont disponibles à Saly mais de nombreuses coupures ont encore régulièrement lieu et parfois pendant plusieurs jours. Les variations de tension électrique peuvent également détériorer certains équipements électriques et le coût du kWh de la Sénélec est d'environ 100 F en 2019 (soit plus cher qu'en France), ce qui rend les factures des maisons équipées "à l'européenne" (réfrigérateur, four, climatisation, piscine, etc.) assez coûteuses. Pour l'accès à Internet, la solution la plus économique et qui fonctionne le mieux est de passer par le réseau mobile qui est très efficace et d'un tarif abordable.

Les problèmes de corruption sont également assez fréquents. Il n'est pas rare de devoir laisser un billet de 1000 F CFA (1,5 euro) à un policier pour mettre fin à un contrôle routier long et méticuleux (même si l'on a rien à se reprocher). De la même façon, il est parfois nécessaire de glisser un billet à un agent administratif pour obtenir dans un délai raisonnable un document "gratuit".

Géographie[modifier | modifier le code]

La plage, côté sud

Érosion du littoral[modifier | modifier le code]

La plage de l'hôtel "Les Bougainvillées" à Saly se réduit à cause de l'érosion du littoral.

La station est située sur une côte de sable doré, bordée de cocotiers et baignée par une mer toujours calme et protégée par la baie mais depuis les années 2000, les plages de la petit cote se réduisent du fait de l'érosion du littoral. Dans certaines zones de Saly, la diminution de la plage est spectaculaire mais le littoral est plus préservé du côté de Saly Niakhniakhal, Obama beach ou Ngaparou.

Début 2019, des travaux ont commencé pour créer de grandes digues afin de tenter de mieux préserver cette zone de l'érosion[3].

Économie[modifier | modifier le code]

Un hôtel et sa piscine
Dans les boutiques, un artisanat venu de toute l'Afrique

Les ressources locales sont presque toutes liées au tourisme ou aux activités dérivées (pêche, sports nautiques, tennis, équitation, golf, etc.). Saly est aussi le point de départ de nombreuses excusions dont le parc animalier de la forêt de Bandia, l’île de Gorée, l’île aux coquillages Fadiouth, le Lac rose, etc.

Complexes hôteliers, discothèques, bars, restaurants typiques, boutiques artisanales, agences immobilières, tous se disputent les faveurs d'une clientèle "fortunée", selon les critères du pays. Une grande communauté de retraités Belges et Français est présente à Saly pendant la période hivernale en Europe. Ces Français (dont plus de 2500 en 2019 sont résidents Sénégalais et donc surnommés "Sénégaulois") et ces Belges ont souvent fait l'acquisition de maisons en bord de mer ou situées dans des résidences fermées et surveillées où ils passent l'hiver "au chaud". La température moyenne de décembre à avril est en effet de 28°C avec des températures minimum en matinée ou en soirée de 16°C.

Saly accueille également de nombreux Dakarois chaque week-ends.

  • Saly Portudal, le village de pêcheurs le plus connu, se trouve au sud de la ville. On peut encore y assister au départ des pirogues. D'autres quartiers, par exemple Saly Niakh niakhal, sont plus préservés et ne manquent pas de charme.
  • Saly Plages, le quartier touristique, est situé au centre de la station. Outre les plages de rêve annoncées par les brochures, on y trouve un petit port, un golf, ainsi que de nombreuses résidences et maisons individuelles.
  • Saly Nord est le quartier artisanal situé au nord de la ville. Les touristes sont ravis de découvrir à même le sol des colliers de coquillages, des bracelets divers, des bibelots, des poteries, des statuettes en bois, des masques, des chaises africaines ou des instruments de musique locaux (sabar, kora, djembé). Dans de minuscules échoppes, les tailleurs proposent aux vacanciers vêtements typiques et tissus colorés.

Séminaires et colloques internationaux sont parfois organisés à Saly.

Depuis le milieu des années 2010, de grandes enseignes françaises de la grande distribution telles que Auchan, Casino ou Super U sont présentes à Saly et font du tort aux petits commerçants des rues en vendant leurs produits à plus bas prix.

Environnement[modifier | modifier le code]

Avec ses nombreux véhicules anciens, le centre ville est assez pollué mais, avec leurs nombreux cocotiers, les plages restent attractives pour les touristes.

En ville, on trouve également des baobabs, des manguiers et de nombreux eucalyptus.

Dérives[modifier | modifier le code]

Le développement rapide d'un tourisme de masse dans un pays assez démuni par ailleurs est à l'origine de certaines dérives, comme la petite délinquance, la prostitution et la pédophilie, ou encore la propagation du sida et d'autres infections sexuellement transmissibles (IST).

Longtemps, pour ne pas ternir l'image de la station, ces problèmes n'étaient guère évoqués publiquement. Pourtant, des mesures gouvernementales draconienes avaient été prises et en 2002, un Observatoire pour la protection des enfants contre les abus et l'exploitation sexuelle, "Avenir de l'Enfant" (ADE), avait été créé à M'bour par une ONG sénégalaise.

En 2003, la chaîne de télévision française M6, dans le cadre de l'émission Ça me révolte[5], a diffusé un reportage centré sur Saly, contribuant à alerter l'opinion internationale qui, jusque-là, situait le tourisme sexuel principalement en Asie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Saly portudal », sur www.sapco.sn (consulté le 29 décembre 2018)
  2. (fr) Décret no 2008-748 du 10 juillet 2008 portant création de communes dans les régions de Fatick, Kaffrine, Kaolack, Kédougou, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis, Sédhiou, Tambacounda, Thiès et Ziguinchor, Journal officiel de la République du Sénégal, no 6446 du 31 décembre 2008
  3. a et b Projet de restauration, de protection et de l’entretien des plages de Saly.
  4. Source : Guide Lonely Planet, Sénégal et Gambie, 2006, p. 135
  5. « Tourisme sexuel : des images qui font mal, vues de Paris », un article de Karim Fall, journaliste du Soleil, 12 juin 2003 ([1])

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A. K. Diagne, « Impacts of Coastal Tourism Development and Sustainability: A Geographical Case Study of Sali in the Senegalese Petite Cote », Geographical Review of Japan Series B, 2001, vol. 74, 1, p. 62-77
  • (fr) Guy Thilmans, « Sur l'existence, fin XVIe siècle, de comptoirs néerlandais à Joal et Portudal (Sénégal) », Notes africaines, 1968, no 117, p. 17-18
  • (fr) Effets du projet Sali sur l'économie du Sénégal, Dakar, 1973, 75 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]