Salut romain

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Le salut romain est le nom moderne donné à un salut exécuté par le bras tendu en face de soi, avec la paume de la main dirigée vers le sol et les doigts serrés entre eux. Parfois le bras est relevé d'un certain angle, mais il peut également être parallèle au sol. Ce salut est connu aujourd'hui comme un symbole du fascisme ou du nazisme.

Usage antique[modifier | modifier le code]

Le Serment du Jeu de paume de David reprenant la gestuelle du bras tendu, non pas comme salut, mais comme geste de serment.
Assemblée constituante mexicaine, février 1917, reprenant la gestuelle du tableau Le Serment du Jeu de paume de David, photographie anonyme.

Si le fait de lever un bras avec la paume ouverte vers l'avant est une forme de salut attestée couramment dans le monde méditerranéen, ce geste de tendre le bras avec la paume vers le sol, comme pour faire un serment, ne se retrouve comme marque de salut dans aucun texte romain et aucune œuvre d'art romain, et est inconnu de la gestuelle des Romains, tant sous la République, que sous l'Empire[1]. Il s'agit d'une reconstitution erronée, datant de la mode du retour à l'Antique au XVIIIe siècle, et remise en vogue au début du XXe siècle.

Il se pourrait que ce soit les tableaux du peintre français Jacques-Louis David comme le Serment du jeu de paume ou Le Serment des Horaces (1785) qui aient inspiré l'idée du geste qui sera appelé le salut romain. L'art néoclassique français a alors conduit à considérer cette forme de serment, et non de salut, comme un usage de la Rome antique, qui sera repris plus tard dans la culture populaire au théâtre et au cinéma.

Réutilisations modernes[modifier | modifier le code]

Salut olympique[modifier | modifier le code]

Le Salut olympique sculpté par Gra Rueb pour les Jeux olympiques d'été de 1928 à Amsterdam.

Proche du salut romain (avec le bras tendu en face en soi), le salut bras droit replié puis tendu sur le côté[2] fut choisi par Pierre de Coubertin comme salut olympique pour les athlètes des Jeux olympiques à partir des Jeux d'Anvers en Belgique en 1920, date où il est adopté par les athlètes du groupe sportif de l'armée française, le bataillon de Joinville, et connu alors aussi sous le nom de salut de Joinville.

Ressemblant au salut nazi, le salut olympique a été abandonné après la Seconde Guerre mondiale[3].

Salut de Bellamy[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Salut de Bellamy.

Le salut de Bellamy est proposé par Francis Bellamy (1855-1931) pour accompagner le Serment d'allégeance au drapeau des États-Unis dont il est l'auteur. À cause de la ressemblance de ce geste avec les saluts facistes, i est officiellement remplacé par la main sur le cœur quand le Congrès américain amende le Flag Code le 22 décembre 1942[4].

Salut fasciste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Salut fasciste.

Ce geste a été adopté par le fascisme italien, puis par le parti nazi allemand et par d'autres mouvements fascistes. Aujourd'hui, l'usage de ce salut est puni par la loi en Allemagne et en Autriche. Il reste utilisé avec ses variantes par des mouvements néofascistes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comme le précise l'historien Martin M. Winkler : The Roman Salute. Cinema, History, Ideology, Columbus, 2009, p. 2 : « Not a single Roman work of art – sculpture, coinage, or painting – displays a salute of the kind that is found in Fascism, Nazism, and related ideologies. It is also unknown to Roman literature and is never mentioned by ancient historians of either republican or imperial Rome ».
  2. « Les petits secrets des vignettes sportives », article de Jérôme Segal du Monde diplomatique de juin 2016.
  3. Livret du jeune visiteur à l’Exposition, des Jeux olympiques d’été de 1896 à 2016 par le Comité national olympique et sportif français.
  4. (en) Marc Leepson, Flag : An American Biography, Macmillan, (ISBN 0-312-32309-3), p. 171

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]