Salle des Gardes

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Porte de la salle des Gardes de la reine

La salle des Gardes est une salle du Grand appartement de la Reine dans le château de Versailles, château français situé dans les Yvelines, en Île-de-France. La salle est située entre la Salle du Sacre et l'antichambre du Grand Couvert.

Histoire[modifier | modifier le code]

La salle des Gardes de la reine a remplacé, en 1676, l'une des chapelles successives du château, aménagée en 1672. La construction de la Grande Galerie a en effet entraîné une modification de la distribution de l'appartement : la chapelle laisse la place à un salon, d'abord nommé salon de la Reine, puis salle des Gardes. La précédente salle des gardes devient quant à elle la première antichambre de l'appartement ou antichambre du Grand Couvert[1].

La pièce marque l'entrée de l'appartement de la reine qui se développe jusqu'au salon de la Paix. Elle servait aux gardes chargés de la protection de la souveraine et était toujours très animée. Au matin du 6 octobre 1789, lorsque les émeutiers commencent à envahir le château, les gardes du corps retranchés dans cette pièce parviennent à résister et protéger Marie-Antoinette qui se réfugie chez le roi.

Décor[modifier | modifier le code]

Contrairement aux autres pièces de l'appartement de la reine, la salle des Gardes est la seule à avoir conservé dans son intégralité sa décoration murale du temps de Louis XIV, formée de lambris de marbre : blanc de Carrare, campan vert, languedoc rouge, noir antique.

Le plafond a reçu un décor peint par Noël Coypel, provenant de l'ancien Cabinet d'angle (ou de Jupiter) de l'appartement du roi, situé à l'emplacement de l'actuel salon de la Guerre. La composition centrale, octogonale, représente Jupiter parcourant les airs, accompagné de la Justice, l'Abondance et la Piété. Les tableaux des voussures illustrent, selon Félibien, « deux des actions les plus mémorables de la Justice, et deux des actions les plus mémorables de la Piété dont l'Histoire a conservé la mémoire », allusion aux qualités royales :

  • voussure sud (côté fenêtres) : Solon expliquant ses lois aux Athéniens.
  • voussure nord : Alexandre Sévère faisant distribuer du blé au peuple de Rome dans un temps de disette.
  • voussure ouest (au-dessus de la cheminée) : Ptolémée Philadelphe rend la liberté aux Juifs.
  • voussure est : Trajan rendant la justice.

Les écoinçons représentent : La Justice punissante, des Esclaves libérés, le Soulagement de la famine, et La Justice récompensante[2]. Dans les angles des écoinçons, des personnages semblent se pencher ironiquement sur le visiteur.

Deux tableaux de Coypel complètent la décoration et s'inscrivent dans le thème jupitérien du plafond : au-dessus de la cheminée, un Sacrifice fait à Jupiter sur le mont Lycée ; sur le mur en face : Jupiter enfant élevé par des nymphes chez les Corybantes.

Les bas-reliefs dorés sont l'œuvre des sculpteurs Le Gros et Massou[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Verlet, Le château de Versailles, Paris, Fayard, 1985, p. 95-96.
  2. Gérard Sabatier, Versailles ou la figure du roi, Paris, Albin Michel, 1999, p. 134-135.
  3. Gérald Van der Kemp et Pierre Lemoine, Versailles et Trianon, guide général, Versailles, Artlys, 1979, p. 104.

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