Salih Gourdji

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Salih Gourdji
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Salih Gourdji, appelé aussi « Prince Sabahaddin » car il avait rang de pacha, est un journaliste turc, né à Bagdad en 1884, mort en 1927. Il a fondé en 1911 la première agence de presse indépendante de son pays, l'Agence télégraphique ottomane, annexée ensuite par l'Agence Anadolu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Salih Gourdji est issu de l'une des 500 familles juives sépharades de Turquie converties à l'islam au XVIIe siècle. Il a fait des études de droit à Paris, où il s'est fait de nombreux amis dans les milieux intellectuels et diplomatiques et a participé au mouvement Jeunes-Turcs, parti politique et révolutionnaire qui souhaite restaurer la Constitution ottomane de 1876. Sa délégation est reçue par Georges Clemenceau[1]. Il a épousé à la mairie du VIIIe arrondissement[2] Elda Farragi, née à Salonique, fille d'un médecin-major, colonel dans l'armée turque, qui lui donnera deux filles, dont la journaliste française Françoise Giroud, venue au jour en 1916 à Genève et qui grandira en France.

Rentré à Constantinople, il y a créé en 1909 l'« Agence télégraphique ottomane », peu après la révolution du 24 juillet 1908, dans un pays où les informations sont essentiellement fournies par l'Agence Havas française, et l'« Agence Constantinople » autrichienne. Partisan d'une ligne libérale, il n'en est pas moins membre du Comité Union et Progrès, qui représente la tendance la plus proche du jacobinisme, au sein des Jeunes-Turcs. Le débat oppose alors les unionistes (homologues des Jacobins français), qui souhaitent un empire centralisé et unitaire, et les fédéralistes, qui voulaient un empire fédéral afin d’assurer le ralliement des minorités à la citoyenneté ottomane. Selon un document du Quai d'Orsay, Salih Gourdji a été candidat à la « Chambre ottomane » pour représenter cette tendance du mouvement Jeunes-Turcs. La Russie suit de très près le mouvement, et Arthur Raffalovitch, l'attaché commercial de Russie en France, l'a en particulier invité à faire des conférences à son sujet en 1911[2].

En 1911, il refonde à Istanbul cette Agence télégraphique ottomane, dont il est le président et le propriétaire, et qui sera remplacée en 1914 par l'Agence nationale ottomane. Dès le début des hostilités de la Première Guerre mondiale, il doit fuir son pays pour cause d'idées libertaires et d'opposition à l'alliance avec l'Allemagne. Il est contraint à l'exil à Genève pour avoir refusé de mettre son agence de presse au service des Allemands, alors maîtres de la Turquie, et de leur Agence Continentale.

Il embarque pour les États-Unis en 1917 et tente de se faire enrôler dans l'armée américaine, qui le refuse en raison de son âge. La presse intellectuelle de l'époque montre qu'il est bien accueilli par des cercles d'étudiants, d'enseignants et d'exilés aux États-Unis[2]. Il aurait ensuite mené diverses missions pour les services spéciaux alliés, puis meurt précocement de la syphilis en 1927 à l'hôpital de Ville-Évrard, à Neuilly-sur-Marne, où il était interné depuis deux ans[3].

Après la guerre, en octobre 1922, son Agence télégraphique ottomane s'allie avec les agences de presse Havas et Reuters[4]. Mais l'Agence Anadolu, qui a succédé au « bureau de presse kémaliste » créé en 1920 par Mustafa Kemal Atatürk, reprend l'agence, par un contrat d'octobre 1923, au moment où Mustafa Kemal expulse les occidentaux du pays[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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