Salah Bey

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Salah Bey
Gouverneur de la Régence d'Alger
Biographie
Nom arabe صالح باي
Date de naissance 1725
Lieu de naissance Izmir, Turquie
Date de décès 1792
Lieu de décès Constantine, Algérie
Fonction
Titre Bey de Constantine
Règne 1771 - 1792

Salah Bey, (en arabe صالح باي ), né en 1725 à Izmir (en Turquie)[1] et mort en 1792, a été le Bey de Constantine de 1771 à 1792[2] et l’un des plus célèbres Beys de la province. Sa gouvernance est marquée par des expéditions intérieures pour maintenir l'ordre dans la région, une participation victorieuse face à l’expédition espagnole contre à Alger, en 1775 et des travaux d'urbanisme à Constantine[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Le pont d'El-Kantara de nos jours.

Constantine fut choisie au XVIe siècle pour être la capitale du Beylik de l'Est et donc le siège du bey. Salah Bey fut l'un des bey les plus illustre de ce Beylik, avec la réputation d'avoir mener une bonne gouvernance[2]. Il continua l'œuvre entreprise par ses prédécesseurs et il encouragea l'expansion de la ville vers le nord[3].

A ses débuts, Salah débarqua à Alger pour travailler chez un cafetier puis il s’engagea dans la milice où il se fit remarquer lors de la campagne contre Tunis par son chef Ahmed El Colli[1]. Ce dernier devenu Bey de Constantine, lui donna sa fille en mariage et le désigna en tant que successeur. Nommé par le dey d'Alger, Mohamed Ben Othmane, Salah Bey remplaça ainsi son beau père en 1771[1]. A l'appel de son suzerain, le dey Mohamed Ben Othmane, il partit en renfort pour Alger en 1775 menacée par les Espagnols et participa à l'issue victorieuse de la bataille[1]. Il se montrera également très ferme à l’égard de la régence de Tunis et obligea Hamouda Pacha, le bey de Tunis, à payer un fort tribut[1].

Il ordonna des grands travaux dans Constantine. Il fit restaurer le pont romain d’El Kantara[4]. Il organisa l’enseignement dans Constantine et d’autres villes[2]. Ainsi il ordonna la construction de mosquées et des médersas : Salah Bey à Annaba, Sidi El khatani[4] et la medersa de la mosquée al-Akhdar à Constantine. Il fit édifier aux environs de la place du Souq al-'Asr, une medersa, une mosquée, un palais ainsi qu'un marché à Constantine. Il installa les Juifs, jusque-là dispersés, dans un quartier nouveau qui prendra le nom de chara, situé dans le Nord de la ville de cette époque[3]. Sous son règne, se développa le commerce, l’industrie, et l’agriculture dans la région[4].

Mais Salah Bey mena également une lutte acharnée contre les marabouts[4] et il ramena à l’ordre les tribus insoumises[2]. Il mourut ainsi étranglé sur ordre du nouveau dey d’Alger, Sidi Hassan (dont le règne débute en 1791), à la suite des plaintes des marabouts[2].

Légendes et héritages[modifier | modifier le code]

Salah Bey est considéré par les habitants de Constantine comme «le Bey des Beys» (Bey el-beyatte)[5], un poème transmit les circonstances tragiques de sa mort Galou Laarab Galou, interprété par les chanteurs du malouf, qui commence ainsi : «Les Arabes ont dit : Nous ne livrerons pas Salah, ni ses biens ; Dussions-nous tous mourir; Et voir s'accumuler les cadavres»[5].

Son tombeau est situé dans l'enceinte de la mosquée El-Kettania[5], la localité Salah Bey située à proximité de Constantine et qui abrite sa résidence secondaire porte aujourd’hui son nom[6], une autre commune de la wilaya de Sétif porte également son nom[7]. La légende rapporte que les Constantinoises portent un haïk noir en signe de son deuil [8]. Un viaduc inauguré en 2014, porte aussi son nom[9].

Selon la légende, Salah Bey a tranché la tête de Sidi M’Ahmed, chef de l’opposition maraboutique, au moment de sa mort, son corps se transforme en corbeau, impressionné par ce « miracle », il a fait construire le mausolée du Sidi M’Ahmed El-Gherab (le corbeau en arabe) à cet emplacement[4].

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Mahfoud Kaddache, L'Algérie durant la période ottomane., Alger, Alger : O.P.U., , 239 p. (notice BnF no FRBNF35498970), p. 154, 155
  2. a, b, c, d et e Chems Eddine Chitour, Algérie : le passé revisité, Casbah Editions, , 318 p. (ISBN 9789961644966), p. 80
  3. a, b et c Les caractéristiques d'une ville arabe «moyenne» au XVIIIe siècle. Le cas de Constantine, André Raymond, Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, 1987, p137, 138.
  4. a, b, c, d et e Catherine Belvaude, L'Algérie, Karthala, (ISBN 978-2-86537-288-1), p. 232, 233
  5. a, b et c Salah Bey revisité, Le Quotidien d'Oran du 22/07/2010.
  6. Marc Côte, Guide d'Algérie : paysages et patrimoine, Média-Plus, , 319 p. (ISBN 9961-922-00-X), p. 179
  7. Achour Cheurfi, Dictionnaire des localités algériennes : villes, villages, hameaux, qsars et douars, mechtas et lieux-dits, Alger, Casbah Éditions, , 1213 p. (ISBN 9789961643365), p. 962
  8. Daniel Babo, Algérie, Éditions le Sureau, coll. « Des hommes et des lieux » (ISBN 978-2-911328-25-1), p. 96
  9. Visite de travail d’Abdelmalek Sellal à Constantine : plusieurs projets lancés et des réalisations inaugurées, Paru à radioalgerie.dz, Le 26 juillet 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]