Sakine Cansiz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Sakine Cansiz
Surnom Sara[1]
Naissance
Province de Tunceli (Turquie)
Décès
Paris (France)
Première incarcération 1979
Diyarbakır (Turquie)
Cause défendue Cause kurde[2]


Sakine Cansiz (en kurde : Sakîne Cansiz, [sækiːnɛ dʒænsɪs] ; en turc : Sakine Cansız, [saˈkine ˈdʒɑnsɯz] ; née en 1958 dans la province de Tunceli (Turquie)[3] et morte à Paris le [4]) est l'une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Biographie[modifier | modifier le code]

Engagée dès sa jeunesse pour la cause kurde, elle est arrêtée par la police turque[5] et condamnée à 24 années de détention, peine portée à 76 ans après qu'elle a parlé kurde au tribunal[5],[6]. Elle reste emprisonnée pendant 12 années[7],[8] ; selon des sources kurdes, elle y est soumise à la torture qui est alors systématiquement appliquée aux prisonniers politiques[5]. Libérée en 1990, elle participe à la conférence organisée du 23 au 28 août 1991, dans la plaine de la Bekaa, au Liban[9], à l'initiative d'Abdullah Öcalan ; y sont présents d'autres dirigeants et fondateurs du PKK également libérés des geôles turques[10]. En 2007, les autorités américaines l'identifient comme l'un des principaux collecteurs de fonds du PKK en Europe et projettent son arrestation[11],[12].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Elle est assassinée à Paris dans les locaux du centre d'information du Kurdistan, au 147 rue La Fayette, dans le Xe arrondissement dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013 avec deux autres militantes kurdes[13], Fidan Doğan et Leyla Söylemez possiblement, selon la justice française, par les services secrets turcs, le MİT[14]. L'assassin présumé, Omer Güney, est un Turc de 34 ans, qui avait été agent d'entretien à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Quelques mois après ces assassinats, un enregistrement audio d’une conversation entre Ömer Güney et des agents des services secrets turcs (MIT), ainsi que des notes, sont mis en ligne anonymement. Omer Güney avait également des photos de centaines de militants kurdes dans son téléphone . La juge Jeanne Duyé est chargé de l’enquête. En septembre 2013, l'ordinateur de la magistrate est volé à son domicile lors d’un étrange cambriolage et un projet d'évasion d'Omer Güney a été déjoué , l'homme, incarcéré depuis le 21 janvier 2013 près de Paris, comptait s'évader «avec l'aide d'un membre du MIT». La magistrate, au-delà d'une possible implication des services secrets turques, n'a pas réussi à établir qui étaient les commanditaires, s'ils avaient agi « avec l'aval de leur hiérarchie » ou « à l'insu de leur service afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix » entamé à l'époque entre Ankara et le PKK .

Le 13 décembre 2016, Ömer Güney est transporté d’urgence du centre pénitentiaire de Fresnes à l'hôpital de la Salpêtrière. Depuis longtemps atteint d’un cancer du cerveau, il a été contaminé par la légionellose et meurt d’une pneumonie le 17 décembre soit cinq semaines avant le début de son procès[15],[16].

Metin, le frère de Sakine Cansiz, tient la France pour responsable : « ma sœur a été tuée sur le sol français et celui qui a tué ma sœur est mort en prison, empêchant le procès d'avoir lieu »[17].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le décès d’Omer Guney était-il programmé ? », sur blogs.mediapart.fr, .
  2. lci.fr/faits-divers/sept-a-huit-trois-militantes-de-la-cause-kurde-
  3. (en) Nick Tattersall et Giles Elgood (éd.), Ayla Jean Yackley (Istanbul) et Nicholas Vinocur (Paris), « Slain Kurdish activist Cansiz leaves stamp on militant PKK », sur Reuters.com, .
  4. (en) « Founder of Kurdish PKK among three women slain in Paris »
  5. a b et c Émilie Jehanno et Gaël Cogné, « Qui était la cofondatrice du PKK assassinée à Paris ? », sur FranceTV Info, .
  6. (tr) Hürriyet, 6 février 1988 ; cité par (fr) Sabri Cigerli, Les Réfugiés kurdes d'Irak en Turquie : Gaz, exodes, camps, Paris, L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », , 318 p. (ISBN 9782738470096, lire en ligne), p. 171.
  7. (en) Avec AFP, « Assassinated Kurdish activist Sakine Cansiz was former PKK guerrilla », sur EKurd.net, .
  8. nevarneyok, « Kurdistan, la guerre des filles », sur nevarneyok.noblogs.org (consulté le 16 juin 2016)
  9. (ku) Serxwebun (organe du PKK) no 117, septembre 1991, p. 8.
  10. (ku) Serxwebun (organe du PKK) no 118, octobre 1991, p. 4.
  11. (en) Associated Press, « Slaying Puts Spotlight On Kurdish Female Warriors », sur NPR.org, .
  12. (en) Ambassade des États-Unis à Ankara, « Blocking Money Flows To The PKK In Northern Iraq: Expanding Our Strategy », sur WikiLeaks, .
  13. Avec AFP, « Les trois militantes kurdes ont été assassinées de plusieurs balles dans la tête », Le Monde, .
  14. « Assassinat de militantes kurdes à Paris : la justice souligne l’implication des services secrets turcs », sur lemonde.fr, (consulté le 6 avril 2016)
  15. « Omer Güney, assassin présumé de trois militantes kurdes à Paris, meurt avant son procès », 20minutes.fr, consulté le 17 décembre 2016.
  16. « Militantes kurdes assassinées à Paris : le suspect renvoyé devant les assises », Le Parisien, .
  17. Ariane Bonzon, « L'impossible vérité sur l'assassinat de trois Kurdes à Paris », sur Slate.fr, .

Liens externes[modifier | modifier le code]