Godelieve de Gistel

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Godelieve
Image illustrative de l'article Godelieve de Gistel
La légende de Godelieve dans la chapelle de Gistel en Belgique
Sainte, vierge et martyre
Naissance 1049
Londefort
(Wierre-Effroy, Pas-de-Calais, France, entre Boulogne-sur-Mer et Calais)
Décès   (à 21 ans)
Gistel, Belgique
Nationalité Flag of Belgium.svg Belge
Vénérée à Gistel, Belgique
Vénérée par l'Église catholique
(localement par l'Église orthodoxe)
Fête 30 juillet,
(localement le 6 juillet)
Attributs La couronne du martyre, une corde, un mouchoir autour du cou
Sainte patronne Des femmes délaissées et maltraitées par leur mari

Godelieve de Gistel (ou Godeleine en Flandre française)[1], née vers 1049 et morte (assassinée) le 6 ou 7 juillet 1070, est une jeune femme du comté de Flandre. Délaissée par son mari qu'elle ne cessa d'aimer, et maltraitée par sa belle-mère, elle est considérée comme sainte et martyre. Liturgiquement elle est commémorée le 30 juillet par l'Église catholique[2] et localement le 6 juillet par l'Église orthodoxe[3].

Histoire et tradition[modifier | modifier le code]

Sa vie[modifier | modifier le code]

Godelieve, fille de Hemfried, seigneur de Wierre-Effroy, était de noblesse flandrienne. Belle et aimable, la jeune fille de 18 ans refusait les prétendants, souhaitant devenir religieuse. Un noble gentilhomme, Bertolf de Gistel (ou 'Bertulf de Ghistelles'), toutefois, voulut à tout prix l'épouser et la demanda par l'entremise d'Eustache II de Boulogne, comte de Boulogne, suzerain du père de Godelieve.

Godelieve fut très mal reçue par sa belle-mère, jalouse, qui la persécuta l'obligeant à vivre dans une cellule minuscule, sans la nourrir adéquatement. Ce qui n'empêchait pas Godelieve de partager ses maigres victuailles avec les pauvres. De son côté, Bertolf fit courir des rumeurs calomnieuses à son sujet, et le mariage ne fut pas consommé.

Après quelque temps Godelieve s'enfuit et retourna chez ses parents. Son père fit appel à l'évêque de Tournai pour obliger Bertolf à reprendre son épouse et à lui rendre ses droits et sa dignité d'épouse. Godelieve retourna à Gistel, où, pas plutôt arrivée, elle fut étranglée par deux serviteurs de son mari, lequel tenta de faire passer ce meurtre pour une mort naturelle.

Après sa mort[modifier | modifier le code]

Le meurtre par strangulation de sainte Godelieve (dans la chapelle de Gistel)

Bertolf se remaria. Il eut une fille, Edith, née aveugle. La tradition relate que l'enfant fut guérie par l'intercession de sainte Godelieve. Après ce miracle, Bertolf se repentit, et s'en alla à Rome pour obtenir l'absolution de sa faute. Il partit ensuite en pèlerinage en Terre sainte et se fit moine à l'abbaye de Saint-Winoc de Bergues où il mourut.

Sa fille Edith fonda un monastère bénédictin à Gistel (Ten Putte) sous le patronage de sainte Godelieve.

Souvenir et vénération[modifier | modifier le code]

  • Une dizaine d'années après la mort de la malheureuse épouse, un moine de l'abbaye de Bergues, Drogon, écrit une vie de Godelieve' (la Vita Godeliph) fort détaillée. En 1084, l'évêque de Tournai et de Noyon fit exhumer le corps de Godelieve, qui depuis lors reçut une grande vénération populaire et fut à l'origine de nombreux miracles[4].
  • Une procession comptant plus de mille participants parcourt chaque année les rues de Gistel, le dimanche suivant le 5 juillet.
  • Une petite chapelle qui lui est dédiée existe dans son village natal de Wierre-Effroy au hameau 'Londefort', à l'intérieur de laquelle se trouve une source dite miraculeuse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Connue également sous d'autres noms: Godeleva, Godeliève, Godelaine, Godelina ou Godelive, ou même - erronément - Gertrude
  2. nominis.cef.fr Nomins : Sainte Godelieve de Ghistelles.
  3. stmaterne.blogspot.com Saint Materne : Sainte Godelieve, martyre, patronne des époux malheureux.
  4. Bien qu'elle soit vénérée comme 'martyre' les Bollandistes font remarquer (dans Acta Sanctorum, Vol 2 de Juillet) que, à strictement parler, la sainte ne mourut pas en défense de la foi chrétienne mais bien comme victime de violences domestiques, qu'elle supporta cependant avec le plus éminent esprit de charité chrétienne. De là lui vient sa sainteté.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]