Sainte-Félicité (L'Islet)

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Sainte-Félicité
Image illustrative de l'article Sainte-Félicité (L'Islet)
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Chaudière-Appalaches
Subdivision régionale L'Islet
Statut municipal Municipalité
Maire
Mandat
Alphé St-Pierre
2013-2017
Constitution
Démographie
Gentilé Félicitois, oise
Population 393 hab. (2014)
Densité 4,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 57′ 00″ N 69° 56′ 00″ O / 46.950005, -69.93333846° 57′ 00″ Nord 69° 56′ 00″ Ouest / 46.950005, -69.933338
Superficie 9 423 ha = 94,23 km2
Divers
Code géographique 17025
Localisation
Localisation de Sainte-Félicité dans la MRC de L'Islet
Localisation de Sainte-Félicité dans la MRC de L'Islet

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Sainte-Félicité

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Sainte-Félicité

Sainte-Félicité est une municipalité québécoise (Canada) située dans la municipalité régionale de comté de L'Islet et la région administrative de Chaudière-Appalaches.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1862 : Premiers défrichements au Rang Taché-Ouest, par Clément Gagnon, Clément Bois (père), Clément Bois (fils), François Pelletier, Cyprien Pelletier et Germain Thibault.
  • 28 janvier 1863 : Première concession d'une terre forestière (les lots 24 du rang A, canton Garneau) à Clément Bois (père).
  • 1934 : Première initiative de création d'une nouvelle paroisse par les gens du Rang Taché-Ouest.
  • 29 septembre 1945 : Érection de la paroisse de Sainte-Félicité de L’Ilet.
  • 1er janvier 1950 : Érection de la municipalité de Sainte-Félicité de L'Islet.

Géographie, Faune et Culture[modifier | modifier le code]

Sainte-Félicité de L'Islet est située à 150 km de Québec et à 373 km de Montréal, dans la portion nord-est de la région de Chaudière-Appalaches, à la frontière sud du Bas-St-Laurent, dans le secteur « Côte-du-sud ». C'est un village des montagnes appalachiennes, près de la frontière américaine. Il se retrouve au sud de L'Islet et de Saint-Jean-Port-Joli, à mi-chemin entre les villages de Saint-Marcel et de Sainte-Perpétue ainsi qu'au nord du village de Saint-Adalbert et de la ville de Saint-Pamphile.

« La Savane », dans la vallée du « Cona-Brook » à l'hiver 2010.
La Maison de la Colonisation au Rang St-Camille à l'hiver 2012

Le territoire de la municipalité est érigé à l'intérieur d'une série de vallées formées à l'ère glaciaire et par lesquels plusieurs rivières affluent vers le Fleuve Saint-Jean dans l’État américain du Maine. Les plus importantes d’entre-elles se nomment la Rivière-Grand-Calder, la Grande-Rivière-Noire, la Rivière-à-la-Truite, la Rivière-Gobey ainsi que le Ruisseau-Froid qui alimente le Lac du Curé au centre du village. Dans la partie ouest de la municipalité, entre la Rivière-Grand-Calder et la Route-de-l'Équerre, on retrouve la vallée du « Cona-Brook » qui renferme un marécage d'un kilomètre de long. Nommé par la communauté « La Savane », ce milieu humide est un véritable poumon de la terre, essentiel à une biodiversité de plus en plus fragilisée, par ce fait, nous pouvons y retrouver une multitude d'espèces tel que le grand héron et le martin-pêcheur. La présence de ces nombreux cours d'eau, favorise durant la saison permise, la pratique de la pêche dont la principale espèce convoitée et répandue est la truite mouchetée. Outre la pêche, les habitants de ce village pratiquent durant l'automne et le début de l'hiver la chasse de divers gibiers, dont les principaux sont l'orignal, le cerf de virginie, la gélinotte huppée, le lièvre d’Amérique et l'ours noir. Durant la période hivernale, on peut retrouver encore chez certains Félicitois, la coutume de la trappe, dont la plupart des fourrures amassées proviennent d'une diversité d'animaux tel que le coyote, la martre d'Amérique, le castor, la loutre de rivière, le pékan, la belette, le vison ou encore le lynx. Ce royaume de la chasse et de la pêche provient en grande partie du climat et de la richesse écologique de la foret mixte, où se déploie une variété d'épinettes, le sapin baumier, le cèdre blanc et une variété de feuillus tel que le tremble, le bouleau (blanc et jaune) ainsi que l’érable. Le sol forestier riche en minéraux permet durant la saison estivale, de faire du territoire un véritable paradis pour la cueillette de produits forestiers non ligneux. Outre cela, les Félicitois s'adonnent aussi durant l’été, à la cueillette de petits fruits sauvages tel que la fraise, la framboise et le bleuet, principalement actif entre les mois de juillet et août. Par la présence d'innombrable érablières, le printemps permet de perpétuer la tradition de la cabane à sucre et par laquelle plusieurs acériculteurs effectuent la production du sirop d’érable, tant au plan traditionnel, qu'industriel et ce depuis plusieurs générations.

Sur le plan économique, dans la partie ouest et sud-ouest du territoire, on retrouve plusieurs carrières et sablières en exploitation, cependant l'exploitation forestière demeure la principale activité des lieux, l'agriculture ayant presque disparu depuis un demi-siècle. Alors qu'au niveau culturel, on retrouve un paysage agro-forestier typique de l'arrière-pays situé dans le Rang Taché-Ouest. Ouvert en 1845, ce rang, avec son école de rang et ses vieux bâtiments agricoles authentiques ainsi que sa croix de chemin élevée au début du siècle dernier, est sur le plan historique, le plus vieux lieu de la municipalité. L'école de rang est la dernière encore authentique sur tout le territoire de la MRC de L'Islet alors que la croix de chemin, elle, est entourée d'une aura et d'une histoire bien particulière. De type dite « mémoriale », cette croix aurait été érigée par Cyprien Pelletier, un des premiers pionnier du Rang Taché-Ouest. Il aurait érigé cette croix aux abords du « Ch'min Taché » suite à la guérison de sa femme. Il s'agissait selon les dires, d'une promesse qu'il aurait fait au « Bon dieu », en échange que ce dernier épargne sa femme, gravement malade pendant un hiver rigoureux. Une partie de ces monuments pittoresques se trouvent dans la portion ouest du rang, nommée la Côte des Bois. Mis à part ces bâtiments anciens, on retrouve au Rang Taché-Ouest, un Sacré-Cœur, érigé en 1950 par Pierre Gagnon, avec l'appui financier des « gens du Ch'min Taché », pour commémorer l'endroit où auraient dût, au départ, être construit l'église et le village. Parmi les autres endroits historiques à mentionner, il y a le « P'tit Canot » situé sur la Côte des Bois et qui est considéré dans la culture félicitoise comme un symbole de la musique folklorique québécoise. Comme mentionné par deux citoyens, M. Julien Gagnon et Mme Françoise Pelletier, dans un recueil de conte de la région, publié en l'an 2000, le « P'tit Canot » était une « (...) maison inhabitée où les gens du canton (Garneau) se réunissaient pour s'amuser. Situé sur la côte à Dalbert (la Côte des Bois) à la limite de Sainte-Félicité, cet endroit fait partie du folklore de notre patelin. Ce nom fait référence aux «Belles Histoires des Pays-d'en-Haut» quand Séraphin, en voyant Jambe-de-bois et Pit Caribou arriver au village, disait à sa belle Donalda: «Y s'en vont prendre un coup avec ton beau Alexis au P'tit-Canot ». Tous les dimanches d'été, c'était soir de danse. Cette coutume a débuté vers 1943 pour se continuer jusqu'en 1954. «Le divertissement de la mariée», soirée précédant la noce, était un agréable prétexte à la fête. Il y avait aussi les «Gens des États», en visite chez les Bois, qui en profitaient pour venir lâcher leur fou à la campagne. »[1] S'il était considéré comme un lieu de rassemblement et de fête pour la jeunesse de l'époque, le « P'tit Canot » était tout autre aux yeux du curé-fondateur Charles Dumais, qui le considérait comme une source de troubles pour les bonnes mœurs de ses paroissiens. Il ne ratait jamais une occasion en chaire, lors de son sermon du dimanche, pour rappeler à ces paroissiens que ces veillées étaient contre la morale de l'Église car « (...) À peine éclairés par la lampe à l'huile dans le coin de la pièce, les couples s'en donnaient à cœur joie ne ratant aucun set carré. (...) Pour certains taxis, c'était alors l'occasion de faire la passe. En venant conduire les jeunesses, ils en profitaient pour nous rapporter quelques grosses bières ou une couple de petits flass de bagosse achetés chez un bootlegger des alentours. »[2]. Mise à part l'aspect historique du Rang Taché-Ouest, on retrouve aussi Le Cimetière des Pins, situé quelque part dans le Rang Saint-Camille, au sud du village. C'est un endroit de près d'un kilomètre de long et renfermant, sous une repousse de feuillus, les restes de gigantesques pins blancs abattus par un feu de forêt au début du siècle dernier et qui représentent bien la forêt à laquelle les pionniers ont dût fait face lors de la colonisation de la région au XIXe et au XXe siècle. On peut aussi remarquer plusieurs ruines de moulins à scie le long de la Rivière-Grand-Calder, qui servait de route pour des draveurs entre le Rang Taché-Ouest, le Rang Saint-Isidore (aujourd'hui la Route 216) et le Rang Saint-Camille. Par ailleurs, dans la portion est du Rang Saint-Camille, se trouve La Maison de la Colonisation, qui est une habitation de type colonial du milieu du XXe siècle. Elle ne fut jamais habitée, construite uniquement à l’époque, pour répondre aux exigences du Ministère de la Colonisation pour qu'un colon puisse acquérir une terre forestière. De plus, tout près de cette habitation, se trouve un camp en bois rond, pièce sur pièce, identique aux premières habitations des pionniers.

Le Lac du Curé vers 1960. La photographie est une propriété de la Société Historique de la Côte-du-Sud

Au centre du village, le parc du Lac du Curé rénové en 2008, est l'espace de villégiature de la municipalité, on y retrouve une œuvre du sculpteur Clermont Gagnon, érigée en 2010 en l'honneur de Joseph Pelletier, communément appelé « Joe » et qui fut un des grand « violoneux » de l'histoire de Sainte-Félicité. Le Lac du Curé fut aménagé après l'incendie de la vieille église en 1949. Construit pour être le réservoir d'eau du village, il a été nommé ainsi en l'honneur du curé-fondateur Charles Dumais. Au mois de juin de chaque année, l'iris versicolore, emblème floral du Québec et de la municipalité, fait son apparition sur les berges de ce lac. La Forêt de Blanche-Neige, qui est située derrière l'église et le parc du Lac du Curé, est une réserve écologique où se trouvent un sentier pédestre et des jeux d'hébertisme, initiée par le regroupement scout durant les années 1980 et laissée à l'abandon par la suite, elle fut reconstruite à l'été 2007. Annuellement, pour la Fête nationale du Québec, on y célèbre le Festival Fleurdelisé de Sainte-Félicité aux environs du 23 au 26 juin et qui par l'entremise d'activités familiales et de spectacles valorise la culture, l'histoire et le patriotisme québécois. Initialement, les fêtes entourant la Saint-Jean-Baptiste, étaient célébrées sous forme de bazars par le curé-fondateur Charles Dumais et ce, dès l'érection de la paroisse en 1945. Cependant, avec l’avènement de la Révolution tranquille et la montée du nationalisme québécois durant les années 1960 et 1970, les célébrations se métamorphosent pour devenir les Fêtes du Patrimoine en 1976 et puis finalement le Festival Fleurdelisé en 1990. Outre le festival, le plus vieil organisme encore existant au sein de la municipalité est sans nul doute, le Cercle des fermières. Fondé au tournant des années 1940, cet organisme se rassemble encore de nos jours à la salle paroissiale, pour échanger sur les techniques de tissage et de tricot ainsi que sur la cuisine traditionnelle. Aujourd'hui encore le Cercle des fermières organise son traditionnel brunch durant les festivités du Festival Fleurdelisé et par lequel on peut y découvrir une multitude de plats ancestraux et locaux. Les plats ou ingrédients les plus typique sont sans contredit le « Chiard » et les « Herbes-salées », le premier consistant à être une chaudrée de pomme de terres et de lard salé et le second un condiment de cuisson, utilisé par ailleurs dans le « Chiard » et les soupes et qui consiste à être un mélange de légumes et de fines herbes bouillit dans le sel, une recette liée culturellement à la région du Bas-St-Laurent.

L'œuvre de Clermont Gagnon érigée en l'honneur de Joseph Pelletier, sur les berges du Lac du Curé en 2012.

Depuis 2015, un parcours de pèlerinage nommé Le Chemin de St-Rémi, perçus par Radio-Canada comme une version québécoise de Saint-Jacques-de-Compostelle en Europe[3], est officialisé dans l'est du Québec, reliant l'Estrie à la Gaspésie et passant par Sainte-Félicité de L'Islet. Outre l'esprit initiatique, ce parcours est aussi dans une optique de revitalisation des villages des Haut-Pays appalachien, trop souvent délaissés, sur le plan économique et touristique au profit des villes et villages bordant le littoral du Fleuve Saint-Laurent. Par le biais d'investissements massifs dans ce projet, la municipalité a transformé une partie de la salle municipale en auberge temporaire et a revitalisé une partie de ses attraits touristiques et historiques, permettant ainsi à Sainte-Félicité de L'Islet de devenir un pivot majeur pour la partie du trajet situé dans le secteur de la "Côte-du-sud" et qui mène les marcheurs aux portes du Bas-St-Laurent.

Histoire[modifier | modifier le code]

La municipalité elle-même a vu le jour récemment, créée en 1950, à partir du territoire de la paroisse du même nom, érigée en 1945 par le curé Charles Dumais. Son nom lui a été donné à cause de sa proximité avec Sainte-Perpétue. En effet, Perpétue, une dame noble, fut martyrisée avec Félicité, une esclave chrétienne, sous les yeux de l'Empereur romain Septime Sévère à Carthage en l'an 203 de notre ère. L'écrivain de l'époque, Tertullien, aurait d'ailleurs écrit jadis les Actes de Perpétue et Félicité.

Bien qu'il n'y a jamais eu de recherches archéologiques pour valider, tout porte à croire que le territoire ait déjà été exploré jadis par les autochtones qui suivaient le déplacement du gibier. Certains récits tirés de bûcherons au début du XXe siècle, racontent l'apparition de quelques familles amérindiennes le long des berges de rivières situées dans les environs de St-Pamphile. Ces même récits, dont le plus récent remonte à 1926[4], racontent par ailleurs, que ces familles étaient pour la plupart nomades et se déplaçaient par l'entremise de canots fabriqués à partir d’écorce de bouleau. Les membres de ces familles parlaient par ailleurs entre-eux, une langue autochtone. Vu la proximité de ce territoire avec le Kamouraska et le Témiscouata, ces familles nomades et la langue entendue par les bûcherons devaient être issues de la nation amérindienne des Malécites. Le territoire de cette nation, s’étendait jadis sur une partie du Bas-St-Laurent et de la vallée du Fleuve Saint-Jean[5], qui est a cheval maintenant entre l’État américain du Maine et la province canadienne du Nouveau-Brunswick. De nos jours, il reste moins de 800 Malécites au Québec, cependant il est intéressant de constater que plusieurs familles de Sainte-Félicité de L'Islet ont dans leurs arbres généalogique, des ancêtres autochtones et des racines amérindiennes, résultat d'un métissage des colons canadien-français avec des nations amérindiennes et dans ce cas-ci, avec probablement la nation Malécites.

Le Rang Taché-Ouest vu de la Côte des Bois à l'été 2013. En avant-plan, la dernière école de rang encore authentique de la MRC de L'Islet .

Le peuplement véritable de cette vallée appalachienne ne commença qu'aux alentours de 1860 alors que les premières familles à s'y installer furent les Bois et les Gagnon dans le Rang Taché-Ouest. Ces familles étaient originaires de Saint-Jean-Port-Joli et de ses environs, fondé à l'époque de la Nouvelle-France et surnommé « Les Bas » dans le langage populaire des Félicitois. Les premiers colons, quittèrent leur terres familiales pour les montagnes, car l'agriculture dans leurs régions natales devenaient de plus en plus difficile vu le manque d'espace disponible pour les nouvelles familles. Cependant, la terre appalachienne n'étant pas une terre propice à l'agriculture, cette dernière demeura essentiellement liée à la survivance. Avec l'ouverture de la Route Elgin (aujourd'hui la Route 204) qui joint Saint-Jean-Port-Joli à la frontière américaine, un flot d'immigration s'empara des lots bordant le « Ch'min Taché ». De nombreuses familles vinrent rejoindre les quelques colons installés dans leur habitations de fortunes, ainsi la véritable naissance de Sainte-Félicité de L'Islet venait d'avoir lieu.

Au début du XXe siècle, le nombre d'habitants ne cessait de grimper, si bien que l'on créa le Rang St-Isidore au sud du « Ch'min Taché ». À cette époque, à la suite de la création des paroisses de Sainte-Perpétue et de Saint-Pamphile, les habitants de ces rangs qui formaient alors le canton Garneau, étaient sous la juridiction de ces deux paroisses. Ce n'est qu'à la fin des années 1930, que les habitants du « Ch'min Taché » se regroupèrent pour demander la création d'une paroisse qui regrouperait les rangs Taché et Isidore. Le premier instigateur de cette volonté fut Alfred Gagnon, qui céda volontairement une partie de ses champs pour ériger la nouvelle église. Les gens du « Ch'min Taché » prirent l’initiative, en creusant les fondations et en coupant le bois nécessaire à la construction de leur église. Cependant le choix de l'emplacement du futur village n'était pas unanime au sein des habitants du canton Garneau. Certains colons du Rang Saint-Isidore firent pression auprès du cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve de Québec, pour que celui-ci revienne sur sa décision et octroie l'emplacement du futur village sur le Rang Saint-Isidore. Ce dernier céda à leur demande et ordonna l'emplacement de la future église à sa place actuelle. Devant cette décision, un habitant du Rang Taché-Ouest cessa ces pratiques envers la religion catholique et se tourna vers le protestantisme.

L'ancienne église et le presbytère en 1948. Un exemplaire de la photographie est disponible à la Bibliothèque et archives nationales du Québec, à Montréal.

C'est en 1945 que la construction de l'église, et du presbytère de Sainte-Félicité de L'Islet furent entrepris. Le curé Charles Dumais, se retrouva alors devant une paroisse divisée entre deux camps et deux rangs, suite à la décision du cardinal de Québec. Pendant ce temps plus au sud, le Rang Saint-Camille venait d'être ouvert à la colonisation et plusieurs colons, principalement issus de la famille Bélanger et originaire de Saint-Pamphile, vinrent s'y installer. En juillet 1949, dans des conditions nébuleuses, l'église fut détruite par les flammes, ce qui laissa la porte grande ouverte aux légendes. La reconstruction de la nouvelle église et la création de la municipalité en 1950 apaisèrent alors les conflits internes et unirent les habitants sous une même bannière.

Au tournant des années 1960, alors que soufflait un vent de révolution sur le Québec, l'électricité, le téléphone et la télévision firent leur apparition, on ferma les écoles de rang pour construire une école centrale au centre du village. Celle-ci fut elle aussi incendiée en 1976 et reconstruite la même année. C'est durant cette même année qu'eurent lieu les premières Fêtes du Patrimoine qui deviendront le Festival Fleurdelisé en 1990. Durant les années 1970, la municipalité a investi graduellement dans un comité des loisirs visant à développer la vie culturelle du village. Cet ainsi qu'on a construit un terrain de Baseball, et que l'on développa un service de patinoire durant l'hiver, ce qui amena à la création de ligues de hockey et de ballon-balai. Au fil des ans, le comité des loisirs créa un service de terrain de jeu durant la saison estival, a soutenu la création d'un regroupement scout, l'organisation de galas musicaux nommés « Les jeunes Noël » ainsi que la création d'une troupe de théâtre amateur qui se produisait dans la salle paroissiale, située au sous-sol de l'église. De nos jours, avec le vieillissement graduel de la population et le manque de relève, le comité des loisirs disparu emportant avec lui la plupart de ces organismes, il ne reste aujourd'hui que le terrain de jeu et la patinoire hivernale comme vestige de cette époque et qui relève à présent directement de la municipalité elle-même.

Souvenir de la première messe et inauguration de la chapelle temporaire de Sainte-Félicité le 19 novembre 1945. La photographie est une propriété de la Société Historique de la Côte-du-Sud  

Au cours des années 1970 et 1980 les services publics se multiplièrent, les marchés-généraux devinrent un dépanneur et une petite épicerie, une quincaillerie, un salon de coiffure, un service de transport lié à l'industrie forestière, une petite usine de transformation d'huile de sapin, un restaurant, un garage et une PME d'empaquetage de copeaux de bois firent leurs apparitions. C'est durant la même période environ, que la municipalité créa son service d'incendie, composé de pompiers volontaires et qu'elle fît construire par la même occasion une caserne aux abords du Ruisseau-Froid, dans le centre du village. Durant la décennie des années 1980, trois événements se succédant, marqua l'histoire du village. Le premier fut la production d'une pièce de théâtre, en 1980, retraçant la Passion du Christ, cet événement marqua l'imaginaire des Félicitois et est considérée encore aujourd'hui, comme l'une des plus grandes pièces de théâtre jamais monté à l'intérieur de l'église. Le second événement fut la venue du groupe de musique traditionnelle La Bottine Souriante, lors des festivités des Fêtes du Patrimoine (aujourd'hui Festival Fleurdelisé), en juin 1984, considéré encore de nos jours par la communauté, comme le plus grand spectacle présenté dans le cadre de la Fête nationale du Québec. Finalement, vers la fin de la décennie, une catastrophe naturelle marqua l'histoire de la municipalité, une tempête estivale se forma au-dessus du territoire, provoquant un déluge qui détruisit les ponts enjambant le Ruisseau-Froid et qui affecta gravement le Lac du Curé.

La Salle et le bureau municipale de Sainte-Félicité de L'Islet en 2012. Construit en 1995, l'édifice fut le lieu de rassemblement de la jeunesse de la municipalité pendant de nombreuses années.

En 1995, lors des célébrations des 50 ans du village, on transforma l'ancienne chapelle, qui servait de lieu de culte pour les colons avant la construction de l'église, en une salle de loisir et un bureau municipal. Par la même occasion, la municipalité fît construire, avec l'aide du gouvernement provincial, une habitation à logements sociaux, permettant ainsi d'aider une partie de la population ayant un faible revenu. Cependant, sur une note moins heureuse, c'est durant les années 1990, que la communauté de Sainte-Félicité de L'Islet vécu l'une de ses principale tragédie, lorsque par une chaude journée de septembre 1991, trois de ses adolescents et un de ses citoyen adulte périrent dans un accident causé par l'électricité, au centre du village. Ce triste événement marqua la conscience collective et bouleversa pendant longtemps la population de la municipalité.

Au cours des années 2000, le presbytère de la paroisse, alors tombé vacant, fut transformer avec l'aide du gouvernement provinciale en résidence pour aînés. Vu la proximité des résidences avec le Lac du Curé, ces dernières prirent alors le nom de Havre du Lac. Ce projet était l'initiative des propriétaires, mesdames Linda et Florice Bois, tout deux natives de la municipalité. Les résidences Le Havre du lac en mettant de l’avant l’approche de milieu de vie dans un contexte de résidence familiale, permet aux personnes en fin de vie, de pouvoir terminer leur jours dans la quiétude de leur village natal. C'est durant cette même période, que l'exode de la jeunesse rurale et le vieillissement de la population se firent davantage sentir au sein de la municipalité. La menace de fermeture de l'école primaire, poussa un groupe de citoyens à monter aux barricades pour empêcher la décision de la commission scolaire de s'appliquer et ils réussirent à faire reculer les autorités. Cette bataille amena la population à sérieusement réfléchir sur l'avenir de leur village, né du labeur des ancêtres et qui se trouve comme bien d'autres, menacé de disparition. La population de Sainte-Félicité de L'Islet décline lentement depuis 1961, moment où elle était évaluée à 811 âmes. C'est à partir de ce constat, qu’à l’été 2007, un jeune étudiant du nom de Samuel St-Pierre, désireux de préserver une partie du patrimoine et dans une optique similaire au cinéaste québécois Pierre Perrault, réalisa un documentaire qui archiva une partie de l'histoire et de la culture de son village, une copie de ce film est par ailleurs préservée dans les archives du bureau de la municipalité.

De nos jours et ce depuis quelques années, plusieurs jeunes familles, pour la plupart originaires de la municipalité reviennent pendre terre à Sainte-Félicité de L'Islet, stabilisant ainsi l'hémorragie provoquée par l'exode de la dernière décennie. Cette vague de nouvelles familles, avec un nombre croissant d'enfants, permis par ailleurs de réintroduire en 2011 un service de maternel à l'intérieur de l'école primaire. Depuis la fin des années 2000, les autorités municipales successives, en investissant davantage dans la vitalité de la municipalité, contribue à l'embellissement de cette dernière ce qui a pour effet de lui donner une image à la fois bucolique et pittoresque. Tel un ruisseau se frayant un chemin au gré des saisons, la vie suit tranquillement son cours à Sainte-Félicité de L'Islet, un endroit où il fait bon vivre et où chaque visiteur est le bienvenue à la table de son hôte, cela que ça soit pour partager un repas, une bière ou un nombre innombrable d'histoires...

Une iris versicolore, sur les berges du Lac du Curé, à l'été 2015.
L'iris versicolore et la disamare de l'érable à sucre, emblème de la municipalité de Sainte-Félicité de L'Islet depuis 2012.

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents L'Islet Fleuve Saint-Laurent Saint-Jean-Port-Joli Rose des vents
Saint-Marcel N Sainte-Perpétue
O    Sainte-Félicité    E
S
Saint-Adalbert États-Unis d'Amérique (Maine) Saint-Pamphile

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. Julien Gagnon et Mme Françoise Pelletier, Aux Fil des Générations - Le P'tit Canot, Sainte-Félicité de L'Islet - MRC L'Islet, ABC des Hauts-Plateaux Montmagny-L'Islet,‎ , 184 p. (lire en ligne), p. 144
  2. M. Julien Gagnon et Mme Françoise Pelletier, Au Fil des Générations - Le P'tit Canot, Sainte-Félicité de L'Islet - MRC de L'Islet, ABC des Haut-Plateaux Montmagny-L'Islet,‎ , 184 p. (lire en ligne), p. 144
  3. « Un Compostelle québécois voit le jour dans l'Est du Québec | ICI.Radio-Canada.ca » (consulté le 6 août 2015)
  4. Albert St-Amant, Au Fil des Générations - La Côte des Sauvages, Région de L'Islet-Sud (St-Pamphile), ABC des Haut-Plateaux Montmagny-L'Islet,‎ , 184 p. (lire en ligne), p. 100
  5. Emmanuel Michaux, « « Le paradigme de l’indigénisation appliqué aux Malécites de Viger : aperçu historique d’un "develop-man" » », Érudit (Recherches amérindiennes au Québec), no 3,‎ , p. 35 (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]