Saint-Rémy-sur-Creuse

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Saint-Rémy-sur-Creuse
Saint-Rémy-sur-Creuse
La Creuse à Saint-Rémy-sur-Creuse en mars 2011.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Vienne
Arrondissement Châtellerault
Canton Châtellerault-2
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Grand Châtellerault
Maire
Mandat
Jean Conte
2014-2020
Code postal 86220
Code commune 86241
Démographie
Population
municipale
396 hab. (2015 en diminution de 1,74 % par rapport à 2010)
Densité 31 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 57′ 15″ nord, 0° 41′ 44″ est
Altitude Min. 43 m
Max. 123 m
Superficie 12,94 km2
Localisation

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Saint-Rémy-sur-Creuse est une commune du Centre-Ouest de la France, située dans le département de la Vienne (région Nouvelle-Aquitaine).

Géographie[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est arrosé par la rivière Creuse.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est océanique avec des étés tempérés.

Urbanisme et habitat[modifier | modifier le code]

Le village de Saint-Rémy-sur-Creuse est dominé par une imposante falaise de tuffeau, formée il y a 90 millions d'années. Dans le front de cette falaise, sur plus de trois kilomètres, ont été creusées au cours des siècles des habitations troglodytes. À l'origine, il s'agit de souterrains refuges de l'époque médiéval, de la période de la première guerre de 100 ans. Puis ces souterrains ont été récupérés et agrandis pour être transformés en habitat à partir du XVIIe siècle. Les conditions de vie dans un troglodyte étant très rude, il s'agissait d'habitations réservées aux populations pauvres et marginales. Les autres habitants du village se sont donc aménagés progressivement des fermes plus modernes au fil des années. Ces habitations vont être abandonnées à la fin du XIXe siècle, mais des marginaux continuent d'y vivre jusque dans les années 1990.

En 1998, certaines caves sont rachetées par une association baptisé NUCLEUS qui veut y établir un centre d'interprétation de la préhistoire. On y accueille tout type de publique, pour y faire des démonstrations de taille de silex, de travail de la pierre, de création du feu, jusqu'en 2013, date à laquelle l'association cesse d'exister.

De nos jours, depuis 2007, une de ces caves a également été restaurée par un particulier qui y habite à l’année.

Par ailleurs, une nouvelle association, baptisé Saint-Rémy Village Troglodyte loue, depuis 2013, sept caves pour laisser le public y accéder et sauvegarder ce patrimoine. Au travers de visites guidées, d’animations pour les enfants, de spectacles ou de l’organisation de divers manifestations, les bénévoles de l’association font découvrir ce patrimoine et l’histoire de ce village de l’époque médiévale à celle des tisserands du chanvre, d'avril à octobre (www.ethnicite.fr)

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le village de Saint-Rémy-sur-Creuse doit son nom au saint protecteur du Prieuré qui se trouvait sur les hauteurs du bourg au moment de sa création. Le nom de Saint-Rémy est alors associé à celui de la rivière qui borde le village, La Creuse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La grotte dite "des palets de Gargantua" a servi de lieu de passage à la Préhistoire. Un "palet de Gargantua" situé sur la falaise a été dynamité en 1910 lors de la construction de l'école et de la mairie[1]. Des fouilles archéologiques menées dans les années 1970 ont fait apparaître des pointes de sagaies du type Lussac-Angles, ainsi qu'une série de burins en silex du Grand-Pressigny. Ce matériel, daté de la période magdalénienne, prouve que Saint-Rémy se trouvait au sein du territoire de ces chasseurs-cueilleurs réputés pour leurs gravures (grottes de la Marche, frise sculptée du Roc-aux-Sorciers…).

Antiquité[modifier | modifier le code]

Si quelques occupations gallo-romaines sont attestées dans les environs, ce n'est qu'au Moyen-âge que l'histoire de Saint-Rémy va vraiment démarrer.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1189, Richard Cœur de Lion fonde le bourg et déclare que Saint-Rémy est une ville libre (c'est-à-dire exempt d'impôts). Les paysans payent 4 sous aux moines du prieuré pour pouvoir s'installer sur le territoire de cette commune, puis ils n'ont plus rien à payer. La croissance démographique de la ville augmente alors fortement mais attisent aussi les rivalités avec les seigneurs voisins qui eux perdent de la population et donc de l'argent. La ville va alors être régulièrement attaquée. Les seigneurs français veulent faire peut aux habitants pour les renvoyer chez eux. Mais les seigneurs anglais attaquent également. Envoyer par le roi Henri II, leurs missions est de détruire la Tour de garde que Richard a fait construire sur les hauteurs du bourg sans demander l'autorisation de son père. Il ne reste aujourd'hui qu'un seul vestige de cette tour, il s'agit de l'une des tourelles de la muraille d'enceinte, elle est appelée « Tour de Gannes » ou « Tour de Galles » et se situe à proximité de l'actuel église.

Non loin de là, dans la falaise de Tuffeau, apparaît un lieu de refuge au XIIe-XIIIe siècle pour les paysans locaux, la forteresse de Chalopy. Elle est aménagée à l'époque pour se protéger justement des attaques françaises et anglaise. Il s'agit de souterrains refuges composé de salles étroites et de couloirs exigus. Le but est de pouvoir se cacher et de tenir un siège de plusieurs jours. Des réserves d'eau et de nourriture, ainsi que des pièces d'habitats et même une étable sont créés dans la falaise pour cela. Cette falaise devient alors un véritable labyrinthe qui a pour but de piéger l'ennemi qui oserait s'y aventurer.

À partir de 1204, après la mort de Richard Cœur de Lion autour de 1199, la zone est reconquise par les seigneurs de Touraine est redevient alors française pour toujours. Les caves sont progressivement abandonnées et réoccupées, puis ré-abandonnées jusqu'au XVIIe siècle.

Époque Moderne et Contemporaine[modifier | modifier le code]

Du XVIIe au XIXe siècle ce sont des familles de tisserands de chanvre et de chanvriers qui colonisent les caves de Saint-Rémy. Elles y mènent une vie prospère par trois siècle, utilisant la rivière et les nombreuses sources de la falaise pour cultiver et transformer la plante qu'ils cultivent le chanvre (Cannabis sativa). L'activité de ces derniers entraînent néanmoins une pollution assez conséquente de leur environnement, notamment de la rivière, car l'une des étapes de traitement du chanvre, le rouissage, consiste à faire tremper la plante dans l'eau pendant 10 jours, mais, le chanvre en se décomposant va dégager des fluides et des gaz toxiques. Les préfectures demandent alors aux chanvriers d'aménager des bassins au pied de la falaise pour faire tremper le chanvre et de ne plus utiliser la rivière. Au XVIIIe siècle, la falaise est occupée sur près de 3 km par une cinquantaine de famille de chanvriers et de tisserands. Puis, avec la généralisation de l'éducation, l'apparition des premières manufactures, les tisserands et les enfants vont peu à peu quitter les lieux. Depuis 2013, le site "Ethni'Cité, village Troglodyte ", ouvert d'Avril à Octobre, accueille les visiteurs dans ces caves pour leur faire découvrir au cours de visite libre, audio ou guidée, l'histoire de ces caves et de cette falaise.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Rémy-sur-Creuse Blason De sinople à la tour d'argent , maçonnée de sable, ouverte et ajourée du champ, accostée en chef de deux truelles d'argent posées celle de dextre en bande et celle de senestre en barre; au chef d'argent chargé d'un léopard de gueules.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
         
mars 2001 réélu en 2008[2] Yanick Chicot UMP  
mars 2014 en cours Jean-Pierre Conte    

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

La commune relève du tribunal d'instance de Poitiers, du tribunal de grande instance de Poitiers, de la cour d'appel Poitiers, du tribunal pour enfants de Poitiers, du conseil de prud'hommes de Poitiers, du tribunal de commerce de Poitiers, du tribunal administratif de Poitiers et de la cour administrative d'appel de Bordeaux, du tribunal des pensions de Poitiers, du tribunal des affaires de la Sécurité sociale de la Vienne, de la cour d’assises de la Vienne.

Services publics[modifier | modifier le code]

Les réformes successives de La Poste ont conduit à la fermeture de nombreux bureaux de poste ou à leur transformation en simple relais. Toutefois, la commune a pu maintenir le sien.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[4].

En 2015, la commune comptait 396 habitants[Note 1], en diminution de 1,74 % par rapport à 2010 (Vienne : +1,8 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
750606666768698658644668664
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
669645617535502501512464475
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
470428433431424432407384434
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
514528557503504422401403396
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 2008, selon l’Insee, la densité de population de la commune était de 31 hab./km2 contre 61 hab./km2 pour le département, 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et 115 hab./km2 pour la France.

Économie[modifier | modifier le code]

Selon la direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de Poitou-Charentes[7], il n'y a plus que neuf exploitations agricoles en 2010 contre douze en 2000.

Les surfaces agricoles utilisées ont paradoxalement augmenté de 6 % et sont passées de 1 167 hectares en 2000 à 1 244 hectares en 2010 dont 591 sont irrigables[7]. Ces chiffres indiquent une concentration des terres sur un nombre plus faible d’exploitations. Cette tendance est conforme à l’évolution constatée sur tout le département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, chaque exploitation a gagné en moyenne 20 hectares[8].

55 % des surfaces agricoles sont destinées à la culture des céréales (blé tendre et du maïs à part égale), 13 % pour les oléagineux (colza et tournesol essentiellement), 13 % pour le fourrage et 6 % restent en herbe. En 2000, trois hectares (zéro en 2010) étaient consacrés à la vigne[7].

Les élevages de volailles ont disparu au cours de cette décennie[7].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Une partie du village troglodytique est visitable à l'année.
  • Église Saint-Rémy, de style roman du XIe-XIIe siècle, notable pour sa fenêtre « claustra » du XIe.
  • Tour de Gannes, seul vestige du monument défensif érigé par Richard Cœur de Lion.
  • Château de la Chaise dont l'élévation et la toiture ont été inscrites comme monument historique en 1967. Le château est situé à 3 km de Leugny, sur le coteau. Il date des XVe et XVIe siècles. Il fut construit par la famille d'Aviau (de Piolant).
  • Une croix hosannière, datant du XVIIe siècle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

En septembre 2014 s'installe le prieuré Notre-Dame-de-Lourdes sur le territoire de la commune, un groupe de prêtres et de fidèles s'y retrouve désormais chaque dimanche. Le 15 août, la procession jusqu'aux troglodytes où un autel et une vierge de Lourdes ont été placés au début du siècle dernier a été relancée en 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. R. Mineau et L. Racinoux, La Vienne légendaire et mythologique, Librairie ancienne Brissaud à Poitiers
  2. Site de la préfecture de la Vienne, consulté le 10 mai 2008
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  7. a b c et d Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  8. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Agreste – Enquête Structure 2007