Saint-Pierre-Azif

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Saint-Pierre-Azif
La mairie.
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Lisieux
Canton Pont-l'Évêque
Intercommunalité Communauté de communes Cœur Côte Fleurie
Maire
Mandat
Françoise Lefranc
2014-2020
Code postal 14950
Code commune 14645
Démographie
Population
municipale
174 hab. (2014 en stagnation par rapport à 2009)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 17′ 45″ nord, 0° 02′ 35″ est
Altitude Min. 40 m
Max. 139 m
Superficie 6,17 km2
Localisation

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Saint-Pierre-Azif est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de 174 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes de Ivis en 1061 et 1070[1], S. Petrus vers 1161 et Saint Pierre Aziz en 1392[2].

Il s'agirait d'une fausse graphie pour Saint Pierre as ifs, d'une forme ancienne signifiant « aux ifs »[3]. En effet, l’alliance de Saint-Pierre et des ifs, des conifères très fréquents en Normandie autrefois, paraît vraisemblable et, en outre, onze villages en Calvados se dénomment Saint-Pierre adjoint d'un complément (-de Mailloc, -sur Dives, -du Fresne…). En outre, des communes s'appellent Saint-Pierre-des-Ifs (l’une en Calvados et l’autre dans l’Eure), et deux se dénomment Ifs (Calvados) et Les Ifs (Seine-Maritime). Signalons aussi Condé-sur-Ifs (Calvados, fusion de Condé-sur-Laizon et d'Ifs-sur-Laizon) ou Tourville-les-Ifs (Seine-Maritime).

Tant les Celtes, que les Saxons, que les Vikings danois qui ont envahi la région au fil du Ier millénaire attribuaient une force sacrée aux ifs. Ces conifères d’une durée de vie pouvant être plus que millénaire symbolisaient l’immortalité. On va ainsi trouver des ifs systématiquement dans les cimetières d'Écosse, d'Irlande, d'Angleterre, de Normandie et de Bretagne. Ce qu'on peut encore aujourd'hui constater fréquemment en Normandie.

Lors de la christianisation à l’orée du IIe millénaire, l'église catholique va récupérer ce symbole dans les contrées où on vénérait cet arbre : « La tradition chrétienne a planté près de ces ifs, d'autres arbres : les croix… La foi chrétienne propose de greffer sur les ifs une espérance folle : Jésus, mort et ressuscité[4] ».

D’où cette association vraisemblable de saint Pierre, premier évêque de Rome, et des Ifs, Saint-Pierre « aux Ifs » devenant au fil des temps « Azif[5] ». Remarquons particulièrement cet if planté au XVIe siècle qui se trouve au centre du cloître de l'abbaye normande de Jumièges. Ou ces deux « ifs-chapelles » (deux oratoires installés dans leur tronc) à La Haye-de-Routot (Eure), plantés vers le VIe siècle, sous l'Empire romain, auprès duquel on construisit au XIIIe siècle l'église et le cimetière. Ou encore l’if du cimetière du Troncq (Eure), de 500 à 700 ans, où on installa une statue en pierre de la Vierge au XVIe siècle.

Au XIXe siècle, le botaniste Henri Gadeau de Kerville[6] explique bien que les ifs et les chênes dominent la campagne normande[7]. L'association entre l’église et l’if tient aussi à la proximité immédiate des cimetières, très fréquente comme à Saint-Pierre-Azif : on surnommait d’ailleurs ce conifère « l’if funéraire[8] ». On trouve souvent des ifs près des églises normandes, comme pour signifier que la mort n’a pas le dernier mot. En outre, on pensait que l’if, très toxique, faisait éloigner le bétail des cimetières, tout comme les bêtes sauvages susceptibles de déterrer les cadavres.

Si l'on se réfère au catalogue établi par Henri Gadeau de Kerville à la fin du XIXe siècle, vingt-cinq des ifs qu'il a étudiés auraient actuellement atteint ou dépassé le millénaire. Le plus ancien se trouve au Ménil-Ciboult (Manche), vieux de 1 500 à 1 600 ans, presque contemporain de ceux d'Estry (Calvados), de La Bloutière (Manche), de La Lande-Patry (Orne), de La Haye-de-Routot (Eure).

Histoire[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
 ? 1989 Charles Aize   Cultivateur
1989 mars 2014 Xavier Duprez SE Cultivateur
mars 2014[9] en cours Françoise Lefranc SE Retraitée de la fonction publique
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[11].

En 2014, la commune comptait 174 habitants[Note 2], en stagnation par rapport à 2009 (Calvados : +1,58 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
443 364 432 461 424 390 379 365 378
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
354 330 314 334 334 336 332 302 335
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
311 299 336 255 280 289 234 244 243
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
204 176 145 145 158 153 149 174 174
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

« Etienne Labbey, Seigneur d'Escots près Saint-Pierre-sus-Dive et d'Héricourt, acquit le 22 octobre 1453 la Ssigneurerie de Benerville sur la mer, près le Pont l’Evêque, de Jean de Grente, Seigneur de Saint-Pierre-Azif, Villerville &c »[14]. Autre figure connue, Jean-Pierre Le Chanteur, né à Saint-Pierre-Azif le 5 avril 1760, secrétaire de l'intendant de Marine du Havre, puis commis de Marine à Cherbourg en 1781, fut nommé par Napoléon commissaire de la Marine à Anvers de 1803 à 1814. Il fit expédier à l'église de Saint-Pierre-Azif par Honfleur une collection de neuf tableaux flamands en hommage à sa commune. On trouve ainsi dans l'église des œuvres de Rubens, Jordaens, Lucas de Leyde, Van Helmont, Van Clef, Van Dyck[15].

Représentations dans la fiction[modifier | modifier le code]

Le conte de George Sand Les Ailes de courage, paru en 1873 dans la première partie des Contes d'une grand-mère, se déroule dans la région de Saint-Pierre-Azif.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse,
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 3 : Formations dialectales (suite) et françaises, Genève, (lire en ligne), p. 1570
  3. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, (ISBN 2-905461-80-2), p. 237
  4. (http://catholique-coutances.cef.fr)
  5. Une carte de 1695 consultable aux archives départementales indique S.Pierre aux Ifs ; une autre datée de 1716 désigne, elle, S.Pierre azifs.
  6. Henri Gadeau de Kerville, Les Vieux Arbres de la Normandie : étude botanico-historique, 2 volumes, J.B. Baillière, Paris, 1890-1932.
  7. Henri Gadeau de Kerville, Les vieux arbres de la Normandie
  8. (cf. Un Arbre millénaire : l'if : ce Normand méconnu, par Aline Renault, Bayeux, Heimdal, 1995, [1])
  9. « Saint-Pierre-Azif (14950) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 29 mai 2014)
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  14. Texte original extrait du dictionnaire de la Noblesse, page 343, de 1774, par M. de La Chenaye-Desbois
  15. bulletin de la société historique de Lisieux, T.XVIII 1910, notice Abbé Brunet

Liens externes[modifier | modifier le code]

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