Saint-Offenge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Saint-Offenge
Saint-Offenge
Église du village de Saint-Offenge-Dessous.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Chambéry
Canton Aix-les-Bains-1
Intercommunalité Grand Lac
Maire
Mandat
Bernard Gelloz
2015-2020
Code postal 73100
Code commune 73263
Démographie
Gentilé Saint-Offengeois
Population
municipale
1 043 hab. (2015)
Densité 67 hab./km2
Population
aire urbaine
220 118 hab. (2013)
Géographie
Coordonnées 45° 44′ 10″ nord, 6° 00′ 10″ est
Altitude Min. 404 m
Max. 1 449 m
Superficie 15,63 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Savoie

Voir sur la carte administrative de la Savoie
City locator 14.svg
Saint-Offenge

Géolocalisation sur la carte : Savoie

Voir sur la carte topographique de la Savoie
City locator 14.svg
Saint-Offenge

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Saint-Offenge

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Saint-Offenge

Saint-Offenge est, depuis le , une commune nouvelle française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Saint-Offenge se situe sur le versant occidental du massif des Bauges. Ce massif forme un vaste losange entre le lac d'Annecy, le lac du Bourget et la combe de Savoie. Saint-Offenge est donc à 13 km d'Aix-les-Bains et à un peu moins de 30 km d'Annecy et de Chambéry.

La commune fait partie du parc naturel régional du massif des Bauges.

L'habitat est dispersé en hameaux : en dehors du chef-lieu, où se trouve la mairie, l'école et l'église paroissiale, ce sont les Bonnevos, le Crouzet, les Farniers, les Grands Prés, les Guers, les Huguets, les Nantets, la Plesse, le Rocheret, les Toquets, les Suavets, Champclos, Cornat, les Combes, les Vauthiers, les Mollières, les Gonnards, d'autres hameaux sont aujourd'hui abandonnés, les Favrins, la Serve et il n'en subsiste que des pans de murs.

Casalis disait en 1833 que ses habitants respiraient un air très salubre, et étaient pour la plupart robustes et d'esprit ouvert, se distinguaient par leur probité et auraient été capables de s'instruire s'ils n'avaient manqué de moyens pour le faire, ce qui n'indique pas une bien grande aisance[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Saint Offenge est une déformation de sainte Euphémie. Avec le temps on a perdu le sens originel si bien que saint Offenge est devenu un saint masculin. Si au XIIIe siècle on peut encore lire la désignation Sancta Euphemia, en 1448 la transformation est en cours avec la mention Ecclesia de utroque Sancto Offengio[3]. En 1561, lors du recensement de la population pour établir l'impôt sur le sel, on écrit alors Saint Offenge.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les pourtours du massif mais aussi le cœur des Bauges ont livré des traces d’occupation humaine dès l’âge du fer, puis à l’époque gallo-romaine, enfin durant le Haut Moyen Âge : structures d’habitat avec mosaïque à la Motte en Bauges, éléments d’amphores et d’aqueduc à Saint François de Sales, sépultures, monnaies, armes. Ainsi, à Saint-Offenge-Dessous ont été mises au jour, à la fin du XIXe siècle, des tombes sous tuiles contenant un vase et des monnaies, datées de 250 à 600 après Jésus-Christ [4].

À la fin du XIIIe siècle, la région, le « pays albanais », qui est alors réputé pour être le grenier de la Savoie, est l’enjeu d’une rivalité acharnée entre deux États : le comté de Savoie et le comté de Genève. D’Annecy à la Chautagne, la frontière indécise courait des Bauges au Rhône, défendue par une série de châteaux et de maisons-fortes, à Viuz, Gruffy, Cusy, Saint-Offenge-Dessus (Loëx), Grésy, Saint-Innocent, Sallières, Cessens, La Biolle. Au gré de leurs luttes ou de leurs rapprochements, les Savoie et les Genève se disputent ces places qui changent de possesseurs, ce qui rend leur histoire complexe[5].

L'histoire de Saint-Offenge-Dessus aux XIIe et XIVe siècles se confond avec celle de Saint-Offenge-Dessous. Le « château », la maison-forte des Loëx, aujourd'hui disparu était encore visible à l'état de ruine sur le cadastre sarde de 1738.

En 1561, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert pour procurer des rentrées régulières au trésor institue un impôt sur le sel, la gabelle. Comme les habitants sont tenus à une consommation minimale de sel un recensement nominatif des habitants est réalisé. Saint-Offenge-Dessous compte alors 87 familles soit 536 habitants et Saint-Offenge-Dessus 56 familles soit 305 habitants.

Au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le 24 juillet 1785, les communautés du Montcel et des deux Saint-Offenge étaient affranchies de leurs redevances à leur seigneur, le comte de Clermont, marquis de Mont-Saint-Jean, en fait en application de l’affranchissement général de 1771, elles lui rachetaient ces droits. Pour Saint-Offenge-Dessous, cela représentait une somme de 15 000 livres et pour Saint-Offenge-Dessus, 4000 livres. Comme la communauté de Saint-Offenge-Dessus était sous la dépendance de plusieurs seigneurs, elle passait le 14 septembre 1789 quatre nouveaux contrats d’affranchissement : avec Allinges marquis de Coudrée pour 6000 livres, avec la baronne de Cusy pour 600 livres, avec la cathédrale de Chambéry pour 1500 livres et avec la collégiale d’Aix-les-Bains pour 7 livres.

En 1792, à la faveur du rattachement à la République française ces dettes seront annulées[6]. Saint-Offenge-Dessous avait alors payé 1 861 livres et Saint-Offenge-Dessus 6 885 livres.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'enquête agricole de 1862 dresse un tableau des deux Saint-Offenge. Les communes se caractérisent par leur économie agro-pastorale. À Dessous, sur 127 exploitations agricoles, 110 sont en pleine propriété : un tiers d'entre elles ont moins de 5 hectares. À Dessus, sur 87 exploitations agricoles, 75 sont en pleine propriété. Elles sont de petite taille 77 comptent moins de cinq hectares, les deux plus importantes entre 10 et 20 hectares. Elles ne possèdent ni cheval, ni âne, ni mulet, à Dessous, on recense 411 bovins, 114 moutons, 30 porcs, 24 chèvres, 250 animaux de basse cour et 100 ruches, à Dessus ce sont 301 bovins, quelque 52 moutons, environ 205 animaux de basse cour et 55 ruches[2].

Au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

La commune est créée le par la fusion des deux communes de Saint-Offenge-Dessous et Saint-Offenge-Dessus, sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi no 2010-1563 du de réforme des collectivités territoriales ; le chef-lieu est situé à l’ancienne commune de Saint-Offenge-Dessous[1]. Dans sa première réunion le , le conseil municipal a décidé de ne pas créer de commune déléguée[7].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des communes
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Saint-Offenge-Dessous
(siège)
73263 CA du Lac du Bourget 7,92 692 (2012) 87


Saint-Offenge-Dessus 73264 CA du Lac du Bourget 7,71 278 (2012) 36

Politique locale[modifier | modifier le code]

En attendant les élections municipales de 2020, le conseil municipal élisant le maire sera composé des conseillers des deux anciennes communes.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 2015[8] en cours Bernard Gelloz   Maire de Saint-Offenge-Dessous (2008 → 2015)
Membre du bureau de la CA du Lac du Bourget (2014 → )

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 2013. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2016[10],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 005 habitants.

           Évolution de la population  [modifier]
2013 2014
9661 005
Population municipale [12].
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999 puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Les deux Saint-Offenge ont atteint leur maximum de population au milieu du XIXe siècle, en 1838, avec 788 habitants à Dessous et 507 habitants à Dessus. Le XXe siècle sera marqué par un déclin démographique qui atteint son maximum en 1975, quand Dessous comptait 228 habitants et Dessus 121.

Depuis trente ans, les deux communes de Saint-Offenge connaissent un essor lié à la rurbanisation du fait de la proximité de bassins d'emplois actifs, Chambéry, Aix-les-Bains, Rumilly, Annecy. Ainsi en 2011, un tiers des ménages, à Dessous, était installé dans leur résidence principale depuis moins de quatre ans, un quart à Dessus. Signe de cet essor démographique la population rajeunit, la part des moins de 15 ans atteint 21 % aujourd'hui.

Économie[modifier | modifier le code]

Symbole d'un siècle d'élevage laitier destiné à la production fromagère, la fruitière de Saint-Offenge est installée au cœur du chef-lieu. Elle est issue de la fusion des fruitières des deux Saint-Offenge, en 1968, puis plus tard de celle avec la commune voisine du Montcel. Elle propose ses produits en vente directe, dont l'emmenthal de Savoie.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le château de Montfalcon du Cengle se dresse en face de l'église de Saint-Offenge-Dessous et de la mairie. À une famille du Cengle succéda celle d'Orlyé, branche des d'Orlyé de Saint-Innocent. Le château fut reconnu par François et Pierre, fils de feu Pierre d'Orlyé, en 1473. En 1652, il est à Louis de Roasson du Cengle, fils de Jacques de Montfalcon, qui paraît être la souche des Montfalcon du Cengle. En 1732 le Cengle appartient à Claude de Montfalcon, époux d'Anne de Gantelet, parents de Joseph de Montfalcon, futur archevêque de Tarentaise. En 1854, le château est acquis par M. Joris, fortune faite dans le commerce du fer à Mostaganem, c'est lui qui est à l'origine de la première fruitière de Saint-Offenge vers 1870.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Monseigneur Joseph de Montfalcon du Cengle, né au château de Saint-Offenge-Dessous le et mort le à Moûtiers, fut archevêque de Moûtiers-Tarentaise.
  • Monseigneur François Gros est né le 28 février 1801 à Saint-Offenge-Dessous, évêque de Moûtiers-Tarentaise de 1867 à 1873, décédé le 8 décembre 1883.
  • Paul Guichonnet. Bien que né à Megève (Haute-Savoie) le 9 juin 1920, Paul Guichonnet est rattaché à Saint-Offenge-Dessous par son grand-père qui y est né, où il conserve de la famille, et par ses publications sur l'histoire de la commune.
  • Monseigneur François Joseph Chanvillard (1873-1951). Né le 16 août 1873 à Saint-Offenge-Dessus, il a été ordonné prêtre en juin 1899 à Lyon. Il a été successivement professeur à l'école Ozanam de Lyon, professeur au grand séminaire de Nice et vicaire général de Nice, enfin prélat domestique en 1927. Il est décédé à Cannes le 6 août 1951.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Guichonnet, Les seigneurs de Saint Offenge, Bulletin communal de Saint Offenge-Dessous,
  • Paul Guichonnet, Recensement des familles de Saint Offenge-Dessous en 1561, Bulletin communal de Saint Offenge-Dessous
  • Christian Ménigaud (dir.), La traversée des Saint Offenge,
  • Alain Rassat, Portraits des champs La Savoie de mon enfance, Albens, Imprimerie du Marais
  • Pierre Siegfried, La légende du château de Loëx Saint Offenge-Dessus à la fin du XVIe siècle, Rumilly,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Arrêté du 6 novembre 2014 portant création de la commune nouvelle de Saint-Offenge.
  2. a et b Philippe Paillard (sous la direction de) Histoire des communes de Savoie, édition Horvath, Roanne, 1984
  3. Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 428.
  4. C.Ménigaud (sous la direction de), La Traversée des Saint Offenge, 2004
  5. Paul Guichonnet, « Les seigneurs de Saint Offenge », Bulletin communal de Saint Offenge-Dessous, 1986
  6. Max Bruchet L'abolition des droits seigneuriaux en Savoie, Lafitte rééditions, 1979
  7. Compte-rendu du conseil municipal du 8 janvier 2015 sur le site de la mairie
  8. « Le conseil municipal a élu Bernard Gelloz premier maire de la nouvelle commune », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne).
  9. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2008 2009 .
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années [ 2012]