Saint-Martin (fête suisse)

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Dans le canton du Jura[modifier | modifier le code]

Dans l'Ajoie, région au nord du canton du Jura en Suisse, une ancienne tradition est perpétuée chaque année lors du deuxième dimanche après la Toussaint (mi-novembre) : la fête de la Saint-Martin. Il s'agit d'une fête de la table qui célèbre la fin des travaux dans les champs et dont les nombreux plats sont essentiellement à base de cochon.

La Saint-Martin (11 novembre) représente la fin du cycle agricole annuel. C'est à cette date que se paient les baux ruraux et que se règlent les dettes. Toutes les récoltes sont rentrées, et les porcs sont gras. Mais la mauvaise saison qui s'annonce va rendre difficile leur nourrissage : on n'avait autrefois guère de réserves, point de restes de repas, ni de petit-lait en hiver : c'est donc le temps de tuer ce cochon. Mais si une partie peut être conservée par salaison, séchage et fumage, diverses parties de l'animal demandent à être consommées tout de suite faute de moyens de conservation. De là vient le pantagruélique menu de la Saint-Martin. Il est composé des plats suivants :

  • le bouillon aux petits légumes (parfois accompagné d'une tranche de bouilli, mais dans ce cas, après le boudin) ;
  • la gelée de ménage (sorte d'aspic avec de la viande) ;
  • le boudin à la crème, accompagné de compote de pommes, d'une salade de racines rouges et de rösti ;
  • les grillades, atriaux et rôti, accompagnés de rösti ;
  • le rôti,généralement avec une salade verte ;
  • la choucroute garnie de jambon, porc frais, saucisse fumée d'Ajoie et accompagnée de pommes de terre ;
  • l'eau-de-vie de damassine (optionnelle) ;
  • la crème brûlée ;
  • le totché, un gâteau à la crème épaisse, plutôt salé ;
  • les striflates (chtriflates, schtriflattes), sortes de beignets en forme d'escargots qu'on mange avec de la crème à la vanille.

La tradition permet également de prendre au milieu du repas, avant la choucroute, un petit verre d'eau-de-vie de damassine.

Une semaine plus tard a lieu le revira ou revirat, sorte de seconde Saint-Martin, où l'on peut déguster une nouvelle fois le menu complet.


Dans le canton de Vaud[modifier | modifier le code]

Saint-Martin est le patron de la ville de Vevey qu'il aurait traversé lors de ses périples. Une foire annuelle d'automne a lieu le mardi le plus proche du 11 novembre, jours de sa fête dans le calendrier catholique. Cette foire est la dernière des quatre foires instituées pour la ville par le duc de Savoie Amédée IX en 1470. La foire offrait à tous les riverains lémaniques, la possibilité d’être commerçant d’un jour, libéré de toute taxe, privilège particulier accordé par le seigneur.

Dans le canton de Fribourg[modifier | modifier le code]

Le village de Saint-Martin célèbre la fête traditionnelle de la bénichon le dimanche le plus proche du 11 novembre date de la fête catholique de Saint-Martin.

Dans le canton de Genève[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, le village de Peissy, dans le canton de Genève, fête la Saint-Martin tous les ans le samedi le plus proche du 11 novembre, célébrant la fin des vendanges. Diverses animations incluent la promotion des vins des caves et domaines viticoles de Peissy, de la restauration locale, et des feux d'artifice[1]. On y procède également au "tir des boîtes", qui est aussi organisé par le hameau de Choully depuis le début du XIXe siècle. Les boîtes sont des masses de fonte tronconiques contenant de la poudre noire qui détonne[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.peissy912.ch/
  2. Film documentaire, traditions.ge, Séverin Bolle, 2007, chapitre "hiver"

Liens externes[modifier | modifier le code]