Saint-Martin-l'Aiguillon

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Saint-Martin-l'Aiguillon
Saint-Martin-l'Aiguillon
L'église Saint-Martin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Orne
Arrondissement Alençon
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Fertois et du Bocage Carrougien
Maire
Mandat
Valérie Chesnel
2020-2026
Code postal 61320
Code commune 61427
Démographie
Population
municipale
195 hab. (2018 en diminution de 4,88 % par rapport à 2013)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 37′ 01″ nord, 0° 10′ 28″ ouest
Altitude Min. 190 m
Max. 324 m
Superficie 14,61 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Magny-le-Désert
Législatives Première circonscription
Localisation
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Saint-Martin-l'Aiguillon

Saint-Martin-l'Aiguillon est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de 195 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[2]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique altéré » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs[3].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[4]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[2]

  • Moyenne annuelle de température : 10,1 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 3,8 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 2,4 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 2] : 13,8 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 3] : 852 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 12,8 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 8 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[6] complétée par des études régionales[7] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Briouze », sur la commune de Briouze, mise en service en 1974[8] et qui se trouve à 17 km à vol d'oiseau[9],[Note 4], où la température moyenne annuelle est de 10,7 °C et la hauteur de précipitations de 905,7 mm pour la période 1981-2010[10]. Sur la station météorologique historique la plus proche[Note 5], « Alençon - Valframbert », sur la commune d'Alençon, mise en service en 1946 et à 29 km[11], la température moyenne annuelle évolue de 10,8 °C pour la période 1971-2000[12] à 10,9 °C pour 1981-2010[13], puis à 11,3 °C pour 1991-2020[14].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Saint-Martin-l'Aiguillon est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 6],[15],[16],[17]. La commune est en outre hors attraction des villes[18],[19].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (80,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (80,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (50,2 %), terres arables (30 %), forêts (19,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,2 %), zones agricoles hétérogènes (0,2 %)[20].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[21].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme Sanctus Martinus de Aculio en 1190[22].

La paroisse est dédiée à Martin de Tours, évêque du IVe siècle, un des saints les plus vénérés de la chrétienté.
L'Aiguillon, ce toponyme provient de l'agglutination du latin aculeus et du suffixe one qui signifie la « pointe ».

Sous la Révolution, lors de la déchristianisation en 1793, la commune porte le nom de L'Aiguillon ou L'Aiguillon-Républicain[23].

Histoire[modifier | modifier le code]

  • 1233 : une charte du seigneur de Vieux-Pont atteste que le « patronage » (droit de présenter à l'évêque de Séez le nom d'un futur curé) de l'église de Saint-Martin-l'Aiguillon a été donné aux chanoines de Séez (chapitre cathédral) ; cela indique que l'essentiel de la dîme de la paroisse va à ce chapitre.
  • 1465 : dans la recherche des vrais nobles qu'il fait à la demande de Louis XI — consécutivement à la période troublée de la guerre de Cent Ans — Montfaut reconnaît Jean Le Mocqueur de Saint-Martin-l'Aiguillon.
  • 1540 : le comte Le Veneur, seigneur de Carrouges, fait construire un ensemble métallurgique : fourneau (sur la paroisse de Sainte-Marguerite) et forge sur la paroisse de Saint-Martin.
  •  : Jacques Guillaume Poulain de Beauchêne (né en 1727, ancien lieutenant de la grande louveterie de France, propriétaire-cultivateur demeurant à Saint-Martin-l'Aiguillon) est élu député du bailliage de Caen aux États généraux de 1789, au titre du tiers état. Il est signataire du serment du Jeu de paume. Dans la discussion sur la suppression des droits féodaux, il demande également la suppression des pigeons, des lapins et des moines « parce que les uns mangent le blé en grains, les autres en herbe et les derniers en gerbes » (allusion probable à la dîme). Il est nommé président de la municipalité de Carrouges sous le Directoire (8 frimaire an VI soit novembre 1797).
  • Au moment de la Révolution française (1789), la commune porte le nom de L'Aiguillon-Républicain, puis simplement L'Aiguillon (1793).
  • À cette même époque, le citoyen Lorgueilleux, précédemment chapelain de la paroisse de Rasnes, est élu (à l'unanimité) curé de ce lieu.
  •  : Jacques Riblier, ancien vicaire de Saint-Martin-l'Aiguillon et réfractaire à la constitution civile du clergé, est condamné à mort par le tribunal révolutionnaire d'Alençon et exécuté (son curé : Charles Loret, réfractaire lui aussi, ne connut pas le même sort).
  • 1836 : « La forge de Carrouges, sise à Saint-Martin-l'Aiguillon, produit — année courante — 250 à 300 mille kilogrammes de fer ployant pour la clouterie et la quincaillerie de Tinchebray » (selon l'Annuaire ci-dessous référencé).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
? 2003 Raymond Mellangé    
2003 octobre 2011[24] Maggy Mathieu SE Retraitée de l'Éducation nationale
novembre 2011[25] En cours Valérie Chesnel[26] SE Cadre commercial
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et trois adjoints[26].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[27]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[28].

En 2018, la commune comptait 195 habitants[Note 7], en diminution de 4,88 % par rapport à 2013 (Orne : −2,51 %, France hors Mayotte : +1,78 %). Saint-Martin-l'Aiguillon a compté jusqu'à 910 habitants en 1821. Elle comptait 737 habitants à la fin de la période d'activité de la forge (1865).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1846 1851 1856
710892850910878802820738803
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
794737615617592584537510506
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
461430392385375378313318327
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2018
304239217182191186200194195
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martin, reconstruite aux XVIIe et XIXe siècles. Elle abrite un orgue de chœur, datant du XIXe siècle.
  • Ancien « moulin de Crochet » (moulin à farine) attesté dès 1450 (Jean Bisson, écuyer, en est propriétaire) ; racheté par le vicomte Le Veneur (cf famille le Veneur de Tillières), seigneur de Carrouges, il est reconstruit au début du XIXe siècle et cesse ses activités à la fin du même siècle.
  • Affinerie dite « forge de Carrouges » (lieu-dit la Forge) créée vers 1540 par Le Veneur (en complément du fourneau situé sur la commune actuelle de Sainte-Marguerite-de-Carrouges qui produit la fonte au charbon de bois). Elle utilise — comme au Champ de la Pierre et à Rânes — la force hydraulique de cours d'eau barrés par des digues (retenues aujourd'hui appelées couramment « étangs »). L'activité cesse vers 1850, face à l'épuisement du minerai de fer de Rânes, au passage à la fonte au coke largement utilisée par les Anglais.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

L'écrivaine américaine, Grace Andreacchi (en) était résidente pendant les années 1992-1994[30].


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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2018.
  2. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  3. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[5].
  4. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  5. Par station météorologique historique, il convient d'entendre la station météorologique qui a été mise en service avant 1970 et qui est la plus proche de la commune. Les données s'étendent ainsi au minimum sur trois périodes de trente ans (1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020).
  6. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  7. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[31].
  1. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée ».
  2. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI https://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  3. « Le climat en France métropolitaine », sur http://www.meteofrance.fr/, (consulté le )
  4. « Définition d’une normale climatologique », sur http://www.meteofrance.fr/ (consulté le )
  5. Glossaire – Précipitation, Météo-France
  6. « Le climat de la France au XXIe siècle - Volume 4 - Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer », sur https://www.ecologie.gouv.fr/ (consulté le ).
  7. [PDF]« Observatoire régional sur l'agriculture et le changement climatique (Oracle) - Normandie », sur normandie.chambres-agriculture.fr, (consulté le )
  8. « Station Météo-France Briouze - métadonnées », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le )
  9. « Orthodromie entre Saint-Martin-l'Aiguillon et Briouze », sur fr.distance.to (consulté le ).
  10. « Station Météo-France Briouze - fiche climatologique - statistiques 1981-2010 et records », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  11. « Orthodromie entre Saint-Martin-l'Aiguillon et Alençon », sur fr.distance.to (consulté le ).
  12. « Station météorologique d'Alençon - Valframbert - Normales pour la période 1971-2000 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
  13. « Station météorologique d'Alençon - Valframbert - Normales pour la période 1981-2010 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
  14. « Station météorologique d'Alençon - Valframbert - Normales pour la période 1991-2020 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
  15. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  16. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  17. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  18. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  19. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  20. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  21. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  22. Ernest Nègre - 1998 - Toponymie générale de la France: Tome 3, page 1560, (ISBN 2600028846).
  23. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. « Ouest-france.fr - Le maire et deux de ses adjoints jettent l'éponge - Saint-Martin-l'Aiguillon » (consulté le ).
  25. « Ouest-france.fr - Valérie Chesnel élue maire - Saint-Martin-l'Aiguillon » (consulté le ).
  26. a et b Réélection 2014 : « Saint-Martin-l'Aiguillon (61320) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
  27. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  28. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  30. Amazing Grace.« I was living at the time in St. Martin l'Aiguillon, a tiny, obscure village in the region of Orne… ». Accessed June 9,2010.
  31. « Saint-Martin-l'Aiguillon sur le site de l'Institut géographique national » [archive du ] (archive Wikiwix)

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Annuaire des cinq départements de l'ancienne Normandie par l'Association normande, Caen, 1837.
  • Saint-Martin-l'Aiguillon par V. Le Cacheux dans Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, années 1890.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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