Saint-Laurent (Haute-Garonne)

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Saint-Laurent
Saint-Laurent (Haute-Garonne)
Vue du village depuis les coteaux.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Arrondissement Saint-Gaudens
Canton Cazères
Intercommunalité Cœur et Coteaux du Comminges
Maire
Mandat
Daniel Pitout
2014-2020
Code postal 31230
Code commune 31494
Démographie
Gentilé Saint-Laurentais
Population
municipale
176 hab. (2016 en augmentation de 5,39 % par rapport à 2011)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 19′ 36″ nord, 0° 47′ 59″ est
Altitude Min. 211 m
Max. 341 m
Superficie 8,39 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie.saintlaurentsursave.fr

Saint-Laurent est une commune française située dans le département de la Haute-Garonne, en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Saint-Laurentais.

La place du village.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Laurent ou nom d'usage Saint-Laurent-sur-Save se situe dans le Comminges à mi-chemin entre Toulouse et les Pyrénées à 70 km au sud-ouest de Toulouse, en passant par l'autoroute A64, à 30 km au nord de Saint-Gaudens par la RD 17, et à 7 km de L'Isle-en-Dodon. Le centre du village est traversé par les routes départementales RD 81 et RD 84.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes voisines.
Communes limitrophes de Saint-Laurent[1]
Anan
Montesquieu-Guittaut Saint-Laurent[1] Saint-Frajou
Montbernard Salerm

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune est de 839 hectares ; son altitude varie de 211 à 341 mètres[2].

La commune de Saint-Laurent se situe dans la vallée de la Save, dans un paysage typique des Coteaux de Gascogne, composé de vallées dissymétriques et de coteaux en lanières. Avec les vallées de la Gesse et de la Gimone, la Save fait partie de ce que l'on nomme le Chevelu Gascon. Ces coteaux présentent d'une part, un versant relativement abrupt et boisé, servant le plus souvent à l'élevage bovin et, d'autre part, un versant assez plat sur lequel les exploitants agricoles pratiquent des cultures céréalières irriguées (maïs…).

Les ruisseaux de la Houytère et du Mahourat, ainsi que le canal des 3 moulins parcourent le village. Lors des forts épisodes pluvieux, ces ruisseaux sont souvent la source d'inondations au centre du village (crue majeure du ).

Climat[modifier | modifier le code]

Nuvola apps kweather.png  Normales - Station météo de Toulouse
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Juin Jul Août Sep Oct Nov Déc Année
Températures minimales moyennes (°C) 2,2 3,2 4,5 6,5 10,3 13,3 15,7 15,9 12,9 9,6 5,2 3,3 8,6
Températures maximales moyennes (°C) 9,4 11,2 14,0 16,2 20,5 24,2 27,6 27,5 24,2 18,9 13,0 10,1 18,1
Précipitations moyennes (mm) 51,7 51,3 53,8 66,8 77,2 64,4 45,4 50,5 52,2 52,3 50,7 52,2 668,5
Source: Météo France

Toponymie[modifier | modifier le code]

Localement, la commune est couramment appelée Saint-Laurent-sur-Save.

Durant la Révolution, le village de Saint-Laurent-de-l'Isle (ou Saint-Laurens de l'Isle[3]) porte le nom révolutionnaire de Bellerive-sur-Save puis reprend celui de Saint-Laurent (bulletin des Lois de 1801)[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sur un site occupé dès la préhistoire, Roger de Nuro, évêque du Comminges, fonde en 1151 le prieuré de Saint-Laurent, par l'intermédiaire du prieuré de Boulaur, qui appartient à l'ordre de Fontevraud, rassemblant les religieuses et religieux. Au XIIIe siècle, les deux communautés, voisines mais séparées, sont à l'origine de la formation du village[5].

Au XIVe siècle, la Pancarte du diocèse de Comminges énumère les droits et les revenus du couvent qui portent sur les paroisses de Saint-Laurent, Montbernard, Montesquieu-Guittaut, Puymaurin, Saint-André, Cassagnabère-Tournas, l'Isle-en-Dodon, Agassac et Mirambeau. Le prieuré est détruit au XVIe siècle par des inondations et des incendies. Un nouveau monastère remplace les constructions de brique par des bâtiments de pierre et de terre.

Saint-Laurens de l'Isle en 1770 (Carte de Cassini).
Le monument aux morts.

Au XVIIe siècle, le « couvent », qui suit la règle des franciscaines, connaît son apogée. Il est protégé par la maison mère de Fontevraud, par le roi et par le pape. La commune se nomme alors Saint-Laurent des Religieuses. Au XVIIIe siècle, la communauté reçoit en pension les filles de famille de la région. Pendant la Révolution, les religieuses sont dispersées et leurs biens sont vendus. Le village de Saint-Laurent de l'Isle (ou Saint-Laurens de l'Isle[3]) est alors gouverné par les consuls, puis par les maires et prend le nom révolutionnaire de Bellerive sur Save en 1789, puis de Saint-Laurens en 1793. Le nom de la commune Saint-Laurent est officiellement utilisé à partir de 1801.

Composée de petits et de moyens propriétaires, de nombreux artisans et de brassiers, la population est au XIXe siècle active, sinon prospère, jusqu'au XXe siècle où débute le déclin démographique commun à tous les villages du Comminges. Les deux guerres mondiales font respectivement 15 et 2 morts parmi la jeunesse locale.

Ancienne gare de Saint-Laurent.

Le village dispose d'une ancienne gare sur la ligne ferroviaire de Toulouse à Boulogne-sur-Gesse, qui a fonctionné à partir du 1er août 1901. Cette ligne, exploitée par la Compagnie des Chemins de Fer du Sud Ouest, permettait en 1902 de rejoindre Toulouse en 4 h (vapeur), puis en 2 h (autorail électrique). Devant la concurrence de l'automobile, cette ligne de 98 km ferme le 31 décembre 1949[6] et a été remplacée par la ligne 65 du réseau des bus Arc-en-ciel du département de la Haute-Garonne, effectuant le trajet dans un temps similaire[7].

À partir de 1982, la population de la commune augmente à nouveau. La qualité de vie au sein de ce village, ainsi que son école et sa boulangerie, attirent de plus en plus de jeunes couples.

De 2000 à 2012, de nouvelles constructions et rénovations d'habitations, permettent à Saint-Laurent de totaliser 168 habitants.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Commune faisant partie de la huitième circonscription de la Haute-Garonne de la communauté de communes Cœur et Coteaux du Comminges et du canton de Cazères (avant le redécoupage départemental de 2014, Saint-Laurent faisait partie de l'ex-canton de L'Isle-en-Dodon) et avant le 1er janvier 2017 elle faisait partie de la communauté de communes des Portes du Comminges.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1985 2001 Guy Barousse SE Agriculteur
mars 2001 2008 Didier Oléron SE Moniteur
mars 2008 2014 André Clerc[8] SE Adjoint du Patrimoine
mars 2014 En cours Daniel Pitout[9] SE Directeur de travaux, retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Finances locales[modifier | modifier le code]

Cette sous-section présente la situation des finances communales de Saint-Laurent[Note 1].

Pour l'exercice 2013, le compte administratif du budget municipal de Saint-Laurent s'établit à 114 000 € en dépenses et 166 000 € en recettes[A2 1] :

En 2013, la section de fonctionnement[Note 2] se répartit en 94 000 € de charges (551 € par habitant) pour 97 000 € de produits (569 € par habitant), soit un solde de 3 000 € (17 € par habitant)[A2 1],[A2 2] :

  • le principal pôle de dépenses de fonctionnement est celui des charges de personnels[Note 3] pour 30 000 € (32 %), soit 176 € par habitant, ratio voisin de la valeur moyenne de la strate. Depuis 5 ans, ce ratio augmente de façon continue de 129 € à 176 € par habitant ;
  • la plus grande part des recettes est constituée de la dotation globale de fonctionnement (DGF)[Note 4] pour 31 000 € (32 %), soit 180 € par habitant, ratio inférieur de 23 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (234 € par habitant). Sur la période 2009 - 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 154 € par habitant en 2010 et un maximum de 181 € par habitant en 2011.

Les taux des taxes ci-dessous sont votés par la municipalité de Saint-Laurent[A2 3]. Ils ont varié de la façon suivante par rapport à 2012[A2 3] :

La section investissement[Note 5] se répartit en emplois et ressources. Pour 2013, les emplois comprennent par ordre d'importance[A2 4] :

  • des dépenses d'équipement[Note 6] pour 14 000 € (70 %), soit 83 € par habitant, ratio inférieur de 82 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (452 € par habitant). Sur les 5 dernières années, ce ratio fluctue et présente un minimum de 55 € par habitant en 2011 et un maximum de 1 128 € par habitant en 2012 ;
  • des remboursements d'emprunts[Note 7] pour une valeur totale de 6 000 € (30 %), soit 37 € par habitant, ratio inférieur de 46 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (69 € par habitant).

Les ressources en investissement de Saint-Laurent se répartissent principalement en[A2 4] :

  • subventions reçues pour 39 000 € (57 %), soit 230 € par habitant, ratio supérieur de 76 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (131 € par habitant). Depuis 5 ans, ce ratio fluctue et présente un minimum de 0 € par habitant en 2011 et un maximum de 713 € par habitant en 2009 ;
  • fonds de Compensation pour la TVA pour une valeur totale de 1 000 € (1 %), soit 8 € par habitant, ratio inférieur de 83 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (47 € par habitant).

L'endettement de Saint-Laurent au peut s'évaluer à partir de trois critères : l'encours de la dette[Note 8], l'annuité de la dette[Note 9] et sa capacité de désendettement[Note 10] :

  • l'encours de la dette pour un montant de 55 000 €, soit 321 € par habitant, ratio inférieur de 37 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (512 € par habitant). Sur les 5 dernières années, ce ratio fluctue et présente un minimum de 104 € par habitant en 2010 et un maximum de 362 € par habitant en 2012[A2 5] ;
  • l'annuité de la dette pour une valeur totale de 9 000 €, soit 53 € par habitant, ratio inférieur de 40 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (88 € par habitant). Sur la période 2009 - 2013, ce ratio augmente de façon continue de 26 € à 53 € par habitant[A2 5] ;
  • la capacité d'autofinancement (CAF) pour 5 000 €, soit 30 € par habitant, ratio inférieur de 87 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (239 € par habitant). Sur les 5 dernières années, ce ratio fluctue et présente un minimum de -15 € par habitant en 2010 et un maximum de 68 € par habitant en 2011[A2 6]. La capacité de désendettement est d'environ 11 années en 2013. Sur une période de 14 années, ce ratio présente un minimum d'environ un an en 2006 et un maximum très élevé, de plus de 50 années en 2012.

La commune fait partie du canton de L'Isle-en-Dodon (conseiller général actuel : Christiane Larrieu, DVD) et de la huitième circonscription de la Haute-Garonne (député actuel : Joël Aviragnet, PS).

Logo du Pays Comminges Pyrénées.

Pays[modifier | modifier le code]

En 2002, la commune adhère au Pays Comminges Pyrénées qui regroupe 237 communes Commingeoises afin d'engager une réflexion participative pour l'élaboration d'un projet de développement durable de leur territoire.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

En 2007, la commune de Saint-Laurent adhère à la communauté de communes des Portes du Comminges afin d'engager des projets communs avec les 20 autres communes du canton de L'Isle-en-Dodon : Agassac, Anan, Boissède, Castelgaillard, Cazac, Fabas, Goudex, L'Isle-en-Dodon, Labastide-Paumès, Lilhac, Martisserre, Mauvezin, Mirambeau, Molas, Montbernard, Montesquieu-Guittaut, Puymaurin, Saint-Frajou et Salherm. Dans le cadre de la compétence "Aménagement du territoire" transférée à la communauté de communes, la commune de Saint-Laurent a prescrit en décembre 2008, l'élaboration d'un document d'urbanisme sous la forme d'un Plan local d'urbanisme (PLU), a été approuvé en 2013.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11].

En 2016, la commune comptait 176 habitants[Note 11], en augmentation de 5,39 % par rapport à 2011 (Haute-Garonne : +6,98 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
518490603576626655642657625
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
584601570543547522511505448
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
447415424330322320302284249
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
228205177136141157160160167
2016 - - - - - - - -
176--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[13] 1975[13] 1982[13] 1990[13] 1999[13] 2006[14] 2009[15] 2013[16]
Rang de la commune dans le département 320 365 371 409 398 413 417 423
Nombre de communes du département 592 582 586 588 588 588 589 589

Économie[modifier | modifier le code]

Saint-Laurent présente les caractéristiques principales d'une petite commune rurale du XXIe siècle. Le positionnement en vallée de la commune a permis depuis de nombreuses décennies de développer une vie agricole importante, essentiellement basée sur la culture céréalière.

En 2000, le recensement agricole ne comptabilise plus que 3 exploitations agricoles majeures sur la commune. L'activité principale est orientée autour de la polyculture (maïs, tournesol, soja, blé, colza...) et l'élevage bovin-viande.

Le témoignage de ce passé riche se retrouve dans le patrimoine communal laissé par les anciens meuniers, à savoir :

La boulangerie-épicerie-tabac reste aujourd'hui le seul commerce du village qui disposait au XXe siècle de deux cafés, d'un bureau de poste et d'une perception.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église de Saint-Laurent est bâtie de briques et de pierres au début du XIVe siècle, selon les techniques de construction de l’époque gothique. Le chevet constitue un vestige de cette première période. L’église est restaurée à l'identique dans les années 1870-1880. Les piliers et les murs de la nef ne sont pas d'aplomb mais penchent vers l'extérieur en s'élevant, corrigeant ainsi l'effet de rétrécissement dû à la perspective. Au XXe siècle, elle est garnie d'un mobilier art-déco en ferronnerie : chaire à prêcher et grille des fonts baptismaux dues aux ferronniers du village Pierre et Paul Desbarax (père et fils), datant de 1935. Elle reçoit également un ensemble de peintures dues à René Gaston-Lagorre : en 1938, les panneaux du chœur représentant la Sainte Trinité et la Sainte Famille ; en 1940, le Martyre de Saint-Laurent au revers du mur de façade ; en 1942, les peintures au-dessus des autels latéraux[17].

  • Fairytale konqueror.png Plantations de platanes, Pont et Plan d'eau de la Save, Vierge en bois :
Pont de la Save au début du XXe siècle.

Site naturel inscrit le 17 juillet 1944, au titre de la loi du 2 mai 1930 sur la protection et la conservation de la qualité des monuments naturels et des sites d'intérêt artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque[18].

Fondé en 1151, le prieuré fontevriste de Saint-Laurent a été un point central dans le développement du village. Jusqu'à la Révolution, celui-ci comptait près de 100 religieux. En 1797, le prieuré et l'église sont vendus à un entrepreneur qui détruit cette dernière pour tirer profit des briques. Adossé au couvent, qui servira de maison d'habitation, le mur ouest de l'église sera sauvé.

Le couvent avant les inondations de 1977.
Le couvent aujourd'hui : mur ouest de l'ancienne église (XIIe), four à pain et tourelles.

En juillet 1977, les crues de la Save ravagent la région et inondent le couvent inhabité qui tombe en ruine.

Quelques années plus tard, en 1989, la municipalité et une association de villageois bénévoles et motivés (Saint Laurent Patrimoine) décident d'entreprendre des travaux de rénovation pour enfin remettre au jour ce trésor du passé. Les travaux s'achèvent en 1991, laissant place à des vestiges d'un autre âge, un lieu agréable, calme et fleuri, où les boulistes des après-midi d'été se retrouvent pour une partie de pétanque. Le site aujourd’hui sauvegardé met en valeur un grand mur de brique du XIIe siècle et un portail du XVIe siècle.

Porte du prieuré (XVIe siècle.)

Le mur ouest de l’ancienne église abbatiale est percé de deux baies romanes. Cette maçonnerie doit son état de conservation à la qualité du mortier, obtenu avec une chaux vive de première qualité à laquelle sont ajoutés des œufs. Ce mortier résiste notamment à une immersion prolongée.

Le portail était l'entrée principale du second couvent, appuyé sur les ruines du premier établissement. Les bâtisseurs manquant de chaux, les maîtres murs sont en pierres tout-venant liées au mortier d'« agasso » (mortier de pie), c'est-à-dire de l'argile à laquelle est ajouté un sable dit « de mine », silico-calcaire local. La porte est réalisée, sans assemblage, à partir de madriers entrecroisés, assujettis par de forts clous à large tête.

  • Le canal et ses 3 moulins :

Le prieuré de Saint-Laurent possède son moulin « bladié », c'est-à-dire à blé, installé sur le ruisseau de la Houytère, dont le débit est insignifiant et ne peut fonctionner qu'« à l'éclusée ». Au XVIIe siècle, l'abbesse entreprend, en accord avec l'évêque de Comminges, la construction d'un barrage ou « pachère » sur la Save, ce qui permet l'alimentation régulière d'un canal dit « des trois moulins ». Le premier de ces établissements est dit « de Montamat », du nom de ses derniers meuniers, et se situe au plus près du couvent. Au XIXe siècle, sans cesser de moudre, il actionne une filature de laine.

Le deuxième moulin, dit ‘’petit moulin’’, est rapidement transformé en foulon, système mécanique servant à fouler les étoffes de laine.

L’évêque de Comminges se réserve, selon un écrit de 1673, le troisième moulin de Saint-Laurent, le « Moulin neuf » (qui fonctionne alors à plein régime). Au Moulin neuf, les trois meules sont encore à leur place d'origine, bien que dépouillées de leur habillage de bois. Trois prises d'eau distinctes sont dirigées chacune sur une turbine, ou rouet, qui tourne indépendamment.

Dès le XVIIe siècle, les trois moulins, disposés successivement sur le même canal, sont l’objet de conflits entre leurs propriétaires respectifs.

Désolé de voir chaque été la Save presque complètement asséchée, le meunier Montamat acquiert, au sommet du coteau, un terrain sur lequel s'élève en 1823 un moulin à vent qui domine le paysage. L'ensemble a depuis été restauré et converti en habitation.

  • La Maison Haute de la Coutère et le Château de Benqué :

En 1686, le seigneur de La Tour habite dans sa « maison haute » de La Coutère. Il possède « ruralement » 168 sétérées pour une imposition de 18 livres, allivrement dont il est affranchi en 1693 par un édit de Louis XlV. En 1781, c'est Pierre de Lartigue qui occupe la demeure de La Coutère. A la Révolution, ce dernier propriétaire noble émigre et ses biens sont vendus.

En 1686, le cadastre fait état d'un propriétaire laboureur qui dispose de seize sétérées, un patrimoine considérablement développé par ses descendants. L'un d'eux, Bernard, en tant qu'élu de la période révolutionnaire, se porte ainsi acquéreur de biens nationaux, en particulier des terres et vignes du sieur Lamalathie, prêtre déporté de Montesquieu. Ayant installé dès 1817 une « maison haute », la production et le commerce des vins prospérant, les Benqué y ajoutent en 1904 une tour qui transforme le corps de logis en château, affichant l’entrée de la famille dans la haute bourgeoisie rurale.

  • Le bâtiment mairie-école :
La mairie et l'école.

Bâti de brique en 1901, il est flanqué du logement des maîtres aux deux extrémités, avec la mairie au milieu. Ce long bâtiment sépare nettement les classes des garçons de celles des filles.

  • Vestiges archéologiques :

La crue de 1977, qui emporte sur certains champs la couche de terre arable, favorise la mise au jour de vestiges archéologiques. Dans des labours proches de la Save, sur la terrasse immédiate de la rivière, trois vestiges portent l'évident témoignage de l'occupation du site de Saint-Laurent par l'homme à l'époque de la pierre polie.

Deux outils en pierre polie (grès) du Néolithique (11,2 x 5,5 cm), dont le plus grand est une herminette ou une houe selon qu'on le destine au travail du bois ou de la terre. Le second est une hache.

Une hache du Chalcolithique en bronze (9,2 x 2,7 cm), qui aurait pu être utilisée comme monnaie par les populations nomades circulant de l'Ibérie vers la Scandinavie pour faire des échanges avec les agriculteurs sédentaires dont ils traversent le domaine.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Boulangerie, école, nombreux artisans, maisons fleuries, couvent du XIIe siècle, le bord de Save.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Photo de classe sur les marches de la mairie (1904).

L'école de Saint-Laurent accueille aujourd'hui une vingtaine d'élèves dans les 3 sections de maternelle (petite, moyenne et grande section). Elle fait partie d'un regroupement pédagogique intercommunal (RPI) associant les communes voisines de Montesquieu-Guittaut et de Montbernard, soit une soixantaine d'enfants.

Cour de l'école.

Le local de l'école est le bâtiment central du village. Il s'agit d'un bâtiment édifié en 1901 par la municipalité, et comprenant en son centre l'actuelle mairie, ainsi que 2 bâtiments d'habitation, 2 salles de cours (École des filles et École des garçons) et 2 préaux. La salle de cours actuelle se situe dans l'ancienne école des garçons. La cantine est depuis une quinzaine d'années installée dans l'ancienne école des filles.

Après leur cursus en classe maternelle et élémentaire, les enfants de la commune sont pour la majorité orientés vers le collège Léon-Cazeneuve de L'Isle-en-Dodon, puis vers les lycées de Saint-Gaudens.

Associations[modifier | modifier le code]

  • Comité des Fêtes de Saint-Laurent sur Save
Le comité des Fêtes
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Depuis sa création le 28 juin 1965, le Comité des Fêtes organise chaque année un certain nombre de manifestations, dont la plus connue est bien évidemment la fête locale. Généralement située autour du week-end du 10 août (jour de la Saint-Laurent), celle-ci réunit tous les âges. Du village ou des environs, tout le monde vient participer au fameux concours de pétanque, boire un verre entre amis à la buvette, ou bien encore danser sur des airs de disco ou d'accordéon, selon les goûts. On ne peut mentionner la fête locale sans parler des succulents repas, et de la célèbre sérénade (appelée localement "La Quête"). Depuis quelques années, la Refête est organisée au mois d'avril.

Le Comité des Fêtes est depuis toujours géré par une poignée de jeunes fêtards de la commune, de 15 à 30 ans, mais souvent aidé par le reste du village lorsqu'il s'agit de travaux plus physiques (montage d'estrade, de buvette, de luminaires...).

  • Saint-Laurent Patrimoine

Créée à la suite de l'inondation de juillet 1977 qui causa de nombreux dégâts dans le village, cette association s'intéresse aujourd'hui à conserver, mettre en valeur et faire revivre le patrimoine historique et culturel de la commune. Sa réalisation la plus importante fût la restauration de l'ancien couvent du XIIe siècle en 1991.

Cette association édite également de nombreux ouvrages concernant le village, le Comminges... et organise des sorties de découvertes du patrimoine des communes voisines. Chaque année, des visites commentées de l'église sont organisées lors des Journées du Patrimoine.

  • ACCA de Saint-Laurent

L'Association de chasse réunit les chasseurs du village lors des battues qui sont organisées sur le territoire de la commune (sanglier, chevreuil). Elle organise également un repas annuel réunissant les amateurs de gibier du village.

  • AP3E : Association des parents d'élèves des 3 écoles

L'AP3E réunis les parents des enfants scolarisés dans les 3 écoles du RPI, afin d'organiser des manifestations telles que le loto annuel ou le feu de Saint-Jean. Les bénéfices de ces journées permettent de participer à l'équipement des écoles et à l'organisation de voyages scolaires.

  • Les anciennes associations
Banquet de l'Avant-Garde de la Save (1920-1930).
L'Avant-Garde de la Save (1930).

L'Avant-Garde de la Save est le nom de l'ancienne équipe de football de Saint-Laurent. Créée officiellement en 1923, cette équipe au maillot bleu et blanc porta les couleurs du village pendant une quarantaine d'années.

La Clique de Saint-Laurent fût également créée par la jeunesse locale pour accompagner l'équipe de football et les soirées de la fête locale dans les années 1920-1930.

La salle des Fêtes.
La scène de la salle des Fêtes.

Dans les années 1920, le village voit également la naissance d'une petite troupe théâtrale, qui sous la direction de l'instituteur du village, se produit à de nombreuses reprises dans le canton et dans le Comminges. Devant ce succès, le conseil municipal de l'époque décide la création d'une salle de spectacle qui sera inaugurée le 30 juillet 1933. Cette salle, qui est aujourd'hui appelée Salle des Fêtes, a été rénovée dans les années 1990 grâce au concours d'une architecte du village.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette sous-section Finances locales est issue d'une synthèse des données du site alize2.finances.gouv.fr du ministère de l'Économie et des Finances. Elle est présentée de façon standardisée pour toutes les communes et ne concerne que le périmètre municipal. Pour constituer cette partie, l'outil Finances locales version 1.2.1 : Yin Yang Kappa Logo de l'outil Finances localesLettre grecque Kappa en majuscule et minuscule a effectué la synthèse des 98 pages du site alize2.finances.gouv.fr concernant Saint-Laurent. Finances locales est un logiciel libre distribué en copyleft sous licence GNU GPL version 3.
  2. La « section de fonctionnement » est constituée des dépenses courantes et récurrentes nécessaires au bon fonctionnement des services municipaux et à la mise en œuvre des actions décidées par les élus, mais sans influence sur la consistance du patrimoine de la commune.
  3. Les « charges de personnel » regroupent les frais de rémunération des employés par la commune.
  4. Les « dotations globales de fonctionnement » désignent, en France, des concours financiers de l'État au budget des collectivités territoriales.
  5. La section « investissement » concerne essentiellement les opérations visant à acquérir des équipements d’envergure et aussi au remboursement du capital de la dette.
  6. Les « dépenses d’équipement » servent à financer des projets d’envergure ayant pour objet d’augmenter la valeur du patrimoine de la commune et d’améliorer la qualité des équipements municipaux, voire d’en créer de nouveaux.
  7. Les « remboursements d'emprunts » représentent les sommes affectées par la commune au remboursement du capital de la dette.
  8. L'« encours de la dette » représente la somme que la commune doit aux banques au de l'année considérée
  9. L'« annuité de la dette » équivaut à la somme des intérêts d'emprunts de la commune et du montant de remboursement du capital au cours de l'année
  10. La « capacité de désendettement » est basée sur le ratio suivant défini par la formule : ratio = encours de la dettecapacité d'autofinancement. Ce ratio montre, à un instant donné, le nombre d'années qui seraient nécessaires au remboursement des dettes en considérant les ressources de Saint-Laurent.
  11. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Base de données du ministère du Budget, relative aux comptes des communes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne].
  3. a et b Saint-Laurent (Saint-Laurens de l'Isle) sur la carte de Cassini de 1770 - Bibliothèque Nationale de France
  4. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Le patrimoine des communes de la Haute-Garonne par Jacques Ducos, Yves Breton, Gabrielle Odon, et al. - Paris : Flohic, 2000 (45-Malesherbes : Impr. Partenaires-livres). - 2 vol. (1789 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 25 cm. - (Collection Le patrimoine des communes de France), (ISBN 2842340817), p.816 à 819.
  6. Historique de la ligne de train Boulogne-Toulouse, exploitée par la Compagnie des Chemins de Fer du Sud-Ouest
  7. Horaires des bus Arc-en-ciel - ligne 65
  8. Lors de l'élection municipale du 9 mars 2008, la liste « Pour l'avenir de Saint-Laurent » a été élue au 1er tour Résultat des élections municipales 2008 à Saint-Laurent sur Save
  9. Lors de l'élection municipale du 23 mars 2014, la liste « Bien vivre à Saint-Laurent » a été élue au 1er tour Résultat des élections municipales 2014 à Saint-Laurent sur Save
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  13. a b c d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016)
  14. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  15. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  16. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  17. Base Architecture - Mérimée du Ministère de la Culture et de la Communication
  18. Cartographie du site naturel inscrit d'après la DIREN Midi-Pyrénées.